Thèse de doctorat en sociologie





télécharger 1.67 Mb.
titreThèse de doctorat en sociologie
page12/37
date de publication30.10.2017
taille1.67 Mb.
typeThèse
h.20-bal.com > loi > Thèse
1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   37

1.1.2. De la crise à la fermeture de Vivre en Ville


L’engagement des entreprises partenaires de Vivre en Ville contribue, en tous les cas, à améliorer leur image vis-à-vis de leurs usagers. Profitant des aides de l’État, elles donnent de l’emploi à des jeunes, poursuivant néanmoins un processus où les vrais remèdes au chômage et à la violence ne sont jamais trouvés. En interne, elles tentent de rassurer leurs personnels, en manifestant une certaine attention aux problèmes d’insécurité sur certains territoires.

En 2000, G.G. décide de quitter son poste de directrice. Elle assurera le quotidien jusqu’à ce qu’une remplaçante soit recrutée. Cette situation dure plusieurs mois, et un certain flottement s’installe dans l’association. Les agents de médiation manifestent leur ras-le-bol et se mettent en grève pour la première fois en décembre 2000. L’atmosphère devient tendue entre les salariés sur le terrain et l’équipe de direction de Vivre en Ville. Les revendications portent alors sur la reconnaissance de leur travail par une prime de Noël, des augmentations de salaire et le passage en contrat à durée indéterminée. « Je les écoutais et certains demandent de la compréhension sur leur travail. Ils ne comprennent pas pourquoi on dit que le travail d’une directrice mérite un salaire élevé et eux uniquement 5000 F. Ils ont vraiment le sentiment qu’on les met dans des situations difficiles et qu’ils n’ont aucune reconnaissance. »

« D. (vice-président de Vivre en Ville et DRH de la SEMVAT) était hors de lui lorsqu’il a su que les agents de Vivre en Ville s’étaient mis en grève et se constituaient en mouvement de contestation. Il a convoqué l’équipe de direction de Vivre en Ville mardi soir de 19h à 21h environ. Puis hier il a rencontré le collectif et les délégués du personnel en présence de J.J.A., D.L. (coordinateur des équipes de Vivre en Ville) et G.G. Il a accepté de donner la prime en fonction des présences, des CDI au bout d’un an d’ancienneté (complètement illégitime !) et des groupes de travail vont se constituer pour négocier des augmentations de salaire. Pour D.L., il a joué au Père Noël qui vient une fois par an et qui lâche ses cadeaux sans beaucoup de tact. Il aurait donné entièrement raison aux critiques des délégués du personnel vis-à-vis de la gestion de G.G. C’est la direction de Vivre en Ville qui est fortement remise en cause sans soutien du conseil d’administration. »85

Les discussions sur les augmentations éventuelles de salaires n’ont jamais eu lieu.

L’équipe de direction s’est sentie complètement discréditée par ces décisions. Que voulait le bureau de Vivre en Ville désormais ? N’était-ce pas l’insertion des agents de médiation en dehors de Vivre en Ville et de ses partenaires ? Pourquoi alors accorder des contrats à durée indéterminée si l’objectif n’était pas de pérenniser les jeunes dans leurs postes de travail ? De quoi parlait-on ?

Pour l’équipe de direction, ces moments ont aussi contribué à rendre plus évidente la volonté de main-mise de la SEMVAT sur Vivre en Ville. Ils ont aussi marqué le début de relations tendues entre l’équipe de direction et les représentants de la SEMVAT dans le bureau de l’association.

Avec l’arrivée d’une nouvelle directrice, M.D.C., cette période de tensions s’est accentuée. Pour elle, issue du milieu de l’action humanitaire, cette expérience associative était à la fois familière et nouvelle. À son arrivée, son objectif était le développement de l’association, la formation des salariés, et l’amélioration de la prestation de Vivre en Ville vis-à-vis de ses partenaires. Pour elle, Vivre en Ville était une « expérience atypique de création de lien social ».

Cependant, les choses ne paraissaient pas aussi claires à la SEMVAT dont on a eu l’impression qu’elle voulait reprendre en main Vivre en Ville.

M.D.C. a d’abord voulu faire un état des lieux de la situation de l’association avant d’entreprendre quelque projet que ce soit. Elle a mis en avant le besoin de formation et de réorganisation de l’équipe de direction, sa volonté de travailler à l’élaboration d’un vrai plan de formation, et de mettre en place une stratégie commerciale pour développer Vivre en Ville.

Seulement, c’est à ce moment-là que le bureau a découvert l’important déficit du budget de l’association. Et c’est sur ce problème que toute l’attention de la présidence de Vivre en Ville, alors assurée par la SEMVAT, s’est focalisée.

Dès ce moment, toute l’équipe de direction a été remise en cause. Il y avait trop de personnel, et du personnel trop jeune. Il était question de rigueur budgétaire, et non plus de militer en faveur du développement des activités de médiation. « Il y a beaucoup de remue-ménage à Vivre en Ville depuis l’arrivée de M.D.C., la nouvelle directrice. La SEMVAT a vraiment repris les choses en main. M.D.C. a bien vu qu’il y avait des dysfonctionnements associatifs : les administrateurs qui sont les clients, un bureau qui est pas vraiment élu… un déficit assez grave…

Je sais avec certitude que la SEMVAT ne veut pas de mon travail de recherches. Si ça avait été possible il m’aurait virée. M.D.C. m’a confié la mise en place d’outils pour la communication de Vivre en Ville mais aucun budget n’est attribué à ce poste parce qu’il faut se serrer la ceinture cette année. »86

L’association devait prouver qu’elle pouvait fournir une prestation de qualité pour garder le marché notamment auprès de la SEMVAT. Les agents devaient en effet, faire des efforts à un moment où l’image de Vivre en Ville s’était beaucoup détériorée dans le métro. Les absences et les retards se répétaient, et les agents manquaient effectivement de « professionnalisme ». Il fallait redresser tout cela, sinon la SEMVAT, alors le plus gros client, menaçait de quitter le marché. Comment pouvait-on avoir des agents de médiation « professionnels » alors qu’ils n’étaient que très peu formés sur leur poste de travail, qu’ils ne bénéficiaient d’aucune reconnaissance professionnelle ?

« Je suis allée en fin de journée voir S. (un agent RIM dans le métro)(…) Et il m’a parlé de ce qu’il ressent vis-à-vis de la SEMVAT et de Vivre en Ville. Il sent que Vivre en Ville en réalité se fait exploiter par la SEMVAT et n’a donc rien à dire. Il était choqué que la SEMVAT ne nous ait pas même prêté un camion pour le déménagement ! (Allusion au changement de locaux de Vivre en Ville). La SEMVAT ne tient même pas ses promesses d’embauche (…)Les agents dans le métro ne peuvent même pas s’investir dans le but d’être embauchés à la SEMVAT. Si ce but n’existe plus, alors comment être motivés dans ce boulot ? De toute façon, les Arabes qui ont été embauchés ne sont pas à leur aise à la SEMVAT. Pour lui, la SEMVAT a fait beaucoup de recrutements parmi Vivre en Ville au début pour faire miroiter qu’elle n’est pas raciste (…)Il ressent l’impossibilité de se faire entendre pour que quoi que ce soit s’améliore. Ce travail est pénible, car il intériorise beaucoup, doit beaucoup prendre sur lui, c’est stressant ! (…) Il y a un fort sentiment de manque de reconnaissance de la part de la SEMVAT. On a enlevé le système de rapport parce que cela gênait le PC (poste de contrôle) ou d’autres de s’entendre dire certaines vérités ! On leur demande de faire des comptes-rendus quelquefois, mais il n’y a plus ni papier ni crayon. De toute façon, tous les comptes-rendus qui avaient pu être faits avant ne remontaient jamais à la direction de Vivre en Ville (…)Les absences sont dues au fait que le travail est très pénible et sans motivation. C’est une façon de contester que de planter. Il a pris sur lui et a décidé d’être moins absent pour Vivre en Ville pas pour la SEMVAT. »87

La remise en cause de l’équipe de direction, et cette main-mise ressentie de la SEMVAT sur l’association aboutira finalement, au départ du responsable suivi-formation et de la responsable juridique. Ces départs devaient alléger les charges salariales de l’association trop importantes selon les représentants de la SEMVAT.

« Beaucoup de remous à Vivre en Ville ces derniers temps. M.D.C. a failli partir, elle est toujours là. A. (responsable du suivi-formation) a réussi à négocier son licenciement, il est parti mercredi dernier.

Il a fallu l’annoncer aux agents au fur et à mesure. Il était apprécié cet A. ! Le seul que la SEMVAT ne voulait pas virer !

C. (responsable des ressources humaines) va partir courant juin normalement, si elle craque pas avant. Elle revient d’un arrêt maladie de 3 semaines et elle a pas l’air bien du tout ! »88

Finalement, la directrice quittera elle aussi Vivre en Ville au terme de sa période d’essai (période d’essai qui avait été renouvelée une fois à sa demande).

« Aujourd’hui, M.D.C. nous a annoncé à Ch. (la comptable, présente à Vivre en Ville depuis sa création)) et moi qu’elle avait posé sa démission. Pas trop de surprise. Je m’en doutais très fortement. Elle partira aux alentours de la mi-juillet. Pour l'instant, ce n’est pas officiel. Seuls le bureau, D.L., C., Ch. et moi sommes au courant. Elle tient à l’annoncer elle-même aux agents. Elle ne veut surtout pas qu’on croie qu’elle a été virée par la SEMVAT. Elle en parlera avec M.T. (le plus ancien salarié de l’association) en particulier qui a du poids sur le reste des salariés.

Son départ sera un révélateur de plus de la situation de l’association. Pour Ch., tout ce qui se révèle aujourd’hui et depuis l’arrivée de M.D.C., s’était accumulé depuis le début. Que va-t-il advenir ? M.D.C. ne sait pas ce que la SEMVAT va décider. J.J.A. lui a dit que c’était sa faute si ça n’a pas bien fonctionné entre le bureau et elle. M.D.C estime qu’elle ne peut pas être une simple exécutante des ordres de la SEMVAT. À noter que ni G. (le président de Vivre en Ville et directeur de la SEMVAT), ni D. (le vice-président et DRH de la SEMVAT) ne l’ont appelé suite à sa lettre de démission déposée lundi. Elle dit qu’elle regrette parce qu’il y avait vraiment des choses à faire dans cette association, mais si peu de marges de liberté ! C’est vrai.

Que va-t-il se passer ? J’ai bien l’impression que le but est de faire péricliter cette association. On diminue beaucoup la prestation métro. Elle n’a plus d’importance aujourd’hui. On mise tout sur métro-vélo et la Prévention.

C’est pour les agents que l’inquiétude va être grande. J’ose espérer que ça ne va pas se passer comme ça et qu’ils réagiront lorsque la SEMVAT aura vraiment la main mise sur l’association. Un nouveau directeur sera-t-il nommé ? »89

Dès lors, Vivre en Ville semblait complètement vidée de son sens. Les objectifs de l’association, jamais clarifiés, devenaient moins clairs encore.

Un cadre de la SEMVAT, est détaché en juillet 2001 pour remplacer M.D.C. et assurer la direction de l’association pendant quelque temps. Cela permettait d’alléger les charges salariales de l’association, et à la SEMVAT de placer un de ses cadres qui venait de refuser de signer un nouvel accord-cadre. « Il m’a expliqué comme aux autres qu’il était à Vivre en Ville parce qu’il était le seul à avoir refusé le nouvel accord-cadre de la SEMVAT. Comme il ne pouvait être licencié, on lui a proposé le poste de directeur à Vivre en Ville et il a accepté. Il reste salarié de la SEMVAT détaché à Vivre en Ville. »90

L’objectif fixé à D.M. était de rétablir l’équilibre financier de l’association, condition sine qua non pour que la SEMVAT poursuive son engagement à Vivre en Ville.

L’engagement de ce nouveau directeur fut sans comparaison avec celui des deux directrices précédentes. Il était là uniquement pour mettre en œuvre les directives de la présidence : réduire le déficit de l’association et assainir les comptes. Au quotidien, il était très absent, et s’investissait peu dans le projet de Vivre en Ville. Les salariés avaient l’impression d’être livrés à eux-mêmes, sans orientation pour l’avenir, sinon celle de faire des économies pour rétablir le budget.

On peut dire que les perspectives de développement ont complètement disparu à ce stade de l’histoire de Vivre en Ville. Il fallait maintenant assurer seulement les missions de manière fiable, et aider les agents de médiation en poste à trouver une issue professionnelle en dehors des partenaires, même s’il y a eu malgré tout, quelques embauches à la SEMVAT et à EDF.

Il n’y avait plus de contrepoids face aux injonctions de la présidence. Les autres partenaires, EDF notamment, étaient absents, et les bailleurs se désengageaient progressivement.

Les agents de médiation intervenant dans les quartiers d’habitat social ne trouvaient de toute façon plus de sens à leur action. Les autres acteurs sociaux ne s’engageaient pas pour collaborer avec Vivre en Ville. Aussi, les agents de médiation se sentaient très isolés dans leur travail, et se disaient même parfois peu rassurés lorsqu’il s’agissait d’aller sur le terrain.

L’impulsion donnée par la signature du contrat local de sécurité semble n’avoir eu que peu de répercussions. Les attentes des bailleurs paraissaient en effet, n’être que sécuritaires sans prise en charge plus globale, par l’ensemble des acteurs, de la problématique des quartiers d’habitat social.

« Ce matin, réunion de direction comme chaque semaine. Et M.T. (responsable de l’équipe des agents de médiation dans les quartiers) a exposé l’état de la mission OPAC… L’équipe ne compte plus qu’un seul agent et qu’il ne veut pas garder. Il y a eu en effet le recrutement raté de Géraldine fin septembre, Najibe qui vient de trouver un autre emploi chez Sécuritas, Bébé qui est tellement dégoutté qu’il veut partir et Karim qu’on a remis sur le métro parce qu’il ne montrait pas beaucoup de motivation sur la mission OPAC. Ça, c’est le côté employé de Vivre en Ville. Ensuite, il y a le travail lui-même et la situation qui se tend dans les quartiers pourtant classés encore accessibles à la médiation. Les agents de médiation supportent mal le regard des habitants et des jeunes qui ne comprennent pas vraiment leur mission. On les assimile à la Police, on les traite de « balances ». Ils n’ont aucun relais dans les associations ou chez les travailleurs sociaux et ils ont alors le sentiment d’être très inutiles. M.T. disait que les jeunes étaient armés dans les quartiers et qu’ils couraient souvent beaucoup de risques. Les habitants ne leur ouvrent pas forcément la porte non plus.

Il y a ensuite les commanditaires. L’OPAC et la S.A. Languedocienne ont une organisation qui ne facilite pas le travail de Vivre en Ville. En effet, la commande faite à Vivre en Ville vient de la direction et est répercutée sur les responsables d’agence. Mais ces derniers qui n’ont pas vraiment réfléchi au sens de la mission de Vivre en Ville donnent l’impression de croire que Vivre en Ville vient rétablir l’ordre dans les cités, bref que c’est la police bis. Ensuite si les bailleurs se sont malgré tout bien impliqués dans cette mission contrairement au début, il reste qu’il est essentiel que les pouvoirs publics s’impliquent aussi - notamment les partenaires du contrat local de sécurité et ceux du contrat d’agglomération. Avec le CLS, on a droit à de grands et beaux discours, mais en dehors de la fiche action sur les médiateurs de jour, il n’y a pas de véritable implication. Et cela se ressent sur le terrain dans les relations avec les autres intervenants du quartier. Je crois que les agents de Vivre en Ville sont mal identifiés et gardent leur image de « jeunes des quartiers ». Et leur positionnement est difficile.

En tout cas ce matin, on en était à parler de mettre un terme à cette mission. M.T. même est totalement dégoutté et il est prêt à quitter Vivre en Ville. »91

Et c’est bien ce qui a eu lieu progressivement.

De leur côté, les correspondants de quartier à EDF se sont sentis de plus en plus mis à l’écart dans l’entreprise. Ils avaient l’impression qu’on attendait qu’ils s’en aillent les uns après les autres. Les correspondants qui quittaient Vivre en Ville n’étaient plus remplacés. Il était donc bien question de mettre fin à la prestation à EDF. « Les correspondants de quartier semblent se mobiliser pour de bon. Depuis plusieurs mois, ils se sentent complètement délaissés par EDF. Certains chefs d’agence font comprendre que les CQ ne sont pas utiles, on leur enlève leur bureau sur le plateau clientèle, on ne les informe pas des futurs recrutements ou bien on leur dit qu’on ne recrute pas des Vivre en Ville pour le moment. Ils ont vraiment le sentiment de servir de bouche-trou. On les envoie là où personne ne veut aller. Par exemple, c’est eux qu’on a envoyé voir les gens sinistrés par la catastrophe AZF pour faire un état des lieux et leur expliquer comment économiser – comme si par le froid qu’il fait on pouvait faire des économies de chauffage !! Plusieurs agences vont fermer avant la fin du mois et les CQ n’ont pas de place prévue à ce jour ! C’est quand même significatif ! Donc, ils en ont marre et ils ont besoin de réponses. »92

Au fil des mois, les salariés de Vivre en Ville sont convaincus que l’association va fermer au terme des contrats emplois-jeunes. Et c’est bien ce qui aura lieu en juin 2003.

1.1.3. Des justifications…


A posteriori, une fois l’association dissoute, j’ai rencontré deux des fondateurs de l’association : Françoise de Veyrinas pour la Ville de Toulouse, et J.J.A., responsable du nouveau service Sûreté de la SEMVAT, et ancien chargé de mission pour la prévention à la SEMVAT. Le choix de ces deux interviews permet d’avoir une représentation des deux partenaires qui ont pesé le plus dans le projet initial de l’association.

Il est intéressant de noter qu’aucun des partenaires ne semblait avoir jamais eu l’ambition de créer de nouveaux métiers à travers Vivre en Ville. Chacun semble en outre renvoyer la responsabilité à l'autre : la SEMVAT qui pense que l’association a pu servir de devanture politique pour les élus locaux, la Ville qui pense que les entreprises n’ont pas su s’emparer de ce dispositif et le faire perdurer.

La discussion sur la fin de Vivre en Ville a été l’occasion de revenir sur les objectifs initiaux. Pour l’élue, le but était de prendre en charge – grâce à l’opportunité des emplois-jeunes, dans le cadre du contrat de Ville – les jeunes issus des quartiers « défavorisés ». Il y avait une opportunité à saisir et il était question à travers le projet Vivre en Ville de rendre « intelligentes sur le plan local des mesures nationales ». L’emploi - jeune était alors perçu comme le moyen de mettre en œuvre des parcours d’insertion « plus actifs, plus formateurs »93.

À travers le partenariat des entreprises autour de l’association Vivre en Ville, il était question de sensibiliser les cadres des entreprises sur la question de l’insertion des jeunes et de faire évoluer les mentalités au sujet des jeunes issus des quartiers « défavorisés ». L’objectif premier de Vivre en Ville était donc l’insertion socio - professionnelle des jeunes, et non la création de nouveaux métiers. Il était plutôt question de créer de nouveaux emplois que de nouveaux métiers. Il s’agissait de démontrer aux entreprises que les jeunes pouvaient leur apporter une plus-value.

Elle insiste beaucoup sur le changement des mentalités opéré par l’intervention de Vivre en Ville auprès des services publics partenaires. Elle souligne le cas d’EDF qu’elle connaît bien. Selon elle, l’expérience de Vivre en Ville a permis à l’entreprise EDF de s’ouvrir sur les quartiers, et l’embauche de plusieurs jeunes issus des quartiers en difficulté a apporté une plus-value incontestable.

On peut néanmoins s’interroger sur ce changement de mentalité. En effet, l’ouverture des entreprises ne s’est-elle pas limitée à déléguer la relation aux publics problématiques à ces jeunes qualifiés « en difficulté d’insertion professionnelle » ? N’a-t-on pas assisté à une forme de marchandage où les entreprises acceptent de donner de l’emploi aux jeunes des quartiers en échange de la paix sociale dans ces mêmes quartiers ?

Du point de vue de la SEMVAT, l’objectif d’aide à l’insertion des jeunes était le même. L’entreprise souhaitait avoir une « action socio-éducative » en direction des jeunes des quartiers « défavorisés ». Il était question d’ouvrir l’entreprise sur les quartiers en montrant qu’elle est accessible aussi aux jeunes issus des « quartiers sensibles », si ceux-ci font la preuve de leur « normalité ». De plus, à travers cette ouverture vers les quartiers, les mentalités devaient évoluer par le contact avec ces jeunes, dont on dit qu’ils sont la cause de l’insécurité dans les transports.

Quant à la notion de médiation mise en avant lorsqu’on parlait des nouveaux emplois de Vivre en Ville, elle semble n’avoir servi que d’alibi pour utiliser la mesure emploi-jeune. En effet, la condition pour bénéficier des aides de l’État pour les contrats emploi-jeune était de justifier de la création de métiers répondant à des besoins émergents ou non satisfaits. En 1997, et depuis quelques années, la médiation était un concept plutôt à la mode. Le monde du transport notamment recherchait des solutions à l’insécurité sur son territoire, le service public d’une manière générale cherchait des moyens d’améliorer ses relations avec le public.

La SEMVAT choisit alors d’utiliser la prestation dite de médiation de Vivre en Ville pour donner de l’emploi à des jeunes issus des quartiers en difficulté, et d’améliorer ainsi son image face aux jeunes des quartiers. Mais dans le discours de J.J.A. qui a lancé le projet Vivre en Ville à la SEMVAT, il est inconcevable de créer un métier de médiateur. Il répètera souvent qu’« on ne doit pas sous-traiter aux Cheyennes pour traverser le territoire apache ». On ne peut demander durablement aux jeunes des quartiers problématiques pour le transporteur de jouer les intermédiaires. La médiation est une approche qui doit, selon lui, faire partie des métiers déjà existants. « Le concept de médiation (…) c’est pas du ressort de la petite frappe du quartier. C’est quelqu’un qui a fait des études de sociologie, qui a fait des études de psychologie et qui va faire de la médiation, mais au sens euh… par l’approche… ».94

Il reste cependant, que le bilan de la mise en place des agents de médiation a eu des effets positifs sur les relations entre les conducteurs de bus et les jeunes, sur certaines lignes de bus.

On peut noter le travail éducatif mené par les agents de Vivre en Ville sur la ligne 13 (Arènes-Lycée Polyvalent du Mirail- Basso Cambo). Le constat était celui de l’impuissance des conducteurs à gérer les flux de lycéens sur cette ligne. Le taux de fraude était l’un des plus importants, mais les conducteurs se voyaient dans l’impossibilité de contrôler seuls les validations des titres de transport. Avec l’arrivée de Vivre en Ville, des agents de médiation ont été positionnés aux heures de pointe sur cette ligne. Ils se plaçaient à chaque entrée du bus et, par le dialogue, sensibilisaient les jeunes au respect dû au conducteur, et à l’obligation de valider son titre de transport. J.J.A. parle d’un travail de « sociabilisation » sur cette ligne. Travail qui sera repris ensuite par les agents de prévention de la SEMVAT. Mais ce n’est plus tout à fait le même travail, puisque ces derniers n’interviennent que sur appel, alors que Vivre en Ville assurait une présence continue à certains créneaux horaires.

« - Et maintenant que les agents de Vivre en Ville ne sont plus là, comment on les remplace ? ». J.J.A. : « C’est ça qui est dommage… bon on repart en ce moment en comptant avec le service Prévention qui s’est agrandi. Donc aujourd’hui, on est sûrement capable d’occuper le terrain, différemment d’il y a 6 ou 7 ans et après on sous-traite des sociétés de sécurité. Bon on est plus sur le registre euh je sais pas comment te dire… voilà on est purement sur des prestations en interventions.

C’est l’intervention pure et dure au sens où les gars ils interviennent sur appel. On n’est plus sur tout le travail qu’avait fait Vivre en Ville, tout le travail de sociabilisation de la ligne 13. Bon, ça le service Prévention l’a repris à sa charge, mais c’est différent ». 95

Du point de vue de la Ville, le constat reste le même : celui de la plus-value apportée par Vivre en Ville aux entreprises partenaires. En effet, c’est Vivre en Ville qui, grâce à sa flexibilité, a permis à la SEMVAT de développer son service Prévention. Vivre en Ville aurait permis de créer une « sécurité de proximité »96.

La logique était de faire de Vivre en Ville un lieu d’expérimentations, mais sans réel engagement politique. L’expérimentation a duré le temps du programme emploi-jeune. Une fois les financements stoppés, l’association a dû fermer ses portes.

Ce qui fait dire à J.J.A., que Vivre en Ville a été instrumentalisée par la Ville de Toulouse. « - C’était pas l’intention de Vivre en Ville de créer de nouveaux métiers ? » J.J.A. : « Jamais. Du côté de la SEMVAT, jamais. Tu peux tout reprendre, on n’a jamais dit ça. Pour nous, c’était un sas d’embauches, un sas d’embauches pour travailler notre image avec les jeunes des quartiers tout en faisant un vrai geste social. Parce qu’offrir un emploi à des jeunes qui sont en difficulté, c’est positif. Bon, on était dans cette réflexion-là et Vivre en Ville était en pleine construction, donc la prestation n’était que le prétexte. Bon, on est sorti du cadre de l’emploi - jeune, il faut oser les mots : on a détourné les emplois-jeunes. Mais qui a utilisé l’emploi - jeune pour en faire vraiment un nouveau métier ? (…) L’Education Nationale en premier l’a détourné. Qu’est-ce que c’est Adjoint de Sécurité ? C’est un nouveau métier ? Non, non, mais voilà ! Nous on a au moins l’honnêteté de le dire, nous la SEMVAT ! Le problème si tu veux et c’est quand même plus grave, c’est que là où on s’est beaucoup perdu aussi, c’est que G.G. (la 1ère directrice) a été complètement phagocytée par F. De Veyrinas qui l’a fait travailler sur des projets, des trucs qui ont jamais abouti. Et elle a perdu énormément d’énergie, de temps. Attends ! Moi, j’étais vert ! Je disais rien mais on vendait Vivre en Ville à l’extérieur, on était plus connu à Rennes qu’à Toulouse ! Sauf qu’à Toulouse, la situation s’est détériorée. Et pendant ce temps, on allait aux quatre coins de la France pour… j’exagère ce qu’il faut ! (…) F. De Veyrinas en même temps qu’elle était présidente de Vivre en Ville, elle était aussi ministre des quartiers difficiles, elle faisait son boulot ! »97

L’avenir à long terme de Vivre en Ville n’avait pas été pensé visiblement. La mesure emploi-jeune a permis de créer des emplois et de justifier un moment l’action de la ville et des services publics de Toulouse en direction des quartiers défavorisés.

1.2. De la professionnalisation des emplois-jeunes à celle des agents de médiation de Vivre en Ville


Nous l’avons dit, Vivre en Ville a finalement choisi de privilégier le transfert des compétences acquises au cours de leur expérience par les agents de médiation, tout en permettant à certains de valider leur expérience par l’acquisition d’une qualification tel le CAP d’agent de prévention et de médiation. L’association a suivi les orientations de l’ensemble du dispositif emploi-jeune : privilégier « la perspective d’une transférabilité maximum de l’expérience acquise et des compétences validées dans des champs professionnels aussi ouverts que possible »98 avec dans le même temps, des procédures nouvelles de certification pour les jeunes qui occupent ces emplois. La volonté des responsables politiques semble bien être, avec l’injonction de professionnalisation des emplois-jeunes, de modifier le rapport formation-emploi. La seule qualification ne suffirait plus, et les compétences se construiraient au sein de l’entreprise.

Cependant, au fil du temps, les acteurs de ces nouveaux emplois s’attachent de plus en plus à faire valoir leurs activités et leurs compétences. Cette reconnaissance passe par la revendication notamment de certifications ou le remaniement des conventions collectives.

Ceux qui occupent ces emplois, manifestent, à un moment donné, le refus d’exercer une activité qui ne bénéficierait pas d’une reconnaissance sociale – telle la certification – d’un enrichissement des tâches, et de l’implication réelle dans une organisation de travail. On se retrouve là, dans la perspective mise en avant par E. Hughes et ses disciples. La professionnalisation est complètement liée aux acteurs du métier en question. Elle passe par leur mobilisation pour la reconnaissance sociale de leur activité. On se trouve dans une compétition pour la reconnaissance de leur compétence par les salariés des entreprises partenaires de Vivre en Ville – entreprises qui utilisent les services des agents de médiation.

La question devient celle de l’acquisition du monopole de la compétence dans le domaine des relations du service public avec ses clients « problématiques », principalement les jeunes.

Des mouvements de grève notamment ont permis aux agents de Vivre en Ville de montrer dans quelle compétition ils se trouvaient. C’est une compétition qui met en jeu la reconnaissance de leur compétence, mais surtout leur reconnaissance sociale.

Lors de la première forte mobilisation des agents de Vivre en Ville en décembre 2000, ils ont réclamé la reconnaissance de leur activité par le passage en contrat à durée indéterminée, des primes, et une transparence dans les rapports avec la SEMVAT, le « partenaire » le plus influent à Vivre en Ville. Ils justifient leurs revendications par la position délicate dans laquelle les met leur travail de « médiateur ». Car ils estiment qu’on les met en première ligne pour gérer les relations avec les clients, et qu’ils n’ont pour cela que leur seule capacité d’adaptation à chaque situation.

Mais, c’est aussi cette capacité à s’adapter et à gérer toutes les situations, qui les met en position de revendiquer un professionnalisme. Ils estiment apporter une plus-value non négligeable aux entreprises par leur savoir-faire. Des situations conflictuelles sont désamorcées par leur intervention, et des dégâts sur les matériels des entreprises évités par leur présence sur les territoires des entreprises.

Se comparant aux salariés de la SEMVAT avec lesquels ils travaillent quotidiennement (conducteurs, vérificateurs, agent de prévention…), ils se sentent lésés par leur position de jeune en contrat emploi-jeune. Ce statut ne leur accorderait aucun avantage social en comparaison avec les salariés des entreprises partenaires avec lesquels ils sont de fait dans une sorte de compétition.

De plus, revient très souvent dans le discours des agents de médiation, le sentiment d’être instrumentalisés par les entreprises partenaires de l’association, pour améliorer leur image dans les quartiers.

Un second mouvement de grève, beaucoup plus important, aura lieu entre mai et juin 2002. « Depuis mardi 21/05, les agents de Vivre en Ville se sont mis en grève. Cela faisait des mois qu’il en était question, mais les différents événements avaient changé les choses ( AZF, décès de Karim, problèmes de la SEMVAT avec le SMTC…). Je ne croyais plus qu’ils puissent se remettre en grève, je doutais même de leur volonté. Mais ils l’ont fait ! Les revendications sont : - respect des salariés de la SEMVAT à l’égard de Vivre en Ville (notamment le PC dans le métro…) ; primes d’été et d’hiver ; paiement des heures de dimanche et jours fériés double ; augmentation des salaires de 2000 F (là ils ont visé haut exprès) ; embauches chez les partenaires.

Mardi donc toutes les stations de métro étaient découvertes, seuls les correspondants de quartier EDF n’ont pas bougé. Eux, ont juste refusé d’aller à la DDASS (mission hors contrat dans laquelle ils ont l’impression de se faire utiliser). »99

À travers ce mouvement, ils voulaient mettre en évidence l’instrumentalisation dont ils sont l’objet. Ainsi, le quotidien La Dépêche rapportera le 27 mai 2002 : « Pour « faire tampon entre les délinquants et les salariés de la SEMVAT », ils ne reçoivent que 5400F par mois, et l’un des membres du Collectif en conclue qu’ils sont des « esclaves des temps modernes ».

« La grève continue. Une délégation a rencontré le sous-préfet à la ville et deux sons de cloche en ressortent. M.T. (délégué du personnel) dit que le sous-préfet a accordé le paiement des jours de grèves à hauteur de 80 % (équivalent de ce que verse l’État pour les emplois - jeunes) et D.M. (directeur de Vivre en ville) dit qu’il a dit qu’il réfléchirait à ce qu’il pouvait faire. Il souhaite que l’ordre demeure et qu’il n’y ait pas de débordement. Car les agents continuent de bloquer les gares de bus et à ouvrir les stations de métro. Un conseil d’administration de l’association a eu lieu ce matin où assistait le sous-préfet. Il a été décidé de prendre sur le budget de l’association (budget sur lequel des réserves de 300 000F doivent être prévues) un montant de 200 000F pour payer des primes de dimanches. Chose normale. Ils espèrent calmer le jeu de cette manière. D.M. ne cesse de dire qu’il n’y a pas d’argent à la SEMVAT, du moins ils n’en débloqueront pas. »100

Vivre en Ville a une portée plus large que la seule intervention sur le territoire des entreprises partenaires. La question des quartiers de la politique de la ville est aussi en jeu et le mouvement des agents de Vivre en Ville a suscité quelques craintes quant à un embrasement dans les « quartiers sensibles ». « Le sous-préfet a d’autre part demandé à ce qu’il n’y ait pas de remous par rapport au fait que les agents en grève ouvraient le portillon de la station Capitole. Il ne voulait pas faire intervenir les forces de l’ordre sous peine d’enflammer la situation et d’avoir des conséquences dans les quartiers. »101 Les différents acteurs de la politique de la ville ont tenté de calmer les revendications des agents de médiation en accordant les primes demandées et en faisant des promesses quant à une réflexion plus claire sur leur insertion professionnelle. Au-delà d’une demande de reconnaissance professionnelle, il s’agit pour les agents de médiation d’être reconnus autrement que comme jeunes en difficulté d’insertion. Ils revendiquent un véritable emploi.

« Vendredi 31/05, le président a provoqué un conseil d’administration de l’association où tout le monde était présent. Ce qui augurait de l’importance de ce conseil d’administration. La Mairie et la Direction Départementale du Travail et de l’Emploi (D.D.T.E.) notamment étaient présentes. Donc, ont été entérinées les décisions déjà annoncées : la mise à disposition de 200 000F du budget de l’association pour payer les primes de dimanche et jours fériés, le fait que les partenaires ne débourseraient rien, le fait qu’il faudrait peut-être penser à des licenciements… La nouvelle intéressante c’est que la DDTE face à ce mouvement a pris conscience de la fin très proche des contrats et de la nécessité de faire quelque chose. Elle a donc proposé de déléguer quelqu’un pour faire le suivi des jeunes et les accompagner vers une sortie de l’emploi - jeune. Devraient être étudiées des possibilités d’insertion. Pour eux, Vivre en Ville est la manifestation de ce qui se passera bientôt au niveau national pour les emplois-jeunes. Ils vont donc se rôder à travers Vivre en Ville ! »102

La question de la discrimination dont ils se sentent l’objet dans leur relation avec les entreprises partenaires sera très présente aussi dans ce mouvement de grève. Ils parleront de racisme des salariés de la SEMVAT en particulier. Ils déclareront en effet à La Dépêche, le 22 mai 2002 qu’ils sont victimes du racisme des salariés de la SEMVAT. C’est leur identité sociale et professionnelle qui est en jeu.

Tout au long de l’histoire de Vivre en Ville, les objectifs des partenaires et administrateurs de l’association demeurent en suspens. Et les agents de médiation se sentent pris dans une contradiction entre leur position de « jeune en insertion » – position qui exige qu’ils apportent des preuves de leur socialisation avec le monde du travail – et celle de « médiateur », en tout cas de relais entre les services publics et les usagers « problématiques ». Et ils savent leur rôle indispensable pour réguler les relations avec la jeunesse en particulier sur le territoire des services publics. Leur utilité sociale, ils en sont conscients, vient de leur capacité à assurer la paix sociale dans les « quartiers sensibles ».

Mais, forts de cela, ils ne comprennent pas qu’on refuse de les intégrer dans l’organisation du travail des services publics, et qu’on les maintienne dans leur statut de « jeune à insérer » en leur enjoignant de trouver un autre emploi le vite possible. Du côté des partenaires, il est hors de question de penser à faire de ces activités des métiers et de reconnaître véritablement la compétence de ces jeunes pour pacifier les relations parfois conflictuelles avec certains usagers. L’intégration des agents de médiation par l’embauche dans les entreprises partenaires, devient un objet de compétition. En effet, les entreprises soumettent cette intégration à des conditions liées à la bonne conduite des jeunes en question. Leur compétence sur leur poste d’agent de médiation, serait sans importance. Il n’est pas question de « faire des exploits en tant que médiateur » pour gagner l’opportunité d’une embauche à la SEMVAT par exemple.

On peut noter cependant que, sur 95 jeunes ayant occupé un poste d’agent de médiation à Vivre en Ville, 28 ont été embauchés par la SEMVAT, 6 à EDF et un par la Mairie de Toulouse. Ne peut-on y voir une forme de reconnaissance de leur compétence par la SEMVAT notamment ? Leur intégration dans l’entreprise a permis de renouveler l’image très franco-française du personnel, et de modifier les rapports avec les usagers. La compétition pour la reconnaissance de leur compétence par les agents de Vivre en Ville a cependant davantage consisté à faire valoir leur bonne volonté à s’insérer, et à rentrer dans la norme. Il paraît difficile de parler de reconnaissance des agents de médiation en tant que groupe professionnel. Ils n’ont pas acquis le monopole de la compétence en matière de gestion des conflits dans les services publics, mais on peut avancer malgré tout qu’ils ont contribué à renouveler l’image du service public et les modes d’intervention sur certains territoires.
1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   37

similaire:

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse pour le Doctorat de sociologie
«Comme tous mes amis sans exception sont des êtres de grand talent et de vaste intelligence, les conceptions qu’ils expriment seraient...

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse de doctorat à Sciences-Po Paris : Programme "Sociologie Politique-Politiques...
«Circulation des savoirs et des pratiques culturelles : le triangle Amérique latine – Europe – Amérique du Nord»

Thèse de doctorat en sociologie iconTHÈse de doctorat

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse de doctorat (N. R) en Sciences de l’Education

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse de doctorat en Science politique

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse en vue de l’obtention du Doctorat d’histoire

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse pour le Doctorat en Sciences Économiques

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse de Doctorat préparée par Samar rouhana

Thèse de doctorat en sociologie iconThèse de doctorat nouveau régime présentée par Frédéric lagrange

Thèse de doctorat en sociologie iconLibrairie – Bibliographie
«Les marchés électroniques : structures, concurrence et conditions d’efficience». Thèse de doctorat, Université Lille 1 Sciences...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com