Etats Généraux du Travail Social – 2014





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Dans les états généraux du travail social, la CFDT souhaite affirmer une vision solidaire des politiques publiques qui seraient élaborées avec la participation des professionnels eux-mêmes.

Il est impératif de reconstruire une base de valeurs pour le travail social et un ensemble de repères pour les travailleurs sociaux, de nature à améliorer de façon définitive l’efficacité du travail social et la qualité des relations avec les usagers. Les états généraux du travail social doivent être le moment et le lieu d’énoncer et de valider un certain nombre d’axes qui rendront pérenne la volonté de redéfinir un cadre commun de valeur et de retrouver un élan collectif constructif. Cependant, la CFDT constate à quel point l’éclatement des réflexions prétendant s’intéresser aux besoins sanitaire, social et médico-social des usagers est encore prégnant et en totale contradiction avec la logique de parcours pourtant revendiqué par tous. Service territorial de santé, Stratégie nationale de santé, Etats généraux du travail social, loi vieillissement, Stratégie nationale de prévention de la délinquance, autant d’initiatives, de projets, de calendriers dont il faudra mesurer les incohérences et les conséquences.

Le contexte

Le contexte politique et législatif a évolué très vite ces dernières années, marqué par une crise économique et de l’emploi. Le chômage a développé la précarité, la pauvreté et l’exclusion d’une fraction grandissante de la population. A cela, s’ajoute l’évolution sociodémographique, conséquence de la modification des familles et du vieillissement de la population dû à l’allongement de l’espérance de vie.

L’emploi, l’insertion, la cohésion sociale, sont devenus en quelques années les thématiques dominantes du social. La diversité des publics entraîne la diversité des actions à mener entre social, santé, justice, habitat, pauvreté. Ces évolutions ont fortement installé, chez nombre de professionnels, des doutes sur le sens de leur action, leurs missions et rôles, leur professionnalité. Un réel malaise habite l’ensemble des intervenants. Pourtant, par l’exercice de ses missions, le travailleur social participe au lien social et à l’adaptation sociétale des personnes en grande difficulté. Il est un des acteurs, en première ligne, de la cohésion sociale.

Le pilotage

Pour la CFDT, les politiques publiques doivent être définies au niveau national. Quel que soit l’opérateur, ces politiques doivent être appliquées à tous les niveaux de l’accompagnement social. La CFDT soutient l’importance d’une cohérence nationale dans le cadre des périmètres territoriaux de responsabilité.

Pour la CFDT, la région est le niveau approprié à une articulation pertinente entre les schémasdépartementaux du travail social, du médico-social et ceux du sanitaire. La cohérence dans la déclinaison des politiques nationales à ce niveau territorial nécessite des outils de régulation communs à tous les acteurs, concernant l’évaluation des besoins, la définition de moyens adaptés et l’analyse de résultats.

L’amélioration des conditions d’exercices

Perte de sens et manque de temps utile sont des facteurs aggravant de la dégradation des conditions de travail. La CFDT réaffirme l’absolue nécessité de l’analyse de la pratique des travailleurs sociaux. Dans le cadre de l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la qualité de vie au travail, des mesures existent qu’il semble impératif de rendre obligatoires dans le travail social notamment. La restructuration de l’appareil de formation des travailleurs sociaux doit être un appui important du plan pluriannuel contre la pauvreté.

L’évolution des usagers

Les constats des professionnels mettent en évidence une évolution des usagers pris en charge. Il apparaît nettement la nécessité de pouvoir imaginer des prises en charge ou des interventions prenant en compte cette évolution. Les limites du champ d’intervention de chacun des professionnels nécessitent une réflexion sur une nécessaire pluridisciplinarité. Ces évolutions doivent trouver une traduction au niveau des compétences mais aussi dans l’organisation

des structures sur le territoire et entre elles. La CFDT défend un travail social de qualité, basé sur les compétences professionnelles, l’écoute et la prise en compte des besoins du public … des publics.

Organiser le réseau de professionnels

Entre la volonté de créer de plus en plus de réseaux, de mutualiser les moyens et les ressources et la tendance au développement de l’individualisation, l’équilibre à trouver est un pari difficile. Il est primordial de définir la coordination des différents services afin d’optimiser la ou les réponses d’aide aux besoins des personnes fragilisées. Cette coordination doit aussi permettre un réel travail d’équipe pluridisciplinaire et le développement de réseaux (sanitaire/social, structure/domicile). La concertation sur le Service Territorial de santé a également mis l’accent sur l’importance de la coordination des acteurs. Au niveau des ARS, des débats sont en cours sur cette question. Mais curieusement, ils excluent le travail social de leurs réflexions. Ainsi, alors même que le monde de la santé et celui du travail social veulent développer le travail en réseau, chacun, organisé différemment sur le territoire (région, département) ne veut ou ne peut le faire avec l’autre. Ainsi entre parcours de soin du patient et parcours de vie de l’usager, on pourrait aboutir à des décisions différentes, des circuits distincts voire divergents. On peut alors présager du parcours du combattant que cette situation offrirait à l’usager du social dès lors qu’il est malade.

Pour la CFDT, il faut trouver l’interface entre les secteurs et lier les travaux de l’ARS et des DRJSCS. Les formations, initiales et tout au long de la vie, doivent aussi tenir compte de ces besoins, afin qu’intervenant social et acteur de santé puissent trouver et mettre en œuvre leurs complémentarité.

Le secret professionnel fait l’objet d’un pacte de confidentialité, pacte individuel sous garantie sociale qui est sérieusement menacé au quotidien par le jugement moral posé sur les sujets en souffrance par les pratiques voisines du contrôle social et par d’innombrables ruptures du secret dans les équipes et les institutions.

Pour la CFDT, le développement du travail en réseau doit prendre en compte, dans le social commedans le sanitaire, l’ensemble de ces interrogations et doit trouver des réponses qui protègent à la fois l’intervenant, l’usager et le patient.

Valorisation et reconnaissance des professions en travail social et intervention sociale

L’absence de reconnaissance des compétences des professionnels en travail social et intervention sociale, en matière de prise en charge, tant de l’enfant, de sa famille, que de l’adolescent ou l’adulte, déstabilise les professionnels et ne favorise pas la création nécessaire à une identité professionnelle. Un des risques lié à la non-revalorisation des professionnels et de leur pratique est qu’à terme les professionnels se trouvent placés dans des situations difficiles où plus rien ni personne ne leur permettent de savoir si les techniques et les savoir-faire qu’ils mettent en œuvre pour faire face au réel du travail sont fondés ou légitimes.

La CFDT considère que l’absence de prise en compte de leurs savoirs et savoir-faire renforce unequête identitaire justifiée et est source d’une insatisfaction au travail. Il convient de tout mettre en œuvre pour faire reconnaître et valoriser les compétences des professionnels du secteur. C’est la reconnaissance de leur professionnalisme et de leurs savoirs tant théoriques que pratiques qui peut leur restituer une identité.

C’est aux pouvoirs publics ainsi qu’aux institutions d’aider les professionnels du secteur à trouver leurs places réelles, en définissant clairement les contours de ces places et de leurs fonctions, donc en établissant avec eux, des référentiels de formation pertinents et au-delà, des fiches de postes congruentes. C’est à cette condition qu’ils se sentiront reconnus dans les spécificités de leurs professions et de leurs formations.

Enfin, pour la CFDT, l’accès à la reconnaissance passe par le fait de rendre visibles les fonctions de chacun, de donner aux professionnels, ainsi qu’aux formateurs et aux responsables de structures, des compétences et des moyens correspondant aux enjeux économiques et sociaux des différentes professions du secteur. Il s’agit entre autres, de mettre en évidence les compétences pratiques et théoriques nécessaires pour exercer ces professions, pour les rendre plus lisibles et donner à chacun sa juste place. Cette mise en évidence doit venir des pouvoirs publics, des différents partenaires mais aussi des professionnels eux-mêmes. Il est nécessaire de construire un travail collectif autour de la valorisation de ces professions. La survie professionnelle passe par ce temps d’élaboration qui légitime le travail des professionnels et permet de meilleures prises en charge ou accompagnements.

Union Régionale Centre CFDT10, rue Théophile Naudy – CS2163445006 Orléans Cedex 1 Tel : 02 38 22 38 60 Mail : uricentre@centre.cfdt.fr

Groupe de travail n°2 ILE-DE-FRANCE

L’articulation des professionnels du travail social et de l’intervention sociale sur le territoire

Méthode et calendrier :

Le comité de pilotage Ile de France a constitué deux groupes de travail, l’un centré sur la complémentarité des métiers dans la construction des parcours en matière d’hébergement et de logement, l’autre sur l’articulation des professionnels du travail social et des intervenants sociaux sur le territoire.

Ce second groupe a réuni environ 35 intervenants sociaux, majoritairement professionnels du travail social au titre du CASF( pour la plus grande part, de niveau III et supérieur : assistants de service social des conseils généraux pour beaucoup en position d’encadrement et professionnels du travail social associatif) et quelques représentants des intervenants sociaux( notamment des professionnels de la médiation, des conseillers d’insertion et de probation) ainsi que des représentant des usagers (CCRPA, ATD Quart-Monde) lors de trois réunions de travail :

- le 20 mars : séance plénière de "brainstorming" autour des notions de complémentarité et de territoire

- le 8 avril : division du groupe en trois ateliers : autour du territoire, des pratiques et de la formation

- le 30 avril : restitution des ateliers et discussion pour enrichir les travaux. thématique notamment abordée : l’articulation des professionnels du travail social et de l’intervention sociale autour de l’exercice du droit des personnes accompagnées.

En préambule :

Retour sur la thématique initiale que ce groupe devait aborder : métiers et complémentarités : le comité de pilotage a souhaité axer sa réflexion sur les modalités d’organisation des intervenants sur le territoire et a fait abstraction d’une référence aux métiers et d’un distingo entre professionnels du travail social et de l’intervention sociale.

Ce postulat s’est trouvé globalement validé par le groupe : Il a plus été fait référence aux modalités de coordinations institutionnelles et professionnelles, et à une compétence partagée entre les différents professionnels, en référence à la personne accompagnée.
1/ Sur le territoire, des articulations complexes, une coordination difficile qui doit se doter d’une gouvernance :

A) Une multiplicité d’intervenants aux logiques et contraintes professionnelles différentes, qui opèrent dans un contexte d’intervention peu lisible, caractérisé par :

- Un cloisonnement des services et des institutions,

- Des territoires d’intervention qui ne correspondent pas toujours au territoire de vie des personnes,

- Un millefeuille administratif, des dispositifs d’action sociale enchevêtrés,

B) Face à ce constat, il est nécessaire d’améliorer les dispositifs de coordination mis en œuvre, de mieux distribuer les interventions auprès des publics autour  d’outils de gouvernance :

-Désigner un chef de file/ orchestre, qui soit légitime au regard du territoire et du projet concerné

-Assurer le portage institutionnel des projets partenariaux

-Assoir les compétences des cadres intermédiaires du travail social sur le management et la conduite de projet

-Développer des modalités de diagnostic et de coopération interprofessionnelle
2/Une compétence partagée entre les acteurs du travail social et de l’intervention sociale :

Autour de l’accompagnement des personnes 

A) Des acteurs mobilisés, selon leur spécificité, dans l’accompagnement social des personnes, avec l’usager :

sur le terrain, les professionnels de l'intervention sociale, de niveau et  de métier différents se reconnaissent ex : atelier 2 séance 2: un professionnel du travail social évoque "ce travail social" effectué par la femme  de ménage dans un CHRS  (ou maitresse de maison, professionnelle de l'intervention sociale) 

et coordonnent leurs interventions : ex : atelier 2 séance 2: la TISF ajuste son intervention à celle du référent social dans l’accompagnement de proximité au domicile d’une famille dont l’enfant est handicapé, en articulation avec une psycho-motricienne.

B) Réflexions autour des outils d’accompagnement social des personnes :

- Une charte d’accompagnement, co-construite par les acteurs

  • Un dossier partagé, élaboré avec l’usager

- Un référent (unique) en fonction de la situation de la personne et du projet

C) Une valeur partagée, un lien entre les métiers : le droit de la personne accompagnée :

a) De façon unanime, constat que les droits des personnes sont mis à mal, face aux procédures :

« on demande aux personnes des papiers pour  accèder aux services  sociaux » (AS d'un CG)

« à l'aide sociale à l'enfance, les usagers signent parfois-les contrats d’accueil provisoire- sans comprendre »

b) Face aux limites posées par leur cadre d’intervention, les professionnels du travail social introduisent les droits des personnes dans leurs pratiques professionnelles :

« il m’arrive de recevoir des personnes assistée d’un avocat, et c’est positif »

« le travail social, c’est forcément un partage des pouvoirs »

Discussion autour du projet social réciproque, impliquant la personne accompagnée.

c) Le droit des personnes mobilise les professionnels du travail social et ceux de l’intervention sociale, mais de façon différente selon les publics ciblés par chacun:

Pour qui travaillent les professionnels du travail social et les intervenants sociaux ?

Pour les premiers, «  pour tous »: en référence à l’universalité du service social de droit commun   

Pour les professionnels de la médiation : pour ceux qui sont exclus du droit : exemple développé du travail effectué par l’association « profession Banlieue » sur le non - recours au droit des personnes étrangères.
Autour du travail collectif, en interdisciplinarité 

- Le travail collectif, en réseau est revendiqué par les professionnels du travail social comme partie intégrante de leur professionnalité, de leur coeur de métier ; ils érigent le travail collectif comme un impératif, un élément productif en tant que tel : « qu’est-ce qui est productif dans un groupe ? ». « la qualité, c’est l’interaction entre les personnes, et le lien entre les métiers ».

- Focus : Les professionnels du travail social mènent, avec des intervenants sociaux, des expériences inspirantes (ex : association C2I 93, CG 92)
En termes de réflexion sur les métiers

L’ensemble des professionnels milite pour le décloisonnement des métiers : En termes d’outils de coopération professionnelle et de formation, ils proposent :

- un socle commun de formation pour l’ensemble des intervenants.

- de développer la co-formation (notamment avec les usagers et les bénévoles), les formations-actions pluri-professionnelles sur site.

- de mettre en oeuvre des conditions de travail favorisant l’élaboration, notamment collective, des pratiques professionnelles.
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Métiers et complémentarités
Afin d éclairer cette thématique, nous tenterons d’établir un état des lieux, certainement partiel, des divers métiers du travail social et de l’intervention sociale, en nous inspirant de divers travaux.*
Contexte, enjeux :

La thématique de la complémentarité des métiers au sein de l’intervention sociale, dans son acception large, n’est pas tout à fait nouvelle : L’action sociale a été mise en œuvre dès les années 80 dans une logique de pluridisciplinarité et d’articulation territoriale des métiers classiques du travail social et d’autres professions par les conseils généraux, dans le mouvement de la décentralisation.

Le paysage de l’intervention sociale s’est toutefois recomposé depuis la fin des années 90 :

Une approche nouvelle en termes d’accès au droit commun et de développement social va impliquer l’émergence de nouveaux métiers de l’intervention sociale, reliés à la politique de la ville.

Une définition plus globale des besoins de la personne va favoriser des politiques transversales telles les politiques d’insertion et celles favorisant l’autonomie et le maintien à domicile, où se croisent une pluralité de métiers.

On assiste plus récemment à la montée en puissance de la société civile inspirant les politiques publiques, et faisant intervenir de nouveaux acteurs, représentants des usagers.
L’intervention sociale s’est en conséquence, beaucoup diversifiée, et fait coexister une pluralité de métiers :
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