Etats Généraux du Travail Social – 2014





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Les métiers du travail social classique :

Ils recouvrent 14 métiers et des diplômes de niveau I à V selon la nomenclature officielle. On peut regrouper les professionnels en quatre familles successivement apparues dans le travail social : celles de l’accompagnement social, de l’éducation spécialisée, de l’animation, et de l’aide à domicile.

On notera que la loi ne définit pas la spécificité des interventions mais fait référence à une formation et à un diplôme d’Etat garantissant une qualification.

Caractère assez spécifique à la France, cette formation revêt un caractère professionnel (caractérisé par une alternance théorie- pratique), et est très majoritairement enseignée dans des écoles spécialisées.

On tentera de caractériser les professionnels exerçant ces métiers par un point commun à tous les secteurs d’intervention, et qui les différencie des intervenants sociaux non diplômés : ils peuvent être définis comme des techniciens de la relation à l’individu et au groupe.

Les métiers de l’intervention sociale :

Il s’agit d’un secteur très composite, non défini règlementairement, où coexistent des métiers aux références professionnelles, secteurs d’activité et cadres d’emploi très divers : Outre les métiers du travail social classique, on recensera notamment :

- Les métiers à compétence technique exercés dans des secteurs d’intervention connexes au travail social (professionnels de santé, conseillers emploi-insertion,…)

Mais également :

- Les métiers administratifs exercés en amont et en aval de l’intervention sociale auprès des personnes : métiers d’accueil de premier niveau, métiers de l’encadrement ou de la coordination, dans des services d’action sociale publics ou associatifs.

- Les métiers de la médiation sociale proprement dite (présents dans les secteurs de la politique de la ville, et de l’accès aux droits)

Le concept d’intervention sociale a fait l‘objet de divers travaux sociologiques, en particulier dans les années 2000, à la faveur de l’émergence de nouveaux métiers. A ce titre, la mission interministérielle de recherche et d’expérimentation définit les intervenants sociaux de façon très globale comme « l’ensemble des personnes exerçant à titre professionnel ou bénévole, une action en direction des personnes et des groupes, dans un objectif d’aide et de promotion du lien social »

On tentera de caractériser, à gros traits, les spécificités de l’intervention sociale différenciée du travail social classique :

Les nouveaux métiers de l’intervention sociale présentent des caractéristiques communes :

Contrairement aux professionnels du travail social classique qui peuvent se prévaloir d’un diplôme, ils assoient leur légitimité sur un savoir-faire expérientiel et/ ou des connaissances plus généralistes dispensées à l’université. Ils évoluent majoritairement dans des cadres d’emploi moins statutaires, voire précaires (s’agissant, par exemple, de certains intervenants associatifs sur le secteur de l’accès aux droits ou des adultes relais) et au sein d’organisations de travail plus flexibles.  Ils sont d’avantage représentés dans l’action sociale de proximité, et de facto gérés par l’échelon communal ou par des structures associatives.

S’agissant des métiers de la médiation proprement dite :

On pourra noter qu’au-delà d’une éthique de respect de la personne partagée avec les travailleurs sociaux, ces intervenants se singularisent par une façon particulière d’agir en interface des institutions et des usagers :

:- Leur mode d’intervention est de type extensif, familier du collectif, du réseau et de l’interpellation des institutions.

- Ils agissent en proximité directe avec l’usager, sans utilisation de la méthodologie de distanciation propre au travail social, et ce d’autant plus qu’ils sont eux-mêmes d’anciens usagers (c’est l’exemple des travailleurs pairs), des militants associatifs, des bénévoles caritatifs.

- Ils s’appuient sur la libre adhésion des personnes quand les intervenants institutionnels contractualisent avec ces dernières.

- Ils prônent l’ « aller vers », et aujourd’hui l’empowerment, le « faire avec » l’usager citoyen.

- En dernier lieu ils rencontrent le plus souvent des publics en lisière, voire exclus du droit commun, particulièrement représentés en Ile de France : hors-territoires (géographique, comme les sans domicile stable, ou institutionnel, comme les mineurs isolés étrangers), non réclamants, (comme certains publics roms) ou ceux qui échappent aux critères d’intervention classiques, telles les personnes précaires affectées de troubles psychiques.


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Sources :

Rapport du groupe de travail interministériel sur la médiation sociale, 2011.

Notes de synthèse :- Cahier de recherche de la Mission Interministérielle de Recherche et d’Expérimentation : vers une typologie des emplois de l’intervention sociale. Elisabeth Maurel, Michel Daran et Dominique Dessanti, 1998.

- Les mutations du travail social, dynamique d’un champ professionnel. Travaux dirigés par Jean-Michel Chopart, 2000.

Article : Cahier du développement social urbain : Métiers du travail social et nouveaux métiers : Quelles continuités et ruptures dans l’intervention sociale ? François Aballéa, 1998.


Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale d’Ile-de-France


Présentation de la Synthèse

RECHERCHE ACTION COLLABORATIVE

Les écrits professionnels des travailleurs sociaux

De l’analyse des dispositifs de formation

A la réflexion sur le cadre institutionnel de l’écriture professionnelle

11 avril 2014


Dans le cadre de sa politique publique de développement de la qualité des formations, la DIRECTION REGIONALE DE LA JEUNESSE, DES SPORTS ET DE LA COHESION SOCIALE D’ILE DE FRANCE, en collaboration avec l’INSTITUT REGIONAL DU TRAVAIL SOCIAL D’ILE DE FRANCE , MONTROUGE-NEUILLY SUR MARNE, a initié, financé, et mis en œuvre en 2013 une recherche action collaborative concernant les écrits professionnels des travailleurs sociaux.

ORIGINE,  ACTEURS ET METHODE de la RECHERCHE ACTION COLLABORATIVE

Les écrits professionnels y ont été envisagés à partir de la description et de l’analyse des dispositifs de formation continue qui peuvent être proposés pour remédier aux insatisfactions récurrentes les concernant. (voir l’étude effectuée en 2011 par le cabinet Tessiture sur « La recherche des qualifications en Travail social » site internet DRJSCS rubrique Mission observation, toutes les études).

Ont été délibérément exclues de la recherche les approches strictement scolaires qui proposent des remises à niveau orthographique, grammaticale ou syntaxique et donc sans rapport avec le contexte professionnel et celles qui contournent la formation en proposant des outils pré-formatés supposés faciliter la production des écrits en les standardisant, et en conséquence sans rapport avec la formation.

La raison n’en est pas que celles-ci n’auraient pas d’intérêt ou ne répondraient à aucun besoin, ce qui reste à démontrer, mais qu’elles se trouvent hors du champ de recherche, circonscrit à la Formation professionnelle en travail social et à ses effets sur les pratiques professionnelles.

Une attention principale a été accordée au repérage des effets objectivables des dispositifs de formation

  • sur la perception de l’activité d’écriture à laquelle les travailleurs sociaux sont professionnellement convoqués

  • Sur le sens qu’ils lui attribuent

  • Sur les savoirs produits dans ce cadre et les apprentissages mis en place

  • Et, de là, sur leurs pratiques d’écriture elles-mêmes et leurs répercussions dans leurs services respectifs.

Cette Recherche-Action, placée sous la responsabilité de Colette THOMMERET, Conseillère technique en Travail Social à la DRJSCS d’Ile de France et de Jacques RIFFAULT, Directeur des études de l’IRTS Ile de France Montrouge-Neuilly sur marne, par ailleurs doté d’une expertise reconnue sur le sujet, a été accompagnée et supervisée par un collectif réunissant autour des deux responsables, plusieurs Conseillers techniques départementaux d’Ile de France, appartenant au Service public ou au secteur associatif. S’y adjoignaient les formateurs ou chercheurs impliqués dans l’action ou dans le recueil et l’analyse des données observables. Ce collectif a validé les principales étapes de l’étude.

Cette recherche doit enfin sa réalisation à son caractère collaboratif, c'est-à-dire à la participation active de 30 travailleurs sociaux placés dans la position de « praticiens- chercheurs » impliqués dans l’un ou l’autre des trois dispositifs de formation observés de l’intérieur et de l’extérieur, décrits et analysés dans leurs effets sur les discours , les pratiques, et les personnes elles-mêmes dans leurs rapport avec les écrits professionnels, leur conception et leur réalisation, et derrière cela avec leur conception du métier, de ses paradoxes et de ses finalités.

Outre cette implication, leur collaboration s’est concrétisée par :

  • La réponse obligatoire et détaillée à un questionnaire initial portant sur leurs représentations de l’activité d’écriture dans les situations professionnelles qui sont les leurs, et sur leur rapport personnel à cette activité

  • La tenue régulière et obligatoire d’un journal de bord communiqué aux observateurs en fin d’action

  • La participation à un entretien collectif d’évaluation du parcours individuel et collectif réalisé dans le cadre du dispositif concerné (hors présence de l’animateur)

  • La participation à deux demi-journées de travail encadrant la recherche (en début et en fin)

  • L’engagement d’assiduité et de participation aux actions de valorisation.


METHODOLOGIE DE L’ACTION RECHERCHE COLLABORATIVE
La méthode retenue pour cette recherche a d’abord consisté en l’élaboration d’un questionnaire soumis aux participants leur demandant de décrire leur activité d’écriture professionnelle et interrogeant leur rapport à cette activité et leurs représentations de celle-ci.

Dans un second temps ont été mises en place trois modalités différentes de travail sur l’écriture, animées chacune par des professionnels de la formation expérimentés et reconnus par leurs pairs et par le secteur professionnel au sens large pour leur expertise sur le domaine considéré :

- Une première modalité intitulée « Ecrire, oser écrire en atelier », animée par Marie HALOUX, formatrice à l’IRTS Ile de France Montrouge/Neuilly sur marne et à Aleph Ecriture, réunissait donc 10 participants affectés d’autorité dans cet atelier, de formations initiales, d’institutions et de fonctions différentes et répartis aussi en tenant du compte du genre, autour de l’objectif « découvrir ou se réconcilier avec l’écriture et y prendre plaisir » sur un volume de 24h répartis en 3 journées et deux demi-journées.

- Une seconde modalité intitulée «  Ecrire les pratiques professionnelles », animée par Olivia LE NAVEAUX, formatrice à l’IFSY de Versailles et animatrice d’ateliers d’écriture avec des professionnels du travail social, réunissait, quant à elle, dix autres participants répartis de la même manière que précédemment, autour de l’objectif « Ecrire, penser. Lire les productions. Réfléchir à son rapport à l’écriture, repenser sa pratique et échanger » sur un volume identique à l’atelier ci-dessus.

- Une troisième modalité intitulée « une équipe pluridisciplinaire au travail de son écriture » réunissait autour de Jacques RIFFAULT (voir ci-dessus) les 10 membres d’une  « équipe enfance » de Circonscription d’action sanitaire et sociale, cadres et secrétaires compris, rencontrés sur leur lieu de travail à l’occasion de 8 séances de 3h soit un volume d’intervention de 24H. Cette équipe a été retenue, parmi d’autres, en raison de sa motivation et de sa capacité à s’inscrire dans le cadre contraignant d’une séance de 3h tous les 15 jours dans la période choisie pour le déroulement de l’action. L’objectif énoncé était formulé ainsi : « Travailler avec une équipe dans le contexte de son action, sur son action et sur le lieu de son action à partir du regard critique collectivement porté sur les écrits qu’elle produit ou a à produire dans le cadre de l’exercice de ses missions ».

Une troisième phase, dite de « recueil et analyse de données » a été effectuée par Anne OLIVIER, sociologue (cabinet Tessiture) et Paulette BENSADON, éducatrice spécialisée, chargée de mission à la Direction générale de la cohésion sociale, dotée d’une expertise reconnue sur le sujet (voir bibliographie) : analyse des réponses au questionnaire initial, analyse des journaux de bord, entretiens individuels avec les formateurs et entretiens collectifs avec les participants de chaque groupe, évaluation des écarts entre les données recueillies en réponse au questionnaire initial et les données recueillies après l’action, synthèse et présentation des résultats au collectif d’accompagnement, et co- rédaction du rapport final.

Une quatrième et dernière phase a consisté dans une restitution à l’ensemble des participants à la recherche action collaborative des données recueillies au cours de l’action.
PRESENTATION SYNTHETIQUE DES PRINCIPAUX RESULTATS DE L’ACTION RECHERCHE

Ne sont retenues ici que les grandes lignes du rapport final qui ne saurait s’y résumer.

L’enquête initiale par questionnaire comprenait

  • Des questions concernant « les attentes en terme de formation sur les écrits »

  • Des questions relatives à la perception des « enjeux principaux des écrits professionnels »

  • Des questions relatives aux « difficultés présentées par cette activité »

  • Des questions relatives au « cadre organisationnel de production des écrits »

  • Et enfin des questions portant sur « les pratiques » : lecture ou non à l’usager, relectures signatures, temps dédié, modalités…

Sur les attentes par rapport à la formation, les répondants se partagent très nettement en deux catégories principales à peu près égales : ceux qui attendent des formations « une méthode » et ceux qui en attendent une possibilité de « penser leur pratique ». On ne s’étonnera pas de trouver parmi les premiers une majorité de jeunes professionnels et parmi les seconds une majorité de professionnels plus expérimentés. Pour autant, nous verrons que cette attente de « méthode » comme solution possible aux difficultés rencontrées disparait des discours après l’action de formation pour laquelle nous avons noté qu’aucun des trois dispositifs n’abordait la question des écrits sous l’angle d’une méthode pour écrire.

Relativement aux enjeux propres aux écrits professionnels, c’est celui de « l’aide à la décision » qui est massivement et principalement énoncé, d’où la place prépondérante donnée à l’adresse institutionnelle de cette écriture et au désir de  « s’en tenir aux faits » et d’ « être objectif » pour « rester dans l’analyse professionnelle de la situation ». Là aussi, nous verrons par la suite comment cette représentation a pu bouger à l’issue du travail des différents ateliers qui a mis au jour la prépondérance d’une autre adresse que celle-ci et posé autrement la question de la subjectivité.

Dans ce contexte, les écrits perçus comme les plus difficiles sont ceux qui impliquent l’évaluation d’une situation et proposent un projet individualisé. L’enquête fait ici apparaitre fortement « le manque de temps », « la solitude », « les injonctions à la concision » comme sources de difficultés supplémentaires dans la production de ces écrits complexes qui engagent la responsabilité personnelle des rédacteurs.

Les réponses au questionnaire font aussi apparaitre la faiblesse du cadre institutionnel, inexistant pour la moitié d’entre elles, réduit à la présence de « grilles » ou aux « corrections réalisées par l’encadrement » pour les autres. L’absence de « temps dédié » pour l’écriture est massivement soulignée. Il n’est donc pas exagéré d’indiquer une absence de prise en compte de l’écrit dans la planification du travail et cela quelle que soit la mission ou la nature de l’établissement ou du service. Ce manque de temps dédié révèle le report de la responsabilité à rédiger les écrits sur les ressources individuelles : auto organisation, compétences propres, coopération informelle…. Cette absence d’organisation est un facteur de stress et contribue à l’inhibition.
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