L a métallurgie en Haute-Marne





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La métallurgie en Haute-Marne,

un patrimoine.


Deux chiffres montrent l’importance de la métallurgie dans l’histoire du département de la Haute-Marne :


  • En 1856, la Haute-Marne se place au premier rang des départements pour la production de fonte et de fer en assurant 20% de la production nationale.




  • 64 sites métallurgiques sont encore nettement visibles en 2010


D’autre part, le département est le berceau incontestable de la fonte d’art avec les usines du Val d’Osne et de Sommevoire.
Pourquoi cette importance ?
La métallurgie ancienne reposait sur la présence, sur un territoire peu étendu, de trois ressources essentielles.


  • Une force motrice, l’eau. La Haute-Marne en est largement pourvue puisqu’on y recense plus de 500 rivières et ruisseaux qui totalisent une longueur de 2 300 kilomètres. Certes, tous n’ont pas un débit suffisant pour entraîner des roues hydrauliques, mais la multiplicité des sites aménageables était très intéressante.




  • Un combustible, le charbon de bois. Il pouvait être facilement fabriqué dans les nombreux bois et forêts que compte le département. Les surfaces boisées couvraient 186 107 hectares en 1892. Au début du XXIe siècle, elles atteignent 245 000 hectares, soit 39% de la surface totale du département.




  • Une matière première, le minerai de fer. Il est présent dans de très nombreux endroits, sous forme de minerais d’alluvions dans le Sud du département et de couches plus ou moins épaisses et profondes dans le Nord. En 1853 le minerai haut marnais est traité dans 211 installations : lavoirs à bras, patouillets* et bocards*. Ce minerai est d’une teneur en fer de 20 à 45%. Dans l’arrondissement de Wassy, le plus industrialisé du département, on comptait 44 minières* en activité en 1881, qui occupaient 327 minerons*. L’extinction des hauts fourneaux et le rattachement de la Lorraine, riche en minette, à la France après 1918 portera un coup fatal à l’exploitation. Les dernières minières, celles de Pont-Varin , cesseront leur activité en 1922.


Un quatrième atout a été constitué par la proximité de marchés importants. Les fers à destination du marché parisien étaient embarqués à Saint-Dizier dans les ports sur la Marne puis sur ceux du canal de la Marne à la Saône après 1865. Dans une moindre mesure des fers et des fontes étaient expédiés sur le marché bourguignon et lyonnais où ils étaient embarqués à Gray.
Les cycles du fer.

Les premières traces d’activité métallurgique dans l’actuel département de la Haute-Marne remontent à la Préhistoire, à l’âge des métaux. En de nombreux endroits des objets métalliques ont été retrouvés et des traces de bas fourneaux et de scories sont présentes sur de nombreux sites.
La première période de la mise en place d’une métallurgie organisée et pérenne date du XIIe siècle grâce à l’intervention des ordres religieux. Dès 1157, les Cisterciens de Clairvaux établissent une  « fabrique à produire du fer » à Wassy. Les Bénédictins de Montier-en-Der ont détenu une forge à Dommartin-le-Franc jusqu’en 1264. A cette époque les forges utilisaient le procédé dit  « direct » qui consistait à obtenir du fer en une seule opération. Cette métallurgie religieuse ne survivra pas aux contestations des droits des religieux sur la propriété des eaux, des forêts et des mines de fer, à la concurrence des seigneurs laïcs et surtout aux destructions occasionnées par la guerre de cent ans.
A partir du milieu du XVe siècle et jusqu’au premier tiers du XVIe, on assiste à une vague de construction d’un nouveau type d’installation, les hauts fourneaux. La localisation près des cours d’eau pour bénéficier de la force hydraulique devient essentielle pour ce procédé dit « indirect ».

Le minerai est d’abord réduit dans un haut fourneau pour donner de la fonte. Celle-ci est ensuite transformée en fer par affinage : on réchauffe la fonte pour la débarrasser d’une grande partie du carbone qu’elle contient pour obtenir du fer. Les sites des vallées de la Blaise ainsi que ceux de la Marne et de ses affluents deviennent particulièrement intéressants.
La troisième vague d’expansion se situe au XVIIIe siècle jusque vers 1820, où l’on compte une cinquantaine de hauts fourneaux dans le département. Les besoins grandissants en tôles et fil de fer stimulent l’industrie métallurgique qui continue à produire poêles, réchauds, marmites, chaudrons et plaques de cheminée.


C'est cependant à partir du deuxième quart du XIXe siècle que la métallurgie haut-marnaise va connaître ses plus grands bouleversements.

  • Ces derniers sont d’abord techniques avec l’adoption progressive des méthodes anglaises en remplacement des méthodes traditionnelles. L’utilisation du coke va finir par s’imposer aux dépens du charbon de bois réputé produire du fer de meilleure qualité mais au prix de revient plus élevé. L’affinage est remplacé par la méthode du puddlage* pour produire le fer, l’utilisation des machines en vapeur devient moins aléatoire que le débit des cours d’eau et les laminoirs remplacent marteaux et martinets pour la production de fers plats et de fers en barre.



  • De nombreux hauts fourneaux sont construits avec un total maximum de 88 en 1853.




  • Le déclin s’amorce après 1860, où de grandes unités de production installées à proximité des gisements de charbon vendent leurs produits à un prix inférieur. Une embellie se produira après l’annexion de la Moselle par l’Allemagne en 1870, offrant ainsi des débouchés aux usines haut-marnaises mais la reprise sera de courte durée et ,dès 1873, beaucoup d’installations sont en difficulté.




  • Il va être de plus en plus nécessaire de se reconvertir face à la concurrence de la métallurgie basée sur les gisements de charbon du Nord et du Centre de la France. On va se tourner vers la production d’objets à plus forte valeur ajoutée : essieux, chaînes, clous, épingles, boulons, fonte d’art, barbelés ... Les hauts fourneaux sont progressivement arrêtés (les derniers, ceux de Marnaval en 1923) et les usines se tournent vers la fonte de deuxième fusion qui perdure encore de nos jours dans certains établissements métallurgiques.



De nos jours les sites encore utilisés sont devenus rares mais l’empreinte de la métallurgie reste encore très visible dans le paysage : friches industrielles, logements ouvriers et patronaux, aménagements hydrauliques, crassiers sont encore très nombreux dans beaucoup de villes et de villages hauts-marnais.

Lexique.
Patouillet : installation pour laver le minerai en le débarrassant de la terre avec laquelle il est mélangé.

Bocard : installation concassant le minerai de fer. Elle peut être actionnée par l’eau, des chevaux ou une machine à vapeur. Ces deux installations produisaient des boues ferrugineuses, les morées.

Minière : mine de fer

Mineron : mineur de fer

Puddlage : procédé anglais consistant à malaxer la fonte réchauffée pour lui enlever une grande partie de son carbone.

Photo : usines du Val d’Osne et de Sommevoire

Roue de Montreuil sur Blaise, un bief

Une meule

Patouillet et bocard

Illustration d’un haut-fourneau

Puddler

Crassier

Village ouvrier et maison de maître de forge

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