I le coup d’état du 18 Brumaire marque une rupture avec la révolution





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date de publication31.10.2017
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Napoléon Bonaparte clôt-il la Révolution ?

Introduction :

En proclamant dès 1799, avec l’instauration du Consulat, que son arrivée au pouvoir scelle l’accomplissement définitif de l’œuvre révolutionnaire, Napoléon Bonaparte se reconnaît comme celui qui clôt le processus révolutionnaire. Cependant, force est de constater que l’ensemble de la période durant laquelle Napoléon est au pouvoir peut dans une certaine mesure être considérée comme l’héritière des acquis révolutionnaires, malgré le reniement de ceux-ci. Il semble en effet aujourd’hui que « l’accomplissement » revendiqué par Napoléon revêt un caractère ambigu, aussi bien dans la prise du pouvoir, que dans le régime qu’il instaure et dans les réformes qu’il entreprend.

L’interrogation apparaît en ce sens double sur ce que la signification du terme « clôture »: La période napoléonienne représente-t-elle un accomplissement et une certaine fidélité aux idées révolutionnaires ou au contraire représente-t-elle une rupture véritable avec la dynamique révolutionnaire ?

En ce sens il convient d’étudier en premier lieu les éléments de rupture entre la période napoléonienne et la Révolution ; et ensuite de s’attacher à comprendre en quoi, malgré les contradictions entre Révolution et idée Napoléonienne, l’œuvre de Napoléon s’inscrit dans la lignée des idéaux révolutionnaires.

I - Le coup d’état du 18 Brumaire marque une rupture avec la révolution.



Introduction partielle : La Constitution de l’an VIII, fut présenté au peuple accompagnée d’une Proclamation qui se terminait par l’affirmation suivante : « Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée, elle est finie. » A la vue de cette revendication, nous pouvons nous demander dans quelle mesure le Consulat et l’empire, furent nouveaux et différents par rapport aux dix années qui les ont précédées. Nous verrons donc que Napoléon entreprend une stabilisation et une pacification de l’Etat qui avait été absente au moins depuis la formation des Etats Généraux en 1789. Par la suite, nous nous intéresserons au régime mis en place par Napoléon, régime qui présente de nombreuses parentés avec la monarchie ou le despotisme éclairé.
A – La pacification et la stabilisation du désordre révolutionnaire.


  1. Napoléon veut réconcilier les fractions sociales qui s’étaient opposées durant la Révolution.

    • Napoléon veut rétablir l’ordre en créant ce qu’il appelle un « équilibre consulaire », équilibre dans lequel il n’y aurait « ni vainqueurs, ni vaincus. » Ainsi la Constitution de l’an VIII et le nouveau régime cherchent à trouver le juste milieu entre les opinions, les passions et les instincts antagonistes, et ce, grâce à un maître autoritaire. Pour cela, Napoléon revendique à la fois d’être :

      • L’Homme des paysans

      • L’Homme des ouvriers, en prônant l’industrie et en visitant des usines

      • L’Homme des armées, ayant lui-même participé à de nombreuses campagnes militaires pendant la Révolution.

      • L’Homme des notables, en leur donnant de l’importance, en les plaçant au « pouvoir »

Ainsi, en se réclamant de toutes les classes de la société et en se légitimant à la fois auprès des paysans, des ouvriers, des militaires, des notables,… Napoléon cherche à réconcilier à réunifier les couches de la société autour de sa personne et à faire oublier les clivages datant de la Révolution.

    • Egalement dans le but de pacifier la France, Napoléon fait la paix avec le Pape et le catholicisme. Il rend sa légitimité à la religion ( en apportant ses modifications) et met de cette manière brutalement fin à la Révolution religieuse, c’est à dire au processus de sécularisation qui avait lieu pendant la Révolution.

    • Une autre mesure a pour but d’amadouer et de rassembler les différentes fractions politiques, particulièrement celles qui ont combattu lors de la Révolution et de la Guerre Civile. Il s’agit pour le Consul de s’entourer à la fois de jacobins plus ou moins modérées, de républicains, de monarchistes, en offrant à chacun une part plus ou moins égale du pouvoir (ou du non-pouvoir.). Plus tard, Napoléon nommera surtout des Hommes d’Ancien Régime au pouvoir, favorables à la monarchie, ce qui marque encore la contradiction avec la Révolution.



B - Le régime politique mis en place s’oppose aux principes révolutionnaires.


  1. Des pouvoirs concentrés en un seul Homme.

    • En réunissant les pouvoirs exécutifs et législatifs en sa personne et en fondant un nouveau système judiciaire qu’il contrôle, Napoléon est en conflit total avec les principes de séparation des pouvoirs prônés lors de la Révolution. Une preuve de cette confiscation du pouvoir apparaît dès la rédaction de la Constitution de l’an VIII : celle-ci, contrairement à la Constitution de l’an I, qui fut écrite par une Assemblée, est rédigée par les hommes de main de Napoléon. De ce fait, à la question « Qui y a-t-il dans la Constitution ? », les parisiens répondront : « Il y a Bonaparte. »

    • En outre, Napoléon se réclame d’antiparlementarisme. Pour morceler et anéantir ce pouvoir, il le décompose en quatre assemblées ; donnant au Conseil d’état le droit d’établir les projets de loi, au Corps législatif le droit de les voter. Cette mesure réduit habilement le pouvoir législatif à néant.

    • De la même manière, le pouvoir exécutif, s’il est réparti entre trois consuls, n’appartient en réalité qu’au Premier Consul : Napoléon.

    • Enfin, Napoléon instaure un système d’élection faussé, qui lui permet de nommer tous les représentant plus ou moins lui même et de renforcer son pouvoir par des plébiscites.

 Ainsi, dans le régime Napoléonien, tous les principes et les idéaux de la révolution (Séparation des pouvoirs, représentation de la Nation) sont conservés en théorie, mais bafoués, discrédités et repoussé aux oubliettes dans la pratique. Napoléon détient tous les pouvoirs, toute l’autorité sur la nation et porte donc un « coup de sabre » aux avancées de la Révolution


  1. La tentative de créer une nouvelle monarchie.

 De différentes manières Napoléon tente de créer une nouvelle dynastie qui s’apparente aux monarchies d’Ancien Régime. Il emprunte donc des éléments de la monarchie administrative ou et du despotisme éclairé.

    • Napoléon considère que sa famille forme la IVème dynastie et veut, à partir de celle-ci, rétablir l’hérédité du pouvoir. Il désire donc avoir un fils-héritier, avec l’archiduchesse d’Autriche, afin de perpétuer son œuvre.

    • Il cherche donc aussi à rétablir des symbôles de la monarchie :

      • Il se fait sacrer par le pape, à Paris

      • Il rétablit une « noblesse d’empire »

      • Il rétablit le culte de l’empereur


 Ainsi donc, il s’opère un retour vers un régime monarchique qui constitue une vraie perte par rapport aux acquis révolutionnaires.
Conclusion partielle : Napoléon voulait mettre terme à la Révolution, et on peut dire que, et dans ses actes et dans le régime qu’il installe, il réussit son entreprise, dans la mesure où de nombreux progrès apportés par la révolution, sont réprimés.

II – L’œuvre de Napoléon s’inscrit dans l’héritage de la Révolution.
Introduction partielle : Selon J. Godechot (les Révolutions, 1770-1799), la France de 1799, à l’issue de la période proprement révolutionnaire, était confrontée à trois solutions : une restauration monarchique, une nouvelle dictature jacobine ou une dictature militaire. La dernière solution, prévue par Robespierre dès l’hiver 1791-92, fut finalement adoptée, prise en mains par Bonaparte. Hormis l’échec des deux autres solutions, pourquoi la France de la Révolution trouva-t-elle en Bonaparte la possibilité d’une prolongation de la Révolution, sous des formes différentes mais plus solides, alors que le 18 brumaire semble justement poser une clôture historique à la Révolution ?
A – Le coup d’Etat est un événement qui, intrinsèquement, tend à s’inscrire dans la continuité de la Révolution. (étude du 18 brumaire lui-même pour montrer en quoi il annonce une poursuite de la Révolution sous d’autres formes).


  1. L’objectif inhérent au 18 brumaire : mettre en place un « sabre » qui puisse préserver les acquis de la Révolution.

    • Jean TULARD (le 18 brumaire, comment terminer une Révolution) : dès la Constituante était apparue l’idée d’un « sabre » (un militaire) pour arrêter les débordements de la Révolution. Sous le Directoire, cette idée s’est renforcée, l’impuissance politique rendait nécessaire l’appel à un général pour imposer l’ordre, condition indispensable, aux yeux des républicains, à l’établissement d’un nouveau régime.

    • Pour TULARD, le coup d’Etat a pour but seulement de consolider la Révolution et le régime Napoléonien n’a été qu’un gouvernement de salut public imposé par les menaces intérieures et extérieures pesant sur la Révolution.




  1. La mise en œuvre et les acteurs du coup d’Etat s’inscrivent eux-mêmes, dans une certaine mesure, dans la continuité de la Révolution.

    • La forme du coup d’Etat et du régime dictatorial qu’il instaure ne rompt pas avec le nouveau régime souhaité par la Révolution et les républicains : Albert OLLIVIER souligne la tendance du Directoire lui-même à se gouverner au moyen de « coups d’Etat » ; d’autre part A. MATHIEZ et G. LEFEBVRE font remarquer que les républicains n’étaient encore qu’une faible minorité en 179 : la Révolution ne pouvait donc vivre que grâce à la dictature.

    • Le personnage de Napoléon. Pour TULARD : Napoléon a été le sabre recherché car il avait prouvé sa force lors de ses victoires passées (Lodi, Arcole, Rivoli), un sens politique, (il est donc paru comme le seul capable de sauver les acquis de la Révolution), s’est créé un mythe du sauveur avec la campagne d’Italie (il a donc su s’accorder de l’opinion et de l’armée, ce qui l’a rendu légitime). Pour A. OLLIVIER, la psychologie de Bonaparte joue un rôle non négligeable dans sa prise de pouvoir.

    • Le rapprochement avec Sieyès, révisionniste : celui-ci, avec l’appui de Bonaparte, veut imposer son idéal constitutionnel. Après le coup d’Etat, des révisionnistes nommés rédigeront une nouvelle constitution. Le coup d’Etat a donc un aspect légal (TULARD).



B – Les quinze années qui suivent le 18 brumaire entérinent cette tendance à achever l’œuvre de la Révolution en lui donnant une valeur pérenne. (référence à R.Rémond : Introduction à l’histoire de notre temps, tome II : 1815-1914)


  1. Napoléon a conservé une grande partie des principes de la Révolution.

    • Au point de vue de l’ordre social : le Consulat maintient le principe d’égalité devant la loi, l’impôt et l’emploi. Par exemple, l’armée et l’administration deviennent des moyens de promotion et de réussite sociale. Le fonctionnaire est un homme de type nouveau créé par Napoléon, contraire à l’esprit de l’ordre social de l’Ancien Régime.

    • Au point de vue religieux : même s’il ne reprend pas à son comte toute la politique religieuse de la Révolution qu’il considère en partie « chimérique », Napoléon maintient le principe de sécularisation des biens de l’Eglise. Il renoue avec le Saint-Siège avec la signature du Concordat de 1801, l’Eglise a donc, contrairement à sa place sous la monarchie, un statut officiel. Le pluralisme religieux est reconnu.

    • Au point de vue politique. D’une part, Napoléon a conservé les acquis du gouvernement Révolutionnaire qui affirme l’unité et rétablit la centralisation après la décentralisation de l’Assemblée Constituante : il « trie » dans les expériences de la Révolution. D’autre part, il entérine une profonde mutation de la conception de la politique issue de la Révolution : celle-ci est désormais « chose publique » et concerne tous les individus, elle devient même passionnelle (Napoléon : « aujourd’hui, la tragédie, c’est la politique »).




  1. Cependant, en la corrigeant et en l’aménageant, il a permis de lui assurer une pérennité.

    • Aménagements du point de vue de l’ordre social. Avec le Code Civil de 1804, il tempère l’individualisme et la société atomisée de la Révolution, tout en inscrivant définitivement ses conquêtes en terme de renouveau de l’ordre social. Le principe d’autorité et les tutelles qu’il fixe contre l’individualisme, ainsi qu’une forte armature sociale, peuvent certes paraître en contradiction avec les principes de la Révolution, mais ils sont des moyens de préservation par un pouvoir fort de la société elle-même.

    • Aménagements du point de vue de l’organisation politique. Avec une administration centralisée, hiérarchisée, spécialisée et uniformisée, il fait table rase des particularismes et récupère l’héritage du gouvernement Révolutionnaire et du Directoire en le stabilisant, réalisant du même coup l’efficacité recherchée par l’Ancien Régime. Il retire ainsi de l’héritage Révolutionnaire ce qui pouvait menacer sa préservation : par exemple, la décentralisation extrême de l’Assemblée Constituante avait conduit à l’anarchie et à son échec.

    • Opérant ainsi une synthèse entre les acquis de la Révolution qui sont les plus solides et ont vocation à durer, sans les facteurs inhérents d’instabilité, et de moyens autoritaires qui permettent de fixer son héritage, Napoléon a clos la violence Révolutionnaire pour y substituer l’efficacité ? Comme le dit R. Rémond, il a eu le génie d’avoir assuré, sous une forme adaptée, la pérennité des principes de 1789 et se révèle par là être un créateur de la société moderne.


Conclusion partielle : Napoléon Bonaparte a donc « clos » la Révolution dans le sens où il achevé son œuvre en lui apportant ce qui lui manquait : l’inscription solide et durable dans le long terme. C’est pourquoi, en considérant rétrospectivement la période s’étendant de 1789 à 1814, le 18 brumaire semble plus un tournant qu’une rupture dans la Révolution : il clôt certes l’insurrection Révolutionnaire proprement dite comme moyen d’action pour mettre en place et faire accepter le nouveaux acquis, mais il annonce aussi quinze ans où se mettent en place d’autres formes d’action qui permettent non plus la proclamation mais l’ancrage définitif des nouveaux acquis.

Conclusion
Quels que soient les multiples débats historiographiques qui jalonnent les deux siècles passés depuis la chute du premier empire, le débat aujourd’hui n’a toujours pas trouvé de réponse satisfaisante.

Cela dit, il tend de plus en plus à intégrer l’action napoléonienne, que celle-ci ait été prévue ou non, au processus révolutionnaire. En effet, comme l’épisode de la terreur, l’épisode impérial peut de plus en plus être considéré comme l’un de ces « déguisements » de cette révolution française polymorphe, lui permettant par tous les moyens de mener à bien son projet initial et universel, notamment en étendant l’influence des idées révolutionnaires à toute l’Europe, mais également en donnant pendant une quinzaine d’années un sens fort au terme de « nation française ». En ce sens, cet épisode n’est pas une rupture avec la révolution.

L’action napoléonienne n’aura pas été suffisante non plus pour parachever l’action de la révolution. Le retour de la monarchie en 1815 avec la « terreur blanche » symbolise un instant la victoire des vieilles monarchies européennes, et matérialise de nouveau le clivage entre les « deux Frances ».

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