Boris Bove, Caroline Bourlet, Noblesse indigène, noblesse de service et bourgeoisie anoblie : les mutations de l’aristocratie parisienne (XI e -XV e siècles)





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Boris Bove, Caroline Bourlet, « Noblesse indigène, noblesse de service et bourgeoisie anoblie : les mutations de l’aristocratie parisienne (XIe-XVe siècles) », dans Les nobles et la ville dans l’espace francophone (XIIe-XVIe siècles), dir. T. Dutour, Paris, PUPS, 2010, p. 161-1981




L’historiographie parisienne ne s’est guère intéressée à la question des relations entre la ville et la noblesse, confirmant en cela le constat fait par Thierry Dutour du cloisonnement des études historiques2. Aucun auteur de synthèses sur l’histoire médiévale de la capitale ne consacre de chapitre à la question des rapports entre la noblesse et la ville3. Comme pour l’historiographie urbaine en général, cette indifférence contraste avec le souci qu’ont les historiens modernistes de situer la place de la noblesse dans la capitale. Georges Dethan est le premier auteur d’un volume de la Nouvelle Histoire de Paris à faire apparaître les nobles dans sa table des matières, pour le xviie siècle, même si c’est pour souligner combien les nobles parisiens sont surtout des bourgeois gentilshommes4. Les spécialistes du xviiie siècle accordent en revanche plus d’attention à la noblesse urbaine et parisienne : François Bluche, par exemple, dédie un chapitre de sa Noblesse française au xviiie siècle à « Paris », tandis que Mathieu Marraud lui consacre une thèse5. Les modernistes soulignent la nécessité pour la noblesse d’investir la ville pour peupler les institutions politiques et approcher la personne royale, bref entretenir sa supériorité sociale. Ils soulignent également son importance dans l’économie parisienne, qu’ils contribuent à nourrir par une folle prodigalité, nécessaire à leur état social.

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de nobles à Paris avant le xviie ou le xviiie siècles ? Non bien sûr, et les médiévistes ne manquent pas de signaler la présence de nobles de cour dans la capitale à partir du moment où les rois s’y fixent. Raymond Cazelles est celui qui donne le plus de précisions sur la présence aristocratique dans la ville. Elles tiennent cependant en deux pages, dans lesquelles il note que la sédentarisation de la cour après 1350 pousse la grande noblesse à investir dans des hôtels urbains. Il constate aussi que des grands officiers de la couronne, ainsi que des petits nobles, possèdent quelques fiefs de taille modeste dans la capitale, sans pourtant s’interroger sur l’origine de leur présence en ville. La raison du relatif désintérêt pour cette question historique est simple : en termes d’Ancien Régime, la noblesse n’est pas un corps constitutif du système politique parisien6 – c’est d’ailleurs ce qui explique qu’elle n’apparaisse jamais dans les cortèges solennels qui viennent accueillir le souverain lors des joyeuses entrées, au contraire des clercs qui y figurent auprès des magistrats municipaux à partir du xve siècle7.

Si les historiens ont reconnu depuis longtemps la présence de nobles dans la capitale, ils concluent aussi que cette noblesse est avant tout pelliculaire, allogène, tardive et au service – aulique ou administratif – du roi. La noblesse parisienne existe, mais elle serait étrangère à la ville, tant sur le plan politique, social qu’identitaire.

Il n’y a pas lieu de remettre en cause ce constat qui s’explique facilement dans le cas parisien par le statut de capitale de la ville. En effet, les nobles ne répugnent pas à habiter et dominer des villes quand ils peuvent les inclure dans leur seigneurie8, mais les rois de France ont travaillé tôt à l’éviction des seigneurs laïcs concurrents et par conséquent la noblesse qu’on trouve en ville à partir du xive siècle est avant tout une noblesse de service qui réside temporairement à Paris. Cela dit, la situation n’est guère différente à l’époque moderne, et pourtant elle suscite plus d’intérêt chez les historiens. Il y a donc matière à réflexion.

Nous voudrions ici reprendre la question de la présence nobiliaire à Paris sur une période large, du xe au xve siècle, en posant trois questions : s’il y a présence de nobles à Paris, depuis quand ? De quels nobles s’agit-il ? Sont-ils Parisiens ? Pour répondre à ces questions, on considèrera comme nobles ceux qui se disent, ou que l’on dit tels, et comme Parisiens ceux qui ont une résidence dans la ville9. Posée en ces termes, cette recherche est possible, car la ville est très bien pourvue en sources foncières seigneuriales propres à renseigner sur la propriété immobilière, tandis que ses élites sont éclairées par un certain nombre de prosopographies récentes des serviteurs de l’État. Il n’échappe cependant à personne que l’enquête est très vaste et a la dimension d’une thèse plus que d’un article. Nous ne prétendrons donc pas épuiser le sujet, mais poser quelques jalons à partir de la bibliographie existante et de quelques sondages dans les archives.
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