Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet





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22. Avant le livre blanc.
En septembre 1968, l’OREAV publie «  Avant le livre blanc : le mémorandum »9 qui suscitent des débats sur deux points principaux :

  • la délimitation de l’aire d’étude. Etendre les investigations jusqu’à la frontière est jugé, un temps, administrativement malaisé, et la demande des représentants de la ville de Roye d’ élargir les études au Sud du département de la Somme semble, un temps, recevable.

  • L’application des directives visant à contrarier les tendances spontanées apparaît difficile. Au regard de la croissance qui joue surtout pour l’aval de la vallée de l’Oise, de Creil à Compiègne, le préfet de région PM WILTZER demande à la DATAR si « elle estime devoir maintenir les instructions premières qui ont été données ». Ce à quoi est répondu le 20 Décembre 1968 : «  l’OREAV doit poursuivre ses réflexions dans une vue d’ensemble de l’aménagement du système des deux vallées de l’Oise et de l’Aisne en évitant une opposition trop rigide entre l’aval et l’amont » .


L’OREAV considère trois hypothèses :

  • l’hypothèse A, dite minimale, tend à un développement important entre Compiègne et Noyon d’une part, Creil d’autre part.

  • l’hypothèse B, dite maximale, envisage un développement linéaire sans interruption de la rive droite. Elle implique la création d’une importante route nationale entre Compiègne et Pont Sainte Maxence, de nouvelles connexions autoroutières, et le renforcement du pôle de Pont Sainte Maxence au site malaisé.

  • L’hypothèse C retient la création d’une ville nouvelle entre Compiègne et Pont Sainte Maxence, près de Chevrière, en fonction des relations habitat-travail.

La direction de l’Aménagement foncier et de l’urbanisme retient l’hypothèse A.
23. Le livre blanc.
Le livre blanc de l’OREAV se veut « un constat, un diagnostic et un ensemble de propositions sur des choix d’aménagement de l’espace ». Faisant suite au rapport d’étude sur l’armature urbaine de la Picardie du CREDOC, il propose, en résumé, la mise en œuvre d’une politique de concentration urbaine afin de rompre avec le cloisonnement qui règne alors, en dépit de l’appartenance de la région à « l’un des plus formidables ensembles économiques du monde occidental. Il est approuvé par la CODER en Octobre 1969 et présenté à la presse le 14 Novembre 1969. En conséquence, le conseil municipal de Compiègne se réunit le 20 Novembre 1969 et adopte une délibération qui doit sceller le destin compiègnois :
«  Le Conseil Municipal approuve les propositions d’aménagement retenues par le livre blanc de l’OREAV (..)

Le choix politique ne se situe pas au plan des enveloppes de population mais des fonctions urbaines qui seront dévolues à Compiègne et qui dépendront de celles que l’on accordera au Sud (..) Compiègne, par sa situation, la qualité de son environnement et l’image de marque dont elle bénéficie, pourrait devenir cette porte parisienne sur le Nord-Ouest européen, avec des fonctions d’échanges, de rencontres, des systèmes éducatifs et récréatifs, véritables relais tertiaires de la capitale régionale. Cette vocation européenne devrait trouver sa confirmation éminente à Compiègne (..).

L’Assemblée communale est prête à «  tenir le pari » de l’aménagement de Compiègne, Ville nouvelle, dernière porte urbaine des vallées de l’Oise et de l’Aisne avant la Région parisienne qui  peut devenir un centre de rayonnement important de 150 000 habitants.

Pour y parvenir, il s’avère urgent de développer la Ville sur les deux rives de l’Oise en multipliant les ponts urbains, en réservant de grandes zones industrielles, en promouvant les activités tertiaires.

Enfin, le conseil Municipal tient à exprimer sa gratitude à l’OREAV et à son Directeur d’avoir recommandé un ensemble d’actions pour la promotion de Compiègne ».
24. Commentaires.
Les présentations de février 1968 constituent la première définition du projet technocratique. Comme l’indique la délibération compiègnoise de novembre 1969, les acteurs locaux étaient très réservés à l’égard des prévisions démographiques : les objectifs fixés apparaissaient implicitement excessifs, affolants, sinon irréalistes.

La délibération de novembre 1969 annonce le mémorandum de J. Legendre d’Août 1978 qui mettra un terme définitif aux ambitions quantitatives de la fin des années 60, mais entre temps, les injonctions des aménageurs n’ ont pu que susciter hésitations et réserves en face d’une planification du développement et d’une coopération renforcée entre collectivités qui se sentaient pourtant concernées par les défis de la croissance.

En homme politique avisé et aguerri, Jean Legendre sut s’approprier le pari des aménageurs, quitte à s’exposer aux accusations de mégalomanie, pour atteindre pragmatiquement les objectifs qu’il s’était fixés, notamment en matière d’infrastructures attendues depuis une décennie.
SECTION 3. UNE PLANIFICATION REGIONALE INABOUTIE.
Ces travaux évoquent une réflexion intense, et accréditent l’idée d’une planification ambitieuse. Jusqu’au milieu des années 70, les études de l’OREAV constitueront une référence pour tous les organismes chargés de prospective aux échelles régionale et locale. Toutefois, dans les faits, s’observe une absence de politique interventionniste en faveur de la vallée de l’Oise. In fine, la livraison précoce du Livre blanc du Bassin Parisien et l’inaboutissement des travaux de l’OREAV justifient un changement de focale et le repli pragmatique sur le niveau local.
3.1. La politique d’aménagement du Bassin Parisien.
Le Livre blanc du Bassin Parisien précède la livraison des travaux sur le Nord francilien. Et ses préconisations interpellent tant les élus du Conseil Général de l’Oise qui critiquent la politique de concentration urbaine aux dépens du milieu rural, que les membres du Conseil Municipal de Compiègne soucieux des intérêts de leur ville. De grande qualité, les débats relatés dans Le Progrès de l’Oise du 8 Octobre 1969 pointent deux dimensions :

  1. Rassurante est la réorientation de la politique d’aménagement. Les incitations de la DATAR avaient pu contrarier dans le passé les initiatives municipales. Désormais, «  la politique nouvelle définie dans le livre blanc laisse espérer la poursuite d’une expansion naturelle dont tous les éléments essentiels sont réunis »10.

  2. En conséquence, le désengagement de l’Etat apparaît inquiétant. L’absence « d’interventions massives » et immédiates en faveur de la zone d’appui de l’Oise et de l’Aisne contraste avec les priorités accordées à la Basse Seine et à la Loire Moyenne. Aussi le Conseil Municipal s’émeut-il  : ne risque-t-on pas de « compromettre, faute de moyens financiers suffisants, l’essor des autres zones d’appui ? ne va-t-on pas créer des distorsions qu’il sera ensuite bien difficile, voire impossible de corriger ? Le Conseil Municipal admet que l’on ne puisse tout faire à la fois. Il reconnaît que toutes les régions ne peuvent avancer d’un même pas, mais il estime qu’il serait inacceptable que certaines soient condamnées à la stagnation par une décision politique ». Les vallées de l’Oise et de l’Aisne ne devant bénéficier que  de « mesures limitées de nature diverse », les Compiègnois demandent que ces mesures soient appliquées « selon une formule sélective résultant de critères objectifs qui tiennent compte des besoins actuels et conjoncturels », ie conformes à la situation compiègnoise.


Au regard des orientations centrales, les élus locaux explorent deux registres d’action :

  1. D’une part, ils se fondent sur les recommandations des experts, mandatés par la puissance publique avec des compétences régionales, pour étayer leurs revendications au niveau central. Le Conseil Municipal «  rappelle qu’un Livre Blanc doit être publié par l’OREAV et que les orientations générales qu’il fixera devront nécessairement s’inscrire dans le schéma de la Région Parisienne ».

  2. D’autre part, les élus définissent 6 actions de première urgence : création de nouvelles structures administratives dépassant le cadre communal ; établissement d’un schéma directeur et d’un P.M.E. ; construction de deux ponts reliant la rive droite à la rive gauche ; aménagement d’une zone industrielle de 100 hectares ; améliorations des liaisons routières rive droite avec Pont Saint Maxence et Creil, et des liaisons ferroviaires avec Amiens ; réalisation de liaisons fluviales Seine-Est via l’Oise et l’Aisne. Par là, les élus manifestent l’existence d’une politique locale, et tentent de peser sur les orientations du VIe plan.



32. L’absence de schéma directeur pour les vallées.
Lorsqu’il fait paraître son livre blanc, l’OREAV annonce qu’il n’y aura pas de schéma directeur d’ensemble pour les vallées de l’Oise et de l’Aisne contrairement à la mission qui lui avait été initialement confiée. Cela implique que l’expansion et la gestion des vallées dépendront pour une large part des autorités locales. Dans un échange épistolaire, le rédacteur en chef du bimensuel « L’Entreprise normande » s’étonne de cette situation : le maire de Compiègne propose un dépassement / déplacement de ce constat: «  Je pense qu’il est préférable que les orientations soient définies par les schémas directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme de chaque agglomération tout en assurant l’indispensable cohérence avec le livre blanc » 11.
En conséquence, l’importance stratégique du Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de l’aire compiègnoise procède d’une évolution pragmatique qui interdit la représentation hiérarchique et emboîtée - en poupées russes- d’un schéma directeur régional décliné en schémas directeurs locaux.


SECTION 4. UNE PROFUSION D’ETUDES COMPLEMENTAIRES :
Alors que la question de la planification régionale semble avoir reçu des réponses qui lui ôtent beaucoup d’ actualité, divers organismes continuent d’instruire des études prospectives largement inspirées par les travaux de l’OREAV. Ces analyses tentent d’apporter des réponses à deux interrogations 12 :

  • la centralité. Conscient de l’importance des radiales parisiennes, M. SAVEL « assure que la création d’un échangeur à Verberie constituera un danger pour Compiègne et risquera de susciter la réalisation d’une ville nouvelle. Il faut donc densifier le centre en y prévoyant 8 à 10 000 habitants au Km2 : c’est le centre d’une agglomération de 150 000 habitants ».

  • les moteurs de la croissance. Le responsable de l’OREAV précise « que rien ne permet d’affirmer que la création de l’aéroport de Roissy modifiera l’urbanisation au niveau de Compiègne. C’est beaucoup plus le desserrement de la région parisienne qui conditionnera le développement de Compiègne ». Selon la démographe WEKSTEIN,  « l’implantation de Roissy aura une influence qualitative mais certainement pas quantitative ».


41. Le groupe « Paris-Nord ».
Le Groupe de Travail « Paris-Nord », constitué le 1er Octobre 1969, à l’initiative du Ministre de l’Equipement et du Logement, ainsi que du Ministre chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire a reçu «  pour mission d’étudier les conditions d’une politique d’ensemble pour l’aménagement du secteur nord de la Région parisienne et la partie sud de la Picardie, autour du futur aéroport de Roissy-en-France ». La lettre de mission précise en particulier : «  Le groupe de travail devra examiner sous l’aspect technique, économique et financier, les conséquences des différentes politiques possibles, en portant une attention particulière aux problèmes de transports, à la recherche des zones les plus favorables à des urbanisations de types divers, à la protection d’un ensemble de sites de qualité, notamment forestiers, ceci dans la perspective d’un desserrement de la Région parisienne le plus large possible. Il s’agit pour l’essentiel de définir des orientations générales et de proposer les principaux objectifs, qui devront déboucher sur des schémas d’aménagements et d’urbanisme» 13. Le groupe Paris Nord remet son rapport en avril 1970.

La conclusion principale de cette étude est de proposer la création d’une ville nouvelle – à Survilliers ou à Verberie- pour fixer la croissance urbaine et structurer le nord parisien. Poussé par les planificateurs franciliens, le projet se heurtera à une opposition radicale des élus du département de l’Oise.


    1. L’O.R.E.A.P.


L’Organisme Régional d’Etudes pour l’Aménagement de la Picardie est l’héritier de l’O.R.E.A.V. Créé par arrêté du préfet de région en date du 9 Décembre 1970, l’organisme voit son siège transféré à Amiens à compter du 1er Février 1971 et ses compétences étendues à l’ensemble de la Région de Picardie. Les missions restant la finalisation et « la mise en œuvre de « l’architecture » engagée par l’organisme auquel il succède au niveau de l’espace picard », l’O.R.E.A.P. publie deux rapports importants.

  1. «  Politique urbaine régionale »  ( Octobre 1971) s’avère essentiel parce qu’il synthétise les études antérieures pour proposer un schéma d’aménagement à l’échelle de la région picarde, et critique l’aménagement de l’agglomération compiègnoise pour défendre l’option d’une centralité forte fixée sur un nouveau pont urbain.

  2. «Le Sud de la Picardie et l’Aéroport Charles de Gaulle », rapport publié en février 1974, annonce le Schéma d’Aménagement du Sud de la Picardie, approuvé par les Assemblées Régionales de Picardie le 24 Janvier 1975 et devenu directive nationale d’aménagement du territoire lors du Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire ( CIAT) du 11 Avril 1975 . Ce schéma tend « à assurer le report du développement de la Région parisienne et des activités induites par Roissy au nord de la barrière des forêts qui séparent la région parisienne de la Picardie » et, il affirme «  la priorité des vallées de l’Oise et de l’Aisne comme zone d’accueil de la croissance induite par la région parisienne et par l’aéroport Charles de Gaulle » 14.


43. La S.O.R.E.P.A.
La Société de recherche et d’Etudes Pluridisciplinaires d’Aménagement - la SOREPA -, initialement chargée par le Groupe d’Etudes et de programmation de la Direction Départementale de l’Equipement d’analyser différentes implantations pour l’université de technologie, se voit confier les études du SDAU compiègnois le 20 Novembre 1969. Elle dégage préalablement trois scenari sur le devenir régional.

Les scenari écartés correspondent à un développement de la vallée en tache d’huile sans création d’un véritable axe de développement économique, ou à la fixation d’un desserrement important de Paris Nord, de qualité industrielle médiocre, à partir des échangeurs autoroutiers. Pour Compiègne,  ces deux situations sont jugées « très contraignantes pour l’équilibre fragile entre l’université, la centralité urbaine et le développement industriel » 15. A contrario, le scenario retenu vise à renforcer la vallée de l’Oise comme axe économique tangentiel à la région francilienne en réalisant la liaison Creil-Compiègne et à affirmer le rôle majeur de Compiègne grâce à l’enchaînement de 3 opérations :

  1. amorce d’une zone industrielle de haut niveau technologique ;

  2. démarrage réussi de l’Université en relation avec la création de nouvelles activités industrielles, tertiaires et de recherche ;

  3. développement et accompagnement d’un important parc immobilier de qualité.


SECTION 5. UN SCHEMA DIRECTEUR POUR LE COMPIEGNOIS.

Lorsqu’elle se réunit pour la première fois le 6 Juin 1969, la Commission Mixte d’Etude se voit rappeler sa mission : élaborer le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) de la Région de Compiègne
51. Rôle et contenu d’un schéma directeur.
La loi d’orientation foncière de 1967 définit les SDAU comme suit :

«  Les schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme fixent les orientations fondamentales de l’aménagement des territoires intéressés, notamment en ce qui concerne l’extension des agglomérations. Compte tenu des relations entre ces agglomérations et les régions avoisinantes, et de l’équilibre qu’il convient de préserver entre l’extension urbaine, l’exercice d’activités agricoles, l’existence d’exploitations agricoles spécialisées et la conservation des massifs boisés et des sites naturels, ces schémas directeurs déterminent, en particulier la destination générale des sols, le tracé des grands équipements d’infrastructures, l’organisation générale des transports, la localisation des services et des activités les plus importantes ainsi que les zones préférentielles d’extension et de rénovation. (..).

Les schémas directeurs et les schémas de secteur orientent et coordonnent les programmes de l’Etat, des collectivités locales et des établissements et services publics, établis dans le cadre du Plan de développement économique et social. Les programmes et les décisions administratives qui les concernent doivent être compatibles avec leurs dispositions.

Les schémas directeurs et les schémas de secteur sont élaborés conjointement par les services de l’Etat et les communes intéressées ou, lorsqu’ils existent, les établissements publics groupant lesdites communes et ayant compétence en matière d’urbanisme ».

Etabli conjointement par l’Etat et les collectivités locales, le SDAU constitue la charte du devenir de l’agglomération à laquelle se réfèrent les grands investissements à venir. C’est essentiellement un schéma qui précise les orientations du devenir de l’agglomération à long terme ( 2000-2010), aussi bien sur le plan quantitatif ( développement démographique et économique) que sur le plan qualitatif ( développement spatial, forme de l’urbanisation). Le SDAU définit aussi une stratégie de développement permettant d’atteindre les objectifs fixés, et c’est dans cette optique qu’il détermine une étape intermédiaire à l’horizon 1985. Le SDAU n’est pas un plan d’urbanisme opposable aux tiers mais s’impose à l’Etat et aux collectivités locales qui s’engagent par leur approbation à le respecter. Les plans opposables aux tiers sont les plans d’occupation des sols ( POS) qui, établis en cohérence avec les schémas directeurs, définissent les règles de construction applicables, mais avec obligation, vérifiée éventuellement par les tribunaux compétents, de respecter les règles du SDAU.

52. La Commission Mixte d’Etudes et la SOREPA.
La Commission Mixte regroupe le Sous-préfet Michel, les maires des 15 communes concernées et du futur SIVOM, le secrétaire général de la ville de Compiègne et son adjoint, divers techniciens. Ces derniers obéissent à deux logiques fonctionnelle et organisationnelle.

  • Les acteurs publics. A la Direction de l’Equipement et du Logement de l’Oise, le Groupe d’Etudes et de Programmation a pour mission d’élaborer les SDAU de Beauvais, Creil et Compiègne. L’ingénieur des Ponts et Chaussées LEFORT en est le responsable.

  • Les acteurs privés. La SOREPA est un bureau d’études qui, pluridisciplinaire, comprend économiste, sociologue, urbaniste, architecte, assistés d’étudiants.

L’administration délègue la conception du SDAU à la SOREPA qui participe aux réunions de la commission mixte à compter du 21 mai 1971. Jean DUMIGNY, ingénieur urbaniste, professeur à Rouen, allié familialement à la DDE, s’intègre à l’équipe pluridisciplinaire, en devient le porte parole et assure la liaison entre organisations.
Le plan de travail, exposé le 6 Juin 1969, comporte classiquement 3 étapes :

  1. Le livre blanc définit l’aire, les problèmes et les vocations de l’agglomération. Ce document doit permettre de choisir les éléments de développement. Il interviendra fin 1969 ;

  2. Les hypothèses d’urbanisation conduisent à un second choix des collectivités : le type de développement à retenir ;

  3. En seront déduits un plan ainsi qu’ un programme de modernisation et d’équipement.


Les acteurs du projet se coordonnent autour de cinq cahiers de référence à compter de la fin mars 1970. S’en suit un calendrier de travail extrêmement lourd : outre les séances plénières, la commission mixte se réunit 3 fois en 1970, 5 fois en 1971 ; une réunion d’information publique se tient le 11 décembre 1970, la SNCF est rencontrée le 26 Avril 1971, les commerçants consultés le 3 mai 1971 ; le SIVOM aborde le SDAU dans sa phase finale les 21 Mai et 29 Octobre 1971.
53. Un grand dessein pour Compiègne.
La Commission Mixte est missionnée le 6 Juin 1969 pour « rechercher la place de Compiègne dans l’armature du Bassin Parisien et de la Picardie » : analyse des préalables au SDAU et réflexions de l’OREAV ne peuvent que se rencontrer. Le processus d’élaboration du SDAU s’enclenche véritablement le 11 Février 1970. Première étape décisive : la Commission Mixte d’Etude du Schéma Directeur dresse les grandes lignes de l’avenir compiègnois.
Elle retient 5 fonctions :

  1. Fonction de relais tertiaire de la capitale régionale et centre de service de la vallée de l’Oise

  2. Fonction universitaire d’attrait international

  3. Fonction d’accueil de congrès internationaux

  4. Fonction de production et de recherche industrielle dans le secteur avancé de la technologie

  5. Fonction d’accueil touristique et de loisirs résultant principalement d’un important patrimoine culturel et naturel dont dispose la région de Compiègne.


Les fonctions choisies déterminent 9 objectifs principaux pour le SDAU.

  1. Maintenir le centre ancien dans son rôle et lui permettre d’animer l’ensemble de l’agglomération en lui faisant franchir l’Oise.

  2. Reconquérir les bords de l’Oise à l’occasion d’opérations d’extension, de rénovation ou de réalisation d’ouvrages d’art.

  3. Utiliser l’eau et la forêt pour en faire de véritables éléments du paysage urbain ; assurer leur interpénétration.

  4. Résister à l’aspiration de l’autoroute A1 en maintenant le développement à l’intérieur du site de Compiègne et en limitant les extensions le long de la RN 31 à l’Ouest. Connectée à l’échangeur d’Arsy, la RN 31 doit rester la voie d’accés rapide au centre de Compiègne.

  5. Développer des pôles relais autour de Compiègne en maintenant entre ces pôles et l’agglomération principale d’importantes coupures vertes.

  6. Assurer une intégration aussi complète que possible entre la ville et l’université aussi bien dans l’implantation immédiate que dans les extensions futures, notamment par un éclatement de l’université en plusieurs points : unités centrales dans la ville historique largement ouvertes à la population, logements intégrés aux extensions urbaines, partie la plus lourde de l’université située au sud de la ZUP.

  7. Résoudre les problèmes de circulation : la pénétration dans la ville, la circulation de transit, les relations inter quartiers, habitat-travail.

  8. Permettre le développement de l’habitat individuel sur les coteaux de la rive droite.

  9. Créer une grande zone industrielle et portuaire.



54. Le choix d’un schéma de développement pour le Compiègnois.
Seconde étape décisive : la Commission Mixte envisage divers scénarios ou « hypothèses de développement de l’agglomération ».
Ces « partis possibles » présentent 3 thèmes communs :

  1. En matière d’infrastructures, les hypothèses retiennent : a) la voie de type autoroutier du plateau Nord assurant la desserte de la vallée de l’Oise ; b) l’évitement Nord de Compiègne par la N.31 entraînant la réalisation d’un troisième pont, entre Choisy au Bac et Clairoix ; c) la réalisation de la « rocade Sud » et du deuxième pont sur l’Oise ; d) le piquage sur cette rocade de la voie industrielle de la vallée reliant Creil à Compiègne en desservant la zone industrielle Sud et en franchissant l’Oise au droit de Jaux - Armancourt par un quatrième pont 16.

  2. En matière d’implantation des activités économiques, les hypothèses d’urbanisation traduisent une triple volonté : a) extension de la zone industrielle Nord vers Choisy au Bac jusqu’à la déviation Nord de la N. 31 ; b) développement autour de la rocade Sud au débouché du deuxième pont d’une zone d’activités tertiaires liée au tissu urbain et à l’université – la future zone de Mercières ; c) création d’une importante zone industrielle Sud sur le territoire des communes d’Armancourt et du Meux.

  3. Les orientations concernant les équipements structurants visent: a) le maintien intégral et la mise en valeur de l’espace national forestier ; b) la réalisation de l’Université Scientifique et Technique de Compiègne ; c) la création d’une structure d’accueil de congrès qui doit concrétiser une vocation première de la ville renforcée par la proximité de l’aéroport de Paris ; d) le développement d’un centre commercial et de loisirs dans le triangle nord d’éclatement des infrastructures de contournement à Jaux-Venette; e) l’implantation du Musée National de l’Automobile ; f) l’équipement résidentiel et touristique des vallées de l’Aisne et de l’Aronde, avec Choisy au Bac comme articulation privilégiée.


Les 4 scenarios se différencient par la forme globale du développement linéaire, le type d’urbanisation et sa densité, la forme du centre, l’équilibre des zones de centralité et des pôles relais :

- Le schéma (A) dit Schéma polynucléaire. Il traite les nouveaux quartiers comme des unités relativement indépendantes et garde à l’agglomération son caractère. Margny et Venette resteraient relativement autonomes. Ce schéma est jugé « peu ambitieux et correspondrait à un développement modéré ».

- Le schéma (B) dit Schéma linéaire Sud. Il retient une extension linéaire rive gauche bien structurée, traduisant la poursuite de la tendance contemporaine, cherche à mieux intégrer la ZUP et l’Université, impose la rénovation du tissu urbain entre le noyau historique et la ville neuve. Ce schéma conduit nécessairement à la création d’un point d’animation relativement fort à l’échelle au moins de la ZUP et du quartier universitaire - un second centre- et pose à terme le problème du devenir du centre ancien.

- Le schéma (C) dit Schéma bi-polaire ou Compiègne bis. Il prévoit un franchissement de l’Oise, à l’aval du centre historique et au droit de l’Université, localisé à Royallieu. Ce parti est pratiquement celui d’un Compiègne Bis. En remettant tout le poids sur l’Université, il condamne tout développement du centre ancien.

- Le schéma (D) dit Schéma centré. Il privilégie la centralité en ciblant le centre ancien et le franchissement de l’Oise au niveau de la ville historique. Selon les aménageurs, ce parti est « volontaire », il « est en fait le seul qui garantisse à Compiègne le maintien de sa centralité » en annulant le risque d’un Compiègne bis. Mais, ce parti s’avère délicat : s’ imposent des opérations difficiles et coûteuses de rénovation sur les deux rives. Son insuffisance tient au fait qu’il n’empêche pas la recherche de nouveaux terrains pour l’urbanisation, notamment sur les coteaux pour une urbanisation résidentielle de forme pavillonnaire : on estime qu’il convient de trouver 250 à 300 ha d’ici 1985.
La commission mixte retient le «  schéma centré » parce qu’il correspond le mieux à l’image de l’agglomération17.
Une fois le SDAU fixé comme toile de fond du développement urbain, il convient de programmer la vocation des sols : déterminer les zones à urbaniser, à protéger, les zones industrielles. S’en suit un zonage de l’agglomération : dans sa présentation au SIVOM le 29 Octobre 1971, J. DUMIGNY distingue trois ensembles urbanisables :

    • une zone centrale avec Compiègne, Margny et Venette

    • une zone entre les coteaux et l’Oise ( Jaux, Armancourt, Le Meux, Jonquières) s’étendant jusqu’à La Croix avec utilisation du site face à la zone industrielle ;

    • une zone adossée à l’espace boisé se raccrochant aux villages actuels et constituant davantage des pôles résidentiels ( Choisy, Vieux-Moulin, Saint-Jean-aux-Bois, Saint-Sauveur).


55 . L’approbation du SDAU.
L’adoption du SDAU, retardée par le refus des 5 communes du Nord Compiègnois d’intégrer l’intercommunalité, est prévue en 1972, année du lancement des constructions du pont sud et de l’université. Les adhésions de Janville et Clairoix acquises fin janvier et approuvées par les 12 autres communes à la mi février, la commission mixte se réunit en une ultime séance plénière et approuve le SDAU le 28 Février 1972. Sous le titre : « Un grand pas vers l’expansion vient d’être franchi », la presse précise « le projet a été accepté à l’unanimité. Il fait, en effet, de Compiègne et sa région une agglomération pilote sur le plan économique et culturel » 18. Le même jour, le sous-préfet Michel n’en relance pas moins les réflexions : « Un des buts des études entreprises est atteint mais il reste encore d’autres documents à élaborer et en particulier les POS » .19

A la demande du directeur départemental de l’Equipement , s’engage à compter du 1er Septembre 1972, une période de consultation de trois mois durant laquelle les Conseils municipaux, puis le Comité syndical, doivent approuver le procès-verbal de la réunion de la commission mixte, et donner leurs avis sur le projet de SDAU. S’en suivent des réunions de Conseils municipaux dans les 15 communes, auxquelles se rend J. Legendre, assisté de représentants de la SOREPA.

La phase d’adoption débute à Saint Sauveur, le 27 Septembre 1972, lors de la rencontre avec l’ ex député-maire ; elle s’achève quand Le Meux, ayant approuvé le projet dans ses grandes lignes le 7 novembre 1972, l’adopte le 15 Novembre 1972 après avoir fait valoir et obtenu la reconnaissance d’exigences environnementales draconiennes pour l’aménagement de la zone industrielle et l’urbanisation corrélative 20. Le 17 Novembre 1972, le Conseil syndical avalise le rapport établi par la Commission Mixte d’Etude, adopte les documents du SDAU, retient les propositions présentées par les Conseils du Meux et d’Armancourt, s’engage à « consulter les municipalités des communes intéressées sur tous les projets d’implantation d’entreprises (..) et à tenir compte des avis qui seront présentés », ainsi qu’« à mettre en œuvre des programmes de logements à proximité de ces zones afin de faciliter l’installation du personnel à faible distance des lieux de travail ».21
In fine, l’aventure planiste grandit le patriotisme de clocher. Car le SDAU compiègnois se démarque par son aboutissement précoce. Précédé par la prescription beauvaisienne du 19 Mars 1969, et lancé en même temps que le SDAU creillois le 16 mai 1969, il est adopté par la Commission Locale d’Aménagement et d’Urbanisme le 28 Février 1972 - contre le 6 Juin à Creil et le 19 Décembre à Beauvais-, pour être approuvé le 8 mars 1973, trois ans avant celui du chef lieu de département ( le 26 mai 1976) 22.

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