Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet





télécharger 158.89 Kb.
titreLe Compiègnois, du plan à l’espace de projet
page3/4
date de publication02.11.2017
taille158.89 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4

CHRONOLOGIE DE L’APPROBATION DU SDAU


PAR LES CONSEILS MUNICIPAUX DU COMPIEGNOIS


Les 15 Communes


Approbation conditionnelle

Approbation

Armancourt




7/10/1972

Bienville




7/10/1972

Choisy au Bac




8/10/1972

Compiègne




6/10/1972

Coudun




(b)

Janville




6/10/1972

Jaux




28/10/1972

Jonquières




(a)

La Croix-Saint-Ouen




27/10/1972

Le Meux

7/11/1972

15/11/1972

Margny-les-Compiègne




27/10/1972

Venette




27/10/1972

Vieux-Moulin




21/10/1972

Saint-Jean-aux-Bois




(b)

Saint-Sauveur




27/09/1972

Source : AJM BERNARD, Exploitation 2004 des archives municipales et communautaires.

  1. Absence de délibération

  2. Archives lacunaires

NB. L’arrêté préfectoral concernant le SDAU date du 8 mars 1973.

SECTION VI. LA PLANIFICATION SOUS LE SIGNE DU PRAGMATISME.
En 1976, alors que les communes du SIVOM se voient bousculées par de multiples opérations que légitime le SDAU, J. Legendre se livre à l’une de ses railleries coutumières .

  « Vers l’an 2389, un groupe d’archéologues opérant des fouilles à proximité de la rivière d’Oise, a découvert un curieux document provenant vraisemblablement des archives municipales d’une antique cité. Il est rédigé en écriture francophone de la période décadente, située dans la seconde moitié du vingtième siècle. Comment en interpréter les sigles ? on en est réduit à formuler des hypothèses : Est-ce un formulaire ésotérique ? Un langage conventionnel ? Un code amoureux ? pourquoi ces peuples anciens utilisaient-ils des abréviations incompréhensibles pour le profane ?

« La D.A.T.A.R. a confié à l’O.R.E.A.V. l’étude de l’aménagement des vallées de l’Aisne et de l’Oise et plus particulièrement de la Z.P.I.U. de Compiègne. Le S.I.V.O.M. a fait appel à la S.O.R.E.P.A. pour la préparation des documents du S.D.A.U. La Commission mixte comprenant les élus et les représentants de la D.D.E., de la D.D.A., de l’O.N.F., de l’E.D.F.-G.D.F., de la S.N.C.F., du T.P.G. et du G.E.P. les a approuvés. On a délimité l’emplacement des Z.U.P., des Z.A.C., des Z.A.T., des Z.A.D. et des Z.I.. Les études des P.A.Z., des P.O.S. et des C.O.S. ont abouti à la création des Z.I.F. ( cauchemar des notaires). Les travaux financés par la C.D.C., la C.A.C.L., le F.N.A.F.U., le F.D.E.S., le F.S.I .R. ont été partiellement réalisés par la S.E.D.O. Les municipalités, en fonction du V.R.T.S. et des A.P. ont pu calculer le F.B.C.F La C.A.R. a décidé de créer des P.A.R…. » Le reste du document est illisible »23.
La dénonciation du jargon des aménageurs et des ridicules technocratiques emporte l’adhésion. Mais, que J. Legendre, brillant politique de l’espace, ait préféré s’abandonner à ses talents de polémiste plutôt que de se livrer à une apologie de l’intercommunalité et de la planification à la veille d’élections importantes, étonne. Cette posture, assez paradoxale, invite à considérer les relations qu’entretenaient planificateurs et politiques du Compiègnois.

Notre approche ciblera la prise de décision. Car là où l’on est tenté d’imaginer l’élaboration du plan d’aménagement comme un processus rationnel et séquentiel enchaînant appréciation des tendances, définition des objectifs, élaboration des scénarios, et sélection d’un parti, il faut substituer une représentation quelque peu chaotique qui, intègrant les perturbations externes et internes au système de planification, fait du plan l’actualisation des arrangements entre politiques et planificateurs. Dans certains cas, les archives montrent comment des organisations ou des évènements ont modelé l’agglomération compiègnoise et, à rebours, façonné son schéma d’aménagement. Six configurations s’observent.
61. L’ imbroglio organisationnel.
Alors que le système politico-administratif français met en relation deux filières, l’une élective, l’autre bureaucratique, se pose la question de l’insertion dans le processus décisionnel des chargés de mission de planification de l’administration de l’Etat et du bureau d’études privé , avec des conséquences pour les acteurs de base - les élus municipaux- . L’ambiguïté de la double responsabilité partagée entre l’Etat et les collectivités peut provoquer retards et incompréhensions. Le cas de Venette en est l’illustration.

Décidé à créer une ZUP et une ZAD aux lieux dits « la Prairie » et « le Village » le 12 janvier 1967 , le Conseil municipal venetien s’en trouve empêché par le préfet le 20 Juillet 1967 dans l’attente « des premières études régionales effectuées par l’Atelier d’Urbanisme de Noyon concernant la vallée de l’Oise». Or, l’O.R.E.A.V. tient à faire savoir le 26 Septembre 1968, qu’il n’est pas opposé au projet de ZAD contrairement aux assertions du Représentant de l’Etat. Bloqué, le projet municipal est finalement validé par le Schéma directeur avec 5 ans de retard. Repris par le SIVOM, le projet suscite alors l’opposition de certains élus et résidents attachés au cadre villageois.

L’exemple montre que la planification, défiée par les impératifs empiriques, devait aller vite pour maîtriser les tendances spontanées, mais s’exposait du coup aux malentendus entre acteurs du développement local et suscitait des conflits.
62. Le choix d’un axe de développement : le politique compose avec le plan.
Pour le Compiègnois, trois modes de développement ont été envisagés: i) Les tendances spontanées se poursuivent ; ii) l’autoroute A1 est prise comme vecteur économique : Compiègne mise sur la Région parisienne dont elle devient un pôle dépendant ; iii) l’axe de développement est la vallée de l’Oise. La Commission Mixte a retenu la troisième option, se ralliant aux choix des aménageurs d’un axe tangentiel à la région francilienne. Or, J. Legendre ne partageait pas à cette vision.

Répondant au rédacteur en chef du bimensuel « L’Entreprise normande » , l’ex député-maire précise le 6 Février 1970 :« La liaison Seine-Est et la Route Rouen-Reims présentent bien entendu beaucoup d’importance pour la ville de Compiègne, mais le développement de l’agglomération dépendra beaucoup plus de l’autoroute A 1 et de l’implantation de l’Aéroport Paris-Nord » 24. Et, le 11 Février 1970, au bureau de la commission mixte d’étude, «  J. Legendre souligne que ce serait une erreur d’effectuer le développement en ne s’appuyant que sur un seul axe économique »25.

Soucieux des intérêts locaux, le premier magistrat ne partageait guère l’idée d’un seul vecteur géographique propre à contrecarrer l’étalement francilien. Pragmatique, il appuyait le renforcement de l’axe oisien dans la mesure où il confortait le carrefour compiègnois sans contrarier l’influence parisienne jugée favorable au développement. Paradoxalement, c’est en différant la création de l’échangeur à Verberie - Chevrières jusqu’en 1986, que les objectifs des uns et des autres ont été conciliés.
63. L’aléa université : le politique s’impose au plan.
La décision d’implanter une université à Compiègne est annoncée le 28 octobre 1969. La disponibilité de 34-35 hectares à Royallieu permet à la municipalité de saisir l’offre, les terrains militaires contigus, dont on envisage la libération, constituant une éventuelle friche à la fois propice au développement universitaire et aisée à recycler. Si la SOREPA étudie 5 sites pour la nouvelle université - le terrain militaire du stand de tir, la prairie de Venette, l’utilisation partielle du Palais, le pont urbain Gambetta-Venette, le secteur de Royallieu en bord de l’Oise et du Clos des Roses26- les lieux sont inégalement éligibles et les politiques ne tergiversent guère : dès le 4 novembre 1969, le plan du secteur B de la ZUP autour de la caserne de Royallieu est remanié, le Conseil Municipal affecte 40 % de la ZUP au projet 27, et le 20 novembre 1969, la SOREPA n’évoque plus que le projet de quartier universitaire à Royallieu 28. Le 2 Octobre 1970, la question est définitivement close quand le Conseil Municipal de Compiègne cède les terrains au Ministère de l’Education Nationale sans attendre la décision officielle 29 ( A JM BERNARD, 2000, 2003).

Quant au second pôle universitaire, il s’est concrétisé dans le centre ville sur le site des anciens abattoirs et non place du marché comme prévu initialement, Michel WOIMANT, chargé de l’urbanisme au cabinet de Georges Pompidou, rappelant la nécessité d’insérer l’université dans la ville pour échapper au modèle des campus périphériques30.
64. Le second pont : des décisions administratives s’imposent au plan.
La question d’un deuxième pont hante les décideurs compiègnois toute la décennie soixante31.

Initialement projeté entre Clos des Roses et plaine de Venette – le pont Bayard -, le franchissement est localisé à Mercières. La Commission Mixte découvre son emplacement le 11 Février 1970 alors que s’enclenche le processus d’élaboration du SDAU.

Diverses considérations ont conduit les responsables de l’Equipement et du Compiègnois à cette décision32 :

  1. éviter la ZUP densément peuplée

  2. ouvrir de nouveaux espaces à l’urbanisation

  3. contourner la ville principale

  4. transférer l’hôpital au carrefour de l’Abbaye, entre rocade et forêt , à défaut de ne pouvoir le fixer à Jaux-Venette.

La réalisation d’un boulevard périphérique se heurte aux exigences de l’O.N.F. en matière d’échanges de terrains et l’on se contente de calibrer l’accès au camp des Sablons.


    1. la ZAC commerciale de Venette : de microdécisions déterminent le plan.


La révolution du commerce concentré devait affecter le Compiègnois un jour ou l’autre. L’initiative procède de la société Brémard qui envisage l’extension de ses activités. M. LEDOUX, agriculteur devenu maire de Venette le 26 mars 1971, est favorable à la cession des terrains au prix de trois fois le cours des terres agricoles. Le 21 Mai 1971, la première commission du SIVOM préconise la création d’une ZAC à usage d’activités commerciales sur le territoire de Venette, et par extension sur la commune de Jaux, « afin d’éviter une implantation sauvage ». La société Carrefour se substitue alors à la société Brémard et abandonne son projet d’implantation dans le nord compiègnois, à Longueil Annel 33.

En définitive, les microdécisions des acteurs – privés et publics- ont été institutionnalisées et insérées dans le parti de développement, précédant l’élaboration du SDAU. Le procès verbal du Comité syndical témoigne de ce processus à rebours de la représentation naïve de la planification : «  Le parti de développement qui a été retenu par la Commission mixte et qui sera repris dans le SDAU prévoit la création d’un centre d’activités commerciales sur la rive droite, face à l’université et à la nouvelle tête de pont.(..) Dans l’attente de la mise au point du POS, votre première commission de l’Aménagement et de l’Urbanisme a estimé souhaitable de demander la création d’une ZAC sur l’ensemble des terrains destinés au centre d’Activités Commerciales »34.


    1. Le pont polyvalent : l’interpellation des planificateurs.

La controverse qu’engage l’OREAP en octobre 1971 et sa défense d’un pont urbain-centre d’activités 35- qualifié par J. Legendre de « pont des soupirs » - expriment l’inquiétude des planificateurs régionaux devant les aléas qui façonnent l’agglomération ainsi que leur volonté de peser sur les décideurs pour contrebalancer les évolutions locales spontanées ( A JM BERNARD, 2000).

L’OREAP se fait gardien de la doctrine planificatrice. «  Réussir Compiègne est un pari que l’on a autant de chance de perdre que de gagner (..) Les recommandations générales pour l’organisation spatiale de la ville sont contenues dans le livre blanc de l’O.R.E.A.V. (..). Les documents constituant le SDAU de Compiègne sont déjà bien avancés. Cependant un certain nombre d’opérations sur le terrain se dessinent à contre-courant des propositions pourtant acceptées du Livre Blanc de l’O.R.E.A.V. En effet, l’extension actuelle de l’urbanisation se fait surtout au Sud-ouest, sur la rive gauche de l’Oise et entre celle-ci et la forêt. Direction actuellement privilégiée de l’espace urbain, le parti qui a été choisi organise la ségrégation entre le Compiègne actuel et celui que l’on construit. Il est nécessaire d’exclure toute action pouvant entraîner la constitution d’un centre secondaire au début, mais qui deviendra vite concurrent de l’actuel ».

Pour renforcer la centralité du cœur historique, les aménageurs de l’OREAP imaginent de s’appuyer sur le site compiègnois : « Compiègne « ville nouvelle » n’est pas seulement à recréer, elle est aussi à inventer. Les éléments de son site s’y prêtent particulièrement (..) l’élément structurant d’animation et de rencontre sera le pont urbain franchissant la rivière. Le pont et le prolongement d’une partie des activités centrales sur la rive droite, par exemple l’extension à terme de l’Université, procèdent de la même démarche ». Ce pont urbain présente l’originalité – et les inconvénients - d’être un espace polyvalent qui allie la tradition des ponts habités aux expérimentations de la dalle : il prend la forme d’un centre d’activités  étageant galeries techniques, voie rapide, rues avec promenades pour les spectacles nautiques, restaurants, galeries marchandes, hôtels et salle de congrès, au dessus de la rivière canalisée au calibre européen.

La dénonciation s’avère pertinente par sa défense d’un principe d’urbanisme et d’aménagement – la centralité- que nombre d’ acteurs locaux ont réaffirmé à l’occasion du débat sur la localisation du second pont urbain au début du XXI e siècle . Seule, la proposition architecturale peut apparaître aujourd’hui douteuse : elle était néanmoins conforme à l’esprit du temps et à la volonté de densifier les villes jumelles de part et d’autre du franchissement historique.
1   2   3   4

similaire:

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconDiapositives montrant les manifestations du 11 j anvier dans plusieurs villes du monde
«espace physique de la rue» et «espace médiatique». L’espace public est l’espace matériel, d’échange. C’est une double spatialité...

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconOrganisation des activites du projet et de leurs resultats sur les deux annees
«responsable suivi-qualité» de l’avancée du projet des activités et des résultats du projet

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconNote : ce document contient en fait deux textes, un projet d'article et un projet de rapport

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconL’espace mediterraneen : un interface nord-sud
«Mare Nostrum», trois religions majeures : espace de contacts au Moyen Age. Croisades

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet icon«Art, espace, temps» Arts de l’espace
«historique» de Paris où tu retrouves les monuments importants se trouvant sur le même axe que l’Arche de la Défense

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconJeudi 9 et vendredi 10 janvier dernier, les 46 élèves et trois de...
«parcours historique», les élèves ont eu la chance de pouvoir découvrir, lors d’une visite privée, l’Hôtel de Talleyrand, siège de...

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconRéputation de sainteté et fécondité spirituelle : le cas de Jacques et Raïssa Maritain
«retourné comme un gant» lors de sa conversion est devenu, sur le plan ecclésial, selon la formule de Paul VI de 1973, «un maître...

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconAteliers éducatifs
«caisse de résonance» de la filière spatiale, témoigner de l’actualité de l’espace et de l’astronomie, participer à l’attractivité...

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconAteliers éducatifs
«caisse de résonance» de la filière spatiale, témoigner de l’actualité de l’espace et de l’astronomie, participer à l’attractivité...

Le Compiègnois, du plan à l’espace de projet iconProjet comenius notre établissement est engagé pour deux ans (2013-2014...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com