Identification des besoins et diagnostic des difficultes a surmonter





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IDENTIFICATION DES BESOINS ET DIAGNOSTIC DES DIFFICULTES A SURMONTER




Avant de mettre en place un programme d’envergure dans un cadre régional européen, il nous semblait indispensable de rassembler l’information disponible sur la situation des Roms face à l’éducation et la formation. Les données étant dispersées, le Programme Collectif Roms a répondu à ce besoin en publiant des états des lieux sur la situation éducative des Roms de cinq pays d’Europe de l’est et des Balkans.

Or, les conclusions de ces rapports étaient éloquentes. Le problème majeur est en fait autant l’accès à l’éducation que le fossé entre le caractère formel de l’enseignement dispensé à l’école et les modalités orales et informelles de l’apprentissage traditionnel des connaissances chez les Roms et les Gens du voyage.

L’accès à l’éducation relevant des politiques nationales, la Fnasat a décidé d’intervenir sur les champs de l’éducation non formelle et informelle, c’est-à-dire de soutenir des initiatives locales d’enseignement dispensé en dehors de l’école à des personnes de tout âge, ou bien des initiatives d’enseignement qui s’exercent dans la vie quotidienne sans objectif éducatif clairement identifié mais qui viennent contribuer au développement socioprofessionnel des personnes.

  • Aperçu de la situation en Roumanie

La Roumanie compte aujourd’hui, une importante population Rom, qui représente, selon les estimations, entre 1 800 000 et 2 500 000 personnes, soit environ 10% de la population.

Les Roms rencontrent de nombreuses difficultés. Le Programme Collectif Roms s’est intéressé au niveau d’éducation très bas parmi les Roms.

En effet, entre un quart et un cinquième de la population de plus de 16 ans est illettré. Une corrélation est visible entre la pauvreté et les conditions précaires de vie d’une part, avec la faible fréquentation de l’enseignement scolaire d’autre part. La conséquence majeure est que l’accès à l’emploi reste difficile pour cette population. A la fois, leur manque de qualification et les discriminations dont les Roms font l’objet explique un taux de chômage record.

Afin de favoriser son entrée dans l’Union européenne, le gouvernement roumain a pris un certain nombre de mesures. La Constitution roumaine précise désormais que le droit des personnes appartenant aux minorités nationales d’apprendre leur langue maternelle (la langue romani) et le droit de pouvoir être instruit dans cette langue sont garantis et que les modalités d’exercice de ces droits sont établies par la loi (Art 32, Al 3). Elle ajoute que, en fonction des nécessités locales, la possibilité d’organiser, sur demande et dans les conditions établies par la loi, des groupes, des classes, des sections ou des écoles avec un enseignement dans les langues des minorités nationales. Toutefois, le manque de ressources empêche une organisation de qualité de l’enseignement en romani.

A titre d’illustration, durant l’année académique 2005/2006, sur 280 000 professeurs actifs en Roumanie, 490 sont des professeurs Roms (soit 0.18% d’enseignants Roms formés par le ministère de l’éducation). Or, de l’école primaire au lycée, on compte 220 000 étudiants Roms (identifiés). La Roumanie comptant entre 1 800 000 et 2 500 000 Roms, ce chiffre est bien entendu sous estimé.

La langue et l’histoire Rom ont été intégrées dans le programme d’éducation nationale roumain. Cependant, la formation des enseignants Roms doit être améliorée et réajustée au même niveau que la formation des professeurs non Roms. De plus, les professeurs Roms ont besoin d’une meilleure formation et la littérature en langue Romani d’être développée. Un nombre significatif d’enfants ont choisi d’intégrer les classes en langue Romani et suivent les cours d’histoire des Roms mais ils n’ont pas accès à des supports de lecture en Romani.

  • Aperçu de la situation en Slovaquie

La Slovaquie compte cinq millions et demi d'habitants et les Roms forment la deuxième minorité ethnique la plus importante. Selon le recensement de 2001, 89 920 habitants se sont déclarés Roms (1,67% de la population) mais leur nombre est en réalité estimé de 360 000 à 420 000 personnes. Ce décalage souligne la crise identitaire dont souffre la population rom. Nombre de personnes ne souhaitent pas en effet signaler leur appartenance à la communauté Rom par crainte de subir des discriminations. Parfois, ils rejettent toute appartenance ethnique1.

Les Roms slovaques mènent une vie sédentaire de longue date, pour la plupart à l’Est et au centre de la Slovaquie. Certains vivent dans des quartiers formant des ghettos dans les villes, mais la plupart se trouvent dans des localités éloignées à 1 ou 2 km des villages slovaques. L’isolement et l’éloignement des villages slovaques, combinés à l’indépendance des familles Roms vis-à-vis du reste de la population, ont contribué au maintien et à l’évolution de la langue Rom qui sert encore aujourd’hui d’unique moyen de communication dans toutes les situations de vie. Les Roms de Slovaquie ont par conséquent réussi à sauvegarder leur dialecte ancien, ainsi qu’une riche tradition orale.

Après avoir subi des pressions d’assimilation sous le régime communiste, le nouveau régime a fait évoluer les positions officielles. Le gouvernement slovaque, les organisations intergouvernementales et non-gouvernementales font aujourd’hui des efforts en vue du développement culturel et linguistique de toutes les minorités nationales. En 1991, le gouvernement de la République slovaque a d’ailleurs accordé aux Roms le statut de minorité nationale.

Plus tard, en 2003, plus de 600 hameaux tsiganes on été recensés (soit le double de ce que l’on comptait au moment de l’indépendance du pays). Ils regroupent près de 130 000 personnes, dont près de la moitié dans la région de Presov. Ces bidonvilles se caractérisent par un niveau élevé de chômage, atteignant parfois 100% ainsi qu’un bas niveau d'éducation, une natalité élevée, des habitudes hygiéniques minimales et un fort écart de niveau de vie par rapport à la société majoritaire.

Le niveau d’éducation des Roms est également très bas en Slovaquie. A l’école primaire, les élèves Roms obtiennent des résultats très inférieurs à ceux des enfants de la population majoritaire (seul ¼ des Roms termine avec succès l’école primaire) et très peu d’entre eux atteignent l’école secondaire, tandis que le nombre d’étudiants Roms à l’université est dérisoire.

Pressée par les exigences de la Commission Européenne pour améliorer la situation des Roms, la Slovaquie a élaboré toute une stratégie de développement de cette minorité. Comme dans les plans du régime antérieur, celle-ci porte sur l’habitat, l’emploi, la santé, l’amélioration des relations interethniques. Ainsi, la Slovaquie a fait de nombreux efforts pour réformer son système scolaire et a développé plusieurs programmes à destination des Roms afin d’améliorer leur intégration dans la société et leur niveau d’éducation. Cependant, les discriminations et la ségrégation subsistent, comme le montrent les différents rapports sur la question (Union européenne, PNUD, rapports d’ONG, etc.).

  • Aperçu de la situation en Bulgarie

La population Rom en Bulgarie est de 533 466 personnes, soit 6,45% de la population totale du pays. Les leaders Roms estiment, eux, la population totale des Roms en Bulgarie à 700 000 ou 800 000 personnes, c’est à dire environ 9 % de la population du pays2. La majorité des Roms de Bulgarie est défavorisée dans de nombreux domaines, notamment dans celui de l’éducation, mais aussi de l’emploi, de la santé, de l’accès aux droits sociaux.

Les recherches menées lors de l’état des lieux montrent que les parents préfèrent que leurs enfants commencent à travailler pour aider la famille. En revanche, dans les familles moins traditionnelles, l’éducation scolaire a pris une place importante. Pourtant, il y a encore des Roms analphabètes, qui ne sont jamais allés à l’école. La situation des femmes dans ce groupe est particulièrement difficile. Les filles sont encore moins scolarisées que les garçons, car leur rôle consiste principalement à réaliser les travaux ménagers et apprendre à être mère.

Selon les statistiques du Ministère de l’Education bulgare, 60 000 enfants Roms ne vont pas à l’école, les ONG estiment plutôt ce chiffre à 120 000 enfants. De plus, 39 000 à 40 000 élèves abandonnent l’école chaque année. Même s’il n’existe pas de chiffre officiel, la plupart des enfants qui abandonnent sont des Roms. Le problème de l’abandon en 1ère classe découle de la faible connaissance de la langue bulgare. En 1991, l’enseignement des langues minoritaires a été institué dans les écoles en Bulgarie. Toutefois, les moyens restent insuffisants.

Par ailleurs, beaucoup d’écoles existent dans les quartiers Roms. Héritage de la période communiste, l’objectif de la construction de ces écoles était d’augmenter le niveau de scolarisation des Roms. Malgré des efforts, la qualité d’enseignement de ces écoles reste insuffisante3.

De plus, aujourd’hui, ces écoles, qui existent toujours, constituent « un mur » qui sépare les enfants Roms de la population bulgare. En 1991, le Ministère de l’Education bulgare a enregistré l’existence de 31 écoles de ce type qui étaient fréquentées par 17 800 élèves. En 1992, le Ministère a déclaré que ce faible niveau d’enseignement sera remplacé par des écoles normales. Toutefois, aujourd’hui, le niveau d’enseignement dans ces écoles reste encore très bas et seulement 1% des Roms poursuivent des études universitaires en Bulgarie.

L’intégration des Roms constitue un problème complexe qui demande des efforts, de l’investissement et de nombreuses années de travail d’accompagnement. Leur intégration doit rester, pour la Bulgarie comme pour tous les autres Etats européens, un axe décisionnel politique prioritaire.

  • Aperçu de la situation en France4

Tout d’abord, le préalable nécessaire à la présentation sommaire de la situation des Tsiganes et des Gens du Voyage en France est de préciser que la République française est une et indivisible ; elle ne reconnaît donc pas les minorités ; les individus sont égaux en droit devant l’Etat.

Toutefois, pour certaines catégories de sa population, l’Etat aménage des dispositifs spécifiques. Les Tsiganes sont voyageurs en France et ils font l’objet de ces dispositifs. Ces voyageurs sont souvent des professionnels ambulants ; le législateur a prévu un statut juridique particulier pour eux dans le cadre de la loi du 5 janvier 1969. Cette loi instaure une sorte de passeport intérieur individuel ou familial qui doit être régulièrement visé par les autorités de gendarmerie. C’est dans cette même loi qu’apparaît l’appellation de Gens du voyage qui renvoie à plusieurs réalités. En effet, les familles du voyage sont diverses et plurielles. La terminologie administrative de « Gens du Voyage » visent à la fois une minorité ethnique, une minorité culturelle, un mode d’habitat en caravane, un groupe social présentant très souvent les stigmates de la pauvreté et de l’exclusion.

La population des Gens du voyage est estimée au nombre de 400 000 mais certains Voyageurs annoncent d’autres estimations : 800 000 à un million. Cette population est très jeune ; la moitié de ses membres n’aurait pas plus de vingt ans. La pyramide des âges est ainsi similaire à celle des populations en voie de développement. Ce constat est lié à la fois à leur mode d’habitat, à leur accès difficile aux soins (avant la CMU) et aux représentations négatives que les personnes se font des centres hospitaliers et médicaux.

Sur le plan de l’éducation formelle, l’absentéisme demeure un problème massif chez les Gens du voyage. Les explications rejoignent les raisons développées pour les Roms, à savoir le rôle de l’éducation informelle chez les Tsiganes. Toutefois, ce problème de la scolarisation des enfants combine différents paramètres et les responsabilités partagées des familles et de l’institution nationale.

Le voyage est souvent montré comme l’explication de la non fréquentation scolaire des enfants non sédentaires. Toutefois, même en voyage, les enfants ont droit à la scolarisation dans les mêmes

1 Etat des lieux-Diagnostic sur l’éducation des Roms en Slovaquie, Programme Collectif Rom, Septembre 2005


2 Etat des Lieux-Diagnostic sur l’éducation des Roms en Bulgarie, Programme Collectif Rom, Novembre 2005

3 Tomova, 1998, p.58

4 Intervention de Didier Botton, directeur de la Fnasat au colloque de Sofia, mars 2006

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