Les Roms de Moravie hors caméra





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Les Roms de Moravie hors caméra

Marie Desplechin - LE MONDE - 4/10/14
dans le supplément : LE MONDE CULTURE ET IDEES

La première était très réussie, mais la première était à Prague. Un public d’intellectuels, d’artistes, de politiques, d’amis. Peu de Roms sinon les acteurs, venus de Bohême ou de Moravie, et même de prison pour l’un d’entre eux, au bénéfice d’une permission extraordinaire pour la soirée. Seul film tchèque présent cette année à Cannes, Cesta Ven (Je m’en sortirai) était attendu. Directs aux informations tchèques, reportages dans les magazines, déferlement d’indignation sur le Web des vrais patriotes en colère, il était difficile de ne pas en avoir entendu parler.

La fête qui a suivi la première, retrouvailles de la troupe, orchestre tzigane, était parfaite elle aussi, en dépit d’une fin de mai pluvieuse. Mais voilà, si l’ensemble était sympathique, il n’en était pas moins très « blanc ». Loin du scénario et de ses acteurs, loin de ceux auxquels, au bout du compte le réalisateur, Petr Vaclav, 47 ans, rend hommage et s’adresse. Les Gitans, les Tziganes, les Roms. Les « Noirs ».

Ce matin-là, au bar de l’hôtel, Maria Zajacova-Ferencova, l’une des actrices, redoutait la projection du soir. « Les gens vont être fâchés que des Tziganes aient été invités à Cannes », répétait-elle en tripotant nerveusement le sac du Festival qu’elle garde avec elle « pour sentir Cannes ». Mal à l’aise, elle lançait de petits regards inquiets vers le hall : « Et tout le monde nous voit ici, with our black faces… »« Black faces », c’est beaucoup dire. Au pied de la lettre, c’est même délirant. La plupart des acteurs du film sont pâles comme des Bataves, des Portugais à la limite. Maria, elle, ressemble à une actrice italienne. Mais qu’importe. « Noir » évoque, ici, en vrac et métaphoriquement, les innombrables défauts prêtés aux Roms, leurs origines obscures, leur hygiène douteuse, leur paresse crasse, leur sombre penchant pour la délinquance et le crime. « Noir » désigne l’étranger intérieur d’une petite nation, la République tchèque,déstabilisée par la crise.

UN « GHETTO TOUR »

C’est lui que peint Cesta Ven, à travers la quête obstinée de son héroïne Zaneta pour échapper à la misère qui broie son entourage. Mariée, mère d’une petite fille, Zaneta s’entête à chercher un travail et un endroit où vivre une « vie normale ». Le film l’accompagne d’appartement en taudis, d’espoir fragile en déconvenue, en quête d’un avenir que le dénouement laisse en suspens. Ses acteurs, non professionnels, ont été repérés au long d’un road trip à épisodes à travers le pays. « Vingt-cinq mille kilomètres, soupire Jan Macola, producteur, de fête gitane en fête gitane. » En fait, un « Ghetto Tour » qui a conduit Vaclav de halls d’immeuble en foyers, de caves en bidonvilles. Il y a trouvé ses interprètes, ses décors, et a affirmé son scénario. « Les personnages, dit Maria qui l’a accompagné dans ce casting itinérant, ne sont pas nous. Mais les situations, on les connaît. Elles sont réelles. »

Si l’on veut promouvoir le film auprès d’eux, c’est chez eux qu’il faut retourner. Au lendemain de la première à Prague, la troupe prend donc le train pour le nord de la Moravie. Direction Ostrava, qui a accueilli le tournage plus de deux mois, et fourni le concours d’acteurs, de figurants et de techniciens de la télévision locale. Dans les compartiments, on boit du café en se lisant la presse, globalement favorable. Il y a bien eu quelques tribunes haineuses, mais Vaclav a décidé de ne pas donner suite. Quant aux acteurs, ils en ont entendu d’autres. Les tensions du tournage sont loin. Ne reste que l’excitation de revoir l’équipe, Marcela, sa bande, et surtout Sara. La Sara de 4 ans qui joue la fille de Zaneta. Elle traverse le film avec une grâce inouïe, imposant plan après plan sa petite silhouette dansante et ses sourires éblouissants. Il n’était pas possible de la faire venir à Prague. Mais qu’à cela ne tienne. Elle nous attend à Ostrava.

BIENVENUE CHEZ LES PERDANTS DU MONDE POST-INDUSTRIEL

Plantée en face de la gare, la carcasse rouillée d’une usine abandonnée se dresse comme un avertissement : bienvenue chez les perdants du monde post-industriel. De beaux immeubles anciens, vestiges d’une richesse passée, soulignent l’impression d’attente et de résignation qui plombe la ville. Encore le centre s’en sort-il bien. C’est autour que ça se gâte, dans l’excroissance anarchique des quartiers, des nœuds routiers et des friches où les «  Noirs  » ont trouvé à se loger. Ils sont pauvres parmi les pauvres, dans un pays dont la politique sociale se classe pourtant honorablement au tableau des nations. En juin 2013, la ville, travaillée par le racisme, était le théâtre de violentes manifestations. Trop heureux de l’aubaine, les cliques de néonazis avaient afflué des pays voisins.

Tout est prêt pour la projection du soir. Elle aura lieu dans le multiplexe d’un centre commercial, le Kaufland, à dix minutes du centre-ville. On a battu le rappel des amis, des figurants, des techniciens. On a compté sur Marcela Botosova, figure de la communauté, pour faire savoir que l’entrée serait gratuite et le film suivi d’une fête. Il est bientôt huit heures et, dans le hall du multiplexe, devant la caisse, le beau visage de Klaudia Dudova, qui joue Zaneta, illumine l’affiche de Cesta Ven. Les journalistes, avec caméra et micro, s’empressent autour de Vaclav. A vingt mètres, un groupe d’une douzaine de personnes s’est arrêté, à la lisière du carrelage blanc de la galerie marchande. Il n’y a ni barrières ni vigile pour contrôler l’accès à la moquette rouge du hall. Mais ils n’entrent pas. Les hommes portent des vestes, des chaussures lustrées et pointues. Les femmes, dans des robes ajustées, chancellent sur des talons vertigineux. Je reconnais l’un des acteurs du film, qu’entourent des membres de sa famille. Ils regardent, ils attendent, pétrifiés de l’autre côté du mur invisible.

Marcela est arrivée avec les siens, impériale, étranglée dans un tailleur couleur de feu, cachant ses mauvaises dents derrière sa main. Elle prétend avoir vu le film, dont elle trouve, sans vouloir critiquer, qu’il n’a pas gardé grand-chose de tout ce qui a été tourné. Elle sera rassurée à la fin de la séance : elle n’avait vu que la bande-annonce sur Facebook. On lui demande où sont les autres. Elle prend l’air étonné. Elle a prévenu pourtant… A la fin de la projection, il faudra se rendre à l’évidence : la grande salle est restée à moitié vide. Ni les techniciens blancs ni les figurants noirs n’ont pris la peine de venir. Et personne n’a amené Sara.

AU MILIEU DE NULLE PART

Vaclav veut bien comprendre que l’on ne se soit pas déplacé. Il l’a déclaré à Cannes, à l’effarement de son coproducteur français : il veut que le film soit diffusé en streaming. Il n’y a qu’à cette condition que les Roms le partageront. Ce qui lui est insupportable, c’est de n’avoir pas revu Sara. En fin de matinée, nous nous entassons dans la voiture du fils de Marcela, Stefan. Objectif : retrouver Sara. La première piste mène à la porte d’un foyer. En haut d’un escalier étroit, derrière une grille surmontée d’un rouleau de barbelés, une femme s’approche. Le gardien n’est pas là, elle ne peut pas sortir, ni nous entrer. Nous nous parlons à travers les barreaux. Elle secoue la tête. Non, elle est formelle, elle n’a pas vu la gamine. Quant au film, à supposer qu’elle ait trouvé le moyen de se déplacer jusqu’au Kaufland, elle n’y serait pas allée. L’entrée était payante : 130 couronnes (5 euros). C’est ce qu’on lui a dit. Elle sourit d’un air matois. Vaclav murmure : « En 1995 encore, les soins étaient remboursés et tout le monde avait des dents. »

Stefan conduit doucement. A quelques kilomètres de la ville, la voiture s’enfonce dans les friches industrielles hérissées de ruines. Elle cahote sur des chemins de terre, traverse des rails, slalome entre les entrepôts et les bouquets d’arbres. Enfin, sur un parking, au milieu de nulle part, surgissent deux baraquements entourés d’une palissade. Dedans, à côté d’un portique, une dizaine de personnes sont assises autour d’une table. Elles nous regardent sortir de voiture, hébétées.

UN FILM ? QUEL FILM ?

Posté à la porte du camp, un jeune homme propret, barbe naissante, s’avance. Qu’est-ce que vous cherchez ? Petr et Stefan l’ignorent. Ils entrent et s’adressent aux assis, dont les visages éteints reflètent plus de crainte que de curiosité. Une jeune femme se lève. C’est la mère de Sara : la fillette était là, hier, elle est partie chez sa grand-mère. Petr demande à voir l’appartement où vit la petite fille. La femme le conduit à contrecœur dans un préfabriqué. Elle ouvre la porte sur une pauvre chambre soigneusement rangée. Nous n’aurons pas le temps d’en voir plus. Le petit jeune homme est revenu. Flanqué de son père : « Vous êtes chez moi ! » L’homme hurle et roule des épaules sous son blouson. Il veut savoir qui nous sommes, qui nous envoie. Un film ? Quel film ? Il ordonne à son fils de sortir son téléphone et de vérifier les réponses. Il interdit les photos, promet qu’il brisera les appareils. Puis fait venir l’un de ses pensionnaires, une baraque au regard veule. « Tu les surveilles de très près, ils ne bougent pas.  » Il sort aux renseignements, revient, menace la mère. Elle connaît le tarif, elle aura une heure pour faire son sac et filer. Vaclav, qui brûle de répondre, se tait. Elle fixe le sol de son regard vide.

Quand nous partons, elle a repris sa place et nous salue à peine. Pas un des assis ne lève les yeux. Il n’y a qu’une voiture sur le parking, la nôtre. Elle démarre et eux restent enfermés là, avec leurs enfants. Pas un véhicule, pas un commerce, pas une école, rien. De l’herbe et des rails.Loger des Roms est une affaire juteuse et sans risques. Les aides de l’Etat sont directement versées sur le compte du bailleur. Mieux : on paie par tête. Plus vous entasserez de gens sur une même surface, plus vous gagnerez. Le kapo du cheptel que nous venons de quitter prend 12 000 couronnes (440 euros) par personne. Les mêmes «  Blancs  » qui conspuent l’aide sociale la pompent directement dans les poches des bénéficiaires. Il arrive aussi que des «  Noirs  » se mettent au jeu. Mais s’ils ne sont pas forcément plus solidaires, ils sont moins nombreux à pouvoir investir. La récupération des allocations logement et l’usure endémique interdisent tout espoir de s’en sortir. Qui douterait de l’errance de Zaneta dans Cesta Ven est loin du compte. Comme le constatait hier Marcela d’un air satisfait : « Tout ça, c’est vrai. » C’est peut-être même pire.

La troisième piste s’avère la bonne. Nous sommes revenus en zone construite, dans une cité rachetée par un investisseur avisé au temps des privatisations. Pour justifier son offre, il a fait remplacer les fenêtres et poser des caméras de surveillance. Puis il a ouvert la location. C’est là qu’habite la grand-mère de Sara. La petite fille qui sort du hall en tenant la main de son père apparaît comme une épiphanie. Elle se précipite dans les bras de Klaudia. Elle lui embrasse les cheveux, lui chuchote à l’oreille : « Tu es ma maman, tu es ma maman. » Le père sourit d’un air distrait. « Il s’appelle comment, le film ? » Ses deux autres filles, de 7 et 9 ans, se tiennent à côté de lui. Nul ne sait pourquoi elles ne sont pas à l’école aujourd’hui. Ni pourquoi elles n’ont pas déjeuné au milieu de l’après-midi. Quand nous proposons d’emmener les gamines manger avec nous, il tente d’obtenir un peu d’argent. Pour le prêt des enfants. C’est non ? Il n’insiste pas et remonte chez sa belle-mère. A Klaudia qui lui demande ce que fait sa mère, Sara répond : « Elle s’allonge. » Nous voilà partis à la recherche d’un restaurant. Tous ces logements et pas un endroit où s’asseoir pour manger. Il faut reprendre la voiture.

PERSONNE NE PEUT SAUVER SARA

Dans un décor désuet, peuplé d’animaux empaillés, les petites filles avalent lentement, consciencieusement et intégralement les énormes portions des assiettes. Sara roule des yeux, babille dans un sabir incompréhensible, s’enchante des rires qu’elle suscite. Elle se fait lire la carte, elle ne sait pas ce qu’est un poisson. Sa mère ne lui a rien offert avec l’argent du film. Elle avait demandé une petite piscine gonflable, elle ne l’a pas eue. Tout à l’heure, quand nous nous quitterons, elle refusera de quitter les bras de Klaudia : « Tu es ma mère. Je viens avec toi. » Puis, quand il faudra s’y résoudre, elle nous regardera partir en faisant de petits signes de la main, les yeux secs, sans perdre son sourire.

Nous n’avons pas fait deux kilomètres que Klaudia sanglote à l’arrière de la voiture. « Elle ne sait pas parler, elle mélange le tchèque, le slovaque et le romani… Ils la mettront dans une école où tout le monde la traitera de singe. Puis elle ira dans un institut spécialisé et il n’y aura plus rien à faire. » Elle se jure de venir la chercher, une semaine, pendant les vacances. Plus, elle ne peut pas. Elle habite à l’autre bout du pays, en Bohême. Elle a une petite fille. Même question, même constat pour Jan, père de deux fillettes, qui vit à Prague. Adopter ? Elle a des parents. Personne ne peut sauver Sara.

Un tiers des enfants roms, diagnostiqués inaptes, sont toujours scolarisés dans des institutions réservées aux enfants handicapés mentaux. Ils étaient deux tiers sous le régime socialiste. Après quelques années d’enseignement au rabais, ils en sortent avec des diplômes qui ne valent pas grand-chose. Les instituts étant financés en fonction du nombre d’élèves qu’ils accueillent, leurs responsables font durer les choses. Ils peuvent compter sur le soutien des Blancs, satisfaits d’une école séparée. Quant aux parents noirs, ils ne sont pas armés pour se défendre. C’est un petit apartheid en somme, efficace et discret. Mais là comme ailleurs, la Tchéquie n’a pas l’exclusivité de la ruse. C’est toute l’Europe qui peut demander le copyright.

Quand on interroge Vaclav, qui vit en France depuis dix ans, sur ce qui peut bien le pousser, lui le Blanc, fils d’un compositeur, à prendre le parti de gens qui ne lui demandent rien, il répond par des images enregistrées dans son enfance. Un petit garçon croise le regard d’un homme dont la tête est appuyée sur le ventre d’une femme. Une gitane altière le regarde sans mot dire à la porte d’un monastère abandonné. « Ils étaient habillés autrement, ils vivaient autrement, ils se déplaçaient en groupe. Dans un monde où personne ne pouvait voyager, c’était saisissant. » Il a connu des bagarres, des rapines sur le chemin des courses. Il n’en garde pas un souvenir pire que celui de la haine de ses camarades d’école envers les Gitans. « Dans la laideur communiste, dit-il, ils étaient la vie. »

« SOUVENT LES INTELLECTUELS SE SONT TUS »

En 1996, son premier long-métrage était inspiré par le destin tragique d’un jeune Rom placé dans un orphelinat d’Etat. Léopard d’argent à Locarno (Suisse), le film était déjà interprété par des acteurs non professionnels. En lui accordant un accueil méfiant, voire exaspéré, les «  Blancs  » ne s’y étaient pas trompés : Marian dressait un constat critique et désespéré. A leur manière et de leur côté, les «  Noirs  » lui préparaient un large et lent triomphe. Partagé sur le Web et même sur les portables, Marian est devenu leur histoire, et son acteur, Milan Cifra, une légende. Comme un trait d’union entre les deux films, il apparaît à la fin de Cesta Ven dans un rôle de patriarche. Sa beauté s’est un peu empâtée, elle n’a pas disparu.

Quand la fréquentation des salles baisse à une vitesse vertigineuse, avec un film qui dérange, le producteurJan Macola n’espère pas beaucoup d’entrées. « On ne l’a pas fait par intérêt financier. » Alors ? « Je n’aime pas le mot “militant”, dit-il, impassible derrière ses grandes lunettes. Mais il faut défendre les gens qui sont nos amis. Souvent les intellectuels se sont tus en se disant que les choses allaient passer. Elles ne sont pas passées. » Sans certitudes, sans militantisme, avec patience et ténacité, quelques-uns font des films. « Je n’ai pas de solution miracle, soupire Vaclav, mais si tout le monde acceptait d’y mettre seulement un peu de bonne volonté… »



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