L’occupation française a été de façon générale brutale lors des premiers temps de la conquête, contrairement à ce qui a pu se passer du côté britannique





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L’empire colonial français en Afrique noire, le temps des conquêtes


- Partout en Afrique, les empires coloniaux se sont formés avant la période dite « impérialiste » et partout, le processus a été identique : les premiers Européens sur place ont été des négociants qui, lorsqu’ils étaient confrontés aux structures préexistantes résistant à leur action, faisaient appel à leur gouvernement respectif pour obtenir de l’aide. Le commerce a donc été premier et a suscité l’intervention politique ou/et militaire.

L’esprit d’initiative de personnalités (avec des ambitions personnelles ou des idéaux à défendre) a joué un grand rôle dans la constitution de l’Empire français. Les dirigeants, en métropole, ne contrôlaient que de façon limitée ce qui se passait en Afrique noire.
- L’arrivée de Faidherbe (1854) amorce de grands changements dans l’expansion coloniale française en Afrique noire : il lance notamment les campagnes contre les Maures Trarza (1858), contre le damel du Cayor (1861) permettant ainsi la création de postes fortifiés.
- Gallieni (1880) tente de renouer avec une politique de pénétration pacifique au Niger en négociant avec Ahmadou. Mais le colonel Archinard lança de sa propre initiative une attaque contre l’Empire de Samori (1889), ce qui provoqua une résistance de dix ans (Samori est capturé en 1898).
- La conquête du Dahomey (1890 – 1893) est aussi très violente
- L’officier Binger rapporte de la boucle du Niger une série de traités de protectorat (1887-1888)
- Marchand en route vers Fachoda réprime de façon très violente la révolte Loango.
- La marche au Tchad a été également brutale, notamment dans la partie du Soudan où passait la colonne expéditionnaire dirigée par Voulet-Chanoine (voir « L’affaire Voulet-Chanoine » in « Le temps des colonies », Les Collections de l’’Histoire, Hors-Série n° 11, avril 2001, pp. 18-21)
L’occupation française a été de façon générale brutale lors des premiers temps de la conquête, contrairement à ce qui a pu se passer du côté britannique.
L’administration coloniale et les indigènes
L’administration est à la base de l’hégémonie impériale des différentes puissances coloniales. La mise en place de structures administratives répond à un objectif principal : le maintien de l’ordre colonial. En ce sens, l’administration civile et militaire assure les liens entre l’État colonial, les colons et les indigènes. L’administration coloniale française en Afrique noire fonctionne selon un système pyramidal et une centralisation fédérale. (voir ci-dessous)
En 1902-1904, la capitale de l'AOF (Afrique occidentale française) fut Dakar. Sous les ordres du Gouverneur Général, pouvant seul correspondre avec le Ministre des Colonies, se trouvaient placés les lieutenants - gouverneurs (plus tard gouverneurs) des 5 colonies : Sénégal, Guinée, Côte d'Ivoire, Dahomey, et un vaste ensemble appelé d'abord Sénégambie et Niger, puis Haut - Sénégal et Niger, d'où se détachèrent deux colonies nouvelles : en 1911 le Niger, en 1918 la Haute-Volta. La Mauritanie devint colonie en 1920. Les budgets locaux étaient alimentés par des impôts directs. Chaque colonie était divisée en cercles, et ceux-ci en subdivisions, commandés les uns et les autres par des administrateurs des colonies, dotés de tous les pouvoirs et de toutes les responsabilités (administration, police, développement économique...). Au début, ces administrateurs sont souvent des anciens officiers puis, de plus en plus, des élèves de l'Ecole Coloniale, voués à l'Afrique.

Sous leurs ordres sont placés les chefs indigènes, chefs de villages, de cantons, parfois coiffés de chefs supérieurs (l'empereur du Mossi..).
Concernant les liens entre les notabilités locales et les autorités coloniales, la domination de l’État colonial peut susciter des résistances locales ou se heurter à des «forces» concurrentes, comme les notables citadins et ruraux, religieux et lettrés. L’administration coloniale contribue à consolider ou affaiblir les élites indigènes, dont les rapports avec les populations ont pu ainsi être modifiés par la colonisation.

Mais l’Empire français, comme son « homologue » britannique d’ailleurs, souffre dès les débuts d’une grande pénurie de personnels administratifs (en 1900 en AOF, on compte seulement 256 Européens dans les services administratifs) ; il n’a donc d’autre choix d’avoir recours aux autorités établies afin d’administrer les colonies. On se sert ainsi du pouvoir traditionnel chaque fois que les structures locales s’y prêtent.

Ainsi le roi Agoliagbo du Dahomey est conservé jusqu’en 1900 ; dans le Haut Oubangui, les pouvoirs des sultans sont maintenus dans leur prérogative.
Certains chefs ont pris sur eux d’entrer dans le jeu de la colonisation pour leur profit : c’est le cas du zarmakoy de Dasso (le royaume de Dasso est un état precolonial dans ce qui est maintenant le Niger), Aouta. A l’arrivée des Français à Dasso en 1898, le zarmakoy en fonction refuse de se soumettre. Atoua joue alors le rôle d’intermédiaire dans les négociations et s’impose naturellement comme successeur aux yeux des Français.
En terre d’islam, les lettrés sont volontiers utilisés comme intermédiaires (interprètes, enseignants, chefs).

En pays animiste, on tente d’abord d’éliminer les chefs récalcitrants avant de s’en servir comme chefs administratifs de canton ou de village. Leur pouvoir est cependant bien différent de ce qu’il était avant la colonisation : ils sont de fait transformés en petits fonctionnaires mal payés et se contentent de transmettre les ordres. Cette fonction d’intermédiaire avec les Blancs provoque partout le mépris et la haine des populations indigènes.
L’armée coloniale recrute quant à elle sur place dès les débuts de la colonisation : la première compagnie de tirailleurs sénégalais est créée en 1823 et en 1857 un décret met en place le premier bataillon.
Quelle que soit la nature de la collaboration, les tâches délivrées aux Africains restent subalternes et exigent peu de qualification

D’après :

- le site http://etudescoloniales.canalblog.com/

- Coquery-Vidrovitch C., L’Afrique noire de 1800 à nos jours, PUF, Nouvelle Clio, 2005.

- M'BOKOLO E., Afrique noire : histoire et civilisations, tome 2 : Du XIXe siècle à nos jours, Hatier-AUF, 2004
Zoom : indigène et indigénat
Le mot "indigène" signifie celui qui a été engendré sur place, qui est du lieu. Mais l'usage qui en a été fait dans les colonies l'a rendu dépréciatif car il faisait la distinction entre ceux qui avaient le pouvoir (les colons) et ceux qui y étaient assujettis (les indigènes).
La France a ainsi créé un "Code de l'indigénat" qui définissait la manière de gouverner les indigènes. Le Code de l'indigénat est un ensemble juridique et réglementaire répressif à l’encontre des seuls indigènes, appliqué par l’administration. Mis en place d’abord lors de la conquête de l’Algérie, puis institué par la loi du 28 juin 1881, il prévoit des « infractions spéciales aux indigènes ». Il distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.
Ce régime est étendu en Cochinchine en 1881, en Nouvelle-Calédonie et au Sénégal en 1887, à l’Annam Tonkin en 1897, au Cambodge en 1898, à Madagascar en 1901, à l’AOF en 1904, à l’AEF en 1910. Seuls y échappent la Tunisie et le Maroc qui sont des protectorats.

Sources : - interview de Georges Balandier sur le site.tv : Les colonies, la notion d'indigène.

- LIAUZU C. (dir.), Dictionnaire de la colonisation française, Paris, coll. « À présent », Larousse, 2007.


Quelle société coloniale se met alors en place ?
Dans l’Afrique française, le discours officiel met en avant la théorie de l’ « assimilation » : l’Empire français doit transformer cent millions de sujets en autant de citoyens avec des droits métropolitains. Plutôt que de théorie, on peut parler de mythe de l’ « assimilation » : dans les faits, seuls les « habitants » de quatre communes du Sénégal jouissent réellement de ces droits. Depuis 1848, ils élisent un député à l’Assemblée française, possèdent des institutions municipales comme en France et ont la faculté d’acquérir la nationalité française à condition de se soumettre à ses lois. Mais cette dernière mesure est assez mal reçue par les colons et par les Africains qui refusent de renoncer à l’islam (ce n’est qu’en 1916 que les « habitants » sont naturalisés collectivement sans avoir à répudier l’islam).

Pour les autres territoires, tous les indigènes étaient sujets français, sans droits politiques. Les citoyens français, en dehors des 4 communes, n'en avaient guère plus, car il n'existait ni représentants au Parlement, ni assemblées locales. La législation résultait de décrets préparés par le ministre, ou d'arrêtés des gouverneurs. Auprès de ceux-ci, des conseils de gouvernement, composés de hauts fonctionnaires et de quelques membres nommés (dont un ou deux africains) n'avait qu'un rôle consultatif effacé pour certains actes administratifs.
Il est difficile de dresser un tableau précis de la société coloniale telle qu’elle était au XIXe siècle en Afrique noire française. Elle s’élabore en effet progressivement durant la mise en place des colonies.

Il convient cependant de nuancer l’idée d’une société clivée en deux groupes antagonistes.

Plutôt que de parler de société coloniale (au singulier), il est plus correct de parler de sociétés coloniales : d’un côté, la société métropolitaine composée de colons européens, de l’autre, la société indigène.

Chacune de ces sociétés sont hiérarchisées et différentes selon que l’on considère la ville ou la campagne.


CAMPAGNES


Administrateurs locaux

Européens installés dans les campagnes (plantations)

Chefs de villages / de cantons (recrutés parmi les chefs traditionnels)


Paysannerie

Indigènes travaillant dans les mines, sur les chantiers (notamment des chemins de fer), dans les plantations, porteurs…


VILLES
Gouverneur général

Gouverneur de colonie

Administrateurs locaux


Officiers de l’armée / de la marine française


Européens travaillant dans le négoce

Fonctionnaires coloniaux


Elite africaine

(composée de lettrés, salariés tels les « cols blancs », instituteurs, artisans qualifiés et petit commis de l’administration et du commerce)



Masse des indigènes employés sur les chantiers urbains, comme porteurs…

Migrants récemment installés en ville dans l’espoir d’y trouver un emploi








D’après COQUERY-VIDROVITCH, L’Afrique noire de 1800 à nos jours, PUF, Nouvelle Clio, 2005.

Les apports techniques, sanitaires ou éducatifs des Européens dans les colonies africaines
« En 1914, même si l'Empire était bien devenu le troisième partenaire commercial de la France, les colonies d'Afrique noire, elles, n'étaient pas sorties de "l'âge du comptoir", et plus de trente ans après les débuts de la "course au clocher", elles n'occupaient encore qu'une place dérisoire dans les échanges et les investissements de la métropole. Il ne faut donc pas s'étonner de la faiblesse, voire de l'inexistence des réalisations (ports, chemins de fer, pistes...) à la veille de la Première Guerre mondiale. (…)

Un autre leitmotiv du discours officiel fut celui de l'Homme, celui de la "mission civilisatrice de la France", du "progrès" à la "coopération" (…) Que de bonnes intentions ! Et que de lenteurs, dira-t-on, dans les réalisations si l'on en juge par l'état de l'enseignement en 1919 ou de la santé en 1939.»
Extrait de Marc Michel, L'Afrique noire depuis la conférence de Berlin, publications du Cheam (diff. Documentation française), 1985, cité sur le site http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/06/01/5149943.html.
L’exploitation coloniale
- En métropole, il n’y a pas d’adhésion unanime sur l’exploitation coloniale: si l’on est en général favorable à l’acquisition de colonies, on pense dans les milieux dirigeants que cela ne doit rien coûter à la métropole. Les colonies doivent être source de profit. C’est ainsi que le budget colonial est rogné d’année en année jusqu’en 1901, date à laquelle est votée une loi sur l’autonomie financière des colonies.
- Avant 1914, la quasi-totalité des capitaux français sont investis dans l’équipement ferroviaire et dans l’aménagement portuaire. Mais à la fin du XIXe siècle, on compte seulement 3 000 kilomètres de voies ferrées dans toute l’Afrique noire.

Les chemins de fer sont avant tout construits à des fins commerciales : il s’agit d’évacuer les produits miniers. Quelques tronçons ont un mobile stratégique ou administratif (notamment la jonction Sénégal / Niger construite en 1883-1898).
- Le portage : cette contrainte du portage a donné lieu à de véritables opérations de ratissage en Afrique française.
- Le travail forcé est en principe interdit dans les colonies françaises. Mais dans les faits, il reste pratiqué sous forme de prestation (qui reprend en l’amplifiant la coutume traditionnelle du travail dû au chef pour les travaux communs du village).
- L’impôt de case ou de capitation est mis en place en Afrique française entre 1897 et 1902 (montant : entre 1 et 3 francs) Il est d’abord payable en nature ou en travail. Les taxes existaient auparavant mais sous une forme collective, imposée à un lignage où le chef veillait à son équitable répartition. La taxe individuelle, en revanche, laisse sans recours le paysan ou l’éleveur pauvre qui pouvait se trouver contraint de se défaire de son unique vache. Seuls les chefs en tirent profit.
Colonisation et santé
Jusqu’à l’entre-deux-guerres, l’administration fut pratiquement impuissante face aux ravages des épidémies, souvent favorisées par la colonisation (populations épuisées car sollicitées pour le portage, la construction de chemin de fer, le travail sur les chantiers et dans les mines, par les migrations vers les villes...). La mortalité est en hausse et les famines déciment une grande partie de l’Afrique noire à la fin du XIXe siècle (cependant, l’usage du chemin de fer permit de remédier aux famines les plus graves). L‘usage de la quinine reste le privilège des Européens.

C’est seulement dans les années 1930 que les premiers efforts sanitaires amorcèrent un démarrage démographique perceptible.
Colonisation et enseignement
Jusqu’en 1914 (à de rares exceptions près), l’enseignement est le fait des missionnaires. Le but avoué est la conquête intellectuelle et morale des peuples. En fait, l’instruction des indigènes visait juste à doter d’un minimum d’instruction les auxiliaires de la colonisation. On redoute en effet de semer des idées subversives dans les esprits. Dans l’ensemble, cet enseignement est donc rudimentaire et inadapté.
D’après COQUERY-VIDROVITCH, L’Afrique noire de 1800 à nos jours, PUF, Nouvelle Clio, 2005.


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