Assises de la famdt novembre 2007 Orvault 44





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Assises de la FAMDT

Novembre 2007

Orvault (44



Intervention de Doc Kasimir Bisou


Pour bien situer l’enjeu de mon intervention sur « la diversité culturelle et le patrimoine immatériel comme nouvelles frontières de la politique culturelle », je vais lire trois passages de la convention de l’Unesco, concernant la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, convention adoptée en 2003 et ratifiée par la France, par une loi votée à l’unanimité des députés et des sénateurs, le 5 juillet 2006 ! on y découvre

Une affaire sérieuse et de solides espoirs



Premier passage :
La convention et, avec elle, tous ses signataires, dont j’ai dit qu’ils avaient été unanimes, à droite comme à gauche, considèrent qu’il est important de s’intéresser au patrimoine culturel immatériel car il est le « creuset de la diversité culturelle et garant du développement durable , telle que soulignée par la Recommandation de l'UNESCO sur la sauvegarde de la culture traditionnelle et populaire de 1989, par la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle de 2001 et par la Déclaration d'Istanbul de 2002 ».

Vous avez bien entendu : l’Unesco positionne le patrimoine culturel immatériel comme un enjeu du « développement durable », comme le « creuset » nécessaire à la diversité culturelle. L’enjeu n’est donc pas sectoriel et disciplinaire, l’enjeu de cette culture est global et concerne la société toute entière et son avenir. Vous pouvez observer, aussi, qu’en 1989 l’Unesco évoquait encore les « cultures traditionnelles », mais que cette notion, trop attachée à l’idée d’authenticité et de pratiques intouchables, n’est plus une référence dans les négociations internationales. Je dis cela incidemment par rapport au nom même de votre fédération.

Deuxième passage de la Convention de 2003 :
La convention, (donc tous ses signataires unanimes à droite comme à gauche, je ne me lasse jamais de le rappeler) reconnaissent « que les processus de mondialisation et de transformation sociale, à côté des conditions qu'ils créent pour un dialogue renouvelé entre les communautés, font, tout comme les phénomènes d'intolérance, également peser de graves menaces de dégradation, de disparition et de destruction sur le patrimoine culturel immatériel, en particulier du fait du manque de moyens de sauvegarde de celui-ci »
On entend bien dans cette affirmation que l’enjeu culturel est associé aux enjeux du Vivre ensemble et de l’Harmonie au niveau mondial. On retrouve cette finalité de la politique culturelle dans la déclaration universelle sur la diversité culturelle de 2001 : « dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. » L’idée d’identité culturelle est donc centrale pour construire une société harmonieuse.

Certes, j’en conviens, je suis très loin des préoccupations quotidiennes de vos assises et de la plupart des acteurs de la politique culturelle française, mais, après tout, je n’invente rien : il faut bien rappeler que les forces politiques françaises, de tout bord, ont adopté pour nous cette vision de la culture et de la politique culturelle qui a pour point de départ les identités culturelles et pour finalité la Paix. Je me dois donc de vous lire les conséquences indiquées dans la Déclaration universelle de 2001 : «  Des politiques favorisant l’inclusion et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. Ainsi défini, le pluralisme culturel constitue la réponse politique au fait de la diversité culturelle. Indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique. »
Ainsi, parler du patrimoine culturel immatériel revient à s’inscrire dans ces enjeux de la diversité Culturelle, donc du pluralisme culturel, enjeux politiques, au sens noble.
Troisième passage : la convention sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, et donc ses signataires, reconnaissent aussi que « les communautés, en particulier les communautés autochtones, les groupes et, le cas échéant, les individus, jouent un rôle important dans la production, la sauvegarde, l'entretien et la recréation du patrimoine culturel immatériel, contribuant ainsi à l'enrichissement de la diversité culturelle et de la créativité humaine ».
L’Unesco, tous le députés et sénateurs qui ont approuvé le texte, le gouvernement qui est chargé de l’appliquer, nous disent ainsi que, pour la politique publique, vous, acteurs et associations militantes des « musiques et danses traditionnelles » à travers lesquelles se manifeste du « patrimoine culturel immatériel », vous êtes importants au titre de l’enrichissement de la diversité culturelle, donc au titre du « Vivre ensemble » et de la  paix.
Il faut bien comprendre que cette importance des associations, « groupes, communautés et le cas échéant des individus » n’est pas formelle. Elle est stratégique, car c’est elle qui donne sa signification politique à la convention : l’article 2 dit ainsi que sont les individus, les groupes, les communautés qui reconnaissent eux–mêmes leur patrimoine. Personne d’autres ! Par rapport à l’approche française traditionnelle, il vaut la peine d’apprendre par cœur cet article 2 de la convention :
« On entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et le cas échéant les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. »
Je pourrais dire que la république française a adopté une définition du patrimoine qui fait que personne ne peut prendre la place des communautés, groupes et même les individus, pour dire ce qui, au titre de la politique culturelle, a valeur de patrimoine culturel immatériel. J’ai bien dit au titre de la politique culturelle publique, au delà donc des pratiques privatives des individus ! Pas plus les experts désignés par l’Etat que les scientifiques, ethnologues ou pas, ne peuvent prétendre désigner à leur place le patrimoine culturel immatériel des groupes, communautés, et le cas échéant, les individus.
Cette approche du patrimoine culturelle immatériel est parfaitement cohérente avec les principes de la diversité culturelle puisque, dans tous les textes, on retrouve l’idée que « la spécificité des biens et services culturels » est d’être « porteurs d'identité, de valeurs et de sens ». Plus précisément, nous dit la convention de 2005 , dans une partie du texte qui passe souvent inaperçue, la dimension culturelle d’une situation, d’une pratique, d’ un objet ou d’une parole est donnée par les identités culturelles elles- mêmes L’article 4 le précise explicitement : le « contenu culturel  renvoie au sens symbolique, à la dimension artistique et aux valeurs culturelles qui ont pour origine ou expriment des identités culturelles ».
Tous les députés et sénateurs ont adopté cette orientation qui place les identités culturelles au centre de la politique culturelle. L’identité et non plus l’œuvre !
Cette approche politique, si bien partagée, doit donc s’appliquer à ceux qui veulent bien l’entendre et s’imposer, aussi, à ceux qui font semblant de ne pas l’avoir écoutée ! ! ! Quand on connaît l’histoire du patrimoine en France et son organisation, on tombe de sa chaise et l’on ne peut que pousser un cri en se rappelant que la représentation nationale, à l’unanimité, (j’aime tant le rappeler) a applaudi ce texte et engagé notre république, une et indivisible, dans la voie du patrimoine culturel immatériel qui laisse ainsi aux identités culturelles des individus, groupes et communautés, la responsabilité, au titre de la politique publique, de désigner ce qui constitue leur patrimoine, simplement au nom de la diversité culturelle, et sans aucune référence aux œuvres capitales, sans référence au caractère « désirable au regard de l’art et de l’histoire » comme le dit la loi de 1913 sur la protection du patrimoine bâti !

La chaise est d’autant plus haute que l’article 11 de la convention PCI nous dit « qu’il appartient à chaque Etat Partie de prendre les mesures de sauvegarde de ce patrimoine culturel immatériel, prévues à l’article 2.
Et, que lit –on dans l’article 2 ? ? ? Que les dites mesures de sauvegarde comprennent évidemment les inventaires mais pas seulement. Les Etats parties doivent s’engager notamment sur « la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l’éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine ».
Si « musiques et danses traditionnelles » étaient remplacées par « Patrimoine culturel immatériel » se manifestant sous forme de musiques et de danses, plus largement sous forme de « spectacle vivant » ou de « pratiques rituels et festives »  pour reprendre les expressions exactes de l’article 2, vous auriez donc l’Etat français, et les représentants du peuple, unanimes et enthousiastes à vos pieds, avec des moyens conséquents pour la revitalisation des formes immatérielles de votre patrimoine culturel. Vous avez saisi : même si vous utilisez peu le référentiel de l’Unesco et que l’on entend dans ses assises, « création » plutôt que « revitalisation », « formation et enseignements» plutôt « qu’éducation formelle et informelle », la légitimité de ce que vous appelez les musiques et danses traditionnelles est solidement établie dans cette politique culturelle internationale de la diversité. Les députés et sénateurs vous ont fait un cadeau royal en votant, tous, les accords sur la diversité culturelle et notamment la loi de ratification de la convention de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui vous donne la légitimité d’exiger des mesures publiques, en conformité avec la qualité de notre signature internationale !
Je devrais donc me féliciter que vos assises aient consacré un peu de temps à échanger sur la diversité culturelle et le patrimoine culturel immatériel.
Je pourrais même prendre les précautions oratoires d’usage en disant que ces idées neuves sont des idées qui mettront du temps à pénétrer les esprits ( surtout ceux qui sont si imbus de la supériorité de la politique culturelle à la française conduite tant par l’Etat que par les collectivités locales !) Je pourrais même vous faire le coup du « paradigme » dont la force serait si puissante qu’elle excuserait le maintien des vieux schémas de pensée et d’action publique ! Et je pourrais me contenter de la satisfaction qu’apportent les petites avancées dans la reconstruction de la politique culturelle sur la base des principes de la diversité culturelle et du Patrimoine culturel immatériel. Par exemple d’apprendre qu’il y a aura mi décembre 2007, quatre ans après l’Unesco, une journée d’études sur le patrimoine culturel immatériel à l’institut national du patrimoine, même si cette journée ne porte guère que sur l’inventaire et que je n’ai pas pu trouver, ( sans doute, ai je mal consulté le programme des formations permanentes,) aucune autre session consacrée aux conventions Unesco, au patrimoine immatériel et à sa sauvegarde !

Mais je n’ai plus, avec l’age, le talent diplomatique qu’il faut pour rester calme, d’autant qu’en écoutant les uns et les autres, en lisant, par ailleurs, les articles signés de scientifiques de l’ethnologie, j’observe un détournement systématique des fondamentaux qui construisent, d’année en année, la cohérence de la conception de l’Unesco, en matière de diversité culturelle et de son dérivé, le patrimoine culturel immatériel. L’heure est donc aux

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