Compte-rendu intégral et commenté* de la délibération du conseil de communauté de Lille Métropole du 10 octobre 2003 portant sur le transfert du stade Grimonprez-Jooris à Lille-Métropole





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Beau sursaut de lucidité…



Il ne restait finalement plus, Monsieur LE PRESIDENT, qu'à ajouter une dose de dramatisation politique en évoquant, à mots choisis mais mesurés, la rupture d'un consensus politique se profilant à l'horizon. Vous connaissez tous bien sûr, chers collègues, la définition de l'horizon: cette ligne imaginaire qui s'éloigne au fur et à mesure que l'on s'en approche. Car chacun sait, ici, qu'il n'y a pas de métropolisation sans confiance réciproque, sans participation de chacun, c'est-à-dire sans consensus.
Tout est donc réuni pour faire du rendez-vous de ce soir, celui de la clarté, oserais-je dire celui de la vérité ! Car c'est maintenant que doivent être levées les dernières ambiguïtés, que doivent être réduites les dernières rumeurs. Monsieur LE PRESIDENT, les réponses à nos dernières interrogations seront de la plus extrême importance et nous permettront de prendre date.
Lorsque nous avons pris position en 2001, ici même, c'était dans un contexte d'urgence au bénéfice d'un motif principal : la limitation de la dépense publique, et à une condition: l'accessibilité. Depuis notre vote du 16 novembre 2001, tout a semblé se liguer pour créer le doute qui a fragilisé le projet Grimonprez-Jooris. Ce projet aurait dû, au contraire, se conforter au fil des mois mais observez ce qui s'est passé depuis deux ans...
D'abord, sur le plan footbalistique, les dirigeants du LOSC ont fait des déclarations publiques successives et contradictoires. Chacun d'entre vous s'en souvient certainement. Permettez-moi un petit florilège: « en mai, dis ce qu'il te plaît ». Un dirigeant du LOSC déclare le 21 mai dernier: Il m'est très difficile de vendre le projet lillois à mes joueurs. Je ne comprends pas qu'on ne puisse pas construire un stade pouvant s'inscrire dans une optique européenne.
Propos confirmés le lendemain même par un autre dirigeant, je cite: Il faut avoir le courage de changer de stratégie. Grimonprez-Jooris II n'est pas la bonne réponse pour l'avenir, le football lillois a besoin d'un grand stade.
Quelques jours après, le même dirigeant affirmait: Grimonprez-Joons, c'est de l'argent mal utilisé.
Auditionnés par notre groupe et nos collègues du GADEC, ces derniers avaient déjà tenu des propos de la même veine le 4 avril 2003. C'est pourquoi nous avions souhaité pouvoir explorer la piste d'un grand stade, pourquoi pas à Lille et notamment à Saint-Sauveur, financé sur fonds privés.
A peine, nous étions-nous exprimés, aux côtés du Maire de Lille, que le Président du LOSC réaffirmait son intérêt pour Grimonprez-Jooris II.
Avec l'automne, vint le ralliement définitif qui a eu lieu et je cite toujours: on nous a demandé d'intervenir afin d'affirmer notre position; Grimonprez-Jooris II est véritablement une étape dans la progression du LOSC.
Alors il est naturel que certains, et je devrais dire beaucoup de mes collègues, s'interrogent sur les raisons de ce changement de position de la direction du LOSC. Y a-t-il-eu des engagements financiers pris auprès du club et qui seraient ensuite à la charge de la Communauté ? C'est maintenant qu'il faut faire la lumière et toute la lumière.

  1. La lumière ne sera malheureusement pas faite sur cette intéressante question !



Il faut, par exemple, nous dire s'il a été promis ou non de participer au financement du centre d'entraînement et de formation à Baisieux-Camphin, dont nous avons été nombreux à voir les plans et les coûts faramineux. Pour nous, je dis ici très clairement qu'il ne peut être question de financer ce centre sur des fonds communautaires.
Puisque j'en suis à évoquer la question du financement, je veux aborder un autre aspect du dossier. Chacun sait bien que le socle politique de notre accord est le refus d'augmenter le poids de la fiscalité et donc le choix de limiter la dépense publique. C'est bien pourquoi nous étions et nous demeurons opposés à la charge financière que constituerait la réalisation d'un grand stade sur fonds publics, un stade à 100-150 M€, et c'est justement dans cette logique que nous avions choisi le 16 novembre 2001 la solution, à nos yeux, la plus économe, à savoir Grimonprez-Jooris II pour un montant prévisionnel de 40 M€ HT, nous rappelle le projet de délibération. Or, on n'arrête pas de nous mettre en garde contre les prix qui pourraient s'envoler et les avenants qui pourraient fleurir. Cela, bien sûr, nous ne pourrions l'admettre.
Malgré ces saines réserves, le groupe UMP va voter comme un seul homme en faveur du transfert sans avoir eu de sérieuses garanties sur la maîtrise des coûts. Après ouverture des plis des marchés publics début avril 2004, il est clair que le coût du stade est beaucoup plus important que les prévisions les plus hautes. Il devrait avoisiner les 100 millions d’euros. Les élus de l’UMP(mais aussi les Verts) vont-ils se souvenir de leur engagement de ne pas alourdir la fiscalité locale ?
Pour couper court à toutes ces vilaines rumeurs, j'ai proposé, Monsieur LE PRESIDENT, de cheminer en toute transparence, à savoir que la ville de Lille procède d'abord à l'analyse des offres et qu'il appartienne ensuite à la Communauté de se prononcer sur le transfert. Cela supposait, bien sûr, un délai supplémentaire de quelques mois mais sans conséquences désormais.
Vous n'avez pas accepté ce délai supplémentaire. Il faut donc nous confirmer, Monsieur LE PRESIDENT, qu'en aucun cas la Communauté ne dépassera ce montant prévisionnel que vous soumettez à notre vote de ce soir; votre parole politique veut dire quelque chose.
Rien n’obligeait l’UMP a cédé à Pierre Mauroy !
Toujours dans le domaine financier, il faudrait aussi préciser les engagements que vous prenez pour fixer le montant du loyer qui sera réclamé au club et justifier, un peu plus précisément que ne vient de le faire Mme DEMESSINE, le montant prévu.
Rien ne sera répondu sur ce point à l’UMP !
Pour conclure sur cet aspect financier, beaucoup de nos collègues m'ont suggéré une idée que je partage et que je vous transmets publiquement: celle de créer, pour les équipements sportifs, un budget annexe nous permettant justement de suivre pas à pas, comme on l'a fait, par exemple, avec le budget métro, les dépenses que nous venons d'évoquer.
Le coût avait fondé notre décision mais celle-ci était de surcroît conditionnée par une exigence: l'organisation de l'accessibilité du stade.
C'était le point faible du stade Grimonprez-Jooris; c'est d'ailleurs le point difficile, il ne faut pas se le cacher, de tous les projets en cœur de ville. C'est un vrai pari que d'acheminer 30.000 personnes dans un temps contraint et à des conditions de sécurité pour les spectateurs et de tranquillité pour les riverains surtout quand on sait aujourd'hui que, pour ces derniers, c'est déjà un enfer avec seulement 15 000 spectateurs, il faut bien le dire. Il y a là un véritable défi à relever.
La suite des débats montrera que ce défi est impossible à relever.


Vous avez toutefois mis beaucoup de temps à publier un projet précis en la matière. La communication lilloise a d'abord été inexistante puis contradictoire, M. QUIQUET parlant de se rendre à pied au stade et M. DE SAINTIGNON évoquant, quant à lui, la création d'un parking de 3.000 places. Il a fallu attendre le printemps 2003 pour voir apparaître une première plaquette générale de présentation et nous avons obtenu un dossier complet, par Mme DEMESSINE, à la suite de la commission du Président, et à ma demande, le vendredi 26 septembre. Pendant tout ce temps, là aussi le doute s'est installé.
Aujourd'hui, nous avons des éléments chiffrés sur le dispositif et sur son coût. Ils constituent une réponse qui appelle certes encore des remarques critiques :

1) Par exemple, il faut non pas décrire un dispositif mais vous engager à le mettre en place; c'est le sens de l'amendement que nous avions déposé et que vous avez bien voulu accepter.

2) Que se passera-t-il durant le laps de temps entre la mise en service du stade et la mise en service attendue du tram-train ? 3 à 5 000 personnes ne trouvent pas apparemment de réponse dans votre document. J'imagine que vous m'en parlerez.

3) Que se passera-t-il si les finances, ce qu'à Dieu ne plaise, de la Communauté urbaine ne permettent pas la réalisation du tram-train ?

4) Comment allez-vous garantir la tranquillité des riverains du Vieux-Lille ? Quelle certitude avez-vous en effet sur le parcours emprunté par les supporters sortant du métro Rihour et quel accompagnement prévoyez-vous en matière de sécurité ?

5) Où se situent les 3.000 places de stationnement dites disponibles à moins d'un quart d'heure du stade et comment garantir qu'elles accueilleront un véhicule de deux passagers ?

Sur ce point, vous imaginez facilement la hantise des habitants de l'Esplanade, de ceux des rues adjacentes et du Vieux-Lille tant la situation présente est déjà insupportable. Comment peuvent-ils imaginer que l'arrivée de plus de 10.000 spectateurs supplémentaires va se traduire par une amélioration de leur qualité de vie? Et c'est pourtant bien le pari que vous relevez et j'espère que vous le relèverez: Grimonprez-Jooris II doit être un progrès par rapport au Grimonprez-Jooris actuel.
Vous ne pouvez pas abandonner ces habitants à leur sort. Or, il y a, on le sait bien, un conflit d'usage évident, les soirs de matches, entre la demande légitime de tranquillité des riverains et celle des spectateurs de pouvoir accéder au stade.
Madame le Maire de Lille, avec l'autorisation de M. LE PRESIDENT, comment allez-vous lutter contre les stationnements sauvages ?
Je vais maintenant conclure, il le faut. Monsieur LE PRESIDENT, Grimonprez-Jooris est un projet intra-muros présentant, à ce titre, des inconvénients d'accès, on vient de le voir, mais qui, par contre, a une cohérence avec nos politiques en général, j'y reviendrai. Mais je veux à cet instant dire combien nous regrettons finalement d'être dans une situation de non-choix car il eût été préférable de nous trouver ce soir face à un choix entre, au minimum, deux projets. Nous regrettons que la Communauté urbaine ne se soit pas saisie d'une véritable alternative car nous aurions pu avoir le projet de transfert, porté par la ville de Lille, et un projet nouveau. La situation actuelle n'est pas satisfaisante car nous n'avons le choix qu'entre Grimonprez-Jooris et, en cas de refus, un scénario de délabrement financier et sportif de notre équipe et donc, que l'on soit ou non supporter, un scénario d'affaiblissement de notre image métropolitaine et, en fin de compte, de notre développement. Or, nous n'avons pas l'habitude de botter contre notre propre camp.
Et puis, disons-le clairement, la caractéristique intra-muros d'un stade dans la ville a bien sûr ses contraintes, on l'a vu, mais participe d'une philosophie d'animation des centres-villes, je devrais dire des centres-vie. Il y a en effet une certaine cohérence à créer des pôles d'animation et de développement dans la ville. C'est pour cela que nous avions évoqué à d'autres reprises, Saint-Sauveur par exemple. Chers collègues, c'est aussi le sens des multiples décisions que vous avez prises ces dernières années : le retour de la Faculté de droit à Moulins, la revitalisation du centre de Roubaix au prix de crédits colossaux, le schéma d'urbanisme commercial.
Que se passerait-il si nous avions un projet gigantesque de stade business avec des hyper galeries marchandes, des hyper restaurants, des hyper magasins de sports, des hyper salles de spectacles et pourquoi pas, Madame le Maire, un hyper casino ? Quelle ville voulez-vous, quelle ville voulons-nous laisser à nos descendants ?
Pourquoi alors avoir laissé pendant des années laisser construire des grandes surfaces en périphérie des villes ? Pourquoi ce qui est pertinent pour les cinémas (Kinépolis) ne l’est-il pas pour un stade dont les spectateurs viennent de 40 kms à la ronde ?
Si, comme Alphonse Allais, certains veulent construire les villes à la campagne, avec pour tout paysage des cathédrales de béton, avec pour seule âme des parkings géants, avec pour toute nature des forêts d'enseignes commerciales; ils le feront alors sans mon vote. C'est fort de cette conviction que j'avais déjà inscrit l'agrandissement de Grimonprez-Jooris dans mon programme électoral municipal de 2001. On peut ne pas être d'accord avec ce point de vue; on reconnaîtra toujours que je n'ai pas varié pour je ne sais quel positionnement politicien.
Manifestement M. Decocq n’est pas d’accord avec l’adage selon lequel « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis » !
Depuis l'origine, nous avons laissé développer au groupe Union Pour la Métropole, en toute objectivité, dans un vrai débat, deux opinions: l'une est majoritairement plutôt favorable à un chaudron en cœur de ville, c'est-à-dire Grimonprez-Jooris; l'autre est favorable au stade business, qui a toujours semblé plus à l'échelle de ceux qui défendent cette idée d'une authentique dimension européenne de notre métropole. En ma qualité de Président de groupe, j'ai veillé à ne laisser caricaturer ni l'une ni l'autre.
C’est la présentation du problème qui est ici caricaturale : construire un stade de 33000 places sur un autre site, évolutif, polyvalent, n’a rien d’un « stade business ».
Le vote de notre groupe, ce soir, sera conforme au dialogue qui s'est ainsi développé depuis des mois. Mais avant cela nous allons entendre, Monsieur LE PRESIDENT, Madame le Maire de Lille, vos réponses à nos dernières interrogations. Vous vous doutez bien que de la qualité et de la sincérité de vos réponses dépendra l'ultime conviction de chacun d'entre nous. A cet instant, comme depuis le début, le sort de Grimonprez-Jooris est entre vos mains.
Intervention de pure forme. Le groupe UMP rappelle qu’il est acquis au vote avant même d’entendre les réponses à ses questions du maire de Lille.
(Applaudissements)
M. LE PRÉSIDENT- Monsieur BAECKEROOT.
M. BAECKEROOT (Front national). Merci, Monsieur LE PRESIDENT. Nous sommes déjà intervenus tout à l'heure concernant le projet de délibération cadre et nous pensons que le projet Grimonprez-Jooris vicie celui-ci, ce qui nous a amenés d'ailleurs à voter contre.
On nous propose un transfert d'équipement et donc un coût. Or, avant tout transfert, nous avons déjà à gérer la réhabilitation nécessaire du Stadium, lequel est un bien communautaire. Nous avons aussi à développer le sport pour tous et sans doute bien d'autres choses encore. Le fait de passer en priorité l'opération de Grimonprez-Jooris, pour un montant non négligeable, avec ou sans dépassement de devis (nous le verrons ultérieurement), nous amène à nous poser trois questions:

- après l'extension de Grimonprez-Jooris, après la réhabilitation lourde du Stadium, que restera-t-il comme fonds disponibles pour les prochaines années ?

- n'y avait-il pas d'autres priorités, soit en liaison avec les fédérations sportives (d'où l'émoi de certaines d'entre elles), soit en liaison avec la préoccupation de l'accès au sport pour tous ?

- enfin, l'extension de Grimonprez Jooris est-elle la meilleure formule pour un grand stade ? Comme on vient de nous le rappeler, on aurait dû avoir deux projets mais comme il n'y en a qu'un seul, on va l'entériner, cela ne peut pas nous donner satisfaction.
C'est pourquoi, nous voterons contre le rapport et non pas sur les suivants parce que nous n'avons, bien sûr, absolument aucune opposition; nous souhaitons un grand club à Lille; nous souhaitons des succès au LOSC et donc tout ce qui favorisera la saison et les saisons futures recueille notre adhésion.
M. LE PRÉSIDENT—Monsieur ASTIER.
M. ASTIER (GADEC) - Monsieur LE PRESIDENT, chers collègues, depuis l'an 2000, époque à laquelle nous sommes entrés dans ce débat, je traine avec moi, vous le savez bien, un regret, c'est celui de ne pas avoir eu très vite comme référence, comme modèle, toutes proportions gardées bien sûr, le Grand stade de France à Saint-Denis. Pourquoi ? Parce que ce site bénéficie d'un branchement autoroutier en ses quatre points cardinaux, une gare RER à haut niveau de service avec un accès des voyageurs aux wagons par passerelles et, en outre, deux lignes de métro.
C'est donc avec cette pensée permanente que nous avons abordé le problème d'un stade et je m'étais permis de dire à l'époque que, pour moi, en l'état actuel des hypothèses de travail que nous avions en 2000, le Stadium Nord restait homothétique, en tout cas ie plus proche du modèle du Grand stade de France:

- branchement autoroutier aux quatre points cardinaux,

- présence très proche d'une gare TER,

- existence d'une ligne de métro,

- parkings, etc.
Quand l'option Grimonprez-Jooris est apparue et, en particulier lorsque vous avez eu l'occasion, Madame, de nous présenter le projet de Grimonprez-Jooris II, j'ai eu l'occasion de dire au Vice-Président QUIQUET que le volet d'accessibilité du premier rapport me paraissait incomplet. Suite à cela, j'ai été, ainsi que vous tous, destinataire d'un rapport ad hoc qui appelle de ma part quelques observations:

- S'agissant du covoiturage, encore faut-il développer une pédagogie pour en atteindre les objectifs.

- S'agissant de l'utilisation du métro, il faudra, je pense, revoir les calculs car on oriente les spectateurs vers les stations métro Lille Flandres et Rihour, grâce aux bus les attendant à la sortie du stade. Or, dans ce cas de figure, les rames seront surchargées ou, en tout cas, la dispersion au stade se fera certainement plus lentement.
Par contre, il m'a paru très intéressant que le rapport (et je l'ai dit en rentrant en séance à Mme le Maire de Lille) mentionne la programmation d'une ligne de tram-train qui ne figure d'ailleurs pas encore dans les priorités des études que nous avons lancées. Mais cela m’intéresse plutôt dans la mesure ou ce pourrait être effectivement un détonateur mais aujourd'hui, Madame, cette décision n'est pas prise et nous déciderons, je l'espère, en matière de tram-train le moment venu, mais pas trop tard, avec un principe me paraissant important: purger toutes les données techniques nécessaires à la décision politique. N'amenons pas trop vite la décision politique de projets qui ne seraient pas d'abord complètement traités en matière économique, technique et financière. Ce sera, pour moi, le meilleur moyen de donner ensuite, au politique, le dernier mot, certes, mais le dernier mot avec tous les éléments nécessaires pour prendre une décision en pleine connaissance de cause.
Si le transfert de l'équipement est adopté, il me restera un regret, comme je l'ai dit tout à l'heure, mais, en tout cas, peut-être cela donnera-t-il l'occasion de lancer un peu plus vite le projet de tram-train, ce que je souhaite. Merci.
Vice-Président chargé des déplacements urbains, M. Astier connaît bien son affaire et démonte avec talent toute l’argumentation des promoteurs du projet sur l’accessibilité du stade en transports en commun. Il rappelle au passage que les promesses du tram-train sont totalement illusoires, le projet n’étant même pas encore au stade de l’étude !
M. LE PRÉSIDENT—Monsieur MOTTE, je vous en prie.
M. MOTTE (GADEC) - Merci, Monsieur LE PRESIDENT. Je voudrais évoquer trois points qui nous semblent très importants pour nous permettre de finaliser notre décision sur le rapport. Certains ont déjà été évoqués par M. DECOCQ.
Le 1er point concerne le coût de cet investissement. Pouvez-vous nous confirmer qu'il est plafonné avec une marge de 7 % au maximum et que nous pourrons compter (on en a parlé dans les couloirs) sur une dotation, dans le cadre du plan Etat Région, d'un montant d'environ 13 M€ (nous aurions d'ailleurs apprécié que cela vienne en déduction de ce que la Communauté urbaine va dépenser).
Le 2ème point concerne les recours. Nous voudrions avoir votre sentiment sur leur pertinence et leur chance d'aboutir. Selon vous, ont-ils un caractère suspensif ? Si le chantier devait s'arrêter, qui paiera les éventuelles indemnités, la ville de Lille ou la Communauté urbaine ?
Le 3ème point concerne la convention qui liera demain notre Etablissement au LOSC. Dans les projets présentés, pourquoi la taxe spectacle est-elle maintenue alors que les autres clubs nationaux en sont exonérés ? Pourquoi sera-t-elle versée à la ville de Lille si le stade devient communautaire ?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses.
M. LE PRÉSIDENT—Monsieur LEBAS.
M. LEBAS (UDF) - Monsieur LE PRESIDENT, chers collègues, quelle histoire que cette opération Grimonprez-Jooris, que d'énergie pas toujours commune et de salive dépensées depuis des semaines, que dis-je, depuis des mois pour tenter de nous convaincre de la qualité de ce dossier et de l'urgence, pour la Communauté urbaine, de s'en saisir.
Il s'agit en fait pour vous, Monsieur LE PRESIDENT, de solder définitivement un dossier sur lequel le choix des décideurs publics, qui ont précédé les plus jeunes d'entre nous, a été particulièrement peu inspiré:

- la construction de Grimonprez-Jooris tout d'abord sur le site actuel, au pied de la Citadelle Vauban, après la destruction du stade historique Henri Jooris,

- Ensuite, la construction du Stadium Nord, inadapté, renforçant l'incapacité des acteurs de la métropole à s'entendre sur sa vocation et sur son destin.
Aujourd'hui, nous sommes tous ensemble face à un choix historique et la question est bien de savoir si nous commettrons ensemble une troisième erreur ou si nous nous donnerons le temps suffisant pour faire un choix respectant un passé architectural glorieux et n'injuriant pas l'avenir.
Le fond du débat est ici fort bien résumé. Moralité : jamais deux (erreurs) sans trois ! A Lille, on n’apprend rien du passé.
Notre groupe, dès l'origine, a souhaité provoquer le débat sur ce dossier en ouvrant les horizons et en refusant la pensée unique. Nous y sommes parvenus et c'est tant mieux.
Aujourd'hui, il faut le reconnaître, le dossier présenté est bien travaillé. Mais le groupe Energie commune souhaite attirer votre attention sur deux points particuliers:

1) Les tentatives pour apporter des réponses satisfaisantes aux questions du respect du site de la Citadelle, d'accessibilité au stade et de stationnement sont, certes, louables mais, malheureusement, pas complètement convaincantes. Malgré les engagements répétés dans la journée de M. QUIQUET, nous continuons à douter que les supporters, devenus bientôt 33.000, puissent accéder au stade dans les conditions de confort et de sécurité qu'ils peuvent attendre, tout en respectant l'aspiration légitime des riverains au respect de leur environnement;

2) Les orateurs ont insisté sur ce point: les données financières sont insuffisantes. Comment en effet nous demander de nous positionner sur ce dossier sans connaître à peu près précisément le montant des travaux d'extension du stade ? Car, même si une enveloppe indicative est aujourd'hui connue, elle n'a que peu de valeur tant que les plis de l'appel d'offres n'ont pas été dépouillés et, aussi, tant que les recours juridiques n'ont pas été purgés.
Je voudrais m'adresser au Maire de Lille et à son Premier Adjoint, qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre, alternant à la fois la séduction et les pressions, pour leur dire qu'ils peuvent être rassurés. Ils vont sans doute atteindre leur objectif ce soir; mais à quel prix ?
Au prix d'un site exceptionnel durablement condamné à cohabiter avec un équipement incongru à cet endroit. Au prix d'un investissement qui amène à différer d'autres politiques publiques et M. ASTIER vient de le regretter, alors qu'elles sont pourtant prioritaires telles que le plan de déplacements urbains ou l'espace naturel métropolitain. Et au prix, enfin, d'une régression de la gouvernance métropolitaine qui a vu ces dernières semaines le retour des trocs et des marchandages que notre collègue, M. SEGARD, a lui aussi dénoncé tout à l'heure.
Néanmoins, nous ne prendrons pas la responsabilité de rompre le consensus sur ce dossier. Nous ne le ferons pas car nos contributions au projet de délibération cadre ont été, je dois le reconnaître, largement reprises; nous ne le ferons pas non plus parce qu'il y a, au fond de beaucoup d'entre nous, une âme de supporter. Pour les supporters, nous disons oui au foot, bien sur, et nous le montrons, les uns et les autres, quotidiennement, par le soutien apporté dans nos communes aux clubs et aux équipes locales. Nous disons aussi oui au LOSC car nous vibrons tous au rythme de ses résultats et nous n'avons pas été les derniers à nous enthousiasmer pour le projet de grand stade prestement avancé puis étrangement remballé par ses dirigeants dans des conditions que M. DECOCQ a rappelées tout à l'heure.
Après avoir dressé un bilan accablant du projet, le porte-parole de l’UDF annonce qu’il votera « pour » « pour les supporters » qui n’ont jamais rien demandé d’autre qu’un stade accessible !… et après avoir récupérer quelques subsides pour rénover sa piscine municipale. Les élus communautaires ne votent pas en « leur âme et conscience » mais « en leur âme de supporters » et « en leur âme de maire », vive la politique !
Alors, oui au football, oui au LOSC, est-ce dire forcément oui à ce projet? Beaucoup ici, ce soir, n'en sont pas convaincus. Voilà pourquoi, certains dans notre groupe sont tentés de maintenir leur opposition; d'autres s'abstiendront pour ne pas faire obstacle à un projet tant voulu par la ville de Lille et, d'autres, enfin iront même jusqu'à voter favorablement.
Vous connaissez, Monsieur LE PRESIDENT, nos doutes et nos interrogations; vous savez trop bien aussi qu'il vous faut ce soir, non pas composer une majorité mais provoquer un large rassemblement. De la qualité de vos réponses, dépendra notre engagement. Je vous remercie.

M LE PRÉSIDENT—Monsieur QUIQUET.
M QUIQUET (Les Verts) - Monsieur LE PRESIDENT, dès le départ, notre groupe a exprimé ce qu'il ne voulait pas, à savoir, et cela a été très bien décrit par M. DECOCQ, le mirage d'un kinépolis du football. Cette option, qui n'a jamais eu le premier euro de financement privé, aurait d'ailleurs été contraire au schéma d'urbanisme commercial mais, surtout, elle aurait été complètement décalée avec la réalité sportive du LOSC en particulier et du football français en général.
Je rappelle, ici, devant le Conseil de Communauté, que la moyenne des affluences dans les stades de Ligue 1 en France, est de 20.000 spectateurs; à Grimonprez-Jooris elle est de 14.000. Alors, oui Grimonprez-Jooris II est, pour nous, la solution crédible aussi bien sur le plan sportif que budgétaire.

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