Thèse de sciences de l’éducation





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La révolution française, Lebrun, Talleyrand-Périgord, Mosneron de Launay et la revendication d’un enseignement pour tous


p.18

(...) Le choix d’un enseignement pour tous, obligation d’Etat, date de la Révolution ; il est dans bon nombre de cahiers de doléances. Dès le 4 septembre 1790, Lebrun, député de Dourdan, futur dux de Plaisance, évoque le problème de l’éducation nationale ; le 13 octobre 1790, Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, proclame que « dans une société bien ordonnée, tous ont le droit de réclamer l’instruction comme une propriété commune ». Un an plus tard, il soumettra au Comité de constitution un projet de décret qui met l’accent sur le droit de chacun à recevoir l’instruction sans distinction d’âge ni de sexe. À l’Assemblée Législative, le 21 octobre 1791, Jean-Baptiste Mosneron de Launay, député de Nantes, évoque l’obscurantisme et le rémède : « établissez promptement des écoles primaires gratuites dans tous les départements. »

Le rapport de Condorcet


p.19

Le 20 avril 1792, Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, commence la lecture des quatre-vingt-quatorze pages de son rapport sur l’éducation nationale :

« Offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoin, d’assurer leur bien-être, de reconnaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs. Assurer à chacun la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature, et de là, établir entre les citoyens une égalité de fait et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi, tel doit être le premier but d’une instruction nationale et, sous ce point de vue, elle est pour la puissance publique un devoir de justice. »

Condorcet pose en trois termes les bases d’un enseignement dans une démocratie libérale : l’une est l’égalité devant l’enseignement.

Remarque : la « facilité de développer ses talents naturels » et « l’égalité de fait » ne sont-ils pas contradictoires ?


Il y a une contradiction ou une ambiguité dans les voeux de Condorcet : « assurer à chacun la facilité (...) de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature » et « établir entre les citoyens une égalité de fait » peut être compris comme une opposition entre le plein développement des potentialités natives personnelles et l’uniformisation des résultats, ce qui sont deux objectif contradictoires. Mais peut-être Condorcet entend-il par « égalité de fait » l’égalité réelle d’accès à l’école (qui aurait pu être comprise plus tard, à tort, comme une égalité de résultats) ?

En tout cas, on voit bien la contradiction insoluble et éternelle entre la nécessité d’égalité politique (qui suppose une égalité de connaissances) et la diversité naturelle   et le droit individuel à exploiter pleinement ses potentialités personnelles   (qui interdit une égalité de connaissance). Cette contradiction des hommes et des sociétés humaines est à mon avis éternelle et irréductible : l’homme est par nature égalitariste sur le plan politique, et il est par nature inégal sur le plan des capacités à connaître et utiliser la loi.

Les Compagnons de l’université nouvelle : les premiers voeux clairement exprimés d’une école ouverte à tous, pour épanouir toutes les intelligences, sans voeu d’uniformisation


p.20

(...) Des enseignants, dans les tranchées de la première guerre mondiale et dans l’immédiat après-guerre, les « Compagnons », avec leur publication L’Université nouvelle, formuleront d’une manière nette le principe d’égalité :

« Tous les enfants de France ont le droit d’acquérir la plus large instruction que puisse dispenser la Patrie. Et la patrie a le droit d’exploiter toutes les richesses spirituelles qu’elle possède. Un pays qui veut des intelligences et des énergies doit leur permettre à toutes de se révéler ». (L’Université nouvelle, Paris, Fischlaber, 1918, T.I., XI, p. 21-26)
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