La chanson de colportage éditée hors de Troyes dans les collections du Musée national des Arts et Traditions populaires. Une esquisse





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La chanson de colportage éditée hors de Troyes dans les collections du Musée national des Arts et Traditions populaires. Une esquisse
Florence Gétreau
En répondant positivement à l'invitation de Marie-Dominique Leclerc et Thierry Delcourt, je ne prétendais nullement contribuer au dialogue érudit qui est engagé ici. Bien plus modestement, puisque mes champs de recherche sont l'organologie et l'iconographie musicale, je me proposais, dans le cadre de mes fonctions de conservateur chargé de la musique au Musée national des Arts et Traditions populaires, de contribuer à faire connaître la riche collection de chansons de colportage conservée à la bibliothèque de ce musée.
Certes, nous avions engagé avec certains d'entre vous en 1996 un travail collégial sur la chanson dans la perspective de l'exposition Musiciens des rues de Paris que j'avais proposée à ce musée. Joseph Le Floc'h pourrait témoigner de nos découvertes dans les réserves du département de la musique de la Bibliothèque nationale et Catherine Perrier de celles que nous avons faites dans celles du MNATP. Parallèlement à ce travail de sélection in vivo, nos dépouillements aux archives de la Police de Paris et dans les dossiers de “ La commission de colportage ” des Archives nationales nous ont permis des avancées notables sur le statut social du chanteur de rue à Paris au XIXe siècle. Nous les avons présentées récemment au colloque de l'université de Montréal sur La musique de rue.
Les sélections quelque peu aléatoires opérées dans la réserve de la bibliothèque du MNATP pour cette exposition nous faisaient soupçonner l'intérêt d'un travail systématique. Nous avions même évoqué avec Joseph Le Floc'h la possibilité de le confier à l'un de ses étudiants. Nous étions alors loin de soupçonner qu'un outil informatique avait été mis au point presque vingt ans auparavant afin de cerner les collections d'impressions populaires du MNATP parmi lesquelles figurent nombre de recueils de noëls, de cantiques et de chansons. Cet outil avait été mis hors service au moment du passage à la micro informatique. Les institutions ont parfois la mémoire courte … C'est en novembre 2000 que nous avons appris l'existence de cette base des impressions populaires ! Il faut donc remercier Françoise Békus qui en facilita la résurrection, mais aussi Monique Esperon, nouveau conservateur de la bibliothèque et son équipe, qui m'ont offert les meilleures conditions pour travailler dans l'intimité de cette intéressante collection.
Revenons sur le contexte plus général dans lequel se présentent les chansons de colportage du MNATP.
Les impressions populaires conservées au Musée national des Arts et Traditions populaires
Elles se montent à environ 3 000 pièces et couvrent l'ensemble des centres de production de littérature et de chansons de colportage du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Tous les thèmes courants de la “bibliothèque bleue” y sont représentés : pour reprendre la classification de Geneviève Bollème, aussi bien la pratique du corps, les prophéties, les almanachs, la société, les récréations, le savoir-vivre, la femme, la fable et l'histoire, l'histoire sainte et l'au-delà. Noëls, cantiques et chansons y sont intimement mêlés.
Monique Lambert a retracé, il y a une dizaine d'années, la genèse de ce fonds exceptionnel, montrant comment il fut développé dès les années de création du musée (1936) à un rythme soutenu, tantôt auprès de libraires spécialisés, tantôt en saisissant l'occasion de la dispersion de collections réputées, les plus récentes ayant été celles du bibliophile René Hélot, chez Gérard Oberlé au Manoir de Pron (1987, 147 impressions principalement rouennaises) et celle de Louis Ferrand (1989, 602 impressions, avec beaucoup d'exemplaire lillois).
Si Monique Lambert fut la première à attirer l'attention sur cet ensemble, il avait déjà été largement porté à la connaissance du public grâce aux travaux de Geneviève Bollème, notamment dans sa Bible bleue parue en 1975. Dans le précieux appendice réalisé pour cet ouvrage par Nora Scott, lequel est composé de plus de 1 000 titres conservés dans des bibliothèques publiques et privées, on trouve référencés avec leur cote presque 200 recueils de de noëls, de cantiques, de chansons et d'almanachs appartenant au MNATP.
Conrad Laforte, de son côté, a fréquenté assidûment la bibliothèque du MNATP. Curieusement, dans la bibliographie générale de son Catalogue de la chanson folklorique française, il ne cite que les dix recueils manuscrits de chansons déposés par des chercheurs liés à l'établissement mais n'exploite pas le fonds d'impressions populaires. En revanche, dans sa Poétique de la chanson traditionnelle française, un petit paragraphe écrit en 1976 ne peut que retenir l'attention :

“Il faut savoir aussi que la bibliothèque du Musée des Arts et Traditions populaires de la France (Paris) collectionne les chansons sur feuilles aussi bien qu'en petits recueils. On en fait l'inventaire sur ordinateur”.
La base informatisée des impressions populaires dite “Base ALMANAK”
Elle a été conçue vers 1876 et mise en œuvre à partir de 1978 par le service informatique du musée. 2 905 fiches ont été créées selon un masque dont voici le modèle, appliqué, pour plus de clarté, à un recueil révolutionnaire de 1848.
RF [Numéro d'ordre dans la base] : 00276

INV [Numéro d'inventaire] : 52.1327

EMPL [Cote de rangement] : 0' R. 308

AUTR [Auteur] : L.c.

TITR [Titre] : La constitution française de 1848 guide du peuple

EXEC [Lieu d'impression] : Paris

IMPR [Imprimeur] : René A. rue de Seine N° 32

LIBR [Libraire] : Depôt Principal rue Saint-Jacques N° 41

DATE : 1849

CTEX [Mots clefs interrogeables tirés d'un thesaurus définissant le contenu du recueil] : constitution*calendrier*chanson*lois et decrets

PAGE [Nombre de pages du recueil] : 38

REL [Description de la reliure] : couv-ill, jaune, titre-ds-encadrement-filet-orne, fleuron; verso : sommaire, fleuron

OBS : Couverture partiellement détruite

INSC [Inscriptions relevées sur la page de titre] : la/constitution/francaise de 1848/ guide du peuple avec un calendrier et trois chansons nouvelles/par l.c., auteur du chant des exiles./4e edition./fleuron/paris/chez l'auteur, rue des marais-s-g- 17./rue des gravilliers, 25./rue Saint-Jacques, 41./1849

REPR [E] : fleuron, couv-verso : guirlande*fleuron, p : 1; vegetal-guirlande-sous-linteau*fleuron, couv-recto : table-de-la-loi-hache-serpent-bonnet*autre gravure, scene, p : 30 ; homme : assis, enfant

Ce travail d'informatisation n'a pas couvert l'ensemble des fonds, et, contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom de la base, il n'inclue qu'une infime partie des almanachs (et donc les almanachs chantants) estimés à environ un millier. Philippe Richard et Françoise Békus, en étroite collaboration avec Marie-France Noël, ont conçu cet outil dans le contexte du système Mistral du Ministère de la Culture. Son cadre de référence est plus celui d'un musée d'ethnologie que celui des bibliothèques puisqu'il ne répond pas aux formats d'échange internationaux. Malgré de nombreuses imperfections, il reste un outil qui gagnerait à être plus largement utilisé. Totalement hors service entre 1990 et aujourd'hui, les notices de cette base ont pu être transférées sous File Maker Pro durant l'hiver 2000/2001. Elles sont consultables sur demande aussi bien à la bibliothèque du MNATP qu'au département de la musique et de la parole.
Les avantages de cette base sont

le nombre de notices qui donne une approche déjà très fine du fonds ;

le tri croisé par champs ou contenu des champs ;

une indexation sous forme de listes d'autorité de l'ensemble des villes d'édition, des imprimeurs (soit environ 900), des libraires. Cette indexation, bien qu' hors service pour le moment, peut être consultée sous forme d'édition papier (listes alphabétiques). De la même façon, l'ensemble des titres, des airs et des incipits ayant été saisi à l'intérieur de chaque recueil, on peut consulter aujourd'hui l'édition papier de ces listes alphabétiques mettant par exemple en concordance Air / Titre ; Titre / Air ; Air / Incipit. Il manque malheureusement le tri alphabétique Incipits / Air.
Dans son état actuel, cette base présente cependant plusieurs défauts :

elle n'est pas complète, et ignore la presque totalité des almanachs ;

son champs "datation" laisse à désirer. Quand une impression est sans date celle-ci n'est pas reconstituée, ou donnée approximativement (par des éléments de contenus, ou par les dates d'activité des imprimeurs et libraires lorsqu'elles sont connues) ;

elle ne précise pas non plus la spécialisation ou non du volume ;

la notice des recueils ne précise pas le nombre de chansons ou noëls ou cantiques dans chaque volume et n'en donne pas le relevé détaillé (même s'il a été indexé par ailleurs dans la base) ;

elle n'applique pas les normes internationales des bibliothèques (champs, typographie ; format Unimarc etc.) et ne permet donc pas d'échanges ou d'interrogation à distance pour le moment.
Les recueils de noëls et cantiques spirituels édités en dehors de Troyes
Sur 2 905 notices de recueils, 195 recueils comportent des noëls et 104 des Cantiques, ces chiffres ne se cumulant pas puisque beaucoup de recueils comportent les deux. Mais la liste détaillée des titres relevés montre que le nombre de titres individuels de noëls est de 390, et celui des cantiques de 27, sans qu'il soit possible à ce stade de comptabiliser les doublons, ou les versions différentes.
Le plus ancien recueil est celui de Pouilliot, édité au Mans en 1624 (Cantiques ou Noëls nouveaux, Olivier Gervais).
L'édition parisienne est prédominante dans ce domaine, notamment en raison des volumes de l'Abbé Pellegrin, très bien représenté dans la collection du MNATP : pas moins de 22 recueils s'étendent sur tout le XVIIIe siècle, avec l'édition des Avis notez des cantiques sur l'histoire de l'ancien et du nouveau testament imprimé en 1703. Les doublons sont quasi inexistants.
Les diverses éditions régionales (plus de 17 villes différentes) sont également bien représentées. Rouen vient en tête avec 14 recueils de cantiques qui s'étalent de 1757 à 1827, avec une forte représentation de la maison Lecrene-Labbey. Carpentras vient en second du point de vue du nombre de recueils (8 recueils de cantiques chez Gaudibert et Gaudibert-Penne), mais on citera Orléans, avec par exemple La grande bible des noëls sur la nativité de Jésus-Christ (Jacob Abraham, 1718) ; Marseille, dont les Cantiques spirituels à l'usage des missions de l'oratoire datent de 1714 ; Dijon (Noëls nouveaux, Michard, 1718 ; La grande Bible de Noëls tant vieux que nouveaux, chez Capel Veuve et fils, 1728) ; Limoges (Recueil des hymnes et psaumes des pénitents blancs de la ville de Limoges, chez Jacques Farne, 1725 ; Caen (Cantiques spirituels sur la mort de Jésus-Christ, Pierre Chalopin, s.d.) . Retenons aussi parmi les curiosités, ce Cantique de Geneviève de Brabant, édité à Paris durant les années révolutionnaires et qui n'hésite pas à arborer comme vignette les emblèmes de la modernité (Fig. 1) que sont "La nation et la loi". Du point de vue de l'illustration, le Recueil de cantiques à l'usage des missions, paru en Avignon en 1820 (Fig. 2), propose une estampe qui rappelle l'art de Johann Heinrich Füssli (1724-1825) par ses accents romantiques.
Remarquons que les parlers régionaux sont avant tout présents dans les recueils de noëls : 34 sont concernés, la Bourgogne venant en tête (10), la Provence ensuite (8) puis la Franche-Comté (5). On trouve aussi le Poitou (4), la Gascogne (2), l'Auvergne (2), et la Bresse (1).
Les chansons éditées hors de Troyes
Les statistiques concernant les chansons de colportage sont difficiles à établir. Selon les anciens fichiers manuels de la bibliothèque, il y aurait 31 chansons du XVIIe siècle, environ 120 du XVIIIe siècle, 600 pour le XIXe siècle, sans compter à part les feuilles volantes de pasquilles lilloises, sans tenir compte des doublons et des différentes versions d’un même titre. En réalité, la base de données des impressions populaires fait apparaître le chiffre provisoire de 316 recueils comportant des chansons. Parmi eux, seuls 173 recueils sont entièrement composés de chansons. Par ailleurs l'indexation des titres individuels de chansons

se monte à l'heure actuelle à 290.
Il est très difficile de repérer les exemplaires les plus anciens (notamment ceux du XVIIe siècle), car les recueils ne portent pas toujours de date. Les Brunettes ou petits airs tendres de Christophe Ballard, Paris, 1703 figurent parmi eux.
Du point de vue des centres d'impression, les imprimeurs parisiens mettent Appert en tête (9 recueils), puis Bautruche (6), mais aussi Vert frères, Le Normant fils, Beaule, Tiger, Stahl. Lille est ensuite la ville la mieux représentée : 14 recueils ont été imprimés par Vanackere ; 9 par Six-Horemans, 6 par Blockel. Rouen est évoquée par Seyer (7) et Bloquel (2). Mais on trouve aussi Desjardins à Beauvais, Bazouges à Dinan, Moronval à Montereau, etc.
Tenter d'avoir une idée des auteurs des chansons est pour le moment illusoire car seuls les noms figurant sur les pages de titres des recueils sont actuellement accessibles dans les notices de la base. Si F. de Cottignies, dit Brûle-Maison, apparaît par exemple 11 fois (notamment dans son Recueil des meilleures chansons turquinoises, Lille, s.d.), il est clair qu'un beaucoup plus grand nombre de ses chansons figure dans le fonds.
Les parlers régionaux sont ici quasi absents, un Chant royal en occitan, difficile à dater ou les chansons provençales éditées conjointement en Arles et à Paris en 1827 faisant exception.
D'après le titre des recueils, une dizaine d'entre eux est composée d'ariettes, et autant de vaudevilles. Mais l'analyse de la liste d'autorité des titres individuels comme des airs de chansons permettra d'en identifier beaucoup plus.
Voici une sélection de quelques titres particulièrement variés sans préjuger de leur originalité ou de leur intérêt : du père Morel, les Chansons des bons cousins, publiées en 1760 ; de Gigon le jeune, Le voyage dans les départements, publié sans doute à Paris aux alentours de 1790  ; de Guipava, Les tableaux du Museum en vaudeville, Paris, 1800 (Fig. 3) pour lequel en dehors de la plaisante xylographie colorée ouvrant le volume et représentant un incroyable en visite au musée observant les oeuvres avec son face-à-main, on regrette l’absence de reproductions de chacun des tableaux mis en chanson. Les fables d'Esope en Vaudeville (Fig. 4), Paris, 1810, semblent une rareté et montrent en revanche l'association systématique de naïves images au texte de chaque chanson.
Les recueils et feuilles de chansons politiques permettent d'évoquer les moments les plus importants de l'histoire de France au XIXe siècle et montrent qu'ils ne furent pas à l'initiative exclusive des éditeurs parisiens. Une Chanson du Tiers Etat, imprimée sur feuille volante dans le Jura peut ainsi témoigner de la diffusion des chansons révolutionnaire sur le territoire. Assez fréquemment, ces recueils convoquent l'imagerie pour amplifier leurs parti pris, tels ces chansonniers consacrés à la gloire de Napoléon et à la vie de ses armées ou Le nouveau chansonnier du royaliste dédié aux vrais amis du Roi et de la France, imprimé à Lille en 1817, et orné d'un portrait de Louis XVIII ainsi sous titré : "Louis le désiré". Le Chansonnier national dédié aux patriotes français, de Blosmin, publié en 1830 conjointement à Paris chez Delarue et à Lille chez Castiaux (Fig.5), propose même une image repliée, scénographiant "L'Action héroïque du jeune Barcole (28 juillet 1830) ”. De façon beaucoup plus stéréotypée, les Chansons républicaines imprimées à Clermont-Ferrand en 1848 ou le Nouveau chansonnier républicain, produit à Paris, présentent des images très convenues de la République.
Chansons présentes dans des recueils imprimés non spécialisés
Grâce au dépouillement informatique, il apparaît que 143 recueils de colportage, édités hors de Troyes, aux thématiques les plus diverses, comportent également une ou plusieurs chansons. Parmi ces recueils, beaucoup sont des récits burlesques (33 volumes), des parodies (17), des histoires drôles (13). D'autres sont des Etrennes (27) ou des Calendriers (13).
Les parlers régionaux sont relativement peu présents dans ces recueils composés : 4 chansons en bourguignon, 2 en provençal, 2 en breton, 1 en franc-comtois.
Dans les volumes de récits historiques, les recueils de décrets et lois, les romans, les fables, les discours bacchiques (voir par exemple le Sermon de Bacchus en faveur des buveurs, qui pourrait bien être l'un des recueils les plus anciens de la collection), les livres d'instruction religieuse, ou d'instruction politiques (tel les Entretiens du père Gérard) et les livrets de faits divers, sont l'occasion d'insérer une, voire plusieurs chansons. 47 complaintes sont ainsi référencées, dont 14 concernent le Juif errant. Mais on en relève aussi bien sûr dans l'Histoire du procès relatif à l'assassinat de Fualdes, Rouen, 1819 ou dans l'Extrait du détail de l'assassinat du duc de Berry, Paris, 1820.
De la même façon, quatre recueils au moins référencent des chansons se rapportant à la légende napoléonienne (mais il est probable que leur nombre est beaucoup plus important) ; deux concernent aussi Jeanne d'Arc.
Les œuvres de Jean Joseph Vadé (1719-1757) sont présentes à sept exemplaires au moins. Un recueil non daté (Oeuvres choisies de Vadé et de ses imitateurs imprimé à Paris au XVIIIe siècle, propose une mise en image particulièrement évocatrice des moeurs parisiennes dans le quartier des halles (Fig. 6). Plus tardif, mais beaucoup plus haut en couleur, le nouveau catéchisme poissard ou Vadé ressuscitécomporte une remarquable scène du "Carnaval de Paris" boulevard des Italiens. Dans cette même veine, les Calembourgs de Madame Angot ou suite des calembourgs comme s'il en pleuvoit (Fig. 7), n'ont rien à envier aux précédents au plan des illustrations.
En conclusion à l'analyse de ces recueils insérés dans la base de données, remarquons que la liste détaillée de tous les airs comprend 680 unités mais en réalité 440 airs différents une fois retirés les doublons ou les variantes.
Almanachs avec chansons et almanachs chantants.
Reste un dernier ensemble de recueils, celui qui est constitué par les almanachs chantants.

Sur le millier d’almanachs que comporte la collection, seule une centaine est répertoriée dans la base avec une trentaine de spécimens seulement comportant sporadiquement ou entièrement des chansons. Les Etrennes de Cottignies en sont un bon exemple.
Dans le fonds non encore informatisé, nous avons par ailleurs recensé 54 almanachs chantants composés d'un calendrier et d'un ensemble de chansons à la thématique homogène à l’intérieur des recueils. L'Almanach des prisons ou Anecdote sur le régime intérieur de la conciergerie, du Luxembourg, etc. [...] et sur differens prisonniers qui ont habité ces maisons, sous la tyrannie de Robespierre, avec les chansons, lettres et couplets qui y ont été faits, imprimé à Paris en l'an III, est d'un humour vraiment "terrible" (Fig. 9) et contraste avec la très grande majorité des autres almanach. Ceux-ci sont le plus souvent d'inspiration galante, telle La mélomanie ou le passe temps agréable, Paris, 1802, placée sous le signe d'un duo de salon accompagné à la harpe. La récente notoriété de Fanchon touche aussi ce genre d'ouvrages (Recueil d'ariettes de Fanchon la vielleuse, Paris, 1804). L'exotisme et la mode troubadour profitent aussi de ces formats très séduisants aux illustrations réparties cette fois dans tout le volume . A ce titre, les chinoiseries très inventives agrémentant Les deux Magots, Paris, 1805, contrastent avec l'inspiration d'un Moyen Age revisité tel que nous le présente Le tems des troubadours, Paris, 1814 (Fig. 10). Les chansonniers gastronomiques et bacchiques peuvent partager les mêmes illustrations comme l'attestent Le chansonnier gastronomique, Lille, c. 1810 et Nargue du chagrin, Lille, 1818, montrant combien "faire du neuf avec du vieux" reste l'habitude chez les imprimeurs soucieux d'une réussite économique. Enfin, l'Almanach peut être aussi à vocation prophétique, comme l’atteste un spécimen publié à Paris peu après la révolution de 1848
Que ce dernier titre nous incite à lire dans l'avenir en nous suggérant d’utiliser plus fréquemment ce fonds de recueils. La base de données actuelle est perfectible. Elle va être mise aux normes dans son ensemble et affinée pour restituer les caractéristiques de ces centaines de chansons. Sans rivaliser avec les collections Coirault et Weckerlin du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France, cet ensemble peut permettre des découvertes ponctuelles heureuses tout en évoquant avec une réelle représentativité l'ensemble des centres d'impression français, mais aussi la multitude des sources d'inspiration.
Liste des illustrations

Clichés Florence Gétreau
1. Cantique de Sainte Geneviève de Brabant, Paris, s.d., A. Daniel. MNATP, O' R 1047

2. Recueil de cantiques à l’usage des missions de France, Avignon, Laurent Aubanel, 1820. MNATP, 1R 1145

3. Les tableaux du Museum en Vaudevilles, Paris, Brasseur, 1800. MNATP, 1R 211

4. Fables d’Esope en Vaudevilles, Paris, Librairie économique, 1810. MNATP, 1R 811

5. Blosmin, Chansonnier national dédié aux patriotes français, Paris, Delarue et Lille, Castiaux, 1830. MNATP, 0'R 807.

6. Oeuvres choisies de Vadé et de ses imitateurs, Paris, s.d., Aubry. MNATP, 1R 276

7. Le grand et nouveau catéchisme poissard ou Vadé ressuscité, Paris, c. 1800. MNATP, 1R 226.

8. Calembourgs de Madame Angot ou suite des calembourgs comme s'il en pleuvoit, Paris, Barba, 1800. MNATP, 1R 317

9. Almanach des prisons, ou Anecdote sur le régime intérieur de la conciergerie, du Luxembourg, etc. [...] et sur differens prisonniers qui ont habité ces maisons, sous la tyrannie de Robespierre, avec les chansons, lettres et couplets qui y ont été faits, Paris, Michel, 1795. MNATP, 1 PR335.

10. Le Tems des Troubadours / Almanach chantant, Paris, Janet, 1814. MNATP, 1 PR 88.

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