Le syndicalisme en 2004





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date de publication04.11.2017
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Le syndicalisme en 2004
Le syndicalisme est entré en crise depuis la fin des États providence. Les essais sur son déclin abondent, le dernier en date La dictature des syndicats de Bernard Zimmern sonnant la charge contre ses derniers bastions, notamment dans la fonction publique.
Le taux de syndicalisation est en déclin partout dans le monde, mais surtout en France : les pays nordiques conservent un taux relativement important entre 75 et 90 %, suivis par l’Italie (60 %), l’Autriche (40 %), le Royaume-Uni (25 %), l’Allemagne (24 %), l’Espagne (10 %) et la France (9 %). Le taux de syndicalisation s’avère très faible dans les entreprises du secteur privé, mais garde des positions fortes dans la fonction publique et les entreprises nationales en situation de monopole.
Ce déclin peut être expliqué par les transformations du monde du travail.

La production manufacturière a laissé place aux industries de service, moins propices au développement du syndicalisme de revendication de masse. De plus, le contexte a changé, et les conditions de travail ne sont plus ce qu’elles étaient. La formation et l’esprit d’initiative demandés aux salariés dans le monde des services sont peu compatibles avec le syndicalisme fonctionnant sur l’effet de masse, la soumission aux ordres et le refus de l’individualisation. Le syndicalisme a également souffert d’une image très négative fondée sur le comportement marginal et extrême de quelques leaders refusant toute réforme même lorsque des changements s’avéraient vitaux pour l’entreprise ou la société. La défense des avantages exorbitants de certains corps de métier ne passe plus auprès des usagers pénalisés qui sont également les contribuables. Les grèves à répétition aux frais du contribuables exaspèrent et contribuent à la désyndicalisation de nos sociétés modernes.
Les syndicats français sont aujourd’hui directement touchés par les conséquences des dernières lois sur la réforme des retraites et sur le dialogue social. Une nouvelle répartition des forces pourrait en émerger dans les prochains mois. En effet, depuis une décennie, une tendance historique se dessinait avec un lent déclin régulier de la CGT, une stabilisation ou un très léger déclin des syndicats FO et CFDT, et une montée en puissance mais à de faibles niveaux des petits syndicats institutionnalisés (CFTC, CGC) ou des nouveaux contestataires (SUD, autonomes). Aux élections prud’homales de 2002, la CGT restait le premier syndicat, avec 32,1 %, suivie par la CFDT (25,2 %), FO (18,8 %), la CFTC (9,21 %) et la CGC (7 %). Le ralliement de la CFDT aux réformes pourtant nécessaires économiquement et financièrement (que par ailleurs les autres syndicats dans l’Europe entière ont déjà acceptées voire même encouragées) n’a pas été compris par les bataillons de la fonction publique plus enclins à défendre leurs « droits acquis » et leur pré carré que l’intérêt général ou le service public. De fait, la CFDT connaît une hémorragie importante avec le départ de 8 000 à 15 000 militants, majoritairement vers la CGT (ce qui ne va pas sans poser de problèmes de maintien des équipes dirigeantes de ce syndicat face à l’afflux de personnes qui étaient il y a peu des adversaires sur les actions à mener) mais de façon importante également vers SUD. Les premières élections post-réformes à EDF-GDF en témoignent : CGT à 52,5 %, inchangée, CFDT à 19 % (– 3 %), CGC à 8,6 % (+ 2 %) et FO à 16 % (+ 1,5 %).
La question des syndicats représentatifs reste posée : la loi de 1968 dispose que seuls les syndicats dits représentatifs (ceux qui n’ont pas commis de crime de collaboration avec les Allemands durant la seconde guerre mondiale !) sont admis à présenter des candidats aux élections, les autres ne pouvant se présenter qu’au second tour à supposer qu’il y en ait un. Alors quel avenir pour les syndicats ? Deux évolutions sont possibles. L’une favoriserait une radicalisation et une marginalisation encore plus forte, laissant les syndicats vivoter au niveau national mais garder un fort pouvoir de nuisance dans certaines entreprises publiques, leur permettant d’exercer un chantage sur les pouvoirs publics, notamment en faisant porter la menace sur un blocage des transports publics ou des routes. L’autre évolution (sur le modèle allemand ou italien) permettrait un repositionnement des syndicats sur leur rôle premier de défense des droits des travailleurs dans une situation difficile, mais exigerait un effort important de dépolitisation et de réflexion sur l’intérêt public. En Italie, une réforme a introduit progressivement à compter de 1993 une contractualisation de l’emploi public pour l’essentiel du personnel de l’administration, désormais soumis aux règles de droit privé, avec l’accord des syndicats. Au Royaume-Uni, la loi permet de condamner financièrement un syndicat pour un acte illégal qu’il a soutenu ou revendiqué, notamment un piquet de grève. La Suède a lancé un mouvement de quasi-privatisation des services publics avec le soutien des syndicats impliqués dans la mise en oeuvre de cette nouvelle politique, qui ont obtenu en échange des garanties et des hausses substantielles de salaires pour les employés.
Sans aller jusqu’à une remise en cause de la fonction publique, les syndicats sauront-ils sauter le pas et arbitrer entre les réformes nécessaires à l’intérêt général et les acquis exorbitants de certains corps ? La réponse n’est pas évidente, tant la démagogie et le jusqu’au-boutisme apparaissent comme une solution de facilité. On ne peut que s’étonner des revendications syndicales pour le recrutement de nouveaux fonctionnaires alors que la France est le pays où on en compte déjà le plus et que leur coût sur le budget de l’État devient exorbitant, tout en refusant les réformes qui permettraient de mieux utiliser l’énorme masse des employés de l’État et éviter les multiples gabegies. La France se distingue hélas en ce domaine par une culture du toujours-plus et de l’affrontement, plus que par le pragmatisme de ses syndicats.
[ Pour la petite histoire cet article a été rédigé par un énarque dont le salaire net de début de carrière est de 2667 euros hors primes et avantages spécifiques du ministère auquel il appartient… D’ailleurs, combien coûtent les hauts salaires de la fonction publique au budget de l’Etat ? On attend toujours un chiffre net et précis afin de déterminer «  qui coûte combien » à la France : la masse des petits fonctionnaires payés au lance-pierres ou les emplois de la très haute fonction publique… ]
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