Ce travail, centré sur l’apprentissage de la lecture analytique d’un texte poétique (“Ma Bohême” de Rimbaud et “Après trois ans…” de Verlaine) a été réalisé par Christian ferre, agrégé de Lettres Modernes, pour ses élèves de 2de du Lycée Mistral à Avignon





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date de publication05.11.2017
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Ce travail, centré sur l’apprentissage de la lecture analytique d’un texte poétique (“Ma Bohême” de Rimbaud et “Après trois ans…” de Verlaine) a été réalisé par Christian FERRE, agrégé de Lettres Modernes, pour ses élèves de 2de du Lycée Mistral à Avignon


  1. « Ma Bohème » (Fantaisie)


Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées

Mon paletot aussi devenait idéal; (1)

J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal; (2)

Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.

— Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. (3)

— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Arthur Rimbaud , Poésies (1870)

Notes:

1. Son paletot (son manteau) n'est plus qu'une « idée » tant il est usé.

2. Au Moyen Âge, chevalier dévoué à son seigneur.

3. À la belle étoile.
Travail de préparation
1) Quel est le genre du. poème?

2) Quels sont les deux thèmes principaux de ce poème?

3) Cherchez le sens du mot « bohème ». Cherchez les différents sens du mot « fantaisie ». Quel(s) sens peut-il avoir ici ?


Rimbaud: « Ma Bohème », Lecture analytique
Objectif:
Étudier la transfiguration d'une expérience personnelle à travers sa mise en récit poétique
I - Découverte du poème
• Un sonnet
- À quel genre de poème avons-nous affaire?

- Comment réconnaissez-vous un sonnet dans ce poème?

- Quelle est la disposition des rimes dans ce sonnet?

(abba - cddc - tef - iif)

- Combien de rimes différentes comporte ce sonnet?

(On compte donc 7 rimes différentes)

- Le nombre de rimes dans ce poème vous semble-t-il habituel pour un sonnet?

(Il est inhabituel. Un sonnet classique ne comporte que 5 rimes différentes, disposées ainsi abba - abba - ccd - ede ou pour les deux tercets: ccd eed)

- Quel vers Rimbaud emploie-t-il

(Des alexandrins)
• Les thèmes du poème
- À quel type de discours avons-nous affaire dans ce poème?

(Il s'agit du discours narratif.)

- Quels sont les indices du discours narratif ?

(Emploi de l'imparfait; présence d'un narrateur ; une histoire est racontée.)

- À qui peut-on identifier le narrateur, qui s'exprime à la première personne? Grâce à quelles différentes informations?

(On peut l'identifier à Rimbaud, grâce aux informations extérieures apportées par le paratexte mais aussi grâce aux allusions à l'activité de poète du narrateur présentes dans le sonnet.)

- Que raconte ce narrateur?

(Le narrateur raconte ses pérégrinations dans la nature, qu'il associe à ses activités de poète.)
• Le registre, du poème
- Pour quelle raison, à première lecture, peut-on faire figurer ce poème dans l'objet d'étude « Le biographique »?

(Parce que Rimbaud y évoque ses souvenirs, d'errance adolescente. Il s'agit donc du récit d'une période de son existence.)

- Quelle impression générale de cette période la lecture de ce poème donne-t-elle?

(On a l'impression que cette période a été heureuse pour Rimbaud.)

- À quel registre semble donc appartenir ce poème?

(Au registre lyrique: souvenirs et sentiments personnels; évocation de la nature.)

II - Le récit d'un vagabondage heureux
Les conditions du vagabondage
• Relevez le champ lexical du vagabondage, de l'errance.
Noms Verbes

bohème m'en allais ; j'allais course

auberge

bord des routes
• Les déplacements du narrateur ont-ils l'air d'avoir un but? Comment s'exprime cette absence de but précis dans l'emploi des deux verbes relevés?

(Les deux verbes sont employés sans complément de lieu indiquant la destination)

- Qu'est-ce qui est ainsi mis en valeur?

(C'est le déplacement lui-même, l'errance.)

- Quelle est la valeur de l'imparfait dans ce poème?

(Il s'agit essentiellement de l'imparfait d'habitude. Le narrateur raconte plusieurs de ces errances, marquées par les mêmes éléments).

- Les lieux évoqués sont-ils précis? Pourquoi Rimbaud choisit-il ces lieux en particulier?

(Il s'agit de lieux vagues: l'auberge, le bord des routes. Ce sont des images traditionnellement liées au voyage. Elles insistent sur le caractère itinérant du voyage)
- Quelle image de ces déplacements le titre du poème donne-t-il ?

(Le titre est évocateur d'une errance sans but, de voyage sans itinéraire précis, selon le hasard et la fantaisie. Il évoque le vagabondage d'un marginal, mais aussi le mode de vie des bohémiens, c’est à dire le nomadisme.)

- L'emploi du mot « bohème » est-il péjoratif ici ?

- Quelles expressions révèlent que le vagabondage du narrateur est une expérience agréable?

(«Oh! là ! là ... rêvées »; « Petit-Poucet rêveur »; « doux frou-frou » ; « bons soirs de septembre » « comme un vin de vigueur »).
• Comment se présente le narrateur? Quelle est son apparence?

(Le narrateur se présente comme un vagabond démuni, sans vêtement décent et sans gîte.)

- Le narrateur semble-t-il avoir souffert de cet état ?

(Non, pas du tout.)

- Qu'est-ce que cela révèle de l'état d'esprit du narrateur lors de ses vagabondages?

(Il est insouciant, il se sent libre.)
Une expérience heureuse
• Quelle image le narrateur emploie-t-il pour se caractériser?

(Il se compare à un « Petit-Poucer rêveur ».)

- À quelle autre expression du poème cette image fait-elle écho?

(«Oh! là ! là que d’amours spendides j’ai rêvées »)

- Quelle était donc l'occupation de Rimbaud durant ses errances?

(Il rêvait.)

- Comment comprenez-vous ce verbe? Que révèle-t-il du jeune adolescent ?

- Que traduisent les points d'exclamation aux vers 4 et 14?
• Qu'est-ce qui rendait la rêverie de Rimbaud plaisante?

(La présence d'une nature simple et agréable.)

- Quelle relation le narrateur entretient-il avec la nature qui l'entoure?

(Une communion délicieuse, que met en valeur l'évocation de nombreuses sensations.)

- Quelle image Rimbaud emploie-t-il pour traduire les bienfaits que la nature lui prodigue? (Une comparaison: « comme un vin de vigueur ».)

- Que traduit le terme « vigueur »? Pourquoi est-il particulièrement en accord avec l'ensemble du poème?

(Il traduit la force, la vie. Il est en relation avec la jeunesse de Rimbaud, la vigueur de l'adolescence et l'élan de vie qui pousse le jeune homme à l'errance vers des territoires nouveaux.)
III - L'errance, la poésie
Un poète-vagabond
- Quel autre sens que ceux déjà évoqués a le mot « bohème »?

(La bohème désigne un mode de vie des artistes, démunis et insouciants. Ce mode de vie s'oppose au confort bourgeois. Il concerne le plus souvent des poètes, musiciens, peintres jeunes et pas encore reconnus.)

- Pourquoi Rimbaud y associe-t-il le déterminant possessif « ma »?

(Il s'agit de la vie qu'il a menée durant ces fugues. Ce ternie le désigne d'emblée comme un poète en marge de la société, jeune et épris de liberté et d'indépendance.)

- Quels liens pouvez-vous faire entre ce titre et le sous-titre?

(« Fantaisie »: privilège donné à l'imagination, à la création. Mais aussi à une manière d'agir et de vivre selon sa propre guise, en privilégiant la rêverie et l'insouciance.)
La poésie, passe-temps du vagabond
- Relevez le champ lexical de la poésie.

(« Rimes » v.71; « rimant » v. 12, « Muse » v. 2 ; « lyres » v. 13.)

- Quelle est l'activité principale du narrateur durant ses pérégrinations?

(La pratique de la poésie. Il dit et, peut-être, écrit des vers, des rimes. Il est donc poète.)
Le pouvoir de transfiguration de la poésie
• Qu'est-ce qu'une lyre?

(Un instrument de musique, traditionnellement associé au poète et, surtout, à la figure d'Orphée, qui est l'image du poète dans la culture occidentale.)

- À la faveur de quelle figure de style le narrateur évoque-t-il la lyre?

(Une comparaison)

- Quelle aptitude du narrateur cette comparaison révèle-t-elle?

(L'aptitude à transformer un objet banal en image poétique, à transfigurer la réalité triviale en lui donnant plus de beauté.)

- À quels moments du poème Rimbaud réalise-t-il également cette transformation?

(Aux vers 3, 6-7-8, 11,12,13-14).
- Quelle a donc été la principale vertu de la poésie pour Rimbaud durant ses errances?

(Elle lui a rendu le monde plus beau, en donnant libre cours à son imagination, à ses fantaisies. Elle a transformé les conditions matérielles réelles — et difficiles — de son errance en autant d'objet poétiques, sources d'étonnement et de joie.)

- Quel vers exprime particulièrement cette euphorie et cet enthousiasme?

(Le vers 4, jusque dans sa formulation naïve et enfantine.)
-Que pouvez-donc déduire de cela sur le contenu de l'expérience rapportée par Rimbaud dans ce sonnet ?

(Rimbaud idéalise cette période d'errance. Il la transfigure pour ne lui garder que les aspects les plus agréables. L'écriture poétique transforme l'expérience, elle lui donne une intensité extraordinaire.Le récit autobiographique transforme la réalité effectivement vécue.)
Trace écrite possible
Introduction
« Ma Bohème » est un sonnet qui évoque les errances de Rimbaud, en 1870, sur les routes des Ardennes et en Belgique. Son titre comme son contenu en font un poème du vagabondage. Mais il contient aussi plusieurs allusions à la poésie, puisque le narrateur s'y présente comme un poète. Les deux thèmes sont étroitement liés. La poésie et le vagabondage offrent au jeune Rimbaud la possibilité de s'évader d'une réalité trop contraignante et d'un univers trop conformiste.
1- L'évocation du vagabondage
1) Le titre
Le titre est évocateur d'une errance sans but, de voyage sans itinéraire précis, selon le hasard et la fantaisie. Il évoque le vagabondage d'un marginal, mais aussi le mode de vie des bohémiens, c’est à dire le nomadisme.
2) Le champ lexical du vagabondage, du déplacement vagabondage

• Relevé du champ lexical:
Noms Verbes

bohème m'en allais ; j'allais

course

auberge

bord des routes
• Les deux occurrences du verbe « aller » mettent en valeur le déplacement lui-même, l'errance puisque le verbe est employé sans complément de lieu indiquant la destination du poète. L'emploi de l'imparfait d'habitude souligne que le narrateur raconte plusieurs de ces errances, marquées par les mêmes éléments. Il évoque le souvenir d'une période de son existence (cf. emploi du passé composé « j'ai rêvées », qui montre que cette époque est révolue.)

• Les lieux évoqués sont vagues: l'auberge, le bord des routes. Ce sont des images

traditionnellement liées au voyage. Elles insistent sur le caractère itinérant du voyage. Le vers 9 suggère l'idée de fatigue, le vers 14 souligne l'usure des chaussures: ce voyageur est un marcheur.
3) Le récit d'un vagabondage heureux
• Plusieurs expressions révèlent que le vagabondage du narrateur est une expérience agréable

« Oh là ! là ... rêvées » ; « Petit-Poucet rêveur » ; « doux frou-frou » ; « bons soirs de septem­bre » « comme un vin de vigueur ».

Le narrateur se présente comme un vagabond démuni, sans vêtement décent et sans gîte, mais il ne souffre pas de cet état. Au contraire, il apparaît insouciant et libre (absence de contraintes, nuit à la belle étoile, possibilité de s'adonner à ses rêveries
• Le narrateur se compare à un « Petit-Poucet rêveur », expression à laquelle fait écho le vers 4: « Oh ! là ! là que d'amours splendides j'ai rêvées ! » Le jeune Rimbaud peut se laisser aller à la rêverie. Il laisse libre cous à son imagination.
• La présence d'une nature simple et agréable rend cette rêverie très plaisante. L'adolescent est

en communion délicieuse avec la nature , comme le montre l'évocation de ses nombreuses sensations. La comparaison: « De rosée à mon front, comme un vin de vigueur » traduit la force, la vie. Le terme « vigueur » révèle la jeunesse de Rimbaud, la vigueur de l'adolescence et l'élan de vie qui pousse le jeune homme à l'errance à travers des territoires nouveaux.
II - L'errance et la poésie
1) Un vagabond-poète
• La bohème désigne un mode de vie des artistes, démunis et insouciants. Ce mode de vie,

s'oppose au confort bourgeois. Il concerne le plus souvent des poètes, musiciens, peintres jeunes et pas encore reconnus. Rimbaud l'emploie avec le déterminant possessif « ma »: le mot désigne la vie qu'il a menée durant ces fugues. Ce terme le présente d'emblée comme un poète en marge de la société, jeune et épris de liberté et d'indépendance.

Le sous-titre est en écho avec le titre : la « fantaisie » est le privilège donné à l'imagination, à la création. Mais aussi à une manière d'agir et de vivre selon sa propre, guise, en privilégiant la rêverie et l'insouciance.
• La poésie était le passe-temps du vagabond: « Rimes » v. 7 ; « rimant » v. 12 ; « Muse » v. 2 ; « lyres » v. 13. L'adolescent se présente même comme voué à la poésie à travers le terme « féal ». « La Muse » désigne traditionnellement l'inspiratrice des poètes. C'est une personnification de la poésie.
2) Le pouvoir de transfiguration de la poésie
• La comparaison des « élastiques » des « souliers » de Rimbaud avec les cordes de

« lyres » (instrument de musique, traditionnellement associé au poète et, surtout, à la figure d'Orphée, qui est l'image du poète dans la culture occidentale) transforme un objet banal, trivial, en objet esthétique et poétique. Tout le poème révèle cette capacité de la poésie à transfigurer la réalité banale pour lui donner plus de beauté et d'intensité: vers 3, 6-7-8, 11, 12, 13-14.
• Pendant ses errances, la poésie a permis à Rimbaud de rendre le monde qui l'entourait plus beau, en donnant libre cours à son imacination, à ses fantaisies. Elle a transformé les conditions matérielles réelles — et difficiles — de son errance en autant d'objet poétiques, sources d'étonnement et de joie. Le vers 4, jusque dans sa formulation naïve et enfantine, exprime particulièrement cette euphorie et cet enthousiasme.

Rimbaud idéalise cette période d'errance. Il la transfigure pour ne lui garder que les aspects les plus agréables. L'écriture poétique transforme l'expérience, elle lui donne une intensité extraordinaire. Le récit autobiographique transforme la réalité effectivement vécue en une période de vie extraordinaire.

II. VERLAINE: « Après trois ans »
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, a

Je me suis promené dans le petit Jardin b

Qu'éclairait doucement le soleil du matin, b

Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle. a
Rien n'a changé. J'ai tout revu: l'humble tonnelle a

De vigne folle avec les chaises de rotins... b

Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin b

Et le vieux tremble (1)sa plainte sempiternelle. a
Les roses comme avant palpitent; comme avant, c

Les grands lys orgueilleux se balancent au vent. c

Chaque alouette qui va et vient m'est connue. d
Même j'ai retrouvé debout la Velléda (2) e

Dont le plâtre s'écaille au bout de l’avenue, d

— Grêle, parmi l'odeur fade du réséda. e
Paul Verlaine, Poèmes saturniens (1866).
1. Sorte de peuplier

2. Statue représentant une prêtresse gauloise.

« Après trois ans »: Lecture analytique
Objectifs: - Entrer dans l'univers poétique de Poèmes saturniens

- Revoir la structure du sonnet classique

- Étudier la spécificité du registre lyrique lu poème: sa tonalité mélancolique
I - Découverte du poème
Le sujet du poème
- À première vue, quel est le sujet de ce poème? Comment comprenez-vous le titre?

- Verlaine étant né en 1811, quel âge a-t-il au moment où il compose puis publie ce poème?

(Verlaine compose ce poème en 1865, avant d'en proposer la publication en 1866, à compte d'auteur. Il a donc une vingtaine d'années lorsqu'il le compose. Il est possible que ce poème lui ait été inspiré par le souvenir du jardin de sa cousine, Élisa Moncomble, à Lécluse, en Artois, où il avait séjourné durant l'été 1862, ce qui explique le titre du poème. Ce poème, comme le recueil dans son ensemble, est donc une oeuvre de jeunesse.)
II - Un sonnet régulier
Le sonnet
- Comment appelle-t-on ce type de poème? À quoi le reconnaissez-vous?

(Il s'agit d'un sonnet, c'est-à-dire d'un poème composé de quatorze vers répartis sur deux quatrains suivis de deux tercets. C'est ce qu'on appelle en versification une forme fixe.)

- Indiquez avec précision la disposition des rimes dans ce sonnet.

(Il s'agit de ce qu'on appelle le sonnet français, construit sur le schéma de rimes abba, abba, ccd, ede:
elle, in, in, elle

elle, in, in, elle

vant, vent, nue

éda, nue, éda.
Ce type sonnet est une forme classique, héritée de la tradition poétique depuis l'apparition du sonnet en France, dans le premiers tiers du XVIème siècle)
Note: il existe une autre forme de sonnet régulier dit « sonnet italien » : abba, abba, ccd, eed.
- Comment appelle-t-on le type de disposition des rimes dans les deux quatrains? Dans les terrcets?

(Les deux quatrains ont des rimes embrassées; les deux tercets se composent d'un distique à rimes plates et de quatre vers à rimes croisées)

- Qu'est-ce qui est mis en valeur par la composition des strophes et la disposition des rimes? (On constate que ce type de poème est très équilibré. Par ailleurs, la disposition des rimes

montre que le sonnet comporte deux mouvements distincts, avec une solidarité entre les deux quatrains et entre les deux tercets. La disposition des rimes dans les deux tercets révèle en effet qu'il s'agit en fait d'un sizain scindé en deux moitiés.)
L'alternance des rimes
- Comment appelle-t-on les rimes qui se terminent sur le son [e]?

(Ce sont des rimes dites rimes féminines. Elles se terminent par une syllabe comportant le

son [e]. Cette syllabe ne se prononce plus dans la diction moderne de la poésie et ne se compte pas dans le nombre de syllabes du vers. Pour cette raison, elle est dite syllabe surnuméraire.)
- Comment appelle-ton les rimes qui ne se terminent pas sur le son [e]?

(Ce sont des rimes dites rimes masculines.)
Le type de vers
- Quel type de vers Verlaine a-t-il choisi pour écrire ce poème?

(Ce sont des alexandrins.)
II - L'énonciation
• La présence du locuteur
- Relevez les marques directes de la présence du locuteur dans chaque strophe. Quelle est leur nature? Que constatez-vous 9

(Il s'agit de prnoms personnels de la première personne: « Je » et « j' » ; « me » et « m' ». Le

locuteur est présent dans chaque strophe.)
• Les temps et les marqueurs temporels
- Quels sont les temps dans ce texte?

(On trouve trois temps pour les modes personnels: présent, passé composé, imparfait; deux temps pour le mode impersonnel participe: passé composé : « ayant poussé » et présent : « paille­tant ».)
- Quelle est la valeur du passé composé?

(L'emploi du passé composé montre que la promenade racontée se situe dans un passé proche. Elle a eu lieu peu de temps avant que le poète la raconte. Son souvenir est donc encore vivace dans son esprit.)
- Quelle est la valeur du présent dans les strophes 2 à 4?

(Il s'agit d'un présent de description (présent de caractérisation) qui permet de caractériser différents éléments du décor.)

- Quel temps a la même valeur dans la première strophe? Quel effet produit le passage de l'imparfait de description au présent de description?

(On a l'impression que le poète note ces observations au moment même où il les découvre, au fur et à mesure de sa promenade, alors qu'on sait que le récit de cette promenade est postérieur à la promenade elle-même. En même temps, le présent suggère la permanence des éléments qui composent le jardin dont le poète avait le souvenir.)
- Quelles expressions soulignent que le jardin est resté identique à l'image qu'en a gardée le

poète?

(« Rien n'a changé » ; « J'ai tout revu » ; « toujours » ; « comme avant » ; « j'ai retrouvé ».)
• L'emploi des articles définis
Comment peut-on commenter l'emploi des articles définis dans ce contexte?

(Les articles définis, qui désignent le jardin et les différents éléments de son décor, montrent la familiarité du poète avec ce lieu. Le poète ne découvre pas ce lieu et ces éléments pour la première fois, il les retrouve. Il peut donc les désigner par les articles définis car il en a déjà des images précises dans sa mémoire.)
III - Les retrouvailles avec le jardin
• Le mouvement du poème
- En quoi peut-on dire, que le mouvement du poème rappelle la progression du poète dans le jardin?

(Le premier vers évoque le moment précis où le poète entre dans le jardin. Le vers suivant présente à la fois le cadre général: « le petit jardin » et l'action accomplie par le poète, dont les différentes étapes vont être racontées dans les strophes suivantes: « je me suis promené ». Les deux vers suivants précisent le moment de la journée: « le soleil du matin ».

Les deux strophes centrales énumèrent les différents éléments retrouvés par le poète, en soulignant chaque fois une caractéristique particulière de chacun de ces éléments. Cette énumération —annoncée par le groupe verbal « j'ai tout revu » — suit donc la progression de sa redécouverte du jardin.

Enfin, la dernière strophe indique une étape particulière, indiquée par l'emploi de l'adverbe « même », mis en valeur au début du vers. De fait, trois vers sont consacrés à la satue, alors que jusqu'à présent, chaque évocation n'occupait pas plus d'un vers. On comprend donc que le poète a fait une pause devant cette statue et même que c'est sans doute la dernière chose qu'il a regardée ou du moins celle dont la découverte l'a le plus marqué.)
• La caractérisation du décor
- Quelle atmosphère se dégage du jardin à travers l'évocation de la strophe 1?

- Quelles connotations l'adjectif « petit » prend-il dans ce contexte?

- Quelles connotations sont attachées à la promenade?

(Pistes : un lien tranquille et agréable, clos sur lui-même; douceur matinale, fraîcheur de la rosée ; jeux de la lumière sur les fleurs humides ; beauté de ce jardin, délicatement parfumé ; détente apportée par la promenade, activité plaisante).
- Pourquoi peut-on dire que les éléments du décor évoqués dans les strophes suivantes contribuent à rendre ce jardin agréable?

(Pistes: végétation aménagée pour le confort des occupants (« humble tonnelle/ De vigne fol­le »), invitation au repos et à la détente (« les chaises de rotin »), présence d'eau, d'arbres, de fleurs et d’oiseaux, légère brise, statue qui décore, alliance heureuse entre la nature libre et la nature domestiquée: tonnelle, chaise de rotin, jet d'eau.)
- Quelles figures de style reconnaissez-vous dans les strophes 2 et 3? Qu'apportent ces personifications?

(Pistes: les éléments du décor sont animés; le jardin est peuplé d'éléments naturels vivants, qui l'égaient. On remarque le mouvement enjoué, comme enfantin, de la vigne, le son agréable et ténu produit par le jet d'eau, le mouvement délicat des roses, la splendeur et la prestance des lys, le mouvement vit des alouettes.)
IV - Un poème mélancolique
- Sur quels détails de la Velléda le regard du poète s'attarde-t-il?

(Sur son effritement et sa minceur.)
- N'y-a-t-il pas quelque chose de surprenant dans cette évocation par rapport à ce qui précè­de Quels sentiments peut-elle faire naître? Que peut suggérer Verlaine à travers ces deux notations?

(Les connotations de cette évocation sont assez négatives. L'« écaillement » du « plâtre. » suggère l'usure, de la statue, donc sa vieillesse. Le sentiment du temps qui a passé, responsable de l'altération de la statue, surgit soudain dans cette évocation où tout semblait pourtant dire que justement le temps n'avait pas eu de prise sur ce jardin et n'y avait pas exercé son action destructrice. De plus, l'adjectif « grêle » révèle la fragilité de cette statue)
- Par quels procédés Verlaine met-il en valeur l'adjectif « grêle »? Quel est l'effet de cette mise en valeur?

(Adjectif séparé du reste de la strophe par un tiret, mis en apposition et placé rejet. Le mot est triplement mis en valeur, pour insister sur la fragilité de la statue.)
- Quel effet produit l'adjectif « fade » pour caractériser l'odeur du réséda?

(Cette notation surprend car rien dans ce jardin ne semblait fade, c’est à dire sans saveur, neutre, et, partant, sans intérêt, ennuyeux. Au contraire, le jardin semblait respirer la gaieté et la vivacité, réjouissant les sens. L'adjectif « fade » est d'aut.antt plus inattendu qu i1 est impropre pour caractériser le réséda, plante très odoriférante. C'est comme si la vue, de la statue abîmée avait brutalement ramené le poète à la réalité: le jardin n'était peut-être, pas aussi gai qu'il l’a cru. Peut-être a-t-il déformé la réalité du jardin en substituant à ce qu'il voyait les souvenirs heureux gravés dans sa mémoire.)
- Sur quelle impression le poème s'achève-t-il donc?

- Si l'on relit le poème à la lumière de cette dernière strophe, n'y avait-il pas déjà des éléments qui suggéraient la tristesse, la douleur diffuse? D'autres qui évoquaient l'usure des choses?

(Le poème se charge donc, à la fin, de mélancolie. Mais d'autres éléments du poème ont également une coloration mélancolique: le mauvais état de la porte; la « plainte sempiternelle » du « vieux » tremble (noter de plus l'homophonie avec le verbe trembler à la troisième personne); la banalité du décor; la solitude du poète dans ce jardin, puisque les chaises sont inoccupées. On peut supposer qu'il s'y est naguère assis en compagnie d'êtres chers ou de proches, qui ne sont plus à ses côtés désormais. La mélancolie s'est comme peu à peu emparée du poète au fur et à mesure de son évocation. L'insistance avec laquelle il affirme que « rien n'a changé » dans ce jardin nous permet de comprendre que sa mélancolie naît de l'impossibilité pour lui de se détacher du jardin du passé et d'accepter la perte des heures heureuses vécues en ce lieu.




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Ce travail, centré sur l’apprentissage de la lecture analytique d’un texte poétique (“Ma Bohême” de Rimbaud et “Après trois ans…” de Verlaine) a été réalisé par Christian ferre, agrégé de Lettres Modernes, pour ses élèves de 2de du Lycée Mistral à Avignon iconPhilippe Caubère après avoir été improvisé sous l’œil de VÉronique...

Ce travail, centré sur l’apprentissage de la lecture analytique d’un texte poétique (“Ma Bohême” de Rimbaud et “Après trois ans…” de Verlaine) a été réalisé par Christian ferre, agrégé de Lettres Modernes, pour ses élèves de 2de du Lycée Mistral à Avignon iconRésumé Comment identifier les obstacles à l'apprentissage et comment...
«au travers» des obstacles à l’apprentissage dont les principaux sont : les "conceptions" des élèves






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