L'Infâme, c'est tout ce qui manifeste l'intolérance: les vices politiques dont le peuple pâtit, le despotisme, le fanatisme religieux, l'injustice, la cupidité…





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titreL'Infâme, c'est tout ce qui manifeste l'intolérance: les vices politiques dont le peuple pâtit, le despotisme, le fanatisme religieux, l'injustice, la cupidité…
date de publication06.11.2017
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Fiche auteur. VOLTAIRE (1694-1778)

LES IDÉES DE VOLTAlRE : "Écrasez l'Infâme".

Cette devise lapidaire de Voltaire donne une unité à une vie mouvementée et à une œuvre très diverse. L'Infâme, c'est tout ce qui manifeste l'intolérance: les vices politiques dont le peuple pâtit, le despotisme, le fanatisme religieux, l'injustice, la cupidité…

Le despotisme, Voltaire s'y est frotté tout jeune quand il n'était encore que François-Marie Arouet, et qu'il fut exilé loin de Paris pour avoir, en 1716, fait courir le bruit des amours incestueuses du duc d'Orléans, alors régent; dix ans plus tard, il se heurte à la morgue des grands et se fait bâtonner par les gens du duc de Rohan-Chabot avant d'être embastillé pour avoir osé, tout roturier qu'il est, provoqué le duc en duel. Parti en Angleterre pour se faire oublier, il étudie la constitution parlementaire britannique, et se trouve séduit par le caractère de tolérance qui imprègne chaque institution de cette monarchie parlementaire. Il rassemble ses réflexions politiques dans les Lettres philosophiques (ou Lettres anglaises), l'un des ouvrages les plus influents en la matière au XVIIIe siècle. Comme d'autres penseurs, il est à la recherche d'une monarchie éclairée, dirigée par un prince soucieux exclusivement de l'intérêt de ses sujets, conseillée par des philosophes. C'est pourquoi il se rend à l'invitation de Frédéric II de Prusse. Mais bien vite, il doit déchanter: le caractère politique du gouvernement l'emporte sur le caractère humanitaire.

L'expérience anglaise marque également le début de la lutte contre le fanatisme religieux: la multiplicité des sectes protestantes contraint les sectaires à se tolérer mutuellement; tolérance qui n'existe pas en France où le catholicisme, religion d'État, est triomphant et peu porté à encourager les minorités religieuses. Outre les nombreux écrits de circonstance, Voltaire part en guerre contre l'intransigeance de certains catholiques dans sa tragédie, Zaïre (1732) qui remporte un succès considérable et ne tombe dans l'oubli que dans les premières décennies du XXe siècle. Sa lutte contre le fanatisme le conduit à prendre le parti des condamnés dans un certain nombre d'affaires judiciaires d'origine religieuse. Il publie le Traité sur la tolérance en 1763. L'acharnement qu'il met à défendre ses idées le rend gênant auprès des autorités: Louis XV ne l'apprécie guère, Frédéric II est brouillé avec lui; alors que Voltaire est très populaire, il se retrouve en position difficile après son départ de Prusse.

LA BIOGRAPHIE DE VOLTAIRE : "... entre deux rois".

Cette formule qualifie l'existence agitée de Voltaire: avant son voyage en Angleterre, il a connu une période très mondaine: il est reçu partout, est pensionné du roi, protégé par la maîtresse du duc de Bourbon. Le séjour outre-Manche dure deux ans, à son retour Voltaire construit sa fortune (1730-1735). Sa liaison avec Mme du Châtelet, qui durera seize ans, commence pendant cette période de prospérité; prospérité menacée en 1734 après la publication des Lettres philosophiques, dont la censure l'oblige à s'éloigner à nouveau de Paris.

Durant les années suivantes, les voyages alternent avec des études sur la physique et l'histoire; Voltaire commence Le Siècle de Louis XIV, publie les Éléments de la philosophie de Newton, 1738, et une Vie de Molière, 1739. En 1741, on assiste à Lille à la création de sa pièce Mahommet au succès considérable.

Il est chargé d'une mission auprès de Frédéric II de Prusse, c'est le début d'un retour en grâce: en 1745, Voltaire est nommé historiographe du roi Louis XV, en 1746, il est élu à l'Académie Française; il publie Zadig en 1748. Mais dès 1747, il déplaît à nouveau au roi qui aurait dit: « Ne fera-t-on pas taire cet homme? ». Et, lors de son installation en Prusse, il perd sa charge d'historiographe. Ses relations avec le souverain prussien se dégradent rapidement, il est séquestré en 1753 à Francfort, et éprouve bien des difficultés à regagner la France.

Ne pouvant rejoindre Paris, il acquiert la propriété des Délices près de Lausanne. C'est là qu'il compose le Poème sur le désastre de Lisbonne (1755) à la suite d'un tremblement de terre qui provoque la mort de 25.000 personnes, et Candide (1759). Le Dictionnaire philosophique portatif est repris en 1760, après son déménagement à Ferney, propriété frontalière où s'installe Voltaire puisque sa présence en Suisse est mal supportée. Ce Dictionnaire paraîtra à Genève en 1764, clandestinement et sera interdit, condamné au feu. Voltaire, comme pour Candide par exemple, prétend ne pas en être l’auteur... Au cours de cette période, il joue toutefois pleinement de son crédit pour défendre les grandes causes: en 1763, il se bat pour Calas (protestant qu’on accuse, à tort, d’avoir tué son fils) et fait réviser le procès, en 1766, c'est l'affaire de la Barre (Voltaire se révolte contre la condamnation sans preuve du jeune Chevalier : il aura la langue coupée et la tête tranchée pour avoir endommagé un monument religieux. On trouvera chez le condamné un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire…).

En 1769, Voltaire organise l'économie de son domaine de Ferney, en s'inspirant des théories modernes des physiocrates fondées sur la recherche de la productivité et le bien-être des travailleurs, en particulier les agriculteurs. Candide, c'est d'abord la lutte contre toutes les injustices, puis l'aspiration à une vie de travail utile, et même la préfiguration des bases de ce qu’on appelle aujourd’hui le libéralisme. Voltaire, qui industrialise Ferney, est persuadé que l’accès à la propriété privé enrichit toute une contrée, car en travaillant pour soi et en partageant les tâches, on sert toute la communauté.

À la mort de Louis XV (1774), Voltaire appuie les premières réformes de Louis XVI. En 1778, malade, il revient enfin à Paris pour assister à la consécration de sa gloire, lors du triomphe de sa dernière tragédie, Irène. L'alternance de reconnaissances officielles de sa valeur et d'exils prudents ne cesse qu'avec sa mort.

Dans ce bref résumé de la vie de Voltaire, mêlée si étroitement à celle de la France et de l'Europe, n'ont pas été cités les innombrables écrits de circonstances qui ont fait de Voltaire le maître à penser de son siècle: on ne cesse alors de lui demander son avis sur tout événement, qu'il commente dans ses poèmes ou ses pamphlets. Son souci constant est de démasquer le mensonge, ce qu'il appelle les « superstitions» et d'adopter une philosophie réaliste dont le but est d'assurer le bonheur de l'humanité.

"Soutenir le parti de l'humanité"

Les contes philosophiques, Zadig, Candide, Micromégas, qui assurent de nos jours la célébrité de Voltaire, étaient pour lui des écrits de moindre importance: il se croyait tragédien de génie, il est pour nous un conteur de premier ordre. Son style concis, lapidaire, son ironie mordante sont mis au service de l'individu contre l'oppression de la société, qu'elle soit de fait (emprisonnement, mise à mort) ou d'idées (systèmes philosophiques et religieux étriqués ou trop loins de la réalité). En tant qu'historien, c'est l'histoire de la nation qu'il défend, contre celle des princes: jusque-là, toute historiographie retraçait les exploits des rois et de la noblesse; Voltaire historiographe cherche à mettre en valeur l'évolution économique, sociologique, philosophique, religieuse de la France.

Le philosophe collabore à l'Encyclopédie dont il a pris avec humour et conviction la défense aussi souvent qu'elle fut attaquée. C'est pourquoi il rédige les Questions sur l'Encyclopédie (1770) où il répond aux critiques soulevées par certains articles.



Fiche auteur : DIDEROT (1713-1784)

Élevé à Langres, où son père est maître-coutelier, dans un collège de jésuites, il reçoit à treize ans la tonsure. Dans ce puissant évêché, il aurait trouvé ainsi une source de revenus, mais il quitte sa ville natale et la carrière ecclésiastique pour se rendre à Paris où il mène une vie de bohème pendant près de sept ans. Lorsqu'il écrit le Neveu de Rameau (1762), Diderot se souvient de ces années de jeunesse où une aisance fugitive cédait souvent la place à une misère à peine voilée:

 « Aujourd'hui en linge sale, en culotte déchirée, couvert de lambeaux, presque sans souliers, il va la tête basse, il se dérobe, on serait tenté de l'appeler pour lui donner l'aumône. Demain, poudré, chaussé, frisé, bien vêtu, il marche la tête haute, il se montre, et vous le prendriez à peu près pour un honnête homme. Il vit au jour la journée; triste ou gai, selon les circonstances. »

À trente ans, Diderot épouse une marchande de lingerie dont il aura quatre enfants ;. seule survivra Marie-Angélique, la dernière. 1746 est une année importante pour Diderot: il est engagé pour traduire la Cyclopaedia de Chambers, qui lui inspire l'idée de l'Encyclopédie. C'est à cette occasion qu'il rencontre d'Alembert, mathématicien et philosophe, et qu'il commence à collaborer avec lui. Jusqu'alors, Diderot est connu comme traducteur; en 1746, il publie sa première œuvre, les Pensées philosophiques, condamnées par le parlement de Paris.

Commence ainsi la carrière littéraire et philosophique de Diderot, constamment entravée par la censure: la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient l'envoie en prison au château de Vincennes où il reçoit la visite de Rousseau, déterminante pour ce dernier. Le manuscrit de la Promenade du sceptique (1752) est saisi, tandis que la Sorbonne censure, dans l'Encyclopédie, l'article de l'abbé de Prades sur la spiritualité de l'âme. Les Jésuites n'auront de cesse d'empêcher la publication du dictionnaire de Diderot et leurs attaques ne seront interrompues que par la dissolution de leur ordre en 1762. Diderot est qualifié par la police "d'homme très dangereux".

Les relations avec ses contemporains sont chargées elles aussi de conflits : l'entente avec Jean-Jacques Rousseau se clôt par une rupture retentissante en 1758 ; un froid s'installe la même année entre Diderot et d'Alembert qui veut abandonner l'Encyclopédie; la correspondance avec Sophie Volland, en revanche, traduit la profondeur de leur sentiment, celle avec Grimm également, sur le plan de l'amitié. À la demande de ce dernier, Diderot rédige ses "salons" où il écrit la production picturale de son époque, inaugurant une tradition que perpétueront Baudelaire au XIXe siècle et Malraux au XXe siècle. Denis Diderot entretient des relations épistolaires avec Catherine II de Russie qui lui rachète sa bibliothèque en 1765, constituant ainsi la dot de la fille de l'écrivain, et qui l'invite en Russie où il se rend en 1773. Cette année-là, il révise le Neveu de Rameau, Jacques le fataliste, le Paradoxe du comédien et rédige le Supplément au voyage de Bougainville. Dans les dix dernières années qui lui restent à vivre, son activité littéraire consiste essentiellement à remanier des écrits parfois déjà publiés. Il s'éteint le 31 juillet 1784, quelques mois après Sophie Volland.
"UNE DIABLE DE PHILOSOPHIE !"

Dans l'une de ses lettres, Diderot avoue la contradiction que reflète chacun de ses écrits:

 « J'enrage d'être empêtré d'une diable de philosophie que mon esprit ne peut s'empêcher d'approuver, ni mon cœur de démentir. »

S'il suit le penchant de son esprit, Diderot est un matérialiste, voire un matérialiste athée dans un siècle où même les esprits forts sont pour le moins déistes (ils croient en un dieu sans se sentir liés à une religion organisée): selon lui, l'homme n'est pas le centre du monde, Dieu ne l'a pas fait à son image; l'univers s'est constitué peu à peu à partir de la matière en fermentation, et on est loin d'en connaître la diversité: « Combien de mondes estropiés, manqués, se sont dissipés, se reforment et se dissipent peut-être à chaque instant dans des espaces éloignés où je ne touche point, et où vous ne voyez point, mais où le mouvement continue et continuera de combiner des amas de matières, jusqu'à ce qu'ils aient obtenu quelque arrangement dans lequel ils puissent continuer. » (Lettre sur les aveugles).

Diderot croit donc en une vision matérialiste et déjà déterminée du monde; Jacques le fataliste ne cesse de répéter que « tout a été écrit à la fois. C'est un grand rouleau qu'on déploie petit à petit ». Opinion que ne partage pas tout à fait son créateur, car elle est démentie par son cœur. S'il suit le penchant de son cœur, Diderot abandonne la froideur et l'objectivité du philosophe, pour suivre les élans de la sensibilité: « Heureux celui qui a reçu de nature une âme sensible et mobile! Il porte en lui la source d'une multitude d'instants délicieux que les autres ignorent. » (Lettre à Sophie Volland).

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