Lecture historique dialoguéE





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date de publication06.11.2017
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LECTURE HISTORIQUE DIALOGUÉE:
LE PROCES DE CAUCHON.


( Pour être lue en classe par les élèves pendant l’étude de la période historique correspondante. Cette lecture permet aux élèves de participer à l’enseignement. Elle appelle de la part du professeur de nombreux développements et commentaires. La lecture peut être reprise plusieurs fois, avant, pendant et après le cours, et en changeant, si l’on veut, la répartition des rôles… Naturellement on peut aussi la jouer sur une scène! )
PERSONNAGES
0 - L’historien de service, Le Juge, Cauchon.

1 - Premier commissaire, Jean de Luxembourg.

2 - Deuxième commissaire, le duc de Bedford.

3 - Troisième commissaire, le duc de Bourgogne.

4 - Quatrième commissaire, Charles VII.

5 - Cinquième commissaire, le Pape.

6 - Sixième commissaire, Jeanne.
Pour ne pas surcharger les lecteurs, le texte a été divisé en courtes séquences à deux personnages. Seuls les rôles du Juge et de Cauchon sont lourds: on peut envisager de remplacer les lecteurs après la première séquence.
________________________


Prologue.

L’HISTORIEN DE SERVICE - Lors du procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc, l’évêque Cauchon, son principal juge, qui était mort dans l’intervalle et ne pouvait par conséquent se défendre, fut très lourdement chargé. Indigné, celui-ci (comme s’il avait pu, du séjour des morts, prendre des initiatives) demande à son tour à être réhabilité. Il obtient de faire comparaître tous les acteurs du drame et les fait interroger pour qu'ils dévoilent quelle fut leur part de responsabilité dans la condamnation de Jeanne... D’où il apparaît que Cauchon n’a peut-être été qu’un simple exécutant. On fait même comparaître Jeanne, comme auteur de son propre malheur, qui reconnaît que, si elle était restée à Domrémy à garder ses moutons, rien ne se serait passé. Naturellement tout ce qui suit est une fiction et le Juge auquel s’adresse Cauchon un personnage complètement imaginaire: Mais la fiction est souvent un très bon moyen d’exposer et de comprendre l’Histoire. Ecoutez: c’est l’évêque Cauchon qui parle au juge devant lequel il présente sa requête…

CAUCHON - C’est une sorte de scandale: regardez, je vous ai apporté quelques libelles: “Cauchon, c’est sa faute” en gros caractères! “L’ignoble Cauchon!” sur cinq colonnes... “A Cauchon, cochon et demi!”... Cochon et demi étant écrit comme l’animal: cochon!

LE JUGE - Que voulez-vous que j’y fasse?

CAUCHON - J’ai été dans cette affaire le plus honnête des juges, le plus courtois, le plus patient. C’est trop facile!

LE JUGE - Expliquez-moi un peu les choses.

CAUCHON - Avez-vous la mémoire si courte? J’ai fait condamner et brûler, cela fait une bonne vingtaine d’années, une jeune... comment dirais-je, enchanteresse, ou... j’hésite maintenant: sorcière! qui avait honteusement soutenu les Français contre les Anglais, jusqu’à leur donner par magie quelques victoires militaires et jusqu’à faire couronner roi leur Dauphin!

LE JUGE - Un imposteur donc! Bon, eh bien, mais c’est très bien! Excellent juge, bonne condamnation...

CAUCHON - Naturellement. Mais le vent a tourné: les Anglais, qui ont finalement été battus, s’en vont. Quant aux Français, ils relèvent la tête, leur roi est décidément bien leur roi et ils ne veulent plus avoir été sauvés par une sorcière, mais par une sainte. Ils ont donc entrepris de réhabiliter la jeune... en fait, ce n’était à l’origine qu’une bergère... Et moi, j’ai l’air de quoi?

LE JUGE - Oui, je comprends. Comment s’appelait-elle?

CAUCHON - Jeanne d’Arc, native de Domrémy.

LE JUGE - Ah! Vous m’en direz tant! Mais oui, maintenant je me souviens, j’ai lu ça autrefois dans les chroniques. Jeanne d’Arc! Elle est donc réhabilitée! Et c’était vous le...

CAUCHON - Qui, moi? Quoi?

LE JUGE - Je veux dire: c’était vous le Cauchon qui...

CAUCHON - Oui, c’était moi. Moi, le Cauchon qui l’a fait brûler. Et maintenant que je suis mort, ils en profitent pour tout me mettre sur le dos. Naturellement! quand on n'est pas là pour se défendre! Mais je suis totalement innocent. J’aurais, selon leurs dires, poursuivi l’accusée d’une haine mortelle! C’est intolérable... Mon procès était parfaitement objectif.

LE JUGE - Vous savez, on a toujours tort d’être mort.

CAUCHON - C’est bien ce dont je suis en train de me rendre compte. Vous qui êtes juge en ce lieu, que pouvez-vous faire pour moi?

LE JUGE - Tout ce que je peux vous proposer, c’est d’organiser ici votre propre procès en réhabilitation.

CAUCHON - Ici! Mais tous les témoins ne sont pas ici, dans ce séjour des morts!

LE JUGE - Cela ne fait rien: pour des causes graves, j’ai le pouvoir de consulter et les morts et les vivants.

CAUCHON - Vous feriez ça?

LE JUGE - Mais oui. Dans ce jardin enchanté, nous tenons à ce que tous nos pensionnaires aillent l’âme en paix. Je vais arranger ça. Je reviens de suite. (il sort)
CAUCHON - J’ai tout de même beaucoup de chance. Après tout ce qu’on a dit de moi, j’aurais dû tout naturellement me retrouver en enfer. Et puis voilà qu’après mon décès j’ai été acheminé vers un lieu plutôt agréable, un séjour des morts tout à fait accommodant, où je jouis de multiples garanties. On s’y emploie même à me réhabiliter! Si j’avais su...
LE JUGE – (rentrant) Voilà, tout est prêt, J’ai amené avec moi les six commissaires-interrogateurs qui vont être nécessaires à la tenue de votre contre-procès. Nous allons commencer.

CAUCHON - Ah, diable! ...Oh pardon! ... Vous êtes expéditif!

LE JUGE - Messieurs les commissaires, nous vous appellerons les uns après les autres quand nous aurons besoin de vous. Pour le moment prenez place au fond de la salle d’audience. Je frappe sur la table avec mon marteau: Procès en réhabilitation de l’évêque Cauchon, pour le laver de la condamnation par lui prononcée contre Jeanne d’arc, maintenant reconnue innocente. Les témoins sont prêts. Qui voulez-vous que nous convoquions pour commencer?

CAUCHON - Pourquoi pas Jean de Luxembourg? Ce salaud a tout de même touché dans l’histoire dix mille couronnes pour livrer la fille aux Anglais! S’il y en a un qui est responsable...

LE JUGE - Très bien: premier commissaire veuillez enquêter sur Jean de Luxembourg!
- 1 -

JEAN DE LUXEMBOURG - Je suis Jean de Luxembourg...

PREMIER COMMISSAIRE - Bien. C’est vrai, ce qui vient d’être dit?

JEAN DE LUXEMBOURG - Vous voulez dire les dix mille couronnes?... Ce n’est peut-être pas si simple... Mais en gros, oui: c’était ma prisonnière et j’avais droit à une rançon.

PREMIER COMMISSAIRE - Une rançon? Où l’aviez-vous faite prisonnière?

JEAN DE LUXEMBOURG - Sous les murs de Compiègne. Un engagement assez idiot... Les Français étaient sortis sur un coup de tête, ils se sont fait refouler en désordre et cette fille, qui était dans l’avant-garde, s’est fait prendre. Pour un peu, on aurait cru qu’ils l’avaient fait exprès!

PREMIER COMMISSAIRE – Qui? Les Français? Ça ferait une responsabilité de plus? Mais nous verrons ça plus tard, si nécessaire. Passons... Dix mille couronnes, c’est une grosse somme pour la rançon d’un prisonnier?

JEAN DE LUXEMBOURG - Oui, assez, je ne me plains pas!

PREMIER COMMISSAIRE - C’est le prix fixé pour un prince de la famille royale, au moins.

JEAN DE LUXEMBOURG - J’avais fait un peu monter les enchères... Puisque ça marchait!

PREMIER COMMISSAIRE - Il y a pourtant quelque chose que je ne comprends pas.

JEAN DE LUXEMBOURG - Quoi donc?

PREMIER COMMISSAIRE - Une rançon, n’est-ce pas ce qu’on reçoit pour rendre à un prisonnier sa liberté?

JEAN DE LUXEMBOURG - Oui, c’est vrai, eh bien?

PREMIER COMMISSAIRE - Et au lieu de restituer Jeanne aux Français, vous l’avez livrée aux Anglais!

JEAN DE LUXEMBOURG - C’est à dire que... c’est eux qui avaient payé!

PREMIER COMMISSAIRE - Il ne s’agissait donc pas exactement d’une rançon!

JEAN DE LUXEMBOURG - N’ergotons pas!

PREMIER COMMISSAIRE - C’était un marché. Livrer Jeanne aux anglais, c’était la livrer à la mort. C’est donc vous qui l’avez condamnée à mort. Pour de l’argent! Honte sur vous.

JEAN DE LUXEMBOURG - Vous allez vite en affaires...

PREMIER COMMISSAIRE - C’est imparable! C’est d’affaires en effet qu’il s’agit... Vous l’avez vendue, ni plus ni moins.

JEAN DE LUXEMBOURG - Je n’avais plus le sou... Je ne savais pas ce que les Anglais en feraient...

PREMIER COMMISSAIRE - Ne faites pas l’innocent... Ils l’avaient assez dit.

JEAN DE LUXEMBOURG - Il fallait que je refasse la toiture de mon château.

PREMIER COMMISSAIRE - Pourquoi n’avez-vous pas cherché à traiter avec le roi de France?

JEAN DE LUXEMBOURG - Pour tout dire, j’aurais bien voulu et j’ai fait des démarches dans ce sens. Mais le roi de France, enfin le soi-disant tel, était avare comme pas un: dix mille couronnes, c’était beaucoup trop pour lui. Et puis surtout, mon suzerain, le duc de Bourgogne, s’y est opposé. Il était du parti des Anglais.

PREMIER COMMISSAIRE - Il était français, pourtant, comme vous. Et sujet du roi de France.

JEAN DE LUXEMBOURG - Oui, mais il avait pris le parti des Anglais. Que voulez-vous que j’y fasse?

PREMIER COMMISSAIRE - Un rebelle, alors. Donc, pour résumer, vous avez vendue Jeanne aux Anglais pour dix mille couronnes.

JEAN DE LUXEMBOURG - J’ai mis très longtemps à m’y résoudre, vous savez...

PREMIER COMMISSAIRE - Vous n’aviez pas la conscience très tranquille?

JEAN DE LUXEMBOURG - Jeanne est restée quatre longs mois dans ma demeure, très bien traitée, avec ma mère et ma soeur. Elle couchait dans le lit de ma mère, pour lui tenir chaud! Et ma mère m’avait même fait promettre de ne jamais la livrer... Et puis... il y a des arguments auxquels on ne résiste pas.

PREMIER COMMISSAIRE - Je vous remercie.
LE JUGE - C’est bien embrouillé, cette histoire. J’ai beau faire des efforts, je n’y comprends pas grand' chose...

CAUCHON - Oui, c’est effectivement une histoire très compliquée. Mais si vous voulez y voir plus clair, envoyez donc un questionneur au feu duc de Bedford, qui était l’oncle du roi d’Angleterre et le régent de France. Il vous expliquera.

LE JUGE - Volontiers... Mais...

CAUCHON - Le roi d’Angleterre n’était alors qu’un tout petit garçon et c’est son oncle qui gouvernait...

LE JUGE - J’ai compris... Allons!
- 2 -

LE DUC DE BEDFORD - Je me présente: duc de Bedford, régent de France.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Puis-je vous poser quelques questions concernant Jeanne, dite la Pucelle.

LE DUC DE BEDFORD - Jeanne la Pucelle. Ah oui! je me souviens vaguement.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - C’est donc vous, les Anglais, qui avez racheté Jeanne à Jean de Luxembourg pour dix mille couronnes.

LE DUC DE BEDFORD - Oui. C’était une grosse somme. Nous avons dû lever des impôts.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Justement! Vous pouvez m’expliquer pourquoi une si grosse somme?

LE DUC DE BEDFORD - C’est bien simple... Non en fait ce n’est pas tellement simple... il faut que je remonte quelque peu en arrière.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Remontez, Monseigneur.

LE DUC DE BEDFORD - Nous autres, Anglais, nous avions entrepris la conquête de la France.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - La conquête de la France! Comme ça sur un coup de tête.

LE DUC DE BEDFORD - Oh non! C’était très réfléchi? Cela durait depuis déjà presque cent ans... Nous aimons beaucoup la France et nous avions déjà pris l’habitude de venir y faire de longues promenades. Jusqu’ici, malgré nos victoires, ça n’avait pas bien marché. Mais cette fois, nous avions trouvé un vraiment bon prétexte: notre roi Henri VI se trouvait être, en vertu du traité de Troyes et du mariage de son père avec la fille du feu roi Charles VI, le véritable nouveau roi de France.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Ah bon! Mais tout était clair alors.

LE DUC DE BEDFORD - Non, parce qu’il y en avait qui prétendaient que le fils de Charles VI, appelé communément le Dauphin, devait au contraire, devenir, lui, le véritable roi de France.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Je vois. Mais alors... Qui avait raison?

LE DUC DE BEDFORD - Nous, bien sûr. Vous allez comprendre: le supposé fils de Charles VI était en réalité un bâtard, ce qui veut dire que ce n’était pas le fils de son père et qu’il n’avait aucun droit au trône!

DEUXIÈME COMMISSAIRE - On en était sûr?

LE DUC DE BEDFORD - Nous autres, Anglais, oui. Et beaucoup de Français avaient adopté notre point de vue et s’étaient alliés avec nous: en particulier le duc de Bourgogne, qui était le plus grand seigneur de ce temps. Cela nous donnait en grande partie raison... Il faut dire aussi que, plus ils venaient en France, mieux les Anglais s’y sentaient. Le soleil, la douceur du climat, la fertilité du sol, la bonne humeur des femmes: est-ce que ce n’est pas suffisant pour avoir envie de venir s’installer? ... Si vous connaissiez l’Angleterre! Bref, on en est là et on va gagner. En conséquence de quoi, les rares Français qui tiennent encore le parti du Dauphin sont tellement découragés qu’ils ont presque renoncé à combattre.

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Alors, je ne vois plus où est le problème!

LE DUC DE BEDFORD - Mais c’est bien ce que vous dites: il n’y en avait plus! Dès lors, il faut comprendre notre fureur quand cette fille dont nous parlons, cette Jeanne d’Arc, par ailleurs dénommée la Pucelle, vient rendre courage aux troupes du Dauphin, les rassemble, et leur permet, par tromperie, de remporter quelques victoires...

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Ah oui: Orléans? Elle vous fait lever le siège d’Orléans?

LE DUC DE BEDFORD - Oui, c’est ça. Déplorable!

DEUXIÈME COMMISSAIRE - Et puis ensuite Patay?

LE DUC DE BEDFORD - Oui, la bataille de Patay aussi, une sorte de riposte à Azincourt, les archers anglais s'enfuient! Mais surtout elle emmène le Dauphin à Reims pour le faire couronner roi. Goddam... Ce qui veut dire en anglais: que Dieu me damne! Cette pucelle, qui a retourné l’âme des Français, nous la considérons comme une sorcière et nous voulons l’avoir: et pour l’avoir, nous la rachetons très cher à Jean de Luxembourg qui vient, comme nous venons de le voir, de la faire prisonnière.

DEUXIEME COMMISSAIRE - Tout est dit, je crois.
CAUCHON - Vous voyez qu’il avoue! C’est lui le coupable et je ne vois pas ce que je viens faire là-dedans. Mon innocence est patente. S’il n’y avait pas eu les Anglais...

LE JUGE - A vouloir aller trop vite, vous compromettriez votre cause... Mais j’ai une nouvelle curiosité: ce que les Anglais ont fait en France, ils ne l’auraient pas fait sans l’appui du duc de Bourgogne?

CAUCHON - Evidemment non!

LE JUGE - Ce Duc de Bourgogne, mi-français, mi-anglais, est quand même un personnage étrange. Faisons-le donc interroger.

CAUCHON - Vous avez raison: politiquement, il ferait un parfait coupable.
- 3 -

LE DUC DE BOURGOGNE - Je m’appelle Philippe le Bon... le Bon, je vous le fais remarquer au passage! et je suis le duc de Bourgogne... Mais ne vous y trompez pas, bien que je ne sois qu’un simple duc, je suis le plus puissant personnage de l’époque. Mes états s’étendent depuis la Bourgogne et le centre de la France, jusqu’aux rivages de la Manche et même de la mer du Nord, puisque je suis aussi le maître du Luxembourg, de la Flandre et de la Hollande... Un territoire aussi riche que peuplé! Ma capitale est pratiquement Bruxelles, d’où je suis bien placé pour négocier avec les Anglais.

TROISÈME COMMISSAIRE - Bon, je vous crois. Pourquoi, bien que sujet du roi de France, vous êtes-vous rangé du côté des Anglais?

LE DUC DE BOURGOGNE - Oh! C’est bien simple: premièrement, parce que le roi d’Angleterre était devenu le roi de France...

TROISÈME COMMISSAIRE - Ah oui! Le traité de Troyes...

LE DUC DE BOURGOGNE - Précisément.

TROISÈME COMMISSAIRE - Et les prétentions du Dauphin? Vous êtes vraiment sûr que ce n’est pas lui qui devait réellement monter sur le trône de France.

LE DUC DE BOURGOGNE - J’en suis d’autant plus sûr que, deuxièmement, je ne lui pardonnerai jamais d’avoir fait assassiner, ou d’avoir lui-même assassiné mon père, Jean Sans Peur...

TROISÈME COMMISSAIRE - Qu’est-ce que c’est que cette histoire?

LE DUC DE BOURGOGNE - Vous n’étiez pas au courant?

TROISÈME COMMISSAIRE - Non. Racontez-moi ça.

LE DUC DE BOURGOGNE - Ca s’est passé au pont de Montereau, au confluent de l’Yonne et de la Seine. Mon père, Jean Sans Peur, donc, tentait une ultime démarche pour se rapprocher de la France... Il devait avoir une entrevue avec le Dauphin. Ils se sont rencontrés au milieu du pont... pour discuter. Et en fin de compte il l’a tué!

TROISÈME COMMISSAIRE - Attendez: Qui a tué qui?

LE DUC DE BOURGOGNE - Le Dauphin a tué mon père, Jean Sans Peur!

TROISÈME COMMISSAIRE - Ah! ...Votre père aurait mieux fait d’avoir un peu peur ce jour-là... Mais je comprends mieux votre position. Vous le haïssiez?

LE DUC DE BOURGOGNE - Profondément.

TROISÈME COMMISSAIRE – Ça n’est pas très chrétien!

LE DUC DE BOURGOGNE - Vous savez, j’ai beaucoup aimé l’argent, le plaisir, le pouvoir. Rien de tout cela n’est très chrétien. Je ne m’en suis pas plus mal porté.

TROISÈME COMMISSAIRE - Et, politiquement, qu’est-il arrivé?

LE DUC DE BOURGOGNE - Je me suis définitivement tourné vers l’Angleterre. Tout le nord de la France était d’ailleurs avec moi, pour les Anglais. Le Dauphin n’avait plus pour lui que les provinces du sud, en dessous de la Loire... Tenez, puisque vous vous intéressez à cette jeune fille...

TROISÈME COMMISSAIRE - Oui. Eh bien?

LE DUC DE BOURGOGNE - Vous savez qu’un de ses principaux titres de gloire, c’est d’avoir obligé les Anglais à lever le siège d’Orléans.

TROISÈME COMMISSAIRE - Oui, on m’a dit ça. En tout cas, ça doit être écrit dans les papiers.

LE DUC DE BOURGOGNE - Et pourquoi était-ce si important? Précisément parce qu’il n’y avait pas tellement de ponts sur la Loire à cette époque, et parce que, à Orléans, on en avait justement construit un, très large et très beau, sur lequel les Anglais comptaient bien passer pour envahir définitivement les terres du Dauphin, au sud de la Loire.

TROISÈME COMMISSAIRE - C’est extrêmement intéressant. Je m’étais personnellement toujours demandé pourquoi on avait fait tout un plat de ce siège d’Orléans, où ne se sont affrontés, en fait, tout au plus quelques milliers de combattants.

LE DUC DE BOURGOGNE - Vous avez la réponse. C’était un point stratégique. Et vous comprenez mieux peut-être pourquoi les Anglais en ont tellement voulu à... Jeanne. Elle avait mis par terre tous leurs plans: en reprenant Orléans elle verrouillait le royaume de France.

TROISÈME COMMISSAIRE - Et donc vous, duc de Bourgogne, vous les avez soutenus. Et vous avez chrétiennement fait pression sur votre vassal Jean de Luxembourg pour qu’il livre Jeanne aux Anglais.

LE DUC DE BOURGOGNE - Bien entendu.

TROISÈME COMMISSAIRE - Merci, Monseigneur. J’aurais eu beaucoup d’autres choses à vous demander, mais pour le moment ce sera tout.
CAUCHON - Vous voyez, c’était tout un complot! Ils se sont tous entendus pour perdre cette pauvre Jeanne. Moi, je n’y suis vraiment pour rien.

LE JUGE - D’après ce qui vient d’être dit, vous avez surtout été d’une incroyable naïveté, vous laissant manipuler par tous ces puissants personnages.

CAUCHON - Moi, naïf... Mais savez-vous que j’avais la réputation d’être au contraire un retors et rusé politique! J’en ai donné beaucoup de preuves.

LE JUGE - Chacun d’entre nous a ses faiblesses. Tant pis pour vous... J’aimerais beaucoup entendre le Dauphin.

CAUCHON - Si vous voulez. Mais il est encore vivant, lui, et, depuis que Jeanne l’a fait couronner à Reims, il est toujours roi de France. Il a beaucoup changé...

LE JUGE - Cela ne fait rien...
- 4 -

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Vous êtes bien Charles VII, roi de France.

CHARLES VII - Oui, je le suis.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Vous souvenez-vous, Sire, du temps où vous n’étiez encore que Dauphin de France, réfugié à Chinon?

CHARLES VII - C’est bien loin. Maintenant je suis le roi, la France est complètement délivrée des Anglais et je tiens fermement la situation en main.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Jeanne d’Arc, cela vous dit encore quelque chose.

CHARLES VII - Oui, bien sûr: d’autant que l’on vient d’achever son procès en réhabilitation, auquel je me suis beaucoup intéressé, et de la laver définitivement de tout soupçon de sorcellerie. Nous en sommes profondément heureux. Sa gloire illumine tout le Royaume.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Précisément, Sire, j’ai pour mission de vous demander pourquoi vous n’avez pas cherché à éprouver plus tôt ce bonheur.

CHARLES VII - Que voulez-vous dire exactement?

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Quand elle a été capturée sous les murs de Compiègne, vous qu’elle avait pourtant fait couronner à Reims, vous semblez n’avoir rien tenté ni pour la délivrer ni pour la racheter...

CHARLES VII - Mon Dieu, mais qui vous a dit cela?

QUATRIÈME COMMISSAIRE - En tout cas personne ne m’a dit le contraire.

CHARLES VII - Voici la vérité. Nous avons bien sûr été très ennuyés de sa capture... Mais elle était bien au chaud chez Jean de Luxembourg, qui n’était pas un mauvais bougre et, il faut bien le dire, après ses victoires - dont je lui étais d’ailleurs toujours très reconnaissant - elle était devenue...

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Elle était devenue quoi?

CHARLES VII - Disons le mot: un peu encombrante. D’abord elle était terriblement autoritaire: “au nom de mon Seigneur Dieu, il faut faire ceci ou cela...” Et souvent c’était complètement idiot! Et puis surtout, elle ne comprenait rien à la politique.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Mais vous saviez bien qu’un jour ou l’autre, à guerroyer ici et là, elle tomberait entre les mains des Anglais!

CHARLES VII - Mon Dieu, c’était un risque à prendre... D’autre part Jean de Luxembourg demandait vraiment très cher et je croyais avoir le temps: le duc de Bourgogne m’avait donné des assurances... Et puis tout s’est passé très vite! Et j’ai été encore plus ennuyé quand j’ai vu que les Anglais avaient réussi à la faire condamner par des Français, et dans un tribunal d’Eglise...

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Ah oui: le fameux Cauchon, évêque de Beauvais.

CHARLES VII - Oui, un traître que les Anglais avaient à leur solde.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - ... Bien qu’il eût été en effet un évêque proprement français.

CHARLES VII - Des mauvais Français, il y en avait beaucoup à cette époque.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Elle a été brûlée comme hérétique et sorcière: c’était tout de même ennuyeux pour vous qu’elle avait fait couronner.

CHARLES VII - En matière d’intoxication, les Anglais ont toujours été très forts. Mais leurs excès se sont finalement retournés contre eux puisque, sans tarder, ils ont dû abandonner la partie.

QUATRIÈME COMMISSAIRE - Merci, Votre Majesté, de votre témoignage.
CAUCHON - Je n’admets pas qu’il me traite de mauvais Français. Lui, ce n’était qu’un usurpateur.

LE JUGE - Il l’était peut-être hier. Aujourd’hui, il ne l’est plus.

CAUCHON - Comment voulez-vous qu’on s’y reconnaisse? Toutes ces magouilles... En tout cas, s’il avait voulu, il aurait pu racheter Jeanne. A sa place, à défaut d’argent, j’aurais mobilisé une armée toute entière pour donner l’assaut... Savez-vous qu’un capitaine français, La Hire, un ami de Jeanne en plus, occupait la ville de Louviers, qui n’est qu’à vingt lieues de Rouen où se jugeait Jeanne: il aurait suffi d’un opération bien mené!

LE JUGE - Il reste en tout cas que c’est à vous, monseigneur Cauchon, que tout ce petit monde s’est adressé pour faire exécuter sa sentence.

CAUCHON - Vous ne m’aurez pas. Je cite à comparaître le Pape.

LE JUGE - Vous connaissez toutes les ficelles.

CAUCHON - Bien sûr! Mais je voudrais auparavant m’entretenir longuement avec son questionneur.

LE JUGE - Autant que vous voudrez... La séance est provisoirement levée... Eh bien, est-ce fait? ... Très bien: nous reprenons.
- 5 -

LE PAPE - Je suis le Pape.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Votre Sainteté... Monseigneur Pierre Cauchon dit qu’il a rendu son verdict contre Jeanne conformément à la doctrine constante de l’Eglise: de telle sorte que, si quelqu’un doit être reconnu responsable, c’est elle.

LE PAPE - Elle: vous voulez dire l’Eglise! ...Qui prétend juger la justice de Dieu?

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Mais... les hommes tout simplement. Qui voudriez-vous que ce soit?

LE PAPE - C’est indécent. Et d’autre part je trouve aussi très abusif d’être personnellement mis en cause.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Jeanne a pourtant si souvent fait appel à vous. Pour une fois que vous vous montrez! De quoi exactement était-elle accusée?

LE PAPE - De rien en particulier: c’étaient tout simplement les Anglais qui nous l’avaient livrée... Mais au cours du procès, rassurez-vous, elle a été trouvée coupable.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Vous me rassurez en effet. De quoi?

LE PAPE - Eh bien, pour commencer de soixante-dix offenses... J’ai le dossier complet ici... qui par la suite, comme cela faisait tout de même beaucoup, ont été réduites à douze: vous voyez notre générosité!

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Et les plus graves des ces offenses?

LE PAPE - Eh bien d’abord, elle disait: Jésus, premier servi!

CINQUIÈME COMMISSAIRE - En effet, on n’a pas le droit de vous marcher comme ça sur les pieds.

LE PAPE - Je les ai très sensibles. Je suis l’Eglise militante. Et ensuite, elle entendait des voix.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - C’est défendu?

LE PAPE - Quand c’est le diable qui parle, oui.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Et dans son cas c’était le diable?

LE PAPE - Incontestablement.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Comment saviez-vous que ce n’était pas Dieu qui lui parlait.

LE PAPE - Impossible! Il nous aurait avertis.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Croyez-vous à l’existence du diable?

LE PAPE - Personnellement non. Mais c’est dans l’Eglise une longue tradition, je n’y peux rien... Et puis, tout le monde y croit: alors mes positions personnelles...

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Quoi qu’il en soit, lorsqu’on est soupçonné d’entendre la voix du diable, on doit être brûlé. C’est bien ça?

LE PAPE - Vous savez, le peuple est très exigeant.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Bon Dieu, c’est vous le chef, oui ou non?

LE PAPE - Ne jurez pas... D’ailleurs, nous avions consulté des quantités de théologiens, en particulier ceux de l’Université de Paris, les plus renommés. Ils étaient tous d’accord: le bûcher.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Passons outre. Autre grief?

LE PAPE - Enfin elle portait des chausses... je veux dire des habits d’homme.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Et alors?

LE PAPE - C’est interdit!

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Je ne vois pas ce que cela peut faire de porter des chausses...

LE PAPE - Cela met en évidence la forme des fesses, que les femmes ont particulièrement rondes.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Et c’est mal, ça?

LE PAPE - C’est impudique. Ca excite! Nos Saintes Écritures sont formelles! Deutéronome, livre 22, verset 5: “Une femme ne portera pas un habit masculin.”

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Il y a en effet de quoi vous fermer la bouche... Sous peine de mort?

LE PAPE - ... Cela se peut.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Et dans le cas de Jeanne, vous me confirmez que si elle a été brûlée, c’est parce que, après avoir consenti à remettre une robe, elle a finalement repris ses habits masculins.

LE PAPE - Oui. Elle a ...fauté de nouveau. C’est ce qui lui a valu d’être qualifiée de relapse, ce qui veut dire en latin qu’elle est retombée dans son péché. C’est clair? Devant nos tribunaux, ça ne pardonne pas.

CINQUIÈME COMMISSAIRE - Je vous remercie... Ah! Si, encore une question, de pure forme: êtes-vous chrétien?

LE PAPE - Naturellement... Insolent!
CAUCHON - Vous voyez bien que je n’y suis pour rien.

LE JUGE - C’est vrai que dans le contexte, vous jouez plutôt les sous-fifres.

CAUCHON - Tout au plus... il me vient une image: je ne suis que la pince dont tout ce beau monde s’est servi pour saisir l’encombrante Pucelle.

LE JUGE - Oui: mais la pince quand même!

CAUCHON - La pince, si vous voulez: mais forgée au feu de l’Eglise et de la politique...

LE JUGE - Bonne formule. Très adroite!

CAUCHON - Pauvre pince! Coupable, elle? Ah! Si je n’avais pas reçu l’éducation que j’ai reçue, si dès mon enfance...

LE JUGE - Un peu de décence tout de même!

CAUCHON - ... Si dès mon enfance je n’étais pas tombé entre les mains de ces chattemites...

LE JUGE - Allons donc! Vous en étiez: une éminente!

CAUCHON - ... S’ils ne m’avaient pas longuement travaillé au corps et à l’âme, j’aurais pu être un autre homme: généreux, juste, enthousiaste, tolérant, pitoyable...

LE JUGE - Votre affaire est en bonne voie: ne la gâchez pas.

CAUCHON - J’aimerais qu’on appelle Jeanne.

LE JUGE - Vous êtes gonflé! Elle-même?

CAUCHON - Oui.

LE JUGE - Elle vous a fortement critiquée naguère: elle vous appelait son ennemi capital!

CAUCHON - Naturellement: la pauvre fille, sur le coup! Je lui ai depuis longtemps pardonné.

LE JUGE - Vous persistez à la faire venir?

CAUCHON - Plus que jamais.
- 6 -

JEANNE - Me voici.

SIXIÈME COMMISSAIRE - Jeanne, vous connaissez tous ceux qui viennent de parler.

JEANNE - Oui, plus ou moins.

SIXIÈME COMMISSAIRE - Ils pourront porter témoignage: vous n’avez pas été pendant votre vie un sujet facile et, lorsque vous avez été mise en procès, vous êtes devenue particulièrement hautaine et insolente.

JEANNE - Je suis faite ainsi... Est-ce péché? Où voulez-vous en venir?

SIXIÈME COMMISSAIRE - Je commence par ce qui s’est passé avant votre capture: vous avez quitté Domrémy sans la permission de vos parents, vous avez exigé du Dauphin, qu’il vous donne une armée, vous avez copieusement réprimandé ce pauvre Dunois, qui faisait tout ce qu’il pouvait pour défendre Orléans...

JEANNE - Orléans, je l’ai finalement libéré! J’ai aussi remporté la victoire de Patay.

SIXIÈME COMMISSAIRE - C’est pour cela qu’on a supporté vos humeurs... Et ensuite vous avez échappé à tous vos supérieurs, dont le roi...

JEANNE - C’était moi qui l’avais fait couronner!

SIXIÈME COMMISSAIRE - Raison de plus pour obéir! ...Et ensuite vous vous êtes lancée orgueilleusement dans toute une série d’expéditions malheureuses qui se sont achevées par votre capture.

JEANNE - Oui. C’est une époque où j’avais rêvé un instant de me retirer. Et puis...

SIXIÈME COMMISSAIRE - Que ne l’avez-vous fait! Vous saviez pourtant que les Anglais ne vous manqueraient pas.

JEANNE - Oui, je le savais et je l’ai redouté plus que tout. Mais je craignais aussi que le roi Charles ne se laisse finalement voler sa victoire.

SIXIÈME COMMISSAIRE - Une fois devant vos juges, bien embarrassés par votre cas, je vous prie de le croire, vous n’avez pas levé le petit doigt pour les aider à vous sauver et vous leur avez tenu des propos très outrecuidants, ne vous privant pas de leur faire des remarques désagréables, leur disant qu’il y avait des choses qui ne les regardaient pas, qu’ils aient à prendre garde de bien vous juger, que sans cela ils n’échapperaient pas, eux, au jugement de Dieu...

JEANNE - Je voulais qu’ils voient que je n’avais pas peur.

SIXIÈME COMMISSAIRE - C’est précisément ce qui les a rendus furieux... Et puis cette histoire de vêtements de femme: quand on est en présence d’une folie collective aussi évidente, on négocie...

JEANNE - Certains m’ont admirée!

SIXIÈME COMMISSAIRE - Vous aimiez cela, n’est-ce pas?

JEANNE - Oui.

SIXIÈME COMMISSAIRE - Bref, l’ensemble de ces remarques ne tend qu’à un seul but: montrer que vous vous êtes servie de tous les moyens à votre disposition pour terminer votre vie sur un bûcher et que vous êtes, dans cette histoire, la principale responsable, je dirais mieux: la seule coupable! de ce qui vous est arrivé. Vous aviez devant vous une grosse et bête machine, nourrie de préjugés...

JEANNE - Monseigneur Cauchon a dit une pince!

SIXIÈME COMMISSAIRE - Oui, le concept de machine est trop complexe pour lui... Une grosse machine donc bourrée de préjugés, et vous avez soigneusement appuyé exactement sur les boutons qu’il fallait pour qu’elle finisse par vous dévorer toute crue!

JEANNE - Non, cuite.

SIXIÈME COMMISSAIRE - Oui, pardon.

JEANNE - Puis-je faire encore une déclaration?

SIXIÈME COMMISSAIRE - Qu’est ce que vous allez encore nous sortir?

JEANNE - Je crois qu’en effet si j’étais restée à Domrémy à garder mes moutons, mon caractère ne s’en serait peut-être pas trouvé arrangé, mais rien de tout ceci ne serait arrivé... C’est ce que vous vouliez que j’avoue?

SIXIÈME COMMISSAIRE - Oui.

JEANNE - Voilà, c’est fait.
LE JUGE - Maître Cauchon, vous voilà largement hors de cause.

CAUCHON - Je vous remercie. Vous êtes très efficace.

LE JUGE - Avant de lever la séance, je vous invite, messieurs, à méditer à quel point, si l’on consent à regarder de haut, comme nous le faisons, le fond des choses, l’on découvre que les coupables ne le sont pas... et les innocents pas davantage. La séance est levée.


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