Bibliographie de Michel Henry 14





télécharger 230.59 Kb.
titreBibliographie de Michel Henry 14
page1/12
date de publication06.11.2017
taille230.59 Kb.
typeBibliographie
h.20-bal.com > loi > Bibliographie
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12
La philosophie de Michel Henry
Contributions personnelles à Wikipédia

de Philippe Audinos
Version 1.0 du 09/09/2012
Articles sur Michel Henry et contributions aux articles existants écrits par Philippe Audinos et ajouté à l’encyclopédie libre Wikipédia sur le site http://www.wikipedia.com. Les phrases ou paragraphes entre crochets ont été ajoutés par d’autres Wikipédiens. Ces textes peuvent être librement reproduit et diffusé à condition de conserver la référence à Wikipédia.

Table des matières


1 Article sur Michel Henry 2

1.1 Vie et œuvre de Michel Henry 2

1.2 Aperçus de sa philosophie 6

1.3 Citations de Michel Henry 11

1.4 Description de quelques livres 13

1.5 Bibliographie de Michel Henry 14

1.6 Livres sur Michel Henry 15

1.7 Liens extérieurs 17

2 Article sur Vassily Kandinsky 17

2.1 Périodes artistiques 18

2.2 Ecrits théoriques sur l’art 22

2.3 Citations de Kandinsky 24

2.4 Citations sur Kandinsky 25

2.5 Bibliographie de Kandinsky 26

2.6 Références 26

3 Contributions aux articles existants 27

3.1 Article sur la Vie 27

3.2 Article sur Dieu 28

3.3 Article sur la Vérité 29

3.4 Article sur le Mal 30


1Article sur Michel Henry

1.1Vie et œuvre de Michel Henry

Biographie


Michel Henry est un philosophe et un romancier français né le 10 janvier 1922 à Haiphong (Vietnam) et décédé le 3 juillet 2002 à Albi (France).

Il a vécu au Vietnam jusqu’à l’âge de 7 ans où il a très tôt perdu son père, qui était commandant dans la marine. Il s’est ensuite installé en France avec sa mère et a fait ses études à Paris1. Il va se découvrir une véritable passion pour la philosophie qui va le conduire au désir d’en faire sa profession. Dès juin 1943, il s’engage dans la Résistance où il rejoint le maquis du Haut Jura sous le nom de code de Kant, et devra redescendre de la montagne pour accomplir ses missions dans Lyon occupé par les allemands et quadrillé par les nazis, une expérience de la clandestinité qui va profondément marquer sa philosophie2.

A l’issue de la guerre, il va passer l’agrégation de philosophie, puis se consacrer à la préparation d’une thèse sous la direction de J. Hyppolite, J. Wahl, P. Ricoeur, F. Alquié et H. Gouhier. Il va d’abord rédiger son livre sur la Philosophie et phénoménologie du corps, qu’il a achevé en 1950, mais publié seulement en 1965 en tant que thèse secondaire. Il va ensuite consacrer une dizaine d’années à la rédaction de sa thèse principale sur L’Essence de la manifestation, qui a été publiée en 1963, et dans laquelle il a cherché à surmonter la principale lacune de toute philosophie intellectualiste, qui est l’ignorance de la vie telle que chacun l’éprouve3.

Michel Henry a été à partir de 1960 professeur de philosophie à l’Université de Montpellier où il a patiemment édifié son œuvre à l’écart des modes philosophiques et loin des idéologies dominantes4,5. Le sujet unique de sa philosophie, c’est la subjectivité vivante, c’est-à-dire la vie réelle des individus vivants, cette vie qui traverse toute son œuvre et qui en assure la profonde unité en dépit de la diversité des thèmes abordés6,7.

Une phénoménologie de la vie


Son travail est fondé sur la phénoménologie, qui est la science du phénomène. Le mot français "phénomène" vient du grec "phainomenon" qui désigne « ce qui se montre en venant dans la lumière »8. L’objet de la phénoménologie n’est cependant pas ce qui apparaît, telle chose ou tel phénomène particulier, mais l’acte même d’apparaître9. Sa réflexion le conduit au renversement de la phénoménologie de Husserl, qui ne connaît comme phénomène que l’apparaître du monde, c’est-à-dire l’extériorité. Michel Henry oppose à cette conception de la phénoménalité une phénoménologie radicale de la vie10.

Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir de « se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être »11. Pour Michel Henry, la vie est essentiellement force et affect, elle est par essence invisible, elle consiste en une pure épreuve de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie, elle est un passage toujours recommencé de la souffrance à la joie12. La pensée n’est pour lui qu’un mode de la vie car ce n’est pas la pensée qui nous donne accès à la vie, mais c’est la vie qui permet à la pensée d’accéder à soi13.

La vie ne se voit pas de l’extérieur, elle n’apparaît jamais dans l’extériorité du monde. La vie se sent et s’éprouve elle-même dans son intériorité invisible et dans son immanence radicale. Dans le monde nous ne voyons jamais la vie elle-même, mais seulement des êtres vivants ou des organismes vivants, nous ne pouvons pas voir la vie en eux14. De même qu’il est impossible de voir l’âme d’autrui avec nos yeux ou de l’apercevoir au bout de notre scalpel.

Notre vie n’est pas son propre fondement, nous ne nous sommes pas apportés nous-mêmes et par nos propres moyens dans la condition de vivant, la vie nous est donnée en permanence sans que nous n’y soyons pour rien. Nul ne s’est jamais donné la vie. Nous subissons la vie dans une passivité radicale, nous sommes réduits à la supporter à chaque instant comme ce que nous n’avons pas voulu, c’est cette passivité radicale de la vie qui est le fondement et la cause de la souffrance15,16. Dans le même temps, le simple fait de vivre, d’être vivant et de se sentir soi-même plutôt que de n’être rien et de ne pas exister est déjà la plus grande joie et le plus grand des bonheurs. La souffrance et la joie appartiennent à l’essence de la vie, elles sont les deux tonalités affectives fondamentales de sa manifestation et de son auto-révélation pathétique17.

Pour Michel Henry, la vie n’est pas une substance universelle, aveugle, impersonnelle et abstraite, elle est nécessairement la vie personnelle et concrète d’un individu vivant, elle porte en elle une Ipséité qui lui est consubstantielle et qui désigne le fait d’être soi-même, le fait d’être un Soi18. Qu’il s’agisse de la vie personnelle et finie des hommes, ou de la vie personnelle et infinie de Dieu.

Une théorie de la subjectivité


[Alors que la question de l’être reprenait de l’importance en France dans la postérité de Heidegger, et que la question du sujet était relancée, Michel Henry a su combiner les apports les plus vivants de la philosophie pour produire ce qui reste aujourd’hui le dernier système philosophique complet. La vie en est le socle, elle est le principe indéductible, et donc l’essence de la vérité, de toute vérité. La vie, échappant par essence à toute mise à distance, à toute transcendance, confondant dans l’unité d’une épreuve la puissance spéculative d’un principe et la présence matérielle d’une expérience, est le propos unique de Michel Henry.]

[Qu’elle soit brimée, retournant ses forces contre elle-même, qu’elle se déploie dans l’art, dans l’amour, dans le travail, la vie focalise toutes les préoccupations de sa pensée. La phénoménologie atteint donc ses limites, puisque la texture elle-même du phénoménal nous renvoie sans cesse à l’effectivité de la vie, qu’elle nécessite à titre de condition. C’est le sens du titre de l’ouvrage principal de Michel Henry, L’Essence de la manifestation : le monde ne se déploie que devant un sujet, qui ne découvre cet espace d’extériorité que parce qu’il est d’abord en relation de passivité à l’égard de lui-même, comme vivant. Michel Henry a proposé la théorie de la subjectivité la plus profonde du XXe siècle.]

Deux modes de manifestation


Il existe selon Michel Henry deux modes de manifestation des phénomènes qui sont deux façons d’apparaître : l’extériorité qui est le mode de manifestation du monde visible, et l’intériorité phénoménologique qui est le mode de manifestation de la vie invisible19. Notre corps par exemple nous est donné de l’intérieur dans la vie ce qui nous permet par exemple de bouger notre main ou de la sentir, et il nous apparaît également de l’extérieur comme n’importe quel autre objet que l’on peut voir dans le monde20.

L’invisible dont il est question ici ne correspond pas à ce qui est trop petit pour être vu à l’œil nu ou à des rayonnements auxquels notre œil n’est pas sensible, mais à cette vie à jamais invisible parce qu’elle est radicalement immanente et qu’elle n’apparaît jamais dans l’extériorité du monde : personne n’a jamais vu une force, une pensée ou un sentiment dans leur réalité intérieure apparaître dans le monde, personne ne les a jamais trouvés en creusant les couches d’argile du sol21.

Certaines de ses affirmations semblent à première vue paradoxales et difficiles à comprendre, non seulement parce qu’elles sont extraites de leur contexte, mais surtout à cause de nos habitudes de penser qui nous conduisent à réduire toute chose à son apparence visible dans le monde au lieu de chercher à atteindre sa réalité invisible dans la vie. C’est cette séparation entre l’apparence visible et la réalité invisible qui permet la dissimulation de nos véritables sentiments et qui fonde la possibilité de la feinte et de l’hypocrisie qui sont des formes de mensonges22.

L’originalité de sa pensée


Toute la philosophie occidentale depuis ses origines grecques ne reconnaît que le monde visible et l’extériorité comme seul mode de manifestation, elle est enfermée dans ce que Michel Henry appelle dans L’Essence de la manifestation le « monisme ontologique », elle ignore complètement l’intériorité invisible de la vie, son immanence radicale et son mode de révélation originaire qui est irréductible à toute forme de transcendance et à toute extériorité23. Lorsqu’il est question de la subjectivité ou de la vie, celles-ci ne sont jamais saisies dans leur pureté, elles sont systématiquement ramenées à la vie biologique, à leur rapport extérieur au monde, ou comme chez Husserl à une intentionnalité c’est-à-dire à une orientation de la conscience vers un objet qui lui est extérieur24.

Michel Henry rejette le matérialisme, qui n’admet comme réalité que la matière, puisque la manifestation de la matière dans la transcendance du monde présuppose constamment la révélation de la vie à elle-même, que ce soit pour y accéder, pour pouvoir la voir ou pour pouvoir la toucher. Il rejette également l’idéalisme, qui ramène l’être à la pensée et qui est incapable par principe de saisir la réalité de l’être qu’il réduit à une image irréelle, à une simple représentation. Pour Michel Henry, la révélation de l’absolu réside dans l’affectivité et se trouve constituée par elle25.

La profonde originalité de la pensée de Michel Henry et sa nouveauté radicale par rapport à toute philosophie antérieure explique la réception assez limitée de sa philosophie, une philosophie pourtant « admirée » par les spécialistes pour « sa rigueur » et pour « sa profondeur »26,27,28,29. Mais il s’agit d’une pensée à la fois « difficile » et « exigeante », même si le thème central et unique de la vie phénoménologique dont elle cherche à communiquer l’expérience est ce qu’il y a de plus simple et de plus immédiat30. Une immédiateté et une transparence absolue de la vie qui explique la difficulté de la saisir au moyen d’une pensée : il est beaucoup plus facile de parler de ce que l’on voit que de cette vie invisible qui échappe par principe à tout regard extérieur31,32.

La réception de sa philosophie


Sa thèse sur L’Essence de la manifestation a été accueillie chaleureusement par les membres du jury qui ont reconnu la valeur intellectuelle et le sérieux de son auteur33, pourtant cette thèse n’a guère eu d’influence sur leurs travaux ultérieurs. Son ouvrage prophétique sur Marx a été rejeté par les marxistes qui étaient durement critiqués, comme par ceux qui refusaient de voir en Marx un philosophe et qui le réduisaient à un idéologue responsable du marxisme34. Son livre sur La barbarie a été considéré par certains comme un discours anti-scientifique un peu simpliste et trop tranchant. Pourtant la technique poursuit son développement aveugle et sans limite au mépris trop souvent de la vie35.

Quant à ses ouvrages sur le christianisme, ils semblent avoir plutôt déçu un certain nombre de théologiens professionnels et d’exégètes catholiques qui se sont contentés de relever et de corriger ce qu’ils considéraient comme des « erreurs dogmatiques »36. Sa phénoménologie de la Vie a fait l’objet d’un pamphlet dans Le tournant théologique de la phénoménologie française de la part de Dominique Janicaud qui ne voit dans l’immanence de la vie que l’affirmation d’une intériorité tautologique37. Antoine Vidalin vient cependant de publier un livre intitulé La parole de la Vie dans lequel il montre que la phénoménologie de Michel Henry permet une approche renouvelée de tous les domaines de la théologie38.

Comme le dit Alain David dans un article paru dans la Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001), la pensée de Michel Henry semble trop radicale, elle change trop profondément nos habitudes de penser, sa réception se fait difficilement, même si tous ses lecteurs se disent impressionnés par sa « puissance », par « l’effet sidérant » d’une pensée qui « déblaye tout sur son passage », qui « provoque l’admiration » et qui pourtant « n’emporte pas la conviction ». Car on ne sait pas si l’on est confronté à « la violence d’une parole prophétique ou à une pure folie »39. Rolf Kühn affirme également dans cette même revue, pour expliquer la difficile réception de l’œuvre de Michel Henry, que « si l’on ne pactise avec aucun pouvoir de ce monde, on se soumet inévitablement au silence et aux critiques de tous les pouvoirs possibles, puisqu’on rappelle à toute institution que son pouvoir visible ou apparent n’est, en somme qu’une impuissance, car personne ne s’apporte lui-même dans la vie phénoménologique absolue. »40

Ses ouvrages ont pourtant fait l’objet de nombreuses traductions, notamment en anglais, en allemand, en espagnol, en italien, en portugais et en japonais. Un nombre important d’ouvrages lui ont été consacrés, surtout en français, mais aussi en allemand, en espagnol et en italien. Plusieurs colloques internationaux ont également été consacrés à la pensée de Michel Henry à Beyrouth, Cerisy, Namur, Prague et Paris41. Michel Henry est considéré par ceux qui connaissent son œuvre et qui reconnaissent la valeur de son travail comme l’un des philosophes contemporains les plus importants42, 43, 44, et sa phénoménologie de la vie commence à « faire école ». Un Centre d’études Michel Henry a même été créé à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban) sous la direction du Professeur Jad Hatem. Une publication annuelle intitulée Revue internationale Michel Henry et éditée par Jean Leclercq aux Presses universitaires de Louvain lui est également entièrement consacrée depuis l’année 2010.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

similaire:

Bibliographie de Michel Henry 14 iconA messieurs Henry de Lesquen Michel Leroy Jean-Antoine Giansily

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie de Michel Bozon (nombre références = 387)

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie de Michel Bozon (nombre références = 373)

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie : La critique de cinéma en France Michel Ciment & Jacques Zimmer, Ramsay, 1997

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie 1956 «Lettre»
«Lettre», in En souvenir de Michel Alexandre, leçons, textes et lettres, Mercure de France, Paris, 1956, pp. 551-552

Bibliographie de Michel Henry 14 iconSaint Michel à Castres (27 septembre 2012)
«Voici vraiment un homme sans détours, un homme qui ne sait pas mentir.» (Evangile de la messe de saint Michel)

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie Le commerce véridique et social
«Le commerce véridique et social», de Michel Marie Derrion, Lyon, 1835-38, Atelier Création libertaire, 2002

Bibliographie de Michel Henry 14 iconBibliographie Michel Feuillet Ouvrages d’initiation Bessière (Gérard)...
«Saint François et le franciscanisme dans l’art et la littérature des xiiie et xive siècles»

Bibliographie de Michel Henry 14 iconRecherche-action en temps de catastrophe. Mode et modulation de pensée...
«Michel Sicard, Mojgan Moslehi – Light gravity», 23 déc. 2014, entretien de Michel Sicard, enregistré à Vitry-sur-Seine par H. Wittmann...

Bibliographie de Michel Henry 14 iconLa Bibliothèque électronique du Québec
Et arrive le plus tôt que tu pourras, mon cher Henry. Je t’attends avec grande impatience. D’ailleurs, le pays est magnifique et...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com