A u xixe siècle le développement des grands voyages maritimes, l'essor des sciences naturelles et de l'exploration du monde, la première révolution industrielle





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date de publication22.10.2016
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   Histoire de l’Ecologie 1830-1913

Au XIXe siècle le développement des grands voyages maritimes, l'essor des sciences naturelles et de l'exploration du monde, la première révolution industrielle et ses conséquences sur l'insalubrité des villes, la découverte des Alpes par les citadins et la création des clubs alpins, l'extension des empires coloniaux sont quelques-unes des tendances qui ont amené le monde occidental à s'intéresser davantage aux richesses de la nature. Un intérêt encore timide et partiel mais qui marque une époque. Les influences scientifiques et poétiques croisées du darwinisme et du romantisme ont été profondes et durables bien au delà de leurs lieux d'émergence.

  C'est l'époque des pionniers et précurseurs de la protection de la nature, parmi lesquels il faut citer en premier l'illustre savant et explorateur allemand Alexandre de Humboldt(1769- 1859), l'américain John Muir(1838-1914) et l'allemand Hugo Conventz (1855-1922).

  Bien que ce ne soit pas principalement ici notre propos, il y aurait beaucoup à dire sur l'influence du sentiment littéraire et poétique de la nature sur l'évolution de la protection de la nature.

  En particulier en Amérique du Nord, la beauté grandiose de la nature sauvage inspira les écrits des romantiques, des philosophes, des naturalistes et des voyageurs ainsi que les oeuvres des peintres paysagistes et des peintres animaliers comme Alexander Wilson et John James Audubon.
Ainsi les travaux de Henry David Thoreau et de Ralph Waldo Emerson ont été déterminants pour la création des premiers parcs nationaux américains.

  C'est en effet en 1872, date majeure de l'histoire de la protection de la nature, qu'est né le parc national de Yellowstone, concrétisant pour la première fois dans le monde l'idée de parc national qui associe protection et éducation.
Déclenché par les Etats-Unis, le mouvement va rapidement s'étendre dans l'empire britannique: Glacier(1886) et Banff(1887) au Canada (1886) en Australie, Tongarino(1894) en Nouvelle-Zélande, Kruger(1898) en Afrique du Sud. L'Argentine crée le parc national du Nahuel Huaprien en 1901. La France et les pays européens restent en marge de ce mouvement qui se développe dans les pays neufs à situation coloniale.

  Les ingénieurs forestiers de la fin du XIXe siècle, alliés à des naturalistes, à des artistes et écrivains (pour la France: Prosper Mérimée, Victor Hugo, Sully Prud’homme, Montalembert) sont à l'origine de la protection de certains espaces naturels. Ces hommes avisés et sensibles sont les premiers à aller contre le courant dominant de la société du XIXe siècle qui veut que la nature constitue un capital inépuisable pour l'homme.

  Si le concept de protection de la nature est né dans la seconde moitié du XIXè siècle en général, il faisait alors référence à des valeurs esthétiques plus qu'à des raisons pratiques. Mais il faut signaler le rôle des forestiers allemands dont les connaissances et les méthodes ont été introduites aux Etats-Unis, en Inde par l'intermédiaire de la Grande-Bretagne et en Australie par l'intermédiaire de l'Inde.
A l'époque du plein essor du colonialisme, c'est l'exemple de la Grande-Bretagne qui, sans être exclusif, est le plus significatif des développements futurs. Les origines de l'écologisme moderne y remontent en premier à l'âge de la découverte scientifique. Une exploitation abusive et ancienne de la nature et l'industrialisation précoce de l'Angleterre créent un climat favorable à l'essor populaire des sciences naturelles.

  Sur la voie ouverte un siècle plus tôt par Gilbert White(1720- 1793), le célèbre naturaliste et pasteur de Selborne, à 80 km au sud-ouest de Londres, il y avait en Angleterre, dans les années 1880, plusieurs centaines de sociétés d'histoire naturelle et de clubs de plein air, totalisant environ 100.000 membres. L'orientation de l'époque était plutôt l'étude, la pratique et la contemplation de la campagne (y compris la chasse et la pêche) plus qu'à proprement parler la protection de la nature.

  La popularité croissante des sciences naturelles, et en particulier de l'ornithologie, conduisit vers le milieu du XIXe siècle à la mode de la collection de spécimens, ce qui signifiait des prélèvements importants parmi les plantes et les animaux sauvages.

  En même temps, les grands débats sur la chasse et le commerce international des plumes d'oiseaux (des fourrures et des trophées) attirèrent l'attention de quelques naturalistes sur les problèmes des colonies. L'ouverture aux chasseurs européens des protectorats allemands en 1885 en anglais en 1896 en Afrique de l'Est, la construction des chemins de fer au Kenya et en Ouganda favorisèrent une extension de la chasse et donc une diminution rapide de la faune sauvage, préservée jusqu'alors par les Massai, peuple non chasseur.

  En 1897 le Premier ministre britannique, Lord Salisbury, en réponse aux pressions des protecteurs de la nature et des chasseurs concernés les uns et les autres par le maintien de la faune, propose au gouvernement allemand le principe du contrôle des exportations d'ivoire en provenance d'Afrique de l'Est. Un rapport est envoyé aux gouvernements concernés en 1899, et en 1900 le premier accord du monde sur l'environnement(la Convention pour la préservation des animaux, des oiseaux et des poissons en Afrique) est signée à Londres par six pays.

  Du même zèle humanitaire que celui qui fit naître le mouvement anti-esclavagiste est issue la deuxième influence majeure sur l'écologisme britannique: la croisade contre la cruauté envers les animaux, et en particulier contre les massacres d'oiseaux pour leurs plumages et les besoins de la mode féminine. Mais les lois britanniques (de 1869 a 1880) pour la protection des oiseaux obligèrent l'industrie plumassière à exercer ses funestes prélèvements outre-mer. Et ce sont les femmes elles-mêmes qui formèrent la majorité des membres des premières sociétés de protection: la Plumage League (1885), la Selborne League(1885), la RSPB(1891) et le Fur, Fin and Feather FoLk(1889).

  Non seulement en Grande-Bretagne mais aussi en Allemagne, les organisations de protection des oiseaux sont devenues politiquement actives en se prononçant pour une protection internationale des oiseaux et de la faune en général.
Ce mouvement naissant pour la protection de la vie sauvage n'était que l'un des aspects de la réaction de l'ère victorienne contre le progrès aveugle et l'industrialisation. Le troisième grand courant qui est à l'origine de L'environnementalisme britannique s'exprima dans l'effort de protection des espaces ruraux et de la qualité de la vie (amenity). Dans les années 1840-1850, une législation pour la protection de l'esthétique des paysages proches des grandes villes apparaît simultanément en Grande-Bretagne et dans son empire colonial (Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande).

  Ce courant se traduira plus tard par la création du National Trust(1895) de la SPNR(1912) et du CPRE(1926). Les Anglais commençaient à comprendre que la campagne devait être préservée comme une antidote à la vie confinée des grandes villes industrielles en même temps qu'on leur montrait les dangers pour la santé de la pollution de l'air par les industries de l'ammoniaque (alcali).
Si l'influence coloniale et culturelle britannique est importante à cette époque, elle n'est pas, de loin, la seule. La France, l'Allemagne, les Pays-Bas, les pays slaves et les pays scandinaves ont chacun à leur actif des réalisations pionnières, mais isolées, en matière de protection des forêts, des sites, des animaux et de la nature en général. Ainsi de nombreuses lois ont été édictées dès le XIXe siècle (et même avant) mais elles sont restées inopérantes. Les réalisations méritoires des pionniers n'ont en général pas été suivies avec constance et régularité (comme ce sera le cas, par exemple, en Malaisie dans les années 1950 et 1960).

  Alors qu'en Europe l'agriculture avait profondément transformé les paysages, ailleurs, dans les régions de peuplement européen récent (l'Amérique du Nord, l'Australie, l'Afrique du Sud et certaines colonies africaines), la conservation de la nature et de ses ressources est apparue comme une forme de contrôle économique et politique. L'exploitation illimitée des ressources naturelles ne pouvait pas continuer sans le contrôle de la métropole. En Amérique du Nord, la côte atlantique reflétait de plus en plus la maîtrise humaine sur la diversité européenne mais les terres a l'ouest des monts appalachiens restaient relativement intactes.

  II y a des similitudes entre l'intérêt croissant pour les choses de la nature en Europe occidentale et en Amérique du Nord. On y constate un développement comparable de l'histoire naturelle et du romantisme. Mais la différence majeure et évidente vient du fait que l'Europe a été peuplée et exploitée depuis très longtemps, alors que de vastes zones nouvelles ont été ouvertes à la colonisation dans l'Ouest américain, de la même manière qu'elles l'ont été en Australie et en Afrique du Sud.

  C'est pourquoi dans ces pays "neufs" la mentalité de conquête et l'économie de rapine laissaient libre cours aux massacres et à la raréfaction d'espèces animales et végétales, à la destruction des forêts et à l'érosion des sols. Par exemple, l'idée que la chasse puisse être régie par des lois fut pendant longtemps un anathème pour beaucoup d'Australiens.

  De 1860 a 1920 (?) aux Etats-Unis une controverse se développa entre les protecteurs de la nature sauvage (représentés par John Muir) et les conservationnistes (représentés par Gifford Pinchot):
sous des formes multiples c'est alors en permanence la divergence entre la dimension naturaliste, éthique et poétique et le souci économique. La philosophie utilitaire de Pinchot était activement encouragée par le vice-président Théodore Roosevelt qui devint président en 1901.

  Pinchot devint alors son ministre de la Conservation et de la gestion des ressources naturelles, une affaire publique. Tout en prenant en compte les opinions de Muir, l'ère du président Roosevelt vit l'essor de la conservation professionnelle inspirée moins par des valeurs éthiques que par une gestion rationnelle des ressources naturelles.

  L'idée de protection des sites et monuments naturels est donc apparue à la même époque, au début du XXe siècle, dans la plupart des pays d'Europe. Mais la protection reste ponctuelle et ne prend pas encore en compte la valeur biologique de même que la notion de conservation de la vie sauvage.

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