Manuel Mazaudier





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date de publication22.10.2016
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La Dispute

De Marivaux


Mise en scène de Marc Paquien

La Dispute


De Marivaux

mise en scène Marc Paquien
décor Gérard Didier

lumières Dominique Bruguière assistée de Pierre Gaillardot

costumes Claire Risterucci assistée de Céline Jean et Anne Yarmola

son Anita Praz

maquillages / coiffures Cécile Kretschmar et Nathy Polak

assistanat à la mise en scène Antoine Régent
direction technique Vital Van Kriekinge et Eric Proust
Avec

Adine Anne Caillère

Carise Nicole Colchat

Eglé Noémie Dujardin

Le Prince Eric Frey

Azor Manuel Mazaudier

Dina Elodie Moreau

Mesrou Jean-Jacques Moreau en alternance avec Geoffrey Carey

Hermiane Julie Pouillon

Meslis Antoine Régent

Mesrin Thibault Vinçon
Durée  1 heure 30 environ
Coproduction

Les Nuits de la Bâtie – Conseil général de la Loire

Théâtre Royal de Namur

Comédie de Picardie – Amiens

Maison de la Culture de Bourges – Centre de création et de production en Région Centre

Carré Saint Vincent – Scène Nationale d’Orléans

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

Le décor a été construit par les Ateliers de la Maison de la Culture de Bourges.

Production déléguée

Compagnie des Petites Heures

Frédéric Biessy / Frédéric Rousseau

11, passage Sainte-Avoie / 75003 Paris

Tél. : 00 33 1 42 71 86 17 / Fax : 00 33 1 42 71 86 97


Qu’est-ce que c’est que cette maison où vous me faites entrer, et qui forme un édifice si singulier,

que signifie la hauteur prodigieuse des différents murs qui l’environnent ? Où me menez-vous ?

Hermiane, scène 1.

Au XVIIIème siècle, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux invente un nouveau langage de l’amour en écrivant pour une famille de célèbres comédiens italiens qui triomphent à Paris, les Riccoboni.

La rencontre entre l’auteur et la jeune comédienne Silvia donnera naissance à un théâtre singulier, cruel et utopiste.

Les personnages de Marivaux sont des comédiens qui jouent leur comédie, qui promènent leur mensonge, en proie à un égarement et un étonnement de soi perpétuel.

L’amour leur fait soudain perdre toute identité et les plonge dans la confusion et l’inquiétude. Ils sont entraînés, malgré eux, dans leur propre devenir.
Dans La Dispute, Marivaux vieillissant retourne au premier âge du monde, plonge soudain son théâtre au cœur d’une extraordinaire machination, à travers un des questionnements essentiels du siècle des Lumières : Qu’est-ce que l’origine ? L’être humain est-il corrompu par Nature ?
Quatre enfants sont enlevés à la naissance et livrés à la plus terrible des expérimentations : grandissant loin du monde, soustraits à la société jusqu’à la fin de l’adolescence, ces jeunes femmes et ces jeunes hommes se rencontrent puis se découvrent évidemment amoureux. Et naturellement infidèles.

Qui, de l’homme ou de la femme, aura commis la première infidélité ?

C’est cette question que se disputent le Prince et Hermiane, rêveurs et spectateurs de cette comédie cruelle… Elle restera sans réponse, car l’intrigue ne débouche sur rien, mais nous fera voyager vers une enfance du monde, illusion suprême de théâtre.

Loin de tout esprit moraliste, Marivaux, auteur très catholique du XVIIIème, décrit un temps des passions brutes, produisant une langue spontanée et saisissante.

Il invente une comédie éphémère, abstraite, comme l’ombre d’une fête macabre.


Marc Paquien
Marivaux, le théâtre et ses personnages

Il y a une convention dramatique basse qui singe la réalité, et une convention dramatique noble qui cherche à s’élever au-dessus d’elle…La convention dramatique noble est toujours soucieuse d’introduire le spectateur dans un monde où la réalité ne soit pas « réelle » et matérielle, mais spirituelle. Transformant la réalité du monde ordinaire en l’éclairant d’une lumière inattendue, elle met le spectateur en contact direct avec une vérité supérieure, dans un monde plus abstrait que le réel, transcendant et spirituel, où elle le fait vivre et se purifier. C’est là, me semble-t-il, qu’est justement le secret de Marivaux. Ce qui doit nous intéresser dans le théâtre de Marivaux, ce n’est pas le théâtre social ou d’actualité, ce n’est pas la peinture du XVIIIe siècle, c’est ce qu’il a d’abstrait…

C’est cette convention poussée à son extrême limite et spiritualisée…

Dans une œuvre comme celle-là, de même que dans toutes les grandes œuvres, le comédien n’a pas à vouloir marquer quelque chose…Le rôle ici n’est pas fait pour l’acteur. C’est-à-dire que le comédien n’a pas le droit de rire des rires ou de pleurer les larmes de son personnage…Pour jouer Marivaux, il faut jouer qu’on joue.

Louis Jouvet


La distance intérieure
L’on connaît l’anecdote suivant laquelle, à l’âge de dix-sept ans, Marivaux aurait un jour surpris celle qu’il aimait répétant devant son miroir les mines qu’elle allait lui faire : « Il se trouvait que ses airs de physionomie que j’avais crus si naïfs n’étaient à les bien nommer, que des tours de gibecière. » Dans ce miroir, comme plus tard Mallarmé dans le sien, Marivaux a vu se dissoudre la vérité, ou du moins la seule vérité à laquelle il attachât du prix, la véracité des sentiments, la sincérité humaine.

Du sentir au penser, et du penser au dire, point donc de traduction ni d’intervalle. Rien qu’une même naissance et qu’un même mouvement. Comme l’être marivaudien semblait continuellement naître de ses sentiments, ainsi le style marivaudien semble continuellement jaillir de l’être. Hymen parfait de l’être et du verbe lancés dans une même aventure ! Or, n’est-ce pas là aussi ce que voudra réaliser le poème mallarméen ? L’un et l’autre par la seule vertu du langage cherchent à mimer toutes les variations de l’être. Le jeu du temps et du hasard devient un merveilleux « jeu de mots ».
George Poulet – Essais sur le temps Humain
Marivaux, la nostalgie

Nostalgie de la fin du XVIIIe siècle, et de la fin du XIXe siècle. Nous regardons mourir les mondes avec délices et bonne conscience, et c’est ainsi que nous expliquons les pièces de ces époques-là par le fait que nous savons qu’il y aura la Révolution (française ou russe). Nous montrons ces mondes disparus en annonçant, sans risque de nous tromper, leur extinction. Nous nous réjouissons en apparence de leur mort, mais, au fond, nous les regardons avec une tendresse extrême parce que nous les aimons et que nous voudrions bien y être.

Le XVIIIe siècle finissant est comme un pays dont on sait tout. On en connaît les objets, les lieux ; tant de peintures et de livres disent comment les gens vivaient en ce temps-là. On les connaît, on les touche presque. On connaît les strates de la société, du haut en bas, et les actions, l’une après l’autre, des moments de la journée. On retrouve dans l’art les heures du jour qui a été. Ce jour nous est proche. Il est le vestibule du nôtre. Étrangement, le siècle précédent, le XVIIe, nous semble étranger, différent, ses habitants sont des monstres préhistoriques.

Presque toutes les belles pièces du XVIIIe siècle que l’on a données depuis trente ans furent marquées de cette naïveté : on regrette le temps « d’avant la catastrophe », comme dirait le vieux Firs dans la Cerisaie. Nul doute que cela soit dû à l’angoisse politique des artistes d’aujourd’hui, qui participent tous – même à leur corps défendant – d’une famille de démocrates marquée par le messianisme révolutionnaire. Cela est vrai pour Strehler, ce le fut pour Visconti, et pour nous, ici. L’artiste, cultivé, révolutionnaire, s’immerge dans une image dont il connaît tous les recoins obscurs, dans un temps d’avant où il aimerait vivre – une sorte de villégiature.

Nous sommes semblables au Henri IV de Pirandello, bien au chaud dans l’Histoire enfin reconstituée. Cependant, nous montrons que ça va finir – en 1789, en 1917 – et ainsi nous nous donnons bonne conscience, car nous annonçons l’anéantissement de nos privilèges. C’est finalement ce que Soljenitsyne nous dit, avec sa brutalité (comme un Gorki à l’envers) : vous êtes fous, que voulez-vous vraiment ?

Contrebande de l’inconscient. Naguère, tout Moscou se précipitait pour entendre le jazz-band de Meyerhold – censé représenter l’Occident décadent. Et nous nous abandonnons avec bonheur à la nostalgie de Goldoni, Marivaux ou Tchekhov, sûrs de notre droit. Mais notre plaisir est hypocrite, car il dissimule notre envie de nous identifier aux maîtres. Lorsque Marivaux écrit Le Jeu de l’amour et du hasard, est-il persuadé que cet équilibre va durer ? Au fond, je ne le sais pas, je n’ai pas de réponse sûre. Était-il conservateur ou réformiste ? La question n’est pas oiseuse. Je ne sais pas y répondre. Je vois en lui, plutôt, un sceptique, un de ces moralistes ironiques qui prennent plaisir à démonter la machine du monde. Pour moi, je me refuserai à jouer cette œuvre à partir d’une fin qu’elle n’annonce pas. Si nous voulons être révolutionnaire, soyons-le vraiment, avec les mots qu’il faut, avec des œuvres qui portent un message clair et sincère. À quoi bon arracher Marivaux à son ambiguïté ? C’est elle qui le rend attrayant, troublant, c’est elle qui donne à penser.
Antoine Vitez, Journal de Chaillot n°12, juin 1983.

La Dispute

Comédie en un acte créée le 19 octobre 1744 à la Comédie-Française.

(..) Cette pièce intervient tard dans la carrière de Marivaux qui a alors près de soixante ans. Lorsque celui-ci la fait lire aux Comédiens-Français en septembre 1744, deux ans après avoir été élu académicien, il rencontre un franc succès. Le public du 18ème siècle affectionne ces pièces en un acte qui accompagnent les grandes comédies : elles constituent une fin de spectacle où le comique renoue avec la farce, à une époque où l'on tente de purifier le comique, de substituer au rire le sourire.

Toujours est-il que La Dispute disparaît du répertoire jusqu'en 1938, puis est reprise en 1964 à La Vieille Grille par Jean-Marie Patte. Mais c'est la mémorable mise en scène de Chéreau qui, en octobre 1973, confère à la pièce de Marivaux un véritable renom. (…)

Fabrice Gzil

Marivaux
Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, plus communément appelé Marivaux, est un écrivain français né à Paris le 4 février 1688 et mort le 12 février 1763.

Fils du directeur des Monnaies de Riom, jeune homme brillant mais peu assidu à l'école de Droit de Paris, il fréquente les salons à la mode, prend parti pour les Modernes, s'adonne au roman et au journalisme. Dès 1720, il décline avec succès pour les Comédiens-Italiens le genre comique dans une langue subtile.

Le théâtre de Marivaux construit une sorte de pont entre le théâtre traditionnel italien et ses figures (notamment Arlequin) et un théâtre plus littéraire, plus proche des auteurs français et anglais. Ses personnages sont souvent de jeunes gens, terrorisés à l'idée d'entrer dans la vie et de dévoiler leurs sentiments. Leurs aventures psychologiques à la fois complexes et naïves se déroulent sous le regard des plus vieux (les parents) et des spectateurs qui se moquent en un mélange pervers d'indulgence et de méchanceté. Voltaire - membre comme lui de l'Académie française - n'y verra que frivolité. C'est pourtant lorsque Marivaux "marivaude" et tourne le dos à la rhétorique triomphante des classiques qu'il révèle le trouble identitaire de l'homme moderne et sa difficulté à se dire.
Ses pièces de théâtre :

* Le Père prudent et équitable (1706)

* L'Amour et la Vérité (1720)

* Arlequin poli par l'amour (1720)

* Annibal (1720), tragédie

* La Surprise de l'amour (1722)

* La Double Inconstance (1723)

* Le Prince travesti (1724)

* La Fausse Suivante ou Le Fourbe puni (1724)

* Le Dénouement imprévu (1724)

* L'Île des esclaves (1725)

* L'Héritier de village (1725)

* L'Île de la raison ou les Petits hommes (1727)

* La Seconde Surprise de l'amour (1727)

* Le Triomphe de Plutus (1728)

* La Nouvelle Colonie ou La Ligue des femmes (1729)

* Le Jeu de l'amour et du hasard (1730)

* Le Triomphe de l'amour (1732)

* L'École des mères (1732)

* L'Heureux stratagème (1733)

* La Méprise (1734)

* Le Petit-Maître corrigé (1734)

* La Mère confidente (1735)

* Le Legs (1736)

* Les Fausses Confidences (1737)

* Le Joie imprévue (1738)

* Les Sincères (1739)

* L'Épreuve (1740)

* La Commère (1741)

* La Dispute (1744)

* Le Préjugé vaincu (1747)

* La Colonie ((1750)

* La Femme fidèle (1755)

* Félicie (1757)

* Les Acteurs de bonne foi (1757)

* La Provinciale (1761)

* Mahomet second (inachevée)

Marc PAQUIEN

Metteur en scène.

Né en 1968, Marc Paquien a mis en scène L'Intervention de Victor Hugo pour le Festival Les Nuits de Fourvière à Lyon en 2002, et La Trahison orale de Maurizio Kagel, en collaboration avec l'Orchestre National de Lyon, au Théâtre des Célestins.
En 2004, il met en scène au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis La Mère de Witkiewicz, dans le cadre de la Saison Polonaise en France (Nova Polska), ainsi que deux pièces de Martin Crimp, Face au mur et Cas d'urgences plus rares au Théâtre National de Chaillot. Il reçoit pour ces deux spectacles le Prix de la révélation théâtrale de la mise en scène, décerné par le Syndicat de la critique Théâtre, Musique et Danse en juin 2004 et Hélène Alexandridis, celui de la meilleure actrice pour son interprétation du rôle de la Mère. En collaboration avec Nathalie Richard, il dirige pour France Culture l'enregistrement de plusieurs pièces de Caryl Churchill.

En collaboration avec l’AFAA, il participe au Festival Act French à New-York en octobre 2005, et dirige un atelier sur Marivaux avec des acteurs américains.

En janvier 2006 il met en scène Le Baladin du monde occidental de J.M. Synge au Théâtre National de Chaillot (salle Gémier) puis à Vidy-Lausanne E.T.E, et en tournée en France jusqu’en mai 2006. Le spectacle est nommé aux «Molière 2006».

Il met en scène Les Aveugles de M. Maeterlinck, mis en musique par Xavier Dayer, avec l’Atelier lyrique de l’Opéra Bastille au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis puis à L’Almeida Theater à Londres en juin 2006.

Il prépare La Dispute de Marivaux pour l’été et l’automne 2006 (Festival Les Nuits de la Batie, Théâtre de Namur, Comédie de Picardie, MC Bourges, MC93 Bobigny et tournée), puis L’Assassin sans scrupule de Henning Mankell pour le Festival Odyssées 2007.
Collaborateur artistique de Nathalie Richard pour sa mise en scène de la pièce de Martin Crimp, Le Traitement, au Théâtre National de Chaillot en 2002, et de Marie-Louise Bischofberger pour Visites de Jon Fosse au Festival d'Avignon 2002 et aux Bouffes du Nord, il dirige aussi pour France Culture l'enregistrement de trois pièces de Martin Crimp (Atteintes à sa vie, Face au mur, Cas d'urgences).

Stagiaire de l'Institut Nomade de la mise en scène, il a suivi l'enseignement de Krystian Lupa lors d'une session à Cracovie (Pologne), sur Le Maître et Marguerite de Boulgakov.
Avant d’être metteur en scène, Marc Paquien a été assistant de Jeanne Moreau pour Un trait de l'esprit de Margaret Edson (Vidy-Lausanne, Théâtre National de Chaillot); de Yves Beaunesne pour La Fausse Suivante de Marivaux, Yvonne Princesse de Bourgogne de Gombrowicz (Vidy-Lausanne, Théâtre de la Ville et Théâtre National de La Colline) et Il Ne Faut Jurer De Rien d’Alfred de Musset ; de Claudia Stavisky pour Nora d'Elfriede Jelinek (Théâtre National de la Colline) et de Philippe Duclos pour Un Fil à la patte de Feydeau (Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, 1993)... Par ailleurs, il enseigne au Lycée Molière en classe Hypokhâgne, dans le cadre du partenariat avec le Théâtre National de Chaillot, et anime régulièrement des stages professionnels.

Dossier établi au 1er septembre 06

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