Cours de la servitude volontaire. Notes sur le fondamentalisme démocratique «Quand le Diable mue, IL perd jusqu'à son nom»





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date de publication22.10.2016
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Nouveau discours de la servitude volontaire.

Notes sur le fondamentalisme démocratique


«  Quand le Diable mue, il perd jusqu'à son nom »

Nietzsche



Nous sommes hantés par le spectacle désormais sans nom d'une société de contrôle, à la fois cybernétique et puritaine en comparaison de laquelle les despotismes de naguère furent d'aimables pastorales. Les temps sont venus de comprendre que le fameux « progrès », adulé de la bourgeoisie, ne fut jamais rien d'autre que le progrès de l'esclavage universel; chaque théorie politique, chaque trouvaille technologique accélérant le processus qui nous prive de notre souveraineté, nous enchaîne à des mécanismes mieux rodés et des déterminismes moins déjouables.

La « liberté d'expression » qui serait, paraît-il, notre privilège d'homme moderne, se tient rigoureusement dans les limites de la dérision, car toute parole, payée selon la valeur médiatique et marchande, tombe en désuétude avant même de parvenir à l'entendement de celui à qui elle s'adresse. Seule nous reste (et pour combien de temps encore et à quel prix ?) l'audace de la pensée méditante, traduite en paroles secrètes, réprouvées, jusqu'à être jugées criminelles par les adeptes de la « communication » et de la « transparence ». Notre liberté n'est sauvée que dans le secret. Il faut se rendre insaisissable, incompréhensible, mystérieux si l'on veut sauvegarder une liberté essentielle. La liberté que l'on nous vante comme un acquis décisif de la Révolution française n'est rien d'autre que la liberté du consommateur à choisir sa marque, de même que l'égalité est une égalité de produit, et la fraternité, le pur mensonge qui fait consentir nos contemporains à être indéfiniment exploités alors qu'ils refusent avec horreur l'idée d'être dominés.

La Révolution française nous fit passer sans coup férir du règne des dominateurs au règne des exploiteurs. Issu de cette passation de pouvoir, l'homme moderne semble fort satisfait de son sort. Il est vrai que l'on n'a guère mesuré les efforts pour le convaincre de son bonheur. L'enseignement, la littérature, le cinéma n'ont cessé de peindre l'Ancien Régime sous les couleurs les plus noires. Certes, il serait malencontreux d'en disconvenir, les Maîtres ont disparu. La domination pure et simple n'existe plus et nous en faisons notre deuil. Dans son injustice et dans sa loyauté, la domination s'est, pour ainsi dire, retirée dans les limbes de l'histoire. Le bourgeois qui, beaucoup plus que l'anarchiste (encore tributaire d'un idéal héroïque) peut revendiquer la formule « Ni Dieu, ni Maître » ne renie Dieu et le Maître que pour pouvoir se soumettre éperdument, c'est à-dire sans le moindre esprit critique, à la morale des esclaves sans maîtres. La prise du pouvoir par la bourgeoisie conduit invariablement à la démocratie, mais cette démocratie n'est rien d'autre, selon l'excellente formule d'Oscar Wilde, que « l'abrutissement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple. » De toutes les morales qui eurent cours dans l'histoire de l'humanité, la morale des esclaves sans maîtres est par nature la plus hostile à toute liberté intérieure et à toute forme de rébellion et de résistance.

Le démocrate fondamentaliste se croit à tel point l'aboutissement providentiel de toute l'histoire de l'humanité qu'il ôte à quiconque le droit de démystifier cette croyance. La croyance au Progrès, forme dégradée et parodique de la causalité et de la Providence divine, s'impose comme le sceau final de toute pensée. Autour du mot « démocratie », qui devrait, comme tout autre vocable du langage théorique, pouvoir susciter la discussion, s'établit une doxa de l'unanimité obligatoire. Toute idée qui ne s'avance pas sous le couvert de la « démocratie » (et quoique l'on veuille entendre sous ce terme !) est d'avance jugée absurde, monstrueuse ou criminelle et celui qui la formule se trouve susceptible de faire l'objet d'un châtiment, d'une « rééducation », à tout le moins d'une mise à l'écart. La « démocratie » est ainsi invoquée d'une façon religieuse. Le seul mot « démocratie » suffit à nous tenir quitte de notre bêtise et de notre inconséquence et à nous placer dans les camps du Bien. Révélation ultime, sceau de la prophétie progressiste, la « démocratie » est considérée comme hors d'atteinte de toute réflexion démystificatrice.

Le vingtième siècle, qui restera dans l'histoire comme celui de la mise en place des dispositifs d'extermination, est universellement « démocratique ». La démocratie, « pouvoir du peuple » fut l'unanime référence des factions les plus rivales. « Démocratique », le libéralisme, « démocratiques », le socialisme et le communisme, et plus « démocratiques » encore le nazisme et l'intégrisme ! Il n'est pas un « Parti » du vingtième siècle qui ne se fût réclamé « du Peuple », attribuant à ce Peuple toutes sortes de vertus imaginaires. A cet égard, la démocratie libérale ne fut pas en reste d'attributions bouffonnes. Il semble que le monde tel qu'il va, loin de favoriser le respect et la liberté des individus, rend au contraire, quelle que soient les intentions, impraticables cette liberté et ce respect. Les politologues manquent à cet égard de la plus élémentaire objectivité. Jugeons, selon l'admirable précepte évangélique, l'arbre à ses fruits. Regardons quels furent les avatars de la dignité humaine en ce siècle qui feignit de la découvrir ! L'exploitation éhontée, l'extermination; et désormais, grâce aux progrès de la médecine, les trafics d'organes et bientôt les manipulations génétiques, si ardemment rêvées par l'Allemagne nazie,- voici quelques aperçus de la pratique de la dignité humaine dans le Règne de la Quantité. Il n'est pas difficile de voir que désormais les déclarations d'intention n'ont plus guère d'autre dessein que de marquer l'imperturbable indifférence à l'égard de tout et de tous.

La logique de l'échange marchand s'étant substituée à la logique méditative du Don, tout ce qui importe, ou mieux vaudrait dire désormais tout ce qui compte, est devenu interchangeable. La négation de l'absolu, du transcendant, loin de libérer l'être humain d'une autorité oppressante, eut pour effet que, plus rien n'ayant de valeur absolue, en soi, tout devint interchangeable et, par voie de conséquence, parfaitement contrôlable. Le contrôle absolu ne peut s'exercer que sur les objets relatifs. En d'autres termes, ce qui n'est pas quantifiable n'est pas contrôlable. Le monde ancien tournait autour des expériences donatrices de la religion et de l'art qui sont autant de façons de qualifier l'espace et le temps. L'idée même d'aristocratie, pour galvaudée qu'elle soit, gardait encore une référence à la distinction qualitative, et le jugement dépréciateur que l'on pouvait porter à l'endroit de certains aristocrates restait lui-même un jugement aristocratique. Dire d'un aristocrate qu'il est plus médiocre, pingre et idiot qu'un bourgeois (ce qui arrive bien souvent), c'est encore penser en termes aristocratiques, par référence à une excellence dont on déplore l'absence.

Il y eut peut-être dans l'imagination la plus incandescente de quelques révolutionnaires une telle idée d'un dépassement aristocratique de l'aristocratie. L'histoire, pour le malheur de tous, en jugea autrement puisque le pouvoir revint en fin de compte, - et ne cesse de revenir indéfiniment,- à ceux qui travaillent à l'exclusion de toute forme de pensée et d'expérience qualitative. Nous ne vivons pas dans un monde de maîtres sans esclaves, ou de maîtres cherchant à relever les esclaves, mais dans un monde d'esclaves sans maîtres,- et ces esclaves se sont organisés de telle sorte que chacun est « démocratiquement », l'esclave de tous les autres. A cet égard, il faut bien considérer les Révolutions de 1789 et de 1793, non point comme le fit Marx, comme une révolution avortée mais comme une contre-révolution réussie, et réussie au-delà de toutes les espérances.

Avec la Révolution française, s'est installé un ordre moral, fait de puritanisme et de mesquinerie dont l'intégrisme est l'aboutissement logique (culte de l'Etre Suprême et mœurs utiles). Tout ce qui, dans la Vieille France, s'esquissait dans les domaines de la prodigalité intellectuelle ou sensuelle, présageant des possibilités de vie magnifique sur la base d'un sens de la beauté et du défi, s'est brusquement trouvé confronté avec le rappel à l'ordre des puritains, des adorateurs du « Bien Public », justifiant à lui seul tous les sacrifices. Les sacrifices religieux et les sacrifices singuliers de la beauté, de l'amour, de l'ivresse que les individus accomplissent en eux furent bannis au profit du seul sacrifice à la République. La Terreur ne fut que la conséquence logique de ces prémisses. Le bourgeois, s'il y va de ses intérêts, est beaucoup plus impitoyable que l'aristocrate n'est cruel. La domination aristocratique est aléatoire, elle dépend, par définition du « bon plaisir », l'exploitation bourgeoise est systématique, elle s'accomplit dans l'irresponsabilité générale qui caractérise les sociétés égalitaires.

Lorsque règnent l'interchangeable, le quantitatif, l'utile, les sources du don sont obstruées, et la vie quotidienne devient d'une atroce aridité. L'ingéniosité du système consiste à tirer parti du malheur même qu'il suscite, de s'en nourrir, - car l'insatisfaction est le moteur de la consommation. Nous achetons des voitures qui nous donnent l'impression de nous mouvoir librement précisément car nous vivons des vies carcérales, assujetties à des mécanismes où notre valeur est purement quantitative. Nous nous endettons pour ces cercueils de métal, pour enrichir des industriels qui mènent une vie presque aussi misérable et besogneuse que la nôtre: tels sont les avantages de l'égalité, telle est la jubilation de l'esclave, son illusion vitale, sa raison d'être, son réconfort quotidien: nul n'est reconnu qualitativement supérieur. Certes, jamais les riches ne furent plus riches, ni les pauvres, plus pauvres, mais enfin, l'égalité persiste et le premier employé venu répugne (lui qui courbe l'échine toute la journée sous l'abus de pouvoir et l'ennui !) à dire « Maître » au grand artiste. Pour le démocrate fondamentaliste, la reconnaissance d'une qualité qui n'est pas ratifiée de quelque façon par le plus grand nombre, ou par un état de fait matériel est impossible. Le même homme qui accepte sans mot dire les pires humiliations dans sa vie quotidienne ne consentira pas, s'il peut l'éviter sans inconvénient, à témoigner du respect d'homme à homme,- fût-ce de façon informelle et amicale - à quelque individu supérieur. Le mépris qu'il se porte à lui-même est tel que le moindre signe de déférence l'anéantirait ! Sur cette voie, et pourvu que l'on ne lui demande pas de reconnaître l'exception, la grandeur ou le génie, on peut à peu près tout lui demander. Se lever aux aurores pour s'engouffrer dans le métro, obéir et obéir sans fin, surveiller et dénoncer ses semblables, vivre dans la laideur et dans l'ignorance et mourir pour des Causes indiscernables ou indifférentes (la Libre entreprise ou le Pétrole !) l'esclave est partant.

L'immense différence entre l'esclave antique et l'esclave moderne, c'est qu'il pouvait advenir que l'esclave antique brûlât d'être libre alors que l'esclave moderne ne rêve de sa « révolution » que pour généraliser l'esclavage. Ne sous-estimons pas les satisfactions à n'être pas libre: elles sont considérables, moins toutefois que les satisfactions à persécuter les libertés d'autrui. Cette persécution, ne nous y trompons pas, revêt les aspects les plus divers, et parfois les plus subtils. Le refus de la liberté d'autrui prend aussi bien la forme du coup de massue que du coup d'épingle. Nier la liberté d'autrui c'est d'abord, pour l'esclave moderne, pour le démocrate fondamentaliste, contraindre autrui au stéréotype. L'esclave moderne suppose, à juste titre, chez celui qu'il ne parvient pas à identifier, la possibilité d'une souveraineté subversive. Pour maintenir l'ordre, il faudra donc veiller à ce que rien ne vienne entraver les processus d'identification. La cybernétique y contribue grandement, mais elle n'est qu'une conséquence de cette tournure particulière de l'esprit servile qui consiste à réduire l'être humain à un rôle, à une identité particulière, soumise au déterminisme des sociologues et des généticiens, et par dessus tout, aux jugements sommaires.

L'aventure fondamentale de la rencontre entre deux regards, d'où naît l'éclair issu des ténèbres des pupilles, de la souveraineté absolue, est ainsi devancée, désamorcée, par des procédures identificatrices. Ce que l'on nomme encore la « contestation » échappe moins que toute autre forme d'activité collective à cet assujettissement au stéréotype. Les slogans, les mots d'ordre, les bannières, les attitudes du « rappeur », du syndicaliste, sont le complément nécessaire des attitudes du clerc et du cadre dynamique. Tous ces comportements servent à trouver une identité, et toutes ces identités sont également serves dans un monde en passe de réaliser l'utopie de l'esclavage universel. L'identité est, dans le monde moderne, ce leurre auquel se raccrochent pathétiquement les individus trop lâches et trop timides pour tenter l'aventure de la souveraineté dans un monde incohérent. A cet égard, les leçons de courage de Nietzsche sont plus pertinentes que jamais. Le leurre de l'identité, loin d'être un retour aux logiques archaïques, comme se plaisent à l'affirmer les démocrates effarouchés, est au contraire le signe de l'évanouissement du sens de la Tradition. Lorsque l'influx poétique ne circule plus, ne se transmet plus, lorsque le devenir devient trop imperceptible pour des entendements trop rudimentaires, l'identité triomphe de la Tradition. L'intégrisme religieux à cet égard n'est qu'une phase transitoire vers le fondamentalisme informatique mondial qui sera, sous l'aspect cauchemardesque de la Parodie, l'aboutissement de la nouvelle théocratie des esclaves.

Corrigeons ce que ces considérations peuvent avoir d'abstrait par quelques remarques concernant la vie quotidienne. Le peu d'entrain, le peu de rêve et d'ivresse, qui ne fussent télévisuels, le peu de style, de légèreté, l'absence totale de perspectives métaphysiques font de la vie de l'esclave moderne, même dans les conditions matérielles les meilleures, l'une des plus sinistres de toute l'humanité. Nous en sommes venus au moment où le bien le plus précieux de l'être humain, sa parole, lui est ôté par toutes sortes de subterfuges, de substitutions. Perdue la nervosité qui naguère encore, entraînait les conversations vers l'art le plus haut, qui portait naturellement les idées, les sentiments, les intuitions à se dire ou à s'écrire dans une forme singulière ! Au sens étymologique du mot, l'esclave moderne est énervé, sans nerf, c'est à dire à la merci des excitations qui lui seront imposées de l'extérieur: publicité, propagande, idéologie, voire science et technique.

La difficulté à discerner des brèches, des lézardes dans ces illusions massivement imposées requiert à elle seule toutes nos forces de méditation, de spéculation, d'imagination et de stratégie. Par quelle chance, et serait-on tenté de dire, par quelle grâce, nous est-il donné de voir, de temps à autre, par delà les écrans de la représentation? L'impersonnalité du discours est souvent fallacieuse, et je ne puis, à cette étape de ma démonstration, me dispenser d'un rappel pour ainsi dire « autobiographique ». Certes, si j'entreprends la critique du culte de l'identité, ce n'est certes pas du haut d'une « supra-identité » que l'on pourrait faire passer pour de l'objectivité selon ce tour de passe-passe familier aux discoureurs des « sciences humaines », mais bien du cœur d'une aventure vécue, dont je suis le seul auteur, d'une aventure qui n'engage que moi, et qui ne s'adresse aux autres que par cette inadvertance dans la prodigalité qui est le caractère immémorial des écrivains français. Quoique nous en disions, toutes nos théories naissent d'un sentiment intime, d'une expérience intérieure qui nous paraît inexplicablement plus précieux que toutes les bonnes ou mauvaises intentions. Le désintéressement prend sa mesure à ce sentiment, ou mieux vaudrait dire, à cette expérience. Nous ne sommes pas intéressés, au sens vulgaire, car nous ne comprenons pas la logique de l'échange. Ce que nous sommes, ce que nous offrons, nous paraît trop précieux pour faire l'objet d'un marchandage. La Qualité d'un être ou d'une œuvre est irréductible et incommensurable. Mais nous ne sommes pas non plus désintéressés au sens où nous consentirions à sacrifier notre aventure à quelque intérêt général.

Ni intéressés, ni désintéressés, nous échappons à l'identification et nous y échappons d'autant mieux que, sitôt hors de cette lamentable alternative, c'est l'infini qui s'offre à nous comme une source inépuisable. La Qualité est l'inépuisable richesse du monde, la Quantité est la multiplication et le dénombrement de sa pauvreté. Le règne de la Quantité accumule la pauvreté, thésaurise la misère de ces « temps de manque » dont parlait Hölderlin. La Qualité nous révèle l'infinité qualitative de chaque seconde, ainsi rendue victorieuse du temps, et se prolongeant dans nos imaginations et nos mémoires en arborescences orphiques. Le pathos, la mauvaise conscience, le malheur informe et uniforme naissent des fausses alternatives que l'on ne cesse de nous imposer, faisant de chaque choix, c'est-à-dire de chaque exercice de notre libre arbitre, l'équivalent d'un sacrifice sur l'autel de l'égoïsme et du désintéressement, de l'utilité privée, ou publique. On comprend qu'en de pareilles conditions, les êtres humains soient hostiles à la pensée, si enclins aux abrutissements. La lucidité est insoutenable lorsqu'elle met en évidence notre misère, elle devient un prodige de hauteurs sans fins dès lors qu'échappant aux alternatives elle nous invite au déchiffrement des apparences.

Il n'y a pas d'équivalent ou de synonyme à la vérité ou à la beauté. Rémy de Gourmont, qui est de ces auteurs que nos contemporains gagneraient grandement à redécouvrir, préconise un exercice intellectuel qui, dans l'excellence de sa pratique, peut s'apparenter à un exercice spirituel. Il s'agit de « l'art de dissocier les idées ». Certaines idées, ou notions, nous dit Rémy de Gourmont, sont abusivement associées. La seule habitude, alliée à la foncière inertie de notre pensée nous fait reconnaître dans certaines idées les compagnes naturelles, invariables, d'autres idées. Pour peu que nous sachions nous dégager de l'habitude et de l'inertie, ces idées reprennent leur autonomie, leur force poétique et créatrice dont l'enchaînement arbitraire à d'autres idées, parfaitement étrangères, les privait. Ainsi en est-il de l'idée de liberté qu'une forme contemporaine de l'inertie associe à la démocratie en tant pouvoir fondamentaliste du plus grand nombre. Non seulement il n'y a aucune commune mesure entre la liberté et le pouvoir du plus grand nombre, mais il faut bien reconnaître que, fort souvent, le pouvoir du plus grand nombre est manifestement hostile à la liberté.

Il n'y a pas de conditions à la liberté. La liberté, par définition n'est pas conditionnée ou déterminée par un système ou un usage politique ou moral. Une liberté conditionnée ou déterminée est, à l'évidence, une liberté tuée. C'est, au contraire, la liberté qui, dans sa nature et dans son essence, détermine et conditionne le déploiement plus ou moins grand de nos possibilités d'existence. Comment imaginer une liberté qui serait la conséquence d'un conditionnement préalable ou d'une planification de la réalité ? Lorsque la liberté se présente comme la conséquence d'un conditionnement préalable, elle est illusoire. Tant d'individus, sans révérence ni fidélité, si obséquieusement livrés aux pouvoirs de l'état de fait et aux états de fait du pouvoir, se croient ou veulent se croire libres : le mot de « liberté » s'en est à tel point trouvé galvaudé que longtemps il fut presque impossible d'en faire usage sans s'exposer aux plus lamentables malentendus. Et pourtant, la liberté n'est autre que la liberté. La liberté ne prend sa source qu'en elle-même et il est impossible de lui trouver d'autre nom, de lui substituer d'autres notions, car chacune de ces substitutions est invariablement une falsification.

L'apogée de l'esclavage ne coïncide-t-elle pas avec le moment où les esclaves sont persuadés de leur liberté, lorsqu'ils sont aussi farouchement attachés à leur esclavage que les hommes libres le sont à leur liberté ? Comment donc parler de la liberté sans tomber dans la veulerie ou le mensonge ? Accroître l'exactitude de sa pensée, aiguiser son sens du défi, consentir à rassembler contre soi les factions adverses, telles seraient les prémisses d'une diététique libertaire destinée à nous rendre la puissance dont tout en ce monde, à commencer par le temps linéaire, nous dépossède. On a souvent fait grief à Nietzsche d'avoir envisagé d'intituler son grand-œuvre de la transvaluation de toutes les valeurs La Volonté de Puissance, sans voir que la puissance faisait partie des signes d'accomplissement de cette diététique de l'homme libre que toute l'œuvre de Nietzsche nous invite à exercer pour le plus bel accomplissement de la vie magnifique.

« La liberté ? Pour quoi faire ? » La question est d'une pertinence absolue car, en effet, une liberté qui se réalise en médiocrité s'abolit elle-même. La puissance dont parle Nietzsche est le « faire » de la liberté, son accomplissement poétique. Le pouvoir, cette fascination exclusive des esclaves, est de la puissance morte et fragmentée. Avoir du pouvoir, c'est renoncer à la puissance. Tout esclave dans le monde de la démocratie fondamentaliste, et c'est bien ce qui alimente son illusion, est aussi homme de pouvoir. Le rôle qu'on lui assigne, comme on marque un bétail, lui confère ce pouvoir, cette identité, cette fonction, sans laquelle il se sentirait perdu au milieu du tournoiement vertigineux de la puissance libre. Pouvoir faire et penser ce que l'on veut: cette simple définition de la liberté sur laquelle tout le monde s'accorde fait de la volonté de puissance la plus évidente expression poétique de la liberté. Or que fait le pouvoir à celui qui l'exerce comme à celui qui le subit, sinon le priver d'abord de la puissance. La puissance relative fait les cathédrales, le pouvoir relatif fait les «  grandes surfaces » commerciales. La puissance absolue fait l'Odyssée, le pouvoir absolu fait les camps de la mort.

Quoique veuillent les politiques, et ce fut l'erreur de Marx et de Maurras, (beaucoup plus proches l'un de l'autre que leurs adeptes respectifs, s'il en reste, ne seraient enclins à le reconnaître), il n'existe pas de « composé » entre le pouvoir et la puissance. La plus simple définition du pouvoir est de dire qu'il apparaît là où la puissance n'est plus. La puissance nous place, fût-ce dans la plus grande prodigalité, sous le signe de l'abondance, alors que le pouvoir nous place, fut-ce dans les plus grandes accumulations, sous le signe de la pénurie. Seule, avons-nous dit, la Qualité est inépuisable. L'esclavage organisé consistera donc à priver les hommes, autant que possible, de leur puissance, à les maintenir dans leur rôle, qui les soumettra à l'illusion du temps linéaire, c'est-à-dire du temps utilitaire, du temps de l'accumulation quantitative et industrielle.

Tout art poétique est aussi, en profondeur, un art de la résistance au règne de la Quantité. Et ne nous y trompons point: ce à quoi il faudra résister, ce n'est point aux ordres d'une élite. Les normalisations les plus brutales sont toujours faites par et pour les « gens normaux ». L'illusion démocratique est de toutes les illusions celle dont risque le plus de pâtir l'hérésiarque ou le dissident qui s'y adonnent. Le grand nombre, par définition, sera toujours contre lui, mais les minorités aussi seront contre lui, dans la mesure où elles se fomentent et s'organisent comme de petites majorités qui exigent une soumission. Dans un monde normalisé par le règne de la Quantité, les minorités ne sont pas un remède contre la majorité. La logique minoritaire, souvent réactive, cultivant une altérité de groupe, avec une tournure d'esprit encline à la persécution, est fort éloignée de la souveraineté et de la puissance des maîtres sans esclaves qui ne songent à leur propre gloire que par hommage à la grandeur et à la gloire de la Cité qui leur enseigna l'art de dire et de vivre.

Ce serait un fort malentendu que de croire ces propos inspirés par quelque individualisme exacerbé. L'individu moderne n'est que l'atome interchangeable du pire collectivisme. Garde-chiourme de lui-même et des autres, l'individu moderne, en réduisant son entendement à la seule considération de ses petites affaires personnelles, réalise l'idéal totalitaire comme aucun despote n'y parvint. Incurieux, ennuyé, futile, il circule dans le cercle étroit de ses seules préoccupations physiques. Rien ne l'intéresse que de savoir comment loger son corps, nourrir son corps ou mouvoir son corps. La Maison, la Nourriture, la Voiture sont les objets de toutes ses sollicitudes et même de tous ses fantasmes. L'esclave du règne de la Quantité ne voit rien au-delà du cercle qui l'enferme et qui le réduit à une passivité extrême. «  Entrer dans la vie active »- cette formule m'a toujours semblé de la plus cruelle ironie, car, à l'évidence, il n'est pas de vie plus passive que celle de l'homme qui travaille.

Obéissant, laissant guider ses gestes et ses pensées par des mécanismes dans lesquels il n'entre qu'à titre de rouage, l'homme qui travaille réalise la passivité. Certes, la « vie active », cette formule doit s'entendre comme une antiphrase, car dans l'existence de l'homme devenu rouage, il n'est plus de vie ni d'activité d'aucune sorte. Sa vie est si peu active qu'elle prend les formes mêmes de la mort. L'histoire du vingtième siècle montre que les sociétés les plus acharnées à faire du travail une « valeur » surent avec non moins de détermination faire du meurtre de masse leur principal ressort politique. C'est, qu'en effet, le travail, dans ses formes modernes, n'est rien d'autre qu'un consentement à la mort. La vieille devise des jésuites, obéir comme un cadavre, « perinde ac cadaver », s'applique désormais, dans son sens le plus banal et le plus profané, aux guichetiers, aux caissiers, aux ingénieurs, toutes castes confondues, qui se proclament libres et égaux car ils disposent du « droit de vote ».

Ce droit de choisir entre des options préétablies est comparable à la liberté du consommateur: il peut en effet choisir entre deux marques d'un même produit insipide et frelaté; il peut aussi ne rien acheter: ce qui veut dire voter blanc, et son geste sera comptabilisé comme une erreur. Mis au chômage, l'esclave antique se fût réjoui dans son oisiveté reconquise, l'otium étant alors considéré comme une valeur. Mis au chômage, l'esclave moderne s'apitoie sur lui-même. Privé de son travail, il se trouve également privé de son identité. Pour l'esclave antique, le travail était son joug, son supplice et il aspirait à s'en délivrer, parfois au sacrifice de sa vie. L'esclave moderne, le « travailleur » ne rêve que de sécurité de l'emploi. S'il conteste et manifeste, ce n'est pas en faveur des pauvres mais pour s'assurer le léger surplus qui lui permettra, la retraite venue, de paraître un peu moins pauvre qu'il ne l'est. Il n'est rien dans le système d'asservissement du règne de la Quantité qui ne soit d'une extrême fragilité, rien qui ne repose sur une illusion soigneusement entretenue. Or, il n'est rien de plus despotique et de plus fragile qu'une illusion. Sans limite dans sa force hypnagogique lorsqu'elle règne. Un « presque rien » suffit pourtant à la frapper d'inconsistance. Quoiqu'en disent les matérialistes, qui ont inventé, et ne cessent de conforter, le monde où nous vivons, tout se joue, en dernière instance, dans l'esprit et par l'esprit. Toute la difficulté consiste à atteindre, d'une seule fulgurance, cette dernière instance, qui est aussi la première, sans se laisser dévier, en cours de route, par les arguties de l'esclave heureux qui pétrit indéfiniment son bonheur du ressentiment et de la crainte qu'il éprouve à l'égard de la liberté. Le mythe du travail ne résiste pas à l'analyse critique. Le travail qui transforme et qui « rend libre » selon la formule qui ornait les camps de concentration, n'est plus, s'il fut jamais autre chose (ce dont il est permis de douter), qu'une punition préventivement infligée à des êtres totalement irresponsables.

Que paie-t-on au juste dans le travail ? De quel échange notre salaire est-il le fruit ? Quelle est la nature de ce commerce, ou de cette expiation ? Est-ce notre savoir-faire, notre excellence, ce que nous pouvons apporter d'irremplaçable ou de durable à nos semblables ? Nullement ! Ce qui nous est payé est la quantité d'ennui, d'humiliation et de pesanteur que nous sommes capables de subir. Pour l'immense majorité de nos concitoyens, travailler c'est « faire ses heures » et non point faire quelque chose de ses heures. L'argent gagné correspond mathématiquement au temps que nous avons consenti à perdre, ou, plus exactement encore, à détruire. Le temps du travail est presque toujours un temps mort. La répétition favorise la léthargie, la mort progressivement s'installe dans une intelligence que les formes et les rapports nouveaux ne sollicitent plus. Pour vaincre la passivité de l'esclavage, il ne faudra donc point glisser dans la passivité plus grande encore de la distraction, mais hausser son activité à une intensité supérieure. L'abrutissement dans lequel nous laissent la plupart des travaux et des loisirs rend presque incompréhensible cette intensité supérieure dont témoignent à merveille les œuvres de poésie et d'art.

Dans nos jeunes années, nous soupçonnons qu'il existe une autre vie, plus étincelante, plus rapide, plus vaste, mais aussitôt avons-nous rejoint les troupes qui s'adonnent à « la vie active » que ce soupçon s'évanouit. Quelques uns cependant persistent dans leur discernement juvénile. De l'autre côté du voile, des lueurs parviennent, appels prodigieux des aurores et des crépuscules, auxquels ils ne renonceront plus. Leur existence, dès lors, fidèle aux premières visions, sera toute entière magnétisée par la magnificence possible de toute heure. Je n'ai jamais laissé d'être heurté par le contraste existant entre nos possibilités de faire de l'existence une aventure magnifique et la réalité de nos existences quotidiennes. Chaque heure recèle d'inépuisables richesses qui passent habituellement inaperçues tant l'habitude de l'esclavage, lors même que sa contrainte matérielle est moins sensible, nous tient éloigné de la beauté seigneuriale de la vie. Dans le règne de la Quantité, ceux qui commandent et ceux qui obéissent sont également serfs de leur ignorance et de leur médiocrité. Ce ne sont point des « réformes » qui y changeront quoique ce soit. Les temps sont venus d'organiser des résistances, des clandestinités. Issue de la logique védantique du « ni ceci, ni cela », qui est l'élan même de la connaissance à la conquête de son propre dépassement, une troisième force précise ses puissances qui ne céderont en rien ni à l'intégrisme ni à la modernité, forces obtuses.

La troisième force quitte l'esprit de corps pour donner au corps le délié, la légèreté et la promptitude de l'esprit et de l'âme, car ce n'est pas l'âme qui est ou n'est pas dans le corps mais le corps qui est ou n'est pas dans l'âme. Il n'est point de retrouvailles heureuses qui ne fussent l'éveil d'une légèreté, d'une sainte ivresse dans l'Ame du monde. Toute fête nous éveille à la présence de l'Ame du monde. Alors nous frémissons d'impatience à nous reconnaître dans l'Ame du monde, dans ces rencontres avec la vie magnifique qui déferle en nous en vagues heureuses. La nullité des distinctions idéologiques est avérée, pour peu que nous approchions du pressentiment de la vie magnifique. Que les illusions fussent de droite ou de gauche, pour peu que l'on s'y tienne, et la vie magnifique nous échappe. Cette misère suscite une culture du ressentiment dont bénéficient toutes les démagogies, et, en dernière analyse, il n'est point de mouvement politique, qui n’ait pour moteur telle ou telle forme de démagogie. Si les choses vont aussi mal, nous entraîne-t-on à penser, c'est la faute des « autres », de l'adversaire qui usurpe un pouvoir dont nous ferions bon usage. La démagogie laisse les hommes dans leur veulerie et leur servilité originelle tout en leur faisant croire que la cause de leur misère est ailleurs qu'en eux-mêmes. On ne gagne jamais plus aisément des oreilles attentives que lorsque l'on attribue à d'autres que ceux à qui l'on s'adresse les tares universellement subies. La culture du ressentiment est l'une des plus prospères en cette fin de siècle. On ne cesse de persuader des gens qui sont incapables de donner un minimum de sens et de cohérence à leur vie quotidienne qu'ils valent mieux que les élites, objets de la vindicte populacière, où l'arrogance du médiocre le dispute à l'envie.

La haine du pouvoir dont s'honorent certains « contestataires » n'est rien d'autre qu'une révérence retournée du pouvoir. L'anarchiste qui vitupère est souvent dévoré par la même ambition que l'obséquieux affairiste. Rien n'est plus proche de l'idéologue révolutionnaire que l'arriviste. Les formes de la servitude sont variables. La fascination du pouvoir entrave également celui qui s'y confronte, en exerçant le pouvoir, que celui qui s'y affronte, en le contestant. La volonté même d'être libre peut asservir et le libérateur asservit à sa réussite ceux qui le suivent: «  Soyez libres avec moi ou esclave avec les autres ». Combien se sont laissé abuser par des alternatives de cette sorte ! Certes, à chaque instant, il faut choisir, et il n'a jamais été question de cesser, si peu que ce soit, de résister. Mais encore faut-il que cette résistance se fasse de façon rayonnante, à partir du site irrécusable de notre liberté. Entendez-moi bien, il faut s'exercer à résister de toutes parts.

Nous perdons notre liberté en nous abandonnant à une idéologie car l'espace que nous conquérons d'un côté nous est irrémédiablement repris de l'autre. Ma liberté ne peut faire celle des autres que si je ne l'abandonne pas à ce noble dessein. Savoir refuser les fausses alternatives jusque dans nos derniers retranchements fait de notre liberté cette troisième force, imprévue, scandaleuse, qui non seulement nous rend inexpugnables mais peut nous lancer à la conquête du monde ! Maître sans esclave, ma liberté est une flamme presque indiscernable, mais brûlante, dans le plus éclatant midi de l'été. Cette flamme passe des mains invisibles dans la lumière, et c'est ainsi que le monde sera transfiguré !

La dernière fausse alternative, la plus redoutable, dans laquelle les idéologues s'efforceront de nous immobiliser est celle de la croyance ou de l'incroyance. « Dieu ou l'athéisme », c'est en ces termes que les politiques, les idéologues ou certains prétendus philosophes ne cessent de recourir à notre crédulité et notre passivité. Et certes ! la crédulité athée n'est pas moins passive que la crédulité dévote. La prison intellectuelle et morale de l'athée est à l'image de la prison intellectuelle et morale du dévot moderne: seule change la terminologie. Il vient toujours un moment où le dévot de l'une ou de l'autre cause renonce à sa pensée pour se faire adorateur d'un mot. L'Humanité, le Progrès, la Science, la Tolérance, - ces mots recouvrent tout et n'importe quoi, y compris les pires intolérances et les fanatismes les plus obtus, mais dans l'usage qu'en fait la « société du spectacle », ils recouvrent avant tout le renoncement à la pensée, à l'esprit critique, à l'audace intellectuelle.

La « Cause » pour laquelle on se bat, en devenant abstraite, nous abstrait de nous-mêmes. Qu'est-ce donc à proprement parler qu'un homme moderne sinon un homme abstrait de lui-même, séparé de son « être-là », un homme insolite, séparé de sa tradition, de sa langue, c'est-à-dire de toutes les sources d'enchantement et d'émerveillement. Dans le monde moderne, la croyance et l'incroyance se partagent la tâche de séparer les hommes en deux, afin d'en faire des esclaves. Le dévot vit soumis à la doxa de la religion réduite à l'extériorité des rites et de la morale, l'athée est condamné à la doxa de sa mécréance qui se réduit aux rites et aux morales de la marchandise. En dernière analyse, cette séparation aura pour conséquence de parachever l'esclavage universel et il n'est pas même exclu de voir triompher, en fin de compte, par delà l'actuelle opposition du fondamentalisme « intégriste » et de la modernité « libérale », une sorte de fondamentalisme de la marchandise dont le but sera de détenir l'exclusivité absolue du langage symbolique. Chacun peut, d'ores et déjà, assister à la substitution progressive de l'image religieuse par l'image publicitaire. L'étape suivante est déjà donnée: l'image publicitaire, évacuant l'image religieuse, va elle-même devenir religieuse. L'intégrisme, de plus en plus, obéit aux lois du marché car celui-ci est lui-même devenu religion. Ayant pour fondement la séparation de l'homme avec lui-même, le monde moderne met en place une théocratie parodique dont le pouvoir s'accroît de toutes les divisions intérieures au bénéfice de la plus vaste et irrécusable uniformité extérieure. Le Diable, telle est sa ruse, cherche à nous diviser en nous-mêmes en feignant de nous unir aux autres, tout aussi scindés. Ainsi l'œuvre diabolique se répercute et se prolonge. Comment résister à l'uniformité extérieure, si ce n'est en luttant contre les divisions intérieures ? La place royale est la place du Cœur. Il faut s'y tenir, avec la mémoire et la fidélité, le sens de la chevalerie et de la résistance, car l'être et le devenir sont à ce prix. A renoncer nous ne serons plus rien et nous ne deviendrons plus rien. « Naviguer est nécessaire mais il n'est pas nécessaire de vivre.»
Luc-Olivier d'Algange

Extrait de Lectures pour Frédéric II, éditions Alexipharmaque

www.alexipharmaque.net



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