Et Le bassin minier en 1918, un paysage anéanti





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Expositions

DOSSIER DE PRESSE



et
Le bassin minier en 1918, un paysage anéanti

(18 avril – 2 novembre 2014)













Contacts presse :

Karine Sprimont, Directrice de la communication

Tél. 03 27 95 82 82 – ksprimont@chm-lewarde.com

Mélissa Roux, Assistante en communication - mroux@chm-lewarde.com




Centre Historique Minier

Musée de la mine du Nord/Pas-de-Calais

Centre d’archives – Centre de culture scientifique de l’énergie

Fosse Delloye – Rue d’Erchin – BP 30039 – 59287 Lewarde – Tél. : 03 27 95 82 82 – www.chm-lewarde.com

En 1713, la paix d’Utrecht met fin à la guerre de Succession d’Espagne qui redessine les frontières du Nord de la France. C’est alors le début de la recherche du charbon dans le prolongement du bassin minier wallon. Elle aboutira en 1720 pour écrire une épopée minière de deux cent soixante-dix années.
Depuis cette date, le bassin minier du Nord-Pas de Calais a été balayé par des conflits successifs, ceux de la Révolution, des deux grandes guerres mondiales et jusqu’à celui de la guerre d’Algérie. Ces différents conflits qui ont touché le Nord de la France ont considérablement bouleversé l’exploitation du charbon. La situation économique de la France en a été affaiblie, puisque le bassin minier du Nord-Pas de Calais fournit au XXème siècle les deux tiers de la production nationale de charbon. Mais c’est surtout la Première Guerre mondiale qui va marquer profondément l’histoire du bassin minier : transformé dès le début des combats en un véritable champ de bataille, il finit totalement détruit en 1918.
Tous ces conflits, étalés sur trois siècles, ont eu des conséquences lourdes et durables sur la vie des habitants du bassin minier. Ils ont dû subir les souffrances de la guerre, les difficultés à se déplacer et à se ravitailler tout en continuant à travailler, mais ils se sont également révoltés, ont résisté, en essayant de vivre, toujours et malgré tout.

La bataille de Denain et la naissance du bassin minier
A la fin de la guerre de Succession d'Espagne, le charbon n'est pas l'enjeu conscient des opérations militaires. C'est pourtant le sort des armes qui, en déterminant le tracé de la nouvelle frontière, scelle le destin minier de la région.

Depuis longtemps, les ambitions du roi de France portent sur la partie des Pays-Bas qui est restée possession espagnole. Mais quand son petit-fils, le duc d'Anjou, la reçoit en héritage en même temps que la couronne d'Espagne, cet accroissement considérable des possessions de la famille des Bourbon paraît intolérable aux autres puissances européennes : Anglais, Hollandais et surtout les Autrichiens.

La guerre de Succession d'Espagne va durer plus de dix ans (1701-1714). De cet affrontement dramatique, la victoire des troupes de Louis XIV à Denain le 24 juillet 1712 constitue un des derniers épisodes, de loin le plus décisif.

La victoire de Denain permet à Louis XIV de sauver l’essentiel et de négocier dans une position mieux assurée. Les traités d’Utrecht (1713) et de Rastatt (1714) cèdent aux Habsbourg de Vienne ce qui restait des anciens Pays-Bas espagnols, mais Philippe V, le petit-fils de Louis XIV, est confirmé sur le trône d’Espagne. La France conserve définitivement le territoire du futur bassin minier : Condé, Valenciennes, Douai, Lens ou Béthune. Mais, dans l’immédiat, le Nord de la France se trouve séparé des régions de Mons et de Charleroi, où il avait pris l’habitude de s’approvisionner en charbon. Par ailleurs, la hausse des droits de douane lui interdit de s’en procurer dans cette région du Hainaut impérial qui appartient désormais aux Pays-Bas autrichiens.

C'est la difficulté qu'il y a désormais à importer le précieux combustible qui détermine sa recherche dès 1716 à l'ouest de la nouvelle frontière. En effet l'industrialisation naissante, notamment la verrerie, exprime de nouveaux besoins. Le vicomte Jacques Desandrouin joue alors un rôle pionnier puisqu'il a l'intuition que le gisement exploité en Belgique se prolonge en France, sous une épaisseur plus considérable de morts-terrains. Il en découvre à Fresnes en 1720, puis à Anzin en 1734 pour la houille grasse qui fera sa fortune. Dans le Hainaut français, la révolution industrielle est déjà engagée.
Le bassin minier dans les guerres de la Révolution
Le XVIIIe siècle a vu naître et se développer l'industrie minière dans le Nord de la France. En 1789, la très prospère et très puissante Compagnie des mines d'Anzin emploie 4 000 mineurs dans le Hainaut français, autour de Valenciennes, dans la seule partie du gisement qui est alors identifiée. En 1793-1794, ce premier bassin minier se trouve plongé au cœur d'opérations militaires qui peuvent déterminer l'écrasement, ou le triomphe de la toute jeune République française.

Depuis le 20 avril 1792, la France est en effet en guerre. Au printemps de 1793, les opérations militaires reprennent dans les Pays-Bas autrichiens. A l'Europe coalisée contre elle, la France oppose une armée où se mêlent de vieux soldats de métier, volontaires et citoyens appelés sous les drapeaux dans le cadre de la levée en masse. La défaite de Neerwinden (18 mars 1793), puis la trahison du général Dumouriez ouvrent aux armées étrangères les portes du territoire national. C'est par le Valenciennois que commence l'invasion.

Grâce à l'héroïsme de ses défenseurs, Valenciennes résiste deux mois aux troupes autrichiennes et anglaises, avant de tomber le 23 août 1793. Mais après une année d'occupation, les troupes de la République française remportent en Belgique la victoire de Fleurus (26 juin 1794), qui entraîne la capitulation de la garnison autrichienne et la libération de Valenciennes.
Les mines au cœur des bouleversements révolutionnaires
En 1793, les assiégeants de Valenciennes ont abrité leurs batteries de mortiers derrière les terrils des fosses d'Anzin tandis que les entreprises étaient livrées au pillage. En proie à la famine, les ouvriers se sont dispersés. Durant l'année qui a suivi, l'occupant s'est servi dans les stocks de charbon de Saint-Saulve. Il ne faudra pas moins de deux décennies pour que soit retrouvé le niveau de production de 1790.

La guerre entre la France et les puissances européennes a accéléré l'émigration d'une partie des actionnaires nobles de la Compagnie d'Anzin dont les biens sont confisqués. Durant quelques mois, la République mène ainsi l'expérience d'une toute première nationalisation, puisqu’elle est devenue propriétaire de la majorité des parts de l'entreprise : c'est le directoire du district de Valenciennes, contrôlé par les Jacobins, qui préside aux destinées de la Compagnie. L'agitation sociale régnant à Anzin laisse entrevoir que, pour bon nombre de mineurs, les circonstances doivent être l'occasion d'une transformation radicale de leurs conditions. Pourtant en juin 1795, l’exploitation du charbon est remise entre les mains d’un groupement privé de financiers.

Il faudra attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour voir à nouveau les mines nationalisées.
1914-1918, le bassin minier à l'épicentre d'une guerre totale
Aucune région française n'est plus engagée dans la Première Guerre mondiale que le Nord-Pas de Calais et, à une échelle plus modeste, que le bassin minier. Pendant quatre longues années, celui-ci se trouve à l'épicentre du conflit, d'autant plus qu'il est coupé en deux par le double réseau des tranchées. Pendant quatre ans, le bassin minier constitue un champ de bataille...

Le monde entier se retrouve dans les tranchées puisque les soldats de l'Empire britannique (Australiens, Canadiens, Néo-zélandais, …) se battent aux côtés de l'armée française contre les Allemands. La guerre totale s'affirme dans le bassin minier avec une force particulière : la mine est mise au service de l'effort de guerre, et des deux côtés de la ligne de front les mineurs sont, à leur façon, mobilisés. Partout, l'autorité militaire s'impose, notamment dans la partie du bassin qui est soumise à un féroce régime d'occupation.

Quand le conflit s'achève, le bassin minier est devenu un vaste champ de ruines.
1914, le bassin minier coupé en deux par le front
En août 1914, l’est du bassin minier est simplement traversé par l’offensive allemande, qui dans le cadre du plan Schlieffen cherche à anéantir rapidement l’armée française avant de se reporter sur le front russe. Cependant, à la mi-septembre après la victoire française de la bataille de la Marne, le bassin minier devient véritablement un champ de bataille. En effet, chacun des deux adversaires cherche à déborder l’autre par le nord : c’est ce qu’on appelle la « course à la mer ». Les combats sont particulièrement intenses et la prise de contrôle du territoire par les Allemands s’accompagne de nombreuses violences.

Après la première bataille de l’Artois, le front se stabilise durablement à l’ouest de Lens qui est tombée le 4 octobre entre les mains des Allemands. Les troupes s’enterrent dans des tranchées sur une ligne qui, d’Armentières à Arras, coupe le bassin minier en deux.
La zone arrière sous pression
A l’ouest du front, le territoire du bassin minier est épargné par l’invasion. Les forces armées sont omniprésentes, françaises naturellement mais aussi britanniques. Les cités et les corons accueillent les soldats. L’autorité militaire s’impose à tous et encadre la vie quotidienne des civils qui continuent à travailler.

Après quelques semaines d’arrêt, la reprise du travail est impérative. Les compagnies de Nœux, Bruay, Marles, La Clarence, Ligny-les-Aire et Ferfay produisent du charbon pour les besoins du pays en guerre, malgré de nombreuses difficultés : manque de main-d’œuvre lié à la mobilisation, bombardements sporadiques des Allemands et difficultés du transport. Malgré cette situation difficile, les Compagnies produisent beaucoup en exploitant les veines les plus riches et en augmentant les horaires de travail. C’est ainsi que Bruay passe de 2,7 millions de tonnes en 1913 à 3,15 millions de tonnes en 1915 et jusqu’à 4,5 millions de tonnes en 1917.
Au cœur du bassin minier, le champ de bataille
Pendant toute la guerre, la ligne de front est au cœur du bassin minier, sur les territoires des compagnies de Lens, Liévin et Béthune. Les soldats allemands et alliés s’enterrent face à face dans un double réseau de tranchées qui durant quatre années se déplacera très peu. Les armées s’installent dans une guerre de position. Pour les soldats qui stationnent dans les tranchées, l’artillerie constitue le danger principal. Des centaines de milliers d’obus tombent sur eux et contribuent à détruire le territoire où ils sont installés : fosses, corons et cités sont ravagés par les combats.

Au prétexte de précautions militaires, les Allemands détruisent aussi de façon systématique les fosses voisines du front : les câbles sont coupés, les cages précipitées dans les puits, les machines détruites. Élie Reumaux, président de la Société des mines de Lens, assiste, impuissant, à la destruction de la fosse 13 qui porte son nom.

L’offensive de septembre 1915 permet aux Alliés de faire avancer la ligne de front mais la riposte est désastreuse pour les fosses : les Allemands provoquent l’inondation volontaire de l’ensemble des puits de cette zone et dynamitent systématiquement les installations de surface. De même, après la prise de Vimy par les Canadiens, en avril 1917, les mines de Courrières et de Dourges sont pillées et détruites.
La bataille de Loos-en-Gohelle et la violence de masse
Livrée au cœur du bassin minier, la bataille de Loos est une des composantes de la bataille d'Artois. Elle illustre dramatiquement l'échec de toutes les offensives destinées à réaliser une rupture du front. A l'automne de 1915, le « Big Push » imaginé par l'état-major britannique se transforme en un sanglant échec, malgré la masse des armes employées et des hommes mis en ligne. Le 25 septembre, 75 000 soldats concentrés sur un front étroit sortent des tranchées pour monter à l'assaut. L'avancée est réelle mais 8 500 soldats britanniques sont tués en une seule journée et les Allemands reprennent la cote 70. Les assauts qui se poursuivent dans les jours qui suivent avec le renfort de soldats français aboutissent à un désastre : le 13 octobre, en dix minutes, la 46e division britannique perd 3 700 hommes.

En l'espace de quelques semaines, la poussée a permis de reprendre quatre kilomètres carrés à l'ouest de Lens, mais au prix de 20 000 morts et 30 000 blessés parmi les troupes alliées.
L’est du bassin minier sous régime d’occupation
Pour les Allemands, l’est du bassin minier appartient à la zone des « étapes ». De Valenciennes à Lens, ce sont des centaines de milliers de soldats qui stationnent ou sont au repos avant de remonter en première ligne. Les villes du bassin minier sont soumises à une occupation très intense. Dans les secteurs de Sallaumines ou de Courrières, à proximité du front, la présence allemande est particulièrement lourde.

Conformément aux exigences de l’occupant, les mines reprennent l’exploitation quelques semaines après l’invasion. Les conditions sont difficiles et les ouvriers manquent. Une partie de la main-d’œuvre est sous les drapeaux, une autre a suivi l’exode des premiers jours. La Bergverwaltung, section des mines de l’administration allemande, exerce une autorité tatillonne pour mettre les fosses au service de l’effort de guerre allemand. Elle fait le lien entre les autorités militaires et les compagnies, s’occupe de l’approvisionnement tandis que les responsables de l’exploitation restent le plus souvent à leur poste. Malgré ces efforts, la production est en baisse très nette par rapport à 1913.
De la dévastation à la reconstruction
Dès 1917, on s’inquiète des destructions opérées dans le bassin minier. Une commission technique du Groupement des houillères victimes de l’invasion se réunit pour réfléchir à l’après-guerre. Pourtant, le pire reste à venir. Il se produit en 1918, lors du recul des troupes allemandes qui ont programmé la destruction systématique de l’appareil économique des régions envahies.

Tous les puits des compagnies du Nord, l’Escarpelle, Aniche et Anzin, sont méthodiquement détruits en quelques jours. Bâtiments des machines, batteries de chaudières, triages, cheminées, lavoirs, fours à coke sont dynamités. Le bilan d’ensemble est effroyable : 103 sièges d’extraction comprenant 212 puits sont détruits, de nombreux cuvelages ont été dynamités, 800 kilomètres de chemins de fer miniers sont inutilisables dont 103 ouvrages d’art, 110 millions de mètres cubes d’eau inondent les étages souterrains des mines, environ 3 000 kilomètres de galeries sont à rétablir, 16 000 logements sont en ruines. La ville de Lens est quasiment rayée de la carte. Tout est à reconstruire.

S’il est un nom à associer à la reconstruction des mines du Nord-Pas-de-Calais, c’est bien celui d’Ernest Cuvelette, directeur général adjoint des Mines de Lens, qui va se consacrer à la reconstruction des houillères du Nord-Pas-de-Calais et surtout des mines de Lens. En dix ans il reconstitue le patrimoine de la Compagnie, profitant de ces circonstances pour moderniser l’appareil productif.
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