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CM Histoire de la langue

Le Roman de la Rose

Le Roman de la Rose est un texte bicéphale de J. de Meun et G. de Lorris. Il y a un phénomène de continuation entre ces deux auteurs. Ce texte est sans propriétés littéraires, commun au Moyen-Age. Jean de Meun est connu comme traducteur. Est-ce un achèvement involontaire de l’œuvre par la mort de Guillaume de Lorris ou un achèvement volontaire comme l’œuvre de Chrétien de Troyes qui permet une continuation ?

C’est une sorte de best-seller médiéval car environ 300 manuscrits ont été édités (seulement 10 pour Chrétien de Troyes) (romandelarose.org)

Cette œuvre se définit comme le roman de la rose, ou l’art d’amour est en prose. Initiation de l’amour et quête de la rose dans un verger apparemment paradisiaque.

Dans sa continuation de l’œuvre de Guillaume de Lorris, Jean de Meun rajoute toute une série de discours avec un assaut de la forteresse qui se termine par la cueillette de la rose avec une double métaphore notamment érotique contrairement à l’œuvre de de Lorris qui se terminait sans avoir pu percer la forteresse.

La plupart des manuscrits sont sur des codex même s’il reste encore des rouleaux de parchemins. Le livre comme on le connait aujourd’hui apparait à la fin du Moyen-Age.

Le manuscrit date de 1486. Il n’y a ni ponctuations, ni espace entre le déterminant et le nom. C’est le scientifique qui, pour la traduction, va également établir les codes modernes. Il développe aussi les abréviations. On a des traductions différentes car elles ne viennent pas des même manuscrits : variantes lexicales, morphologiques.

Eléments morphologique, syntaxique, lexicologique spécifique à l’Ancien Français
« ne…mi » construit la négation en Ancien Français. Le substantif « mi » désignait à la base une petite quantité.

On note également l’absence de déterminants, les prépositions collées aux noms. On développe les abréviations, on ajoute des effets de déclinaisons, des voyelles nasales, de nouvelles consonnes apparaissent (ch, j) et de nombreuses diphtongues (succession de 2 sons vocaliques)
Le français médiéval est parlé dans une zone plus restreinte que ce que l’on nomme la France aujourd’hui. C’est seulement la partie au nord de La Loire, la langue d’oïl (la langue d’oc au sud de la Loire). Cette langue est dérivée du latin. Elle va gagner du terrain dans le Sud mais ne s’impose pas encore dans le sud de la France pendant la période du 9ème au 15ème siècle. On bascule ensuite dans la période classique. Le territoire va s’étendre même en Angleterre au 12ème siècle lors des conquêtes.

Au 15ème siècle, Racine raconte qu’il ne comprend plus la langue des gens au sud.
Le français vient du mot « francia » qui désigne le pays des francs étant des envahisseurs germaniques qui ont occupés le nord de la France essentiellement dans la région parisienne. Français était d’abord utilisé comme adjectif pour caractériser les origines du pays. Vers 1265, on utilise le français comme substantif pour désigner la langue qui remplace « le roman » du nom de la langue romane.

Les linguistes distinguent l’Ancien Français (9ème-13ème) et le Moyen Français (14ème-15ème) marqué par une différence morphologique et syntaxique.



  1. La part du latin dans l’origine du français

  1. Le Latin populaire

Il faut attendre un académicien pour avoir l’hypothèse que le français viendrait du latin populaire, qui passait pour un latin corrompu par rapport au latin classique, ce qui provoque un scandale sans équivoque.

Le 19ème donnera un appui scientifique avec l’Histoire. On a avancé l’hébreux pour raison idéologique, le grec car prestigieux, le celte (16ème) ou de polygénisme, comme c’est le cas pour l’auteur de dictionnaire, Du Cange.
Le Français fait donc partit de la langue romane : qu’est-ce qui distingue et différencie le français des autres langues romanes ?
Le linguiste Bernard Cerquiglini donne sa propre définition du français, « Le français est un créole de latin vulgaire (beaucoup) et de gaulois (très peu), mal prononcé par des seigneurs germaniques »

→ Met l’accent sur le mélange de langues
Les Romains, par leur conquête de la Gaule au 1er siècle après J-C, ont imposés leur langue aux gaulois qui parlaient une langue celtique continentale. On estime que le gaulois n’est plus qu’un vestige au 6ème siècle (d’où le très peu de Cerquiglini) avec seulement 70 mots. Beaucoup de traces en revanche sur les toponymes : -euil ou –eil.


  1. Influencé par les langues germaniques

Lors de la série d’invasions germaniques, les envahisseurs ont adoptés la langue du territoire conquis à l’inverse des romains qui avaient imposés leur langue. Les Francs se sont installés au Nord (zone d’oïl), les Wisigoths au Sud (zone d’oc) et les Burgondes au Sud-Est (zone franco-provençale) entre le 2ème siècle et le 6ème (Les Vikings au 9ème siècle). Ils ont un rôle phonétique car ils vont accentuer certaines syllabes qui va déterminer des évolutions phonétiques (téla > toile). Ils vont également amener leur propre vocabulaire avec environ 400 mots légués en particulier dans le domaine féodal, guerrier et maritime.

L’écrit conserve des traces de l’origine latine (feit < fidem ; fei < foi)


  1. Les étapes d’une reconnaissance du français

  1. Acte de naissance ?

Il n’y a pas de rupture, mais une continuation des dialectes les uns dans les autres. Les critères par les linguistes sont les signes d’une prise de conscience.

  1. Les signes d’une prise de conscience

-La renaissance carolingienne

Charlemagne couronné en 800, développe une renaissance du latin classique par rapport au latin corrompu et modifie le parler à la fin du 8ème siècle. Cela montre qu’on a conscience de la différence entre un latin classique et un latin évolué.

-En 813, le Concile de Tours demande aux prêtres de faire le serment en langue romane rustique (lingua romana rustica) et non plus en latin. Signe que le peuple ne comprenait plus le latin.

-Au 9ème siècle, apparait des glossaires, listes de mots avec un mot latin et l’équivalence en langue romane, équivaut à un dictionnaire. Il montre la nécessité d’une traduction du latin.


  1. L’accès à l’écrit

C’est un signe de reconnaissance de la langue parlée. Le français va petit à petit se faire une place écrite dominée jusqu’au 16ème siècle par le latin. Le français se distingue par une précocité de l’apparition de texte dans cette langue car dès le 9ème siècle. Dès le 10ème, des textes hagiographiques sur les saints, dès le 11ème des chansons de gestes et dès le 12ème des romans d’Antiquité puis les romans arthuriens dans les années 70.

Le français se développe plus vite à l’écrit car s’est démarqué d’avantage. Le centre de la Loire était un domaine culturel dynamique.


  1. Un dialecte devenu langue ?

2 hypothèses : certains linguistes pensent que c’est le dialecte de l’île de France, le francien qui s’est imposé là où c’était installé les capétiens pour des raisons politiques et économiques.

-Les linguistes pensent que le francien est un ectoplasme mais que ce sont ceux qui ont pratiqués l’écrit qui ont fait une sélection des formes communes pour être compris au-delà d’un territoire donné.


  • Voir présentation des serments de Strasbourg et de Saint Eulalie


Les Serments jurent de s’allier pour se répartir l’Empire de Charlemagne. Rapporté à l’intérieur d’un texte en latin -> irruption de la langue vernaculaire dans ce texte latin (rapporté par une personne en langue vulgaire). Usage symbolique et politique de la langue vernaculaire. Vont utiliser soit la langue germanique, soit la langue romane : reconnaitre le territoire de l’autre frère = chiasme linguistique qui associe la langue au territoire.

L’abandon du latin en même temps que l’abandon du territoire impérial.

Différenciation avec le latin sur le caractère morphologique, syntaxique, sémantique.
F. Godefroy (1826-97) a utilisé une quantité énorme de documents parfois complexe. Ce dictionnaire a fait l’objet de critique car vieux. Le meilleur dictionnaire sur la langue médiéval est en allemand.



  1. L’apostrophe du mot au Moyen-Age

  1. Etymologie

Apparait au 12ème siècle et vient de Isidore de Séville. En grec, vient de l’étude de l’origine des sens du mot. C’est un mot qui reste rare jusqu’au 17ème siècle. Elle a varié en fonction de la conception que l’on a du mot.


  1. Position réaliste/ essentialiste

Lien intrinsèque, le signe linguistique est motivé. De Séville étudie les analogies entre les mots et explique la parenté sonore entre les mots en latin. Il pense qu’il y a un lien entre signifiant et signifié.

Cette approche continue à avoir cours dans l’étymologie populaire (On a planté un peuplier > peuple). On a fait de fausses étymologies à partir des sonorités.

  1. Position nominaliste

Abélard, maître tombé amoureux de son élève Eloïse puis se retranche après avoir été châtié. C’est un philosophe du langage et le premier à avoir pensé à l’arbitraire du signe. C’est l’usage historique et social qui fixe le lien entre le mot et la chose donc arbitraire. Position déjà avancé avec Jean de Meun dans le Roman de la Rose. Prend de plus en plus de place par rapport à la position réaliste.

  1. Les ancêtres des dictionnaires

La pratique de l’explication lexicale a été faite par une main, pas du premier copiste et ajoute des informations sur les manuscrits. On a parfois l’explication dans des appendices, listes de vocabulaire notamment des listes qui permettaient d’apprendre le français en Angleterre (nominalia).

En 1501, le mot dictionnaire apparait pour désigner un recueil de mots qui est rangé selon des critères qui varient. Les premiers glossaires apparaissent au 9ème siècle : listes d’équivalence entre des mots latins classiques et des mots latins populaires.

  1. Le développement de la lexicographie sur la base du latin

On cherche à expliquer un mot latin en langue latine mais parfois aussi en langue française -> langue ancillaire, au service du latin. Il faut attendre le 15ème siècle pour que le dictionnaire présente des entrées en français. A la fin du 15ème, on a des explications entre langue vivante (Calepino : Italien/français). Pulci est un dictionnaire seulement en Italien. En 1539, Estienne est un dictionnaire seulement en français expliqué en français mais traduit en latin encore.

Au 17ème, les dictionnaires s’émancipent du latin (Nicot, Furetière)

  1. L’ordre alphabétique

Au 11ème, on regroupe les mots d’après une initiale mais pas tous les mots. Le rangement par ordre alphabétique est encore complexe car la graphie n’est pas figée. Au 14ème siècle, le lexique latin-français se nomme Alma (1er mot) et s’essaye au classement alphabétique.

En 1694, on range les mots par racine mais on n’adopte pas l’ordre alphabétique. La seconde édition du dictionnaire de l’Académie en 1718 s’aligne sur le principe de l’ordre alphabétique

Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey

Garnier numérique, CNRTL, Furetière, DML

Déclinaisons bicasuelles et la ruine du système

Le Français hérite du latin populaire. De six déclinaisons latines, on descend à deux conservées par l’Ancien Français mais tombe en ruine à la fin du Moyen-Age pour laisser la place au Moyen Français.

  • Pas de grammaire ni de système de déclinaisons

  • Pratiques variaient d’une région à une autre

Vers le 14ème-15ème siècle, c’est l’abandon de la déclinaison à 2 cas. Les manuscrits des textes sont rarement antérieurs au 14ème siècle. Par exemple, pour Chrétien de Troyes, on retrouve donc des omissions de déclinaison par recopie. Les méthodes des éditeurs ont changées et évoluées. Les modifications d’éditeurs scientifiques se fait par intervention corrective.

Pour Cerquiglini, les grammairiens ont une focalisation idéologique de la langue. Ainsi, les copistes ne retranscrivent pas justement.

  1. Examen du système des déclinaisons

Cas sujet (sujet, attribut du sujet) / Cas régime (tout ce qui n’est pas sujet)

La déclinaison a une valeur syntaxique. Elle agit sur les groupes nominaux.




Singulier

Pluriel

Cas sujet

« s »

O

Cas régime

O

« s »



  1. Echantillon textuel (le Chevalier au lion)

Imbrication d’événements entre Yvain ou Le Chevalier au Lion et Lancelot ou Le Chevalier à la Charrette.

Captatio velenvolentiae = adresse à l’auditoire pour capter son attention

Appel au cœur et aux oreilles de l’auditeur :

« A partir du moment où le cœur n’y comprend rien

La parole ne s’y arrête ni ne demeure

Si le cœur n’est pas assez éveillé

Pour la saisir et l’attraper »

→ Métaphore de la réception de la parole qui passe par tout le corps

Cerquiglini donne un exemple de reconstruction de la déclinaison des éditeurs qui par exemple, enlèvent les marques de cas sujet (« s »)

  1. L’abandon des déclinaisons en Moyen Français

Certains linguistes pensent que les dates historiques faisant la transition entre l’Ancien Français et le Moyen Français sont mal placées. Certains pensent que le Moyen Français débute au 13ème siècle, d’autres pensent qu’il va jusqu’au 16ème.

On délimite l’Ancien Français du 9ème au 13ème siècle car il y a encore des déclinaisons, et le Moyen Français du 14ème au 15ème siècle car il n’y a plus de déclinaisons.

C’est une période de crise féodale. Ce système se défait au profit de la monarchie avec une royauté centralisée qui affaiblit les petits seigneurs. La noblesse est en conflit avec la bourgeoisie montante qui gagne dans l’économie marchande. C’est également une période de crise politique (la guerre de 100 ans) et une période de crise démographique (la peste)

Villon, poète du 15ème siècle, s’amuse par des pastiches à imiter l’Ancien Français. Pour cela, il ne met que des cas sujets dans ses vers, ce qui n’a en soit pas vraiment de sens.

Dès la deuxième moitié du 13ème siècle, on voit des incohérences ou des inexistences pour les 2 cas. On ne dit plus le « s » à l’oral et donc on ne fait plus la différence ce qui va se répéter de plus en plus à l’écrit. Ceci implique un contre-coup sur la syntaxe car les déclinaisons permettent une indication morphologique et donc il n’y avait pas besoin d’ordre des mots dans la phrase. Sans déclinaisons, on va voir apparaitre un ordre fixe des mots dans la phrase : sujet, verbe, objet

La zone anglo-normande abandonne les déclinaisons très tôt par rapport au sud-est de la France.
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