Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





télécharger 446.99 Kb.
titreAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
page1/11
date de publication20.10.2016
taille446.99 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11




www.comptoirlitteraire.com
André Durand présente
Jean GIONO
(France)
(1895-1970)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’Le chant du monde’’

qui est étudié dans un dossier à part).

Bonne lecture !


Le 30 mars 1895, il est né à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) où, fils unique, il vécut une enfance pauvre mais heureuse et rêveuse. Son père, belle figure de sage et de guérisseur, était un cordonnier issu d'une famille italienne très modeste. Il lui parlait de son grand-père, gendarme piémontais et carbonaro épris de liberté, réfugié politique en France, de quoi alimenter un rêve d’Italie et de liberté, toute une partie de son inspiration romanesque. Sa mère, repasseuse, était provençale. La famille vivait rue Grande, dans une maison obscure où l'atelier de la mère était au rez-de-chaussée, celui du père au second. Il lui lisait la Bible et lui disait : «Si tu connais ces deux choses : la poésie et la science d’éteindre les plaies, alors tu sera un homme» (“Jean le Bleu”, chapitre IX). Enfant solitaire, rêveur et timide, il fut parfois berger dans les collines.

En 1900, il entra dans une école des Présentines. De 1902 à 1911, il fut élève au collège de Manosque. En 1907, premier communiant, il cessa aussitôt toute pratique religieuse. En 1911, il alla en vacances à Vallorbe, dans le Jura suisse, chez des cousins piémontais de son père, les Fiorio. Pour aider son père âgé et malade, en octobre, il abandonna ses études alors qu’il était en seconde, et entra, à l’âge de seize ans, comme garçon de courses à l'agence manosquine du “Comptoir national d'escompte”. Grand lecteur, il se constitua cependant une solide culture d’autodidacte grâce à la collection bon marché des classiques Garnier, poursuivant ainsi les lectures commencées avec son père : la Bible, Homère, les tragiques grecs, Virgile, les lyriques américains (Melville, Whitman). Étant trop pauvre, il ne put lire ses contemporains.

Dès l'âge de seize ans, il écrivit des poèmes en vers réguliers publiés dans un journal local.

Il fut mobilisé en janvier 1915, comme soldat de deuxième classe dans l'infanterie. Sa période d'instruction, dans la Drôme et dans les Alpes, dura dix-sept mois. En mai 1916, son meilleur ami, Louis David, fut tué en Alsace. En juin 1916, il fut envoyé au front à Verdun. Il fut commotionné par l'explosion d'un obus. En décembre, bénéficiant d’une permission, il se rendit pour la première fois à Paris. En 1917, il se trouva dans le secteur du chemin des Dames. En 1918, il participa à la bataille du Kemmel et y fut légèrement gazé. Après l'armistice, il resta mobilisé un an encore. De cette épouvantable épreuve dont son meilleur ami ne revint pas, de cette expérience traumatisante de l'absurdité et de l'horreur de la guerre, il sortit écoeuré, il garda «la grande plaie dont tous les hommes de mon âge sont malades» (“Jean le Bleu”). Son œuvre allait être marquée par l’obsession du sang et de la cruauté, par la violence affectant les éléments naturels autant que les groupes humains. Et il y acquit les convictions viscéralement pacifistes qu’il allait exprimer dans les années trente.

Démobilisé en octobre 1919, il séjourna à Marseille avant de retrouver son poste à la banque de Manosque, où son père mourut en avril 1920. Le 22 juin, il épousa civilement Élise Maurin, qui enseignait au collège de Manosque et qu’il avait rencontrée dès 1914. Ils firent leur voyage de noces en Savoie et à Vallorbe.

Il reprit son travail d'employé de banque et entreprit d’écrire. En 1921, il s'attella à un roman médiéval qui resta inachevé, “Angélique’’.

En 1923, il devint sous-directeur de l'agence manosquine du “Comptoir national d'escompte”.

En 1924, il découvrit la musique et achata ses premiers disques.
Après l’échec de son roman médiéval, il adopta un autre ton, lyrique ou épique pour célébrer la nature et la vie paysanne de la Haute Provence, dans des oeuvres empreintes d'une savoureuse vigueur qui lui firent connaître ses premiers succès littéraires :

_________________________________________________________________________________

Accompagné de la flûte”

(1924)
Recueil de poèmes en prose
Commentaire
Ils sont imprégnés d'un hellénisme bucolique, d’un paganisme, parfois un peu trop appliqué. On y trouve cependant déjà ces images qui marqueront le style de Giono. L'écriture apprivoisait doucement le mystère des choses, donnait une caresse complice à la vie.

_________________________________________________________________________________
Giono reçut les encouragements du peintre Lucien Jacques, qui allait demeurer son ami le plus fidèle.

En 1925, il commença ‘’Naissance de l'Odyssée’’, un roman ironique sur le mensonge créateur : l’humour, la réflexivité, les jeux intertextuels appararurent donc très tôt dans son œuvre, mais furent comme refoulés parce qu’ils ne correspondaient pas, à ce moment-là, à une attente du public.

Il publia plutôt :

_________________________________________________________________________________
L'esquisse d'une mort d'Hélène”

(1926)
Dialogue poétique
Il se tient entre la veilleuse et une captive troyenne devant la dépouille d'Hélène de Sparte.
Commentaire
Rien de moins intellectuel que le théâtre de Jean Giono, qui prend sa source au niveau exact des travaux, des jours et des humbles passions populaires.

_________________________________________________________________________________
Le 25 octobre 1926, naquit Aline Giono.

En 1928, les éditions Grasset reprochant à ‘’Naissance de l'Odyssée’’ son côté «jeu littéraire», Giono leur envoya son premier roman, qui, après une prépublication dans la revue ‘’Commerce’’, fut publié avec un prière d’insérer qui le présentait ainsi : «Né à Manosque en 1895, sait lire et écrire, ne sait pas nager

_________________________________________________________________________________
Colline”

(1928)
Roman de 180 pages
Dans le hameau des Bastides Blanches, «à l’ombre froide des monts de Lure», les habitants exploitent avec violence et aveuglément les ressources naturelles. En plein été, la terre se venge en tarissant la source. La sécheresse sévit, le hameau est menacé de mort, la peur règne, attisée par le vieux Janet, qui s'exprime comme un sorcier. Tout le village, ligué contre lui, va le sacrifier pour faire cesser l'envoûtement quand un incendie se déclare, ranime la solidarité des villageois, tandis que Janet meurt, miraculeusement, de mort naturelle.
Commentaire
Colline”, drame de l'eau, roman fantastique où le surnaturel est présent en pointillé, est aussi et surtout l'exaltation de la terre, conçue comme une personne, non seulement vivante mais sensible et dotée d’une puissance redoutable. Giono écrivit dans la préface de 1930 : «À l’époque où, petit berger bénévole, j’accompagnais le père Massot à la garde de ses ouailles, je fus marqué par cette terreur divine qui ruisselait des collines [...], il me parut que Pan était surtout fait de cette terreur et de cette cruauté». Noirceur et cruauté étaient donc dès le début dans cette œuvre souvent considérée comme pleine de bons sentiments.

Colline” suit l'attente et montre l'irruption de la catastrophe dans le déroulement quotidien des jours. Le récit abonde en indications chronologiques ponctuelles telles que : «Gondran va voir la pendule : quatre heures pourtant» (page 44) - «C'est midi» (page 48) - «Ce soir, le troisième jour, ils sont revenus brisés de fatigue» (page 76). C'est la succession des heures, l'alternance du jour et de la nuit, sans précision de date ou d'année, qui fournissent le cadre temporel de la fiction qui couvre environ une période d'un mois, probablement le mois d'août. Le texte épouse l'ordre chronologique et restitue l'expérience des personnages au jour le jour. Le présent de narration, temps majoritaire avec le passé composé, fait coïncider le temps du lecteur avec le temps vécu des personnages. Ceux-ci sont immergés dans la durée sans pouvoir la dominer, paralysés par la peur.

La structure dramatique s'apparente donc à celle d'une tragédie en cinq actes. Le premier acte correspond aux signes prémonitoires du malheur et à l'émergence de la peur aux Bastides Blanches. Il s'achève sur l'image de Gondran et Marguerite au chevet de Janet. Ils ont «les yeux gourds, la bouche amère, le cœur tout chaviré d'inquiétude, de mystère, de peur» (page 68). Les Bastides Blanches se sont barricadées et attendent la catastrophe. Aux trois actes suivants, le malheur pressenti frappe en prenant la forme de la sécheresse (pages 68 à 98), de la maladie de Marie (pages 98 à 132) et du feu (pages 133 à 173) qui marque l'apogée de la catastrophe. Le cinquième acte commence avec la recherche du bouc émissaire, Janet, et s'achève avec sa mort (page 179) (avant même que Gondran ait pu le tuer) et celle de Gagou (page 184). Comme dans la tragédie, la mort des coupables libère du mal et réinstalle la paix. Les personnages vivent plongés dans l'instant de crise, pris à la fois dans le temps cyclique et tragique, en dehors du temps historique.

Les Bastides sont assaillies par la sécheresse et le feu. Gondran déclare avoir vu bouger la colline (page 173) ; l'incendie commence par «un grondement terrible [...] Le monstre terre se lève» (page 158). La traversée des épreuves successives de la sécheresse, de la maladie et du feu par les Bastides Blanches est une traversée symbolique de la mort. Jaume, le personnage initié qui domine la micro-société, est le seul à vivre une expérience proche de la mort, lors de l'incendie : «De bonne foi il s'est cru mort [...] Tous les sacs de chair où se fait la vie dansaient sur les flots éperdus de son sang» (page 159). L'initiation et la mort symbolique débouchent sur une renaissance et une transfiguration du personnage initié. Jaume parvient à renouer avec ses origines chthoniennes. Il devient l'égal de Janet ; comme lui, il subjugue par sa parole qui porte les secrets de la terre (page 174) et ressemble à un arbre : «Jaume est un peu seul. Il est un peu à l'écart, seul. Il se sent devenir grand et solide comme un arbre» (page 134). Il est enfin libéré de la terreur et pénètre le mystère panique du monde naturel. À la fin, il ne s'oppose plus au savoir de Janet, il se l'est au contraire approprié. Mais sa fille, Ulalie, femme qui n'est pas mère, n'a pas droit à la transfiguration panique.

Janet, médium de la terreur panique, qui exprime «tout le jus sucré du mal» (page 132), réunit les traits ambivalents du guérisseur et du sorcier maléfique, du fou et du savant. Il «voit plus loin que les autres» (page 60), mais «a quelque chose de dérangé dans la cervelle» (page 60). Vieillard impotent, il est avant tout une parole, médium du dieu Pan, de la grande force qui habite la terre : «Il y a dans la parole du vieux, des avens où gronde une force cachée» (page 80). La typographie change pendant ses moments de transe (pages 105 à 119) où ses auditeurs perçoivent l'étrangeté de sa voix et de son discours : «C'est comme de l'eau, ça ne tient pas dans les mains serrées [...] Ça faisait comme un troupeau qui passait» (page 62). Il livre à Jaume le chemin qui peut aider l'être humain à redécouvrir Pan, à revivre en harmonie avec la terre, à la respecter : «Toi et moi, nous sommes à lui, aussi ; seulement, depuis le temps, nous avons oublié le chemin qui monte à ses genoux : ce chemin, il faudrait pouvoir le retrouver» (page 117). Janet (diminutif de Jean) apparaît comme un poète devin, traversé par une parole qui ne lui appartient pas. C'est pourquoi les Bastides Blanches le rendent responsable des fléaux qui les accablent. Divisées, ébranlées, elles retrouvent leur unité en désignant un bouc émissaire. La mort de Janet les libère de la violence externe et interne et le meurtre final du sanglier peut être interprété comme un sacrifice substitué au meurtre de Janet. il restaure l'harmonie de la microsociété et refoule la violence.

Gagou (son nom signifie «le baveux») représente l'instinct de la terre et s'oppose à Janet par son mutisme et son agilité. Mais il est lui aussi marginalisé et possède la même science que le vieillard, non formulée, instinctive. Son portrait (page 14) l'apparente à un animal. Tout ce qui effraie les gens des Bastides Blanches ne l'atteint pas : la nuit, le chat, le feu. Il meurt, consumé par le feu, élargi aux dimensions de l'univers, dans une apothéose : «Il s'approche, tend la main et, malgré l'étau de feu qui broie ses pieds, il entre dans le pays des mille candélabres d'or» (page 155).

Giono ne se contente pas de reproduire l'espace provençal, il le transpose et le recrée. Les lieux inventés se mêlent aux lieux réels ; il transforme les distances et les proportions. Ainsi, il place les Bastides Blanches dans un environnement à la fois montagneux (Lure) et urbain (Manosque), au détriment de la vraisemblance géographique mais au service de la signification romanesque. Le site des Bastides, qui apparaissent «comme des colombes posées sur l'épaule de la colline» (page 16), symbolise le drame d'un village écartelé entre la nature sauvage inhumaine et la civilisation moderne aliénée («ce qui vient de la ville est mauvais : le vent de la pluie et le facteur» [page 16]).

Dès la première page, Giono introduit la vie grouillante de la nature provençale : le sainfoin voisine avec les oliviers, les avettes, les bouleaux, les platanes, le «désert lavandier», les genévriers, le tout balayé par le vent (pages 9 et 10). La nature personnifiée («C’est entre les collines, là où la chair de la terre se plie en bourrelets gras» [page 9]) suit ses lois propres, auxquelles les êtres humains doivent se soumettre, le mal étant éveillé dans leurs coeurs par sa vengeance. «En faisant "Colline", j'ai voulu faire un roman, et je n'ai pas fait un roman : j'ai fait un poème !» (“Entretiens” [page 142]).

Pourtant, Giono a subi une série d'attaques contre l'écriture profondément originale de cette œuvre, à mi-chemin entre le roman et le poème narratif, mêlant les maladresses du langage populaire à l'inflation baroque des images. Dans sa préface de 1930, il affirma qu'il avait voulu rendre la vérité des «hommes simples et nus» qu’étaient les paysans de la région de Manosque : «J'ai employé cette langue-là pour écrire “Colline”. J'ai dit en commençant qu'il fallait être vrai.» Ce projet le plaçait parmi les écrivains soucieux d'abandonner la langue «littéraire» pour retrouver la spontanéité et le naturel du langage parlé, oral, plus proche de la réalité. Dans le «roman parlé», l'auteur se départit de son langage pour donner l'illusion que le récit est écrit dans la langue des personnages. C’est le fruit d’un travail très concerté qui aboutit à une écriture hybride dont la «vérité» linguistique serait à discuter. Utilisant le discours indirect libre pour introduire dans les passages narratifs la langue de ses paysans, Giono semble souvent s'adresser davantage à un auditeur qu'à un lecteur, comme pour recréer une situation de communication orale. De ce fait, il adopte très rarement le statut de narrateur omniscient, il relate les événements en les réfractant à travers le regard et la sensibilité des protagonistes, le plus souvent Gondran et Jaume.

Pour la première séquence de “Colline” qui est une description (page 9), Giono utilise des procédés cinématographiques : il joue sur le contraste entre le plan général qui rapetisse les Bastides Blanches dans l'espace : «Quatre maisons fleuries d'orchis, jusque sous les tuiles, émergent de blés durs et hauts. C'est entre les collines, là où la chair de la terre se plie en bourrelets gras» (page 9) et le gros plan sur les animaux : «La couleuvre émerge de la touffe d'aspic [...], la belette darde son museau dans le vent [...], la laie gronde sous les genévriers» (page 10). Le sang y est présent, comme il le sera dans la demière séquence : «Le sainfoin fleuri saigne dessous les oliviers [...] ; une goutte de sang brille au bout de sa moustache» (pages 9 et 10) ; «des larmes de sang noir pleurent dans l'herbe» (page 190), ce sang final étant chargé de toutes les connotations que lui confèrent les événements précédemment relatés. Les descriptions panoramiques inscrivent l'histoire dans l'infini de l'espace cosmique, telles ces deux phrases qui terminent l'épisode de Gondran au verger : «Les Bastides ne sont plus dans la nuit que de petites lueurs sous les arbres. Une grande étoile monte au-dessus des collines» (page 61).

Les images, les personnifications transforment l'énoncé descriptif en récit épique de la vie des éléments : «L'orage qui bouchait les défilés du fleuve s'est levé. Comme un taureau fouetté d'herbes, il s'est arraché à la boue des plaines ; son dos musculeux s'est gonflé; puis il a sauté des collines, et il s'est mis en marche dans le ciel» (page 35). L'évocation de l'orage prend ici les allures d'un tableau baroque et fantastique qui devient un peu plus loin la peinture mignarde d'une pluie féminisée, victime des assauts du soleil et du vent : «il pleut. Une petite pluie rageuse, irritée puis apaisée sans motif, lardée des flèches du soleil, battue par la rude main du vent, mais têtue. Et ses pieds chauds ont écrasé l'avoine» (page 35). La description est donc non seulement récit dans le récit mais aussi poème. L'écriture obéit souvent à une logique poétique. La fonction de la description consiste moins à décrire qu'à transfigurer et élargir le drame humain aux dimensions de l'univers, à insérer l'histoire dans un espace voué au mouvement et à l'instabilité : «Je chante souvent le rythme mouvant et le désordre», écrivit Giono à la fin de “Aux sources mêmes de l'espérance”.

Les images sont nombreuses : liées le plus souvent à un contexte descriptif, elles s'engendrent par contamination phonique, sémantique et s'organisent en constellations. Giono semble préférer la comparaison pour qualifier les personnages. La copule comparative la plus fréquente est bien sûr «comme», mais l'auteur évite la monotonie en utilisant aussi l'expression «on dirait» : «La porte du grenier saute sur ses gonds. On dirait que, là-haut, on écrase une portée de chatons à coups de talon» (page 28). On rencontre aussi : «Il a pris l'allure inquiète et rasée d'une bête» (page 88).

Métaphore et comparaison peuvent s'engendrer mutuellement. Ainsi, la comparaison de Marie avec une racine de bruyère : «Est-ce Marie qu'elle a dans ses bras? Ou bien une grande racine de bruyère, pleine de nodosités» se transforme un peu plus loin en métaphore : «Babette, à pleine bouche, baise férocement la racine de bruyère» (page 127). De même, une image peut revenir, légèrement modifiée.

À la manière d'un langage chiffré, les images anticipent parfois sur les événements. Ainsi les deux comparaisons de Janet avec du «bois de mort» (pages 23 et 105) annoncent la mort du personnage. De même, le feu, avant d'embraser la colline, surgit métaphoriquement pour désigner la maladie mystérieuse de Marie : «À travers sa peau on voit le feu qui la dévore flamber autour de ses os» (page 101).

Les images donnent aux éléments naturels un poids symbolique et mythique et en font des personnages à part entière : «L'air est comme un sirop d'aromates, tout épaissi d'odeur et chaud, au fond» (page 135). Des constellations d'images s'organisent autour des thèmes clefs du récit, la colline et la parole.

La poésie des éléments donne à sentir et à voir le monde en perpétuel mouvement. Décrire, comparer, c'est faire chanter le monde. Tous les règnes de la vie échangent leurs caractères à travers les images et offrent au lecteur la vision d'un monde où les matières et les formes vivent en complète dépendance et harmonie.
Le roman suscita l'admiration d’André Gide, qui salua «le Virgile en prose de la Haute-Provence». Il obtint le prix Brentano et donna à son auteur une notoriété nationale.
Marcel Iglésis en a réalisé une adaptation pour la télévision (1980).

_________________________________________________________________________________

En 1928, Giono rédigea un roman, ‘’
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11

similaire:

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres, qui sont commentées

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«deux sœurs pleines d’esprit et de grâces, qu’il appelait ses premières danseuses» : les demoiselles Le Douairin, Louise et Zoé

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
Fille de paysans, elle avait été si bonne écolière que ses parents l'avaient laissée aller jusqu'au brevet supérieur






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com