Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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“Chroniques romanesques” des œuvres déjà parues (“Un roi sans divertissement”, “Noé”, “Le moulin de Pologne”, “Les âmes fortes”, “Les grands chemins”), mais aussi deux nouvelles, “La nuit du 24 décembre 1826” et “Une histoire d'amour”, qui allaient se retrouver dans “Les récits de la demi-brigade’’.

Gaston Gallimard, lui ayant demandé s'il ne serait pas disposé à écrire un des volumes de la collection “Trente journées qui ont fait la France”, il choisit :

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Le désastre de Pavie”

(1963)
Essai
À Pavie, en Lombardie, en 1525, les Français furent vaincus par les Impériaux et François Ier fut fait prisonnier.
Commentaire
Ici, le réel a été imposé à Giono. Mais il a allié le sérieux d'une véritable documentation historique à l'intuition romanesque qui donne vie aux personnages et aux événements. Et il lui resta la manière de dire les uns et les autres. Les portraits de François Ier et de Charles-Quint sont des leçons d’histoire politique qui enseignent qu’on mérite souvent les coups qu’on reçoit. Il est allé volontairement à contre-courant des tendances historiques de son époque, ne se souciant pas, ou très indirectement, du contexte économique, ni de la politique au sens étroit du terme. Il n'évoqua pas l'ensemble du pays ni de l'Europe. Il ne fit pas de synthèse. Il ne voulut pas avoir d'idées générales. Il mit son lecteur au contact direct des hommes et des passions d'autrefois, sans l'intermédiaire de théories quelconques : pour lui, les idées embrument trop souvent et faussent le réel. Il préféra le récit qui suit les êtres pas à pas, au jour le jour. Il fit non un livre d'histoire mais une chronique. Les plus beaux moments, que Giono saisit avec une attention et une précision si chaleureuse qu'il les rendit à jamais vivants, ce sont ceux qui appartiennent à l'existence banale, quotidienne, si terre à terre qu'ils ne relèvent pas de l'Histoire : goût d'un certain fromage, flèche d'un arbre dans le ciel, reflet du froid sur les prés inondés, lourdeur de la boue sur ce morceau de terre dont l'Histoire va s'emparer pour en faire un champ de bataille mais qui est d'abord un champ labourable. Or les historiens ne songent jamais à noter sur les champs de bataille l'odeur de l'herbe. “Le désastre de Pavie” fut un peu pour Giono un prolongement de ses “Chroniques romanesques”. Bien qu'un peu à l'écart dans son oeuvre, ce livre n'en est pas moins une réussite, ne serait-ce que par la totale maîtrise du récit et du style.

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En 1966, Giono fut l'auteur du récit, du scénario et des dialogues du téléfilm de Robert Mazoyer, “La chevelure d'Atalante”.

Il esquissa, sous le titre ‘’Cœurs, passions, caractères’’, une série de courtes histoires d’apparence psychlogique dont une seule prit la dimension d’un volume :

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Ennemonde et autres caractères”

(1968)
Recueil de textes de 160 pages

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Ennemonde”
Roman de 117 pages
Ennemonde est une sorte d'ogresse qui, après avoir mis au monde treize enfants et être devenue énorme, découvre la passion avec un lutteur de foire, Clef-des-Cœurs, tue son mari, trouve un trésor, s'épanouit dans le marché noir et, même lorsqu'elle est paralysée, jouit des passions de ses enfants et de celles du monde en toute impunité.
Commentaire
Selon Giono, “Ennemonde” est un simple récit qui développe certains caractères entourés de leurs paysages, qui, dans la lignée de l'”Essai sur les caractères”, consacré à la famille Dominici, montre l'influence des paysages âpres et sauvages d'une Haute-Provence de plus en plus imaginaire sur les âmes de ceux qui y vivent. L’histoire est tout à fait immorale. D'une certaine façon, à travers cette femme qui jouit des passions des autres, c'est le portrait de l'artiste par lui-même que peint Giono dans cet alerte chef-d'œuvre. Clé-des-coeurs avait passé furtivement à travers “Deux cavaliers de l'orage”. «Ici, il aime et il meurt en gloire. Ennemonde connaîtra le plaisir après un crime parfait. Elle vit toujours, vieille, énorme, mais très propre et elle écoute s'il pleut. D'autres personnages arrangent leurs vies (et également leurs amours) avec des arbres, des abeilles sauvages, des sables, des boeufs, des serpentaires (des secrétaires ou, si on préfère, des huppes). Seul l'amateur de pièces d'or est emporté par deux chiens» (“Entretiens”). L'équilibre entre homme et nature n'a jamais été atteint par Giono avec une poésie aussi ample et aussi dense. Il a, au début d’un des chapitres, cette formule qui est tout à fait grecque : «Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière ; l'ombre n'est qu'un attrape-nigaud

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Camargue”

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Haut Pays”

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‘’Le coeur cerf’’

(1969)
Recueil de poèmes
Commentaire
Ils dataient de 1944 à 1947.

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En 1969, Giono écrivit le scénario d’une adaptation par Sydney Hayers de “L’étoile du Sud” de Jules Verne.

La même année, il refusa à Jacques Viard l'idée de collaborer à un ‘’Giono devant Dieu’’ : «Devant Dieu? Quel Dieu?»

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L'iris de Suse”

(1970)
Roman de 230 pages
Dans le Midi, en 1904-1905, Tringlot, un voleur, pillard de maisons, complice d’assassins, qui s’est approprié le fruit des rapines de sa bande, est poursuivi au sortir de Toulon par ses comparses qui veulent se venger. Il jugule sa hâte à sauver sa peau : «La mort attrape d’abord celui qui court». Pour brouiller sa piste, il se joint à une transhumance et trouve la sécurité auprès des bergers. Arrivé dans les hautes pâtures, dans une région perdue des Alpes-de-Haute-Provence, il y mène une vie saine et rude et y rencontre des personnages extraordinaires :

- la petite baronne Jeanne de Quelte, veuve, fantasque, romantique, indépendante ;

- son cousin, le médecin Casagrande, plus âgé, à moitié italien, naturaliste et philosophe mystérieux et subtil dont le passe-temps consiste à reconstituer les squelettes de petits animaux (il est fasciné par un os inutile du crâne de rat, l'iris de Suse, inventé par Giono) ;

- le beau forgeron Murataure, marié à une jeune femme surnommée «L’absente» : bien que n’étant ni sourde ni muette, elle ne parle jamais et ne semble rien entendre ; privée de raison, c’est une sorte de déesse des moutons, muette et lumineuse.

Un amour tumultueux unit la baronne et Murataure : elle finit par se faire enlever par lui en auto et, volontairement, ils manquent un virage et se précipitent dans le vide ; la voiture flambe et il ne reste de la baronnne qu’une toque ornée d’une plume de faisan que Casagrande fait enterrrer solennellement.

Tringlot opère alors une sorte de conversion. Après avoir rendu l'argent, il revient au village veiller «contre vents et marées» sur «L’absente», qui devient sa raison de vivre. Il déclare : «Je suis comblé maintenant, j’ai tout», au moment où il choisit de se dévouer à celle qui précisément n’est rien ni personne.
Commentaire
Cette histoire d’une cavale heureusement conclue par la passion sublimée du héros pour une « absente » fut le dernier exemple chez Giono d’attachement impossible, cette fois non seulement accepté mais source d’apaisement.

Giono révéla : «L'iris de Suse n'a jamais été une fleur (il n'y a pas d'iris à Suse) ; c'était en réalité un crochet de lapis-lazuli qui fermait les portes de bronze du palais d'Artaxerxès (voir Mme Dieulafoy). Ici, il n'est qu'un os minuscule, pas plus grand qu'un grain de sel (au surplus inventé) qui crochète la voûte crânienne des oiseaux. Que de merveilles dans un crâne d'oiseaux (imaginez !), autant que dans un palais persan. J'ai eu plusieurs fois l'intention d'intituler ce récit "L'invention du zéro" ; en effet, un de mes personnages est en définitive amoureux de ce symbole qui remplace dans la numération finie les ordres d'unités absentes et multiplie ainsi à l'infini toutes les mathématiques. C'est aller plus loin que la lune, mais qui le saura?» (texte de présentation de l'édition originale). “L'Iris de Suse”, où ont été repris quelques éléments de deux romans laissés peu auparavant inachevés, “Dragoon” et “Olympe” marque le point extrême chez Giono de cette projection des fantasmes humains dans des scènes et dans des personnages. Dans ce roman très riche, sur un mode encore une fois original, entre roman policier, poésie et fantastique, il proposa une sorte de synthèse de ses thèmes favoris et un défilé de personnages appartenant à ses principales familles. Le roman est déconcertant parce que, sans que l'unité de ton y soit jamais rompue, il touche d'un côté à l'opéra-bouffe par son humour, et de l'autre, par ses frontières avec l'absolu, au récit métaphysique ou mystique, bien que d'une mystique rigoureusement sans Dieu. L’amour fou de Tringlot pour «L’absente» est l’écho de celui d’Angelo III pour sa grand-mère. C’est, enfin, un roman sans méchants ni monstres, où reparaît, sous une forme différente, l'innocence presque générale des êtres qui caractérisait les premiers romans de Giono ; et aussi leur dénouement optimiste.

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Les récits de la demi-brigade”

(posthume, 1972)
Recueil de six nouvelles

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Noël”

(1960)
Nouvelle de 18 pages
Le narrateur, Martial Langlois, ancien capitaine de dragons de Napoléon, maintenant capitaine de gendarmerie en Provence, cette nuit de Noël, accompagne la voiture publique qui a déjà été attaquée par des bandits. Elle transporte un seul passager, un usurier répugnant qui va expulser un débiteur mais qui disparaît mystérieusement en cours de route. Le capitaine retrouve la sacoche de l'usurier, brûle les papiers compromettants, mais ne se soucie pas de chercher son corps : il a exercé la justice à sa façon.
Commentaire
La nouvelle avait déjà paru dans “Chroniques romanesques” sous le titre : “La nuit du 24 décembre 1826”.

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Une histoire d'amour”

(1961)
Nouvelle de 20 pages

Sous le règne de Louis XVIII, en Provence, le capitaine de gendarmerie Martial Langlois, convoqué par son colonel à propos d'assassinats gratuits de paysans, lui révèle qu'à chacune des enquêtes il a lui-même été visé par un tireur très habile. S'agit-il d'un reste de la bande des « verdets » qui firent régner « la terreur blanche » dans la région? Martial comprend qui le vise ainsi, part à sa recherche, affronte ce tireur redoutable et le tue : c'est une femme, comme il l'avait deviné. Sa jument viendra auprès du poste.

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Le bal”

(1962)
Nouvelle de 21 pages
Le narrateur, capitaine de gendarmerie en Provence au temps de la Restauration où les légitimistes, préparant un coup d'État, ont commis des vols, est obligé, par son colonel, d'assister au bal de la préfecture qui va être l'occasion de transporter discrètement l'or. Il engage un joueur de cartes professionnel qui, se faisant passer pour un aristocrate, assiste au bal, dépouille celui qui doit transporter l'or (et qui se suicide) mais disparaît avec lui. Le capitaine sera ensuite blessé par une aristocrate.

Analyse
Intérêt de l'action
La nouvelle met en scène un policier qui sait qu'un crime va être commis par des aristocrates (paradoxe des aristocrates voleurs), mais qui est obligé par son supérieur de le laisser commettre (paradoxe des autorités qui laissent des crimes se commettre), qui se soumet (ce qui est le devoir du subalterne) mais en apparence seulement et organise une contre-attaque (paradoxe du policier insubordonné) en se servant d'un criminel (paradoxe du policier qui se sert de criminels) qui a pourtant l'allure d'un aristocrate (paradoxe du...) et en sachant que les aristocrates ont confié leur or à un personnage louche (paradoxe des aristocrates qui...). L’auteur exploite la surprise non tant du dépouillement des aristocrates à cause de la faiblesse du personnage louche que de la déconvenue du policier dont le pion se révèle un maître qui s'est éclipsé avec l'argent. C'est une véritable partie d'échecs où à chaque coup d'un adversaire répond le coup inattendu de l'autre. Le point de vue permet la surprise du personnage qui a longtemps l'air d'être parfaitement maître de la situation (et donc le lecteur aussi) est celle aussi du lecteur.
Intérêt littéraire
Le texte se caractérise par le langage populaire de Martial qui offre tout un festival d'expressions toutes faites (par exemple : «un paradis de Mahomet» [page 67]), de proverbes, de dictons («C'est toujours quand l'âne s'est sauvé qu'on ferme la porte de l'écurie» [page 66]).
Intérêt documentaire
Il faut distinguer ce qui relève de l'Histoire. À la lecture d'autres nouvelles du recueil, comme “Une histoire d'amour” où il est question de la Terreur blanche, il semble plutôt que les personnages, plus que des légitimistes qui «veulent le retour de la famille des Bourbons sur le trône» et vont donc jusqu'à commettre des vols pour financer leur coup d'État, sont de ces ultra-royalistes qui trouvaient que Louis XVIII, un Bourbon, était trop conciliant. On est donc assez proche de Waterloo qui est d'ailleurs évoqué. Il est intéressant d'étudier l'état d'esprit de Langlois, ancien soldat de Napoléon qui travaille maintenant pour le roi : c'est un républicain, un homme de gauche, comme le prouve sa commisération pour les déshérités (page 63).

En ce qui concerne la géographie, les indications sont précises : «Le territoire dont j'ai la surveillance va de Saint-Maximin à Châteauneuf-le-Rouge et des confins de la Sainte-Baume jusque dans les bois profonds de la Gardiole, de la Séouve et du Sambuc» (page 48), juste à l'est d'Aix-en-Provence. Mais la préfecture est à Marseille et il est question d'Aubagne qui est à mi-chemin. La nouvelle s'intéresse aussi à l'équitation : au véritable culte qui est voué à «cet exercice qui consiste à mélanger le cavalier à sa monture», ce qui crée un «centaure» qui a ses «arcanes» (page 68) ; l'admiration de Langlois pour les deux femmes tient aussi à ce qu'elles sont des «amazones», et l'affront final de la marquise de Théus consiste à se montrer supérieure à lui à cheval bien qu'elle ait cherché, «avec un soin exquis, une rosse balourde».
Intérêt psychologique
Le personnage principal est, en fait, le seul puisque les autres ne sont vus qu'à travers lui.
Intérêt philosophique
À travers Langlois, Giono exprima son mépris pour la politique et pour les puissants, pour la corruption du pouvoir. Il affirma sa volonté du travail bien fait, de la liberté de comportement, du souci de la droiture et de la justice, sa méfiance à l'égard des apparences. Il constata la complexité des situations, la perpétuelle surprise qu'elles apportent.

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La mission”

(1963)
Nouvelle de 22 pages

Le narrateur, capitaine de gendarmerie en Provence pendant la Restauration, envoyé par le préfet derrière un tilbury dont il doit tuer l'occupant, manque de peu d'être tué par une jeune femme qui, avec son mari, occupe la voiture. Il donne une convocation à dîner dans une auberge : c'est le père de la jeune femme qui vient. Le capitaine, qui sait qu'il est le chef de rebelles légitimistes, lui laisse entendre qu'il a été trahi, d'abord par le préfet. Aussi plusieurs des conspirateurs sont-ils ensuite exécutés.

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La belle hôtesse”

(1965)
Nouvelle de 29 pages

Le narrateur, capitaine de gendarmerie en Provence, est, à la suite du meurtre d'un brigand, chargé par son colonel d'aller à l'auberge de la Belle Hôtesse qui serait le repaire d'une bande. En chemin, il neutralise des gens qui le surveillent et il en tue un autre qui lui avait tiré dessus, qui portait de beaux vêtements et une bague remarquable. À l'auberge, il est bien reçu et voit dans la nuit qu'on y ramène le corps. Des mois plus tard, il aura à escorter une voiture fermée d’où une main de femme lui lancera la bague.

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L'Écossais ou la fin des héros”

(1955)
Nouvelle de 45 pages

Martial, qui est capitaine de gendarmerie en Provence au temps de la Restauration, est chargé par son colonel d'enquêter sur l'assassinat des occupants d'une voiture publique, parmi lesquels un militaire porteur d'un courrier. Dans la campagne, Martial a trouvé un boléro et s'avance vers un hameau où, en effet, l'attendent la marquise de Théus, son mari, qui est un chef légitimiste, et un ami écossais. Le marquis veut payer pour la mort du militaire, Martial refuse, mais l'Écossais se tue.

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Commentaire sur le recueil
Ces nouvelles sont centrées non seulement autour d'une région, mais d'un personnage dans une situation particulière, à une époque précise : ce sont des récits policiers à l'époque romantique où le narrateur et protagoniste est Martial Langlois, héros de “Un roi sans divertissement”, mais dix ans avant cette période finale de sa vie. L'ensemble du recueil répond à la recette des histoires policières où le même détective, invulnérable ou presque, est, chaque fois, chargé par son supérieur d'une autre mission. Mais, à la différence de la plupart des policiers, il échoue souvent dans sa mission. Ses aventures laissent presque toujours, une fois refermées, planer une part de mystère. Pas trace ici d'études psychologiques : plutôt des variations, souvent teintées d'humour, sur le thème du besoin d'absolu. À remarquer : le rôle donné à des femmes, ce qui est assez exceptionnel dans les œuvres policières et historiques. Sévères, dépouillées jusque dans leur atmosphère (la nature y est parfois belle, jamais riante, quatre sur six se passent en hiver, en général dans la neige), ces histoires sont, avec leurs ellipses, leurs grincements, leur mélancolie, des témoignages d'un art dans la narration qui n'a jamais été porté plus haut. Giono constate la corruption du monde à l'écart duquel il préfère désormais se tenir car il lui a causé des ennuis. Il est sûr qu'il s'identifie à Martial Langlois qui, lui aussi, se tient à l'écart, tout en faisant bien son travail pour continuer à être fier de lui.

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Le déserteur et autres récits”

(posthume, 1973)
Recueil de quatre textes de 260 pages

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Le déserteur”

(1966)
Nouvelle de 87 pages

On s'interroge sur la raison qui, vers 1850, a fait passer clandestinement en Suisse, dans les montagnes du Valais, et par un itinéraire étonnant un Français sans papiers qui, après une période d'errance, finalement, s'arrêta dans une haute vallée où il fut accueilli avec simplicité, sans toutefois jamais accepter d'entrer dans une maison. Il remercia ses hôtes en peignant des tableaux religieux qui semblaient prouver que ce Charles-Frédéric Brun avait reçu une formation de peintre d'ex-voto. On racontait que c'était un soldat qui avait tué son capitaine, ou qu'il avait été notaire, ou même évêque. Continuant à craindre les gendarmes et à vivre à la dure, celui qu'on appelait «le déserteur» mourut en 1871.
Commentaire
Giono feint d'écrire une biographie. N'ayant jamais été en Valais, il ne l'évoque que brièvement, et ne décrit presque pas ses paysages de montagne. Il prétend s'être livré à une sorte d'enquête policière sur son héros, mais, vu l'absence presque totale de faits attestés, il invente non ses origines ou les raisons de son exil, dont il se garde de prétendre éclairer le mystère, mais sa vie ascétique dans la communauté qui l'a recueilli, certains des êtres qu'il rencontre, et même quelques-uns de ses tableaux. Ce récit, où il ne se passe pas grand-chose de saillant, se déroule parmi des hommes d'humble condition, austères et attachants, dénués d'égoïsme, désintéressés. On n'entend pas la voix de Brun, on sait bien rarement ce qu'il pense. Par certains côtés, il est une silhouette. Mais sa réserve et son mystère sont fascinants. La narration sans aucun pittoresque, le style dépouillé s'accordent au sujet du récit, qui, en marge apparemment de l'œuvre de Giono, n'en manifeste pas moins son humanité profonde et son attention devant les caractères exceptionnels. À plus de soixante-dix ans, il aborda ici pour la dernière fois un thème qui l'avait hanté depuis la guerre de 1914 (où il a peut-être connu la velléité de la désertion), et qu'il a plusieurs fois utilisé dans ses romans, avec Bobi de ‘’Que ma joie demeure’’ quittant la communauté qu'il a revivifiée, avec Saint-Jean de ‘’Batailles dans la montagne’’ délaissant ceux qu'il a sauvés et celle qu'il aime, avec des personnages comme Melville de ‘’Pour saluer Melville’’ et comme le personnage-titre d'’’Angelo’’ ; la désertion chez lui est celle d'un anarchiste : non pas lâcheté, mais quête de la liberté à tout prix.

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La pierre”
C’est une série de variations étincelantes sur le monde minéral comme sur l'architecture (Giono jouait à acheter en imagination des maisons et des églises), se fermant sur le thème de ce bonheur que peut conférer une sagesse profonde.

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Arcadie... Arcadie...
Ce sont des pages provençales, issues de souvenirs de jeunesse, sur la cueillette des olives en Haute-Provence («Il y a une antiquité vénérable dans les gestes que nous faisons. Ils nous rapprochent d’un certain état de l’homme.»), sur l'huile d'olive et sur le vin, sur le chant («C'était, somme toute, l'expression du monde qui était comme supérieure au monde lui-même et avait le pas sur lui. Depuis la lointaine époque d’Homère jusqu'à nos jours, cette supériorité de l'expression du monde sur le monde réel n'a pas cessé d'enchanter l'âme des hommes»), mais aussi sur les joies du mensonge et de la paresse.

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Le Grand Théâtre”
Giono fait apparaître pour la dernière fois, avec beaucoup de liberté, la figure de son père le cordonnier philosophe, ainsi que celle d'un grand-oncle qui enrichit son être à partir de sa surdité et d'une cécité menaçante. Dans ces pages surprenantes est esquissée une sensualité fictive.

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Commentaire sur le recueil
Il avait été publié à tirage limité en 1966.

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Les terrasses de l'île d'Elbe”

(posthume, 1976)
Recueil de chroniques

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Le compte à rebours’’

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Apprendre à voir’’

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Bâtons rompus

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Réponses

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Faits divers

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Sur la vieillesse

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Le visage

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Le fantôme d'Hélène

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Le printemps

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Paris

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La machine

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L'orgueil

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Les bruits

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Le sport’’

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Le cancre

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Le Huron

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Le tabac

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Les terrasses de l'île d'Elbe

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Le coeur

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La fortune et la gloire

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L'archange

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La mer

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Le quidam

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Une histoire’’
Commentaire
En trois pages, Giono nous offre un vrai petit roman.

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L'appât et le piège’’

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Nourritures

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Commentaire sur le recueil
On retrouve dans ces chroniques, parues initialement dans des journaux, le style de Giono, son humour, sa malice, son imagination et tout son talent de romancier. Qu'il se moque en comparant les avantages du briquet et de la boîte d'allumettes, qu'il dise son mot sur l'urbanisme d'aujourd'hui, qu'il parle des arbres qu'il a plantés, ces faits divers font partie de son univers savoureux.

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L'homme qui plantait des arbres”

(posthume, 1980)
Nouvelle
Elzéard Bouffier est un planteur de chênes, solitaire et désintéressé, qui a consacré les trente dernières années de sa vie au reboisement d'une région des Alpes que l'humaine incurie avait transformée en désert. À la fin, au milieu d'un village qui a retrouvé ses habitants, coule une source auparavant tarie. Les arbres avaient d'abord retenu l'eau, puis domestiqué le soleil.
Commentaire
En fait, Elzéard Bouffier n’a pas existé. Mais peu importe : c’est un des rares récits de Giono qui soit intégralement optimiste et moral d'un bout à l'autre. S'il a dû sourire en lui-même de cette fable d'un optimisme un peu facile, elle correspondait pourtant à un amour réel des plantations d'arbres : le thème existe dès 1923 dans “Sur un galet de la mer”, puis dans “Manosque-des-Plateaux”, dans “Que ma joie demeure”, dans “Les vraies richesses”.

En 1967, la nouvelle a été adaptée, sous forme de dessin animé, par Frédéric Back (Québec).

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‘’Dragoon’’

(posthume, 1982)
Roman
Cette histoire de deux familles sur plusieurs générations, s’achevant sur un amour incestueux entre un frère et une sœur aurait dû être la plus ample des ‘’Chroniques romanesques’’.

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Les trois arbres de Palzem”

(posthume, 1984)
Recueil de textes

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Le sang

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La monnaie

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Un peu de franchise

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Le sang à l'envers

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Le paysan du Danube et l'étranger

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La cavalerie de Cromwell’’

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Un rêve

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Le tigre et les abeilles

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L'âme

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Chinoiseries

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XXe siècle

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Les trois arbres de Palzem

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Retour en arrière

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Montagnes, solitude et joies

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Le marchand d'églises

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Rien n'est facile

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La tolérance

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Le monde

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La littérature

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Les pommes

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Lectures

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Le spectateur

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La laideur

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Faits divers

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Le feu

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Le sel de la terre

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Connaître

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L'oeil en coulisse

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Le plaisir

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Commentaire sur le recueil
Ces textes avaient parus dans des périodiques, de 1951 à 1965. Il y fit part d’une sagesse un peu amère. Il est toujours du côté de l’individu contre la masse, du travailleur contre ceux qui le gouvernent. Le monde de naguère lui semble plus humain. En peu de mots, il crée des mondes, il enchante. Quelques pages lui suffisent pour inventer une histoire fabuleuse, l’oeil toujours prêt à croquer sur le vif personnages et paysages, et à les mettre en scène pour un de ces merveilleux spectacles que lui dicte son imagination.

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‘’La chasse au bonheur’’

(posthume, 1988)
Recueil de chroniques

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‘’Le voyage’’
«Le XIXe siècle a beaucoup voyagé. [...] On me répondra que le XXe siècle voyage plus encore. Non, il ne voyage pas, il se fait transporter, il se transporte, c'est tout autre chose, c'est presque le contraire. [...]» Puis, citant Alexandre Dumas, grand voyageur devant l'Éternel, Giono poursuivit : «Voyager, c'est vivre dans toute la plénitude du mot ; c'est oublier le passé et l'avenir pour le présent ; c'est respirer à pleine poitrine, jouir de tout, s'emparer de la création comme d'une chose qui est sienne, c'est chercher dans la terre des mine d'or...»

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En janvier 1970, Giono, qui avait déjà connu plusieurs attaques depuis 1962, subit une opération.

Le 9 octobre 1970, il mourut d'une crise cardiaque dans sa maison du “Paraïs”, à Manosque.
Si Giono a passé sa vie en Provence, si, «voyageur immobile», il s'éloigna peu de son bureau de Manosque, sa vie se confond avec son œuvre qui dépasse le Midi, car il a, de toute façon, «créé de toutes pièces les pays et les personnages de ses romans», un «Sud imaginaire», un «Sud mental» qu’il ne faut pas confondre avec la Provence car il n'est rien moins qu'un écrivain régionaliste, même s’il s’est opposé à l’hégémonie de l’intelligentsia parisienne. Alliant l'extrême facilité d'invention d'un conteur-né, qui sait prendre ce qu'il aime à conter là où il le trouve, et pas là où la mode voudrait que ça soit, à l'exigence d'un écrivain toujours en quête de renouvellement de ses techniques et de son style, il a, pendant quarante ans, toujours animé du plaisir d’écrire : «Mon art a toujours suivi les pentes de mon plaisir […] Il évolue comme mon plaisir.» (interview dans ‘’Les nouvelles littéraires’’), toujours heureux avant tout d’avoir pu, tout au long de sa vie, ne pas passer un jour, ou peu s’en faut, sans écrire, construit une œuvre très variée : vingt-quatre romans achevés et de nombreux fragments, plusieurs recueils de nouvelles, de poèmes, des pièces de théâtre, des essais, des tracts pacifistes, des préfaces, des reportages, des articles innombrables, un récit historique, des traductions. Pour des écrivains qui s'ennuient, et le font bien sentir au lecteur, c'est presque un scandale : écrire fut pour Giono une véritable volupté. Levé très tôt, il écrivit parfois deux livres en même temps ; ce fut le cas pour “Le hussard sur le toit” et “Deux cavaliers de l'orage” : «Je menais ces deux travaux parallèles pour me dégourdir les doigts de l'un avec l'autre. J'avais choisi volontairement deux techniques et deux écritures très différentes». Il justifiait ainsi son incoercible besoin d'écrire : «Le monde est là, avec lequel il faut à chaque instant que je me mesure». Il fut aussi l'un des premiers écrivains de sa génération à se passionner pour le cinéma, proposant des scénarios pour des films tirés de ses romans ou de ses nouvelles, réalisant lui-même un film.

Il aima faire jubiler le langage, faire foisonner le verbe comme une chose vivante elle aussi dans ce monde animé par la même Vie universelle, par le même chant. Pour ce faire, il utilisa un riche lexique qui allait du parler naturel fidèle au terroir aux néologismes, les adjectifs restant toutefois sobres. Surtout dans sa «première manière» où triomphait la profusion lyrique, il faisait foisonner la luxuriance baroque des images, comparaisons et métaphores souvent filées, créant un univers onirique où l’animal, le végétal et le minéral se mêlent et se métamorphosent. Sur le plan narratif, il a multiplié les procédés. Dans le cycle du “Hussard”, l’influence stendhalienne infléchit son style vers une facture plus classique, la phrase se faisant plus liée, la métaphore moins flamboyante, les descriptions plus dépouillées, la narration plus détachée, avec des ellipses imprévisibles et des raccourcis saisissants. Il affectionna les sentences volontiers cyniques, provocatrices ou singulières : «On ne peut pas vivre dans un monde où l’on croit que l’élégance exquise du plumage de la pintade est inutile.» (“Un roi sans divertissement”) - «Méfiez-vous de la vérité, dit ce procureur (paraît-il), elle est vraie pour tout le monde.» (ibid.) - «Imaginer, c’est choisir.» (“Noé”) - «Je ne déteste pas les marchands de mort subite.» (“Le hussard sur le toit”) - «L’homme est aussi un microbe têtu.» (“Le hussard sur le toit”).

Loin d’être régionaliste, son oeuvre, l'une des plus diverses et des plus riches du roman trançais contemporain, a une portée universelle. Le monde paysan et naturel, qu’il a observé, qu’il a relu au miroir de la Grèce antique et transfiguré par une imagination diluvienne, lui a servi à peindre la condition de l’être humain dans le monde, en société et face à ses propres questions morales et métaphysiques. Il est passé du panthéisme optimiste et lumineux de ses débuts à l'engagement pacifiste d'avant 1939, puis aux épopées de sa maturité, aux narrations complexes et denses de ses sceptiques et noires “Chroniques”, à l’allégresse du cycle du “Hussard”, à la sérénité conquise et à l'humour des dernières années. La religion n’était pour lui qu’une banque de l’ignorance, de la peur et du renoncement. Mais il ne croyait pas non plus au progrès parce qu’il se moquait du bonheur et qu’il n’avance jamais plus vite que quand l’Histoire devient folle. Or la vérité de l’Histoire, c’est qu’elle est absurde et qu’on la subit. Ennemi des contraintes (et des constructions idéologiques et politiques qui les rendent légales), il revint toujours à l’individu.

Resté en marge de tous les mouvements littéraires dont il a parfois précédé les recherches, Jean Giono s'est imposé comme l'un des très grands romanciers du XXe siècle.
Il avait beaucoup de tendresse, d’humour, comme le prouvent les lettres de lui qui ont été publiées

Sa lecture rend heureux.

Les poumons et les yeux légèrement gazés d’où des soins qu’il dut prendre toute sa vie, racontait cette guerre comme s’il en en avait été le spectateur.
Comme il restait largement lu et étudié près de quarante ans après sa disparition, en novembre 2008, sous l'impulsion du Centre universitaire méditerranéen, la ville de Nice organisa un grand événement qui lui était consacré : le colloque ‘’Passion Giono’’, avec Sylvie Giono, sa fille, Raoul Mille, Michel Déon, Pierre Magnan, Jean-Pierre Rudin, Pierre Bergé, André Peyrègne, Patrick Besson. Furent montrées des toiles inédites sorties de la maison manosquine devenue on musée.

André Durand
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