Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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Les vraies richesses”

(1936)
Essai
Giono y oppose le mode de vie servile et contre nature des villes et du monde industriel à la communion avec la terre, au bonheur simple des travaux et des jours paysans. Il évoque son père qui avait en lui une sagesse, un don de poésie, une douceur et une gaieté à la saint François d'Assise qui en faisaient un homme dont on pouvait s'enorgueillir d'être le fils ; et Jean Giono n'est jamais plus éloquent que lorsqu'il trace le portrait de son père, l'homme qui lui a enseigné «les vraies richesses».
Commentaire
Ce livre traduisait en préceptes et en discours d'une éloquence qui se voudrait rationnelle ce qui, dans “Que ma joie demeure”, appartenait à la fable et à la prophétie. Giono rappela dans la préface comment la vie lui avait fourni une réponse aux questions que le roman avait suscitées, au sein de quel «magma panique» il avait trouvé sa vérité. Cette apologie d’une vie paysanne héritée des bucoliques grecques et latines fut reçue comme un message d'espoir et lue comme une Bible par toute une jeunesse militante révoltée par la société industrielle, le machinisme et l’urbanisation : adeptes des auberges de jeunesse, de mouvements féministes, communistes, y lirent l'expression de leur désir de changement.

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Giono, qui était devenu un pacifiste convaincu après la guerre de 1914-1918, rédigea ses premiers écrits empreints de ce sentiment :

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Refus d'obéissance”

(1937)
Recueil de textes

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Je ne peux pas oublier

(1934)

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Montée à Verdun

(1930-1931)
Commentaire
C’est un chapitre écarté du “Grand troupeau”.

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Veille d'attaque devant Saint-Quentin

(1930-1931)
Commentaire
C’est un chapitre écarté du “Grand troupeau”

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Quiconque donc me trouvera me tuera !”

(1930-1931)
Commentaire
C’est un chapitre écarté du “Grand troupeau”.

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Bataille du Kemmel

(1930-1931)
Commentaire
C’est un chapitre écarté du “Grand troupeau”.

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Batailles dans la montagne”

(1937)
Roman
Dans le Trièves, pays de montagnes, au sud de l’Isère, la rupture d'une poche d'eau dans le glacier qui la surplombe provoque l'inondation d’une vallée où se trouvent quatre villages. Un charpentier itinérant, Saint-Jean, au péril de sa vie, fait sauter à la dynamite le barrage de rochers et d'arbres qui empêchait l'écoulement des eaux. Il devient un héros parmi ses compagnons menacés. Mais cet homme généreux pour la collectivité reprend sa route d’errant solitaire, en abandonnant Sarah, la femme aimée et qui partage son amour, au seigneur de la région, Boromé, qui se révèle plus faible que lui. Aussi les autres retrouvent-ils bientôt leur vieil égoïsme.
Commentaire
C'est, comme “Le chant du monde”, un roman d'action violente : sauvetage, lutte contre les bêtes, exploits physiques, dangers. Mais il confirma que l'époque des dénouements heureux était passée. C'est un livre de la survie. Décidément, la joie ne saurait demeurer : le héros charismatique est un errant solitaire qui n'attend plus rien d'une vie quotidienne ; il est décrit «comme s’il était loin, seul, avec le mince regard très bleu, indéfiniment attaché aux grandes choses». Giono se montra pénétrant quand, dans son journal, il décela dans “Batailles dans la montagne” le signe d'un renouveau de l'épopée. Pourtant, il déclara aussi : «Je n’aime plus “Batailles dans la montagne”. J’ai voulu employer un style boueux pour peindre la boue : le résultat est illisible».

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Le poids du ciel”

(1938)
Recueil de trois essais
Il comprend : “Danse des âmes modernes”, “Les grandeurs libres”, “Beauté de l'individu”.
Commentaire
Ce sont trois méditations quelque peu disparates, qui prolongent la méditation des “Vraies richesses”, résument et closent, sur le mode apocalyptique, la vision de Giono à la fin de cette époque. Elles oscillent entre le poème cosmique (il s’y trouve des photographies d'astres), l'exposé socio-économique, le pamphlet politique sur le monde moderne, sur l’absurdité de l’existence dans les grandes villes, sur le machinisme (prise dans la danse des machines, l'âme déserte le corps de l'homme, habite maintenant dans le métal, inspire des techniques inhumaines). Giono oppose à ces aberrations de la technique et du progrès contemporains la vie naturelle, la vie simple des artisans et des coupeurs de blé qui, dans la montagne, continuent de faire vivre cette civilisation paysanne qui «sait utiliser les choses célestes avec un goût animal». Ce livre, souvent prophétique, soulève des problèmes qui sont encore d'une actualité brûlante.

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Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (Vivre libre I)”

(1938)
Essai

La société idéale serait faite de petites communautés de paysans et d’artisans convaincus de «l’inanité de l’argent» et de «l’inutilité de la guerre», de l'impérialisme des techniques qui ont détruit la liberté et la joie de vivre. Giono les invite à détruire de leurs propres mains l'ordre inhumain d'une civilisation qui les pousse à l'abattoir. Il leur parle de leur grandeur et de leur mission qui consiste à tuer la guerre. Selon lui, un mode de vie simple, assurant le mélange harmonieux avec le monde naturel, pouvait procurer la joie.
Commentaire
Ce réquisitoire contre la révolution industrielle appartient à la prédication pacifiste de Giono, écrivain engagé dans la lutte contre la guerre menaçante.

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En 1938, au moment de l’accord de Munich, le pacifisme intégral de Giono le conduisit à multiplier les interventions en faveur de la paix: Giono. Il voulait ne pas cacher ce qu'il pensait de la foire d'empoigne qui régnait sur l'Europe et refusait de jouer le jeu :

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Précisions (Vivre libre II)”

(1939)
Essai
Giono polémique avec ses anciens compagnons d'extrême gauche qui sont passés, en quelques années ou en quelques semaines, en fonction de l'évolution de l'U.R.S.S., du pacifisme inconditionnel à la croisade antifasciste. Il a appelé de ses voeux et il approuve l'accord de Munich au nom du principe : «Il vaut mieux être vivant que mort».
Commentaire
Giono donna cette deuxième “Lettre sur la paix” à un journal trotskiste, “Clartés”.

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Recherche de la pureté”

(1939)
Essai
Il s'ouvre comme un défi : «Quand on a pas assez de courage pour être pacifiste, on est guerrier». Et, après une évocation hallucinante de la dysenterie à Verdun, et celle de la décimation des mutins en 1917, le texte se ferme.
Commentaire
C’est le plus saisissant des textes pacifistes de Giono. Mais il a inventé avoir assisté à la décimation des mutins en 1917. Il ignorait qu'il écrivait là ses dernières lignes de combat pour la paix, sur la mort du «pacifique».

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En septembre 1939, le dernier rassemblement au Contadour fut interrompu par la déclaration de guerre. Giono voyait ses espoirs s'effondrer. Il interrompit son journal. Après bien des hésitations, il rejoignit son centre de mobilisation à la caserne de Digne, le 6 septembre. Le 14, il y fut arrêté pour avoir signé des publications pacifistes et lacéré des affiches de mobilisation, et incarcéré à Marseille, au fort Saint-Nicolas. En novembre, sous la pression du milieu littéraire, en particulier d’André Gide, il bénéficia d'un non-lieu, fut libéré et dispensé de toute obligation militaire. Il rentra à Manosque et continua son activité littéraire afin de faire vivre les siens. Il termina une traduction de ‘’Moby Dick’’ de Herman Melville qu’il avait, dès 1936, entreprise avec Lucien Jacques et Joan Smith. Ce livre fut, «pendant cinq ou six ans au moins», son compagnon. «Il me suffisait de m'asseoir, le dos contre le tronc d'un pin, de sortir de ma poche ce livre qui déjà clapotait pour sentir se gonfler sous moi et autour la vie multiple des mers. Combien de fois au-dessus de ma tête n'ai-je pas entendu siffler les cordages, la terre s'émouvoir sous mes pieds comme la planche d'une baleinière, le tronc du pin gémir et se balancer contre mon dos comme un mât. Mais... quand le soir me laissait seul, je comprenais mieux l'âme de ce héros pourpre qui commande tout le livre.» Il fit paraître cette traduction en même temps qu’un petit livre dont le texte avait été conçu d'abord comme une simple préface avant de prendre de l'ampleur et former :

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Pour saluer Melville”

(1941)
Biographie fictive
Le texte se présente comme une biographie de Melville, «un homme d'un mètre quatre-vingt-trois, avec soixante-sept centimètres de largeur d'épaule», un homme libre, bourlingueur, aventurier, déserteur, écrivain des grands espaces marins. Mais Giono lui prête une aventure totalement imaginaire, qui remplit près des trois quarts du livre. Il imagine que, étant allé en Angleterre en 1849 pour se faire éditer, il y fait un voyage en diligence, et rencontre une jeune femme, Adelina White, qui connaît son œuvre. Mariée comme lui, elle fait de la contrebande de blé pour nourrir les Irlandais affamés ; elle est donc elle aussi en révolte contre le monde. Ils vivent côte à côte trois jours, platoniquement, sur les routes et dans les auberges, sans aller au-delà des conversations et des silences en commun. Il lui dévoile l'essentiel de son être : cette lutte avec l'ange qui est le lot de l'artiste. Sans se le dire, ils s'aiment, et leur brêve rencontre illumine leur existence. Mais ils vont se séparer à jamais. On devine qu'Adelina va mourir de tuberculose, probablement sans avoir lu ce ‘’Moby Dick’’ que Melville a écrit en pensant à elle, car c'est pour lui l'histoire d'un homme qui combat contre Dieu en sachant qu'il sera vaincu. Il passe le reste de sa vie, sans nouvelles d'elle, dans un désespoir presque total.
Commentaire
Dans cette magnifique histoire d'amour, Giono, sans le dire, prêta à Melville plusieurs de ses propres traits d'homme et de créateur, les rêves et les réflexions qui l’ont traversé en prison alors qu’enfermé, il pensa au paysage le plus ouvert qui soit : l'océan. De cette communion avec un livre et son auteur est née cette oeuvre, une de ses plus belles, qui a l'allégresse et la spontanéité de la vie. Melville s'anime soudain sous nos yeux, tel un héros de roman, plus vrai que nature.

Le texte marqua aussi le début d'un tournant dans son œuvre : en particulier sous l'influence de Stendhal, se refusant à continuer à « faire du Giono », il renonça aux longues descriptions lyriques, suggéra plus qu'il ne dit, analysa subtilement des sentiments délicats, et se contraignit à ne pas élever la voix : son chant acquit dès lors une nouvelle sorte de justesse.

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La même année, Giono entreprit la rédaction de ‘’Chute de Constantinople’’, roman qu’il laissa inachevé et dont il ne reste que des fragments.

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Triomphe de la vie”

(1941)
Essai
Giono prône le retour à la terre et à l'artisanat, fait la promotion de la jeunesse.
Commentaire
Ce livre se présente comme un supplément aux “Vraies richesses”. Le titre est un retournement du “Triomphe de la mort”, titre d'un tableau de Bruegel. Giono avait déjà défendu ces thèmes avant la guerre (d'où une impression de déjà lu, de redites qui ne vont pas sans lassitude).

Il l’a fait publier en Suisse.

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Les idées exposées dans “Le triomphe de la vie” correspondaient aux thèses du régime de Vichy. Le livre fut trop bien accueilli par la presse de l'occupation. Giono ne put empêcher l’exploitation de certaines convergences entre sa célébration poétique de la nature et l’idéologie pétainiste du retour à la terre. Mais, même s’il vint à Paris en mars et en décembre 1942, il ne commit aucun acte, ne prononça aucun discours en faveur de l’occupant ou de la politique de collaboration. Il cacha des juifs. Cependant, il eut le tort de laisser faire et de laisser dire : profondément choqué par une guerre qu’il n’avait pu empêcher, se refusant désormais à exercer tout rôle social et politique parce qu’il était bien conscient des erreurs qu’il avait commises dans ce domaine, il sembla indifférent aux événements présents (alors que rien ne lui était plus odieux qu’un dictature militaire : il l’avait clairement écrit dans ‘’Le poids du ciel’’). Enfin, il permit que soit publié en plusieurs livraisons dans “La gerbe”, journal pro-allemand :

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Deux cavaliers de l'orage”

(1942)
Roman de 230 pages
Dans les Hautes-Collines, au siècle dernier, vivaient les deux Jason, deux frères, dont l'un qui, devenu maquignon de mulets, fit fortune au comice, resta neuf ans au loin avant de revenir ouvrir l'Hôtel de l'Ouest, épouser la terrible Ariane du Pavon, avoir avec elle trois garçons dont l'un mourut au front en 1917, dont l'autre, Marceau, éprouve pour le cadet, Ange, une admiration qui fait que, lorsque celui-ci est militaire à Briançon, il s'entremet pour qu'il soit détaché auprès de lui et qu'ils partent ensemble acheter des mules pour l'armée. Tandis que les femmes sont inquiètes, ils vont ensemble aux courses de Lachau où Marceau s'illustre en abattant de son poing un cheval fou. Connu comme un homme fort, il doit alors affronter un célèbre lutteur, et son frère, qu'il a sauvé du croup, en vient aussi à vouloir se battre avec lui. Au premier combat, Marceau triomphe facilement, mais, au second, il lui faut recourir à de mauvais coups. Plus tard, il va même jusqu'à tuer le cadet à coups de serpe et part mourir haut dans la montagne.
Commentaire
Ce roman, écrit de 1937 à 1942, publié seulement en 1965, marqua un tournant dans l'oeuvre de Giono. Peu d'années auparavant, il allait vers l'abondance dans la description de la nature. Depuis lors, il avait découvert les vertus de la densité, de la concision, de la rapidité, de l'ascétisme narratif , pour la relation d’une chronique villageoise, les héros étant moins sensibles aux joies et aux terreurs du monde qu’à sa présence muette et au défi que son indifférence lance à des êtres humains soucieux de donner un sens à leur vie. Seuls des désirs irréalisables et transgressifs, en l’occurrence l’orgueil d’une suprématie physique impossible à maintenir et un amour fraternel incandescent sont ici pour que les héros relèvent ce défi. On assiste à une passion démesurée d’amour et de haine qui unit et fait s’entretuer les deux frères. L’aîné «était ivre d’être apaisé par la gloire d’un autre corps que le sien». Le roman baigne dans le sang ; c'est dans “Deux cavaliers” que se trouve la première grande tirade sur le sang qu'ait écrite Giono : «Il faudrait avoir un homme qui saigne et le montrer dans les foires. Le sang est le plus beau théâtre [...] On voit des choses extraordinaires dans le sang. Tu n'as qu'à faire une source de sang, tu verras qu'ils viendront tous

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“Signal”, version française d'un journal allemand, publia à son insu des photographies de Giono. Il commit aussi des imprudences majeures lors de voyages à Paris, où il rencontra des responsables allemands de la culture, c’est-à-dire de la censure, dont Gerhard Heller. Dès 1943, année qui commença par un attentat contre la maison de Giono, “Les lettres françaises”, journal communiste, firent campagne contre lui, l'accusant de s'enrichir et d'être acquis aux thèses nazies, ce qui était de la pure calomnie. Mais la rumeur ainsi lancée ne s'arrêta plus.

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