Science sans conscience n’est que ruine de l'âme





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Titi se laisse poursuivre par Gros Minet

J’ai trente ans de moins que ma fille. Claire risque d’être partagée entre l’horreur et la tendresse. Au téléphone, ma voix d’enfant a dû lui donner la chair de poule. Puis elle a dû tenter de se préparer mentalement. Après tout, s’occuper de son vieux père comme d’un enfant, ce n’est pas nouveau.

Je sonne.

Par le judas, elle aperçoit ma petite tête aux cheveux châtains. Elle ouvre. Ma poitrine est près d’exploser. La sienne aussi, j’imagine. Je souris d’un air gêné. Claire est une femme courageuse. Mais c’est trop pour elle. Sans un mot, elle se précipite dans le salon, les yeux rouges.

Je referme lentement la porte derrière moi. Je sais que je dois être patient. Pendant quelques lourdes minutes, nous restons figés de chaque coté du salon, comme deux univers hétérogènes. Finalement, elle tente de se reprendre. Elle se dit peut-être que si elle me parle, l’esprit du vieux René cachera un peu ce visage d’ange. Elle essaye de rationaliser :

Tu aurais dû aller à l’hôpital après le premier rajeunissement. Ils auraient peut-être pu faire quelque chose...

Et j’aurais passé toutes ces semaines dans un lit, entouré d’infirmières qui me sonderaient dans tous les sens, de caméras qui viendraient filmer ma pauvre bouille, de journalistes qui me feraient passer pour un charlatan ?

Je marque une pause. Claire doit s’adapter progressivement. En s’asseyant sur le canapé du salon, elle finit par lancer, soudain déterminée :

Bon, tu vas t’installer chez moi. Il faut que je t’achète des vêtements.

Comment va ton travail ?

Ça va.

Et ton ami, ce Nicolas?

On n’est plus ensemble depuis un moment, tu as oublié ? Je sais ce que tu vas encore me dire, qu’à quarante ans, je devrais enfin me marier et avoir un enfant avant qu’il ne soit trop tard. Mais justement... je suis enceinte. J’en suis sûre depuis cette semaine. Je sais que c’est plutôt risqué à mon âge, mais...

Mais non, bravo ! Et, heu... de Nicolas ?

Non. De personne. J’ai fait ça par insémination artificielle. Tu sais, les hommes m’ont trop déçue...

Tu préfères les éprouvettes ?

Ne me fais pas la morale, s’il te plaît !

Elle s’approche de moi. Je l’enlace en silence.

Claire est soudain prise d’un fou rire :

Je me rappelle quand j’avais dix ans et que je t’obéissais avec vénération. Bon, tu as faim?

Je meurs de faim!

Tu n’as rien contre un plat surgelé ?

Pas si tu le décongèles.

Claire n’a jamais pu vivre longtemps avec un homme. Elle a une personnalité trop forte et n’aime pas les machos. Mais elle apprécie encore moins les doux. Elle voudrait un homme qui soit à la fois très masculin et très tendre, ce qui est plutôt rare. Et puis elle s’est habituée à sa solitude. Comme beaucoup de célibataires, elle a remplace les sentiments par des habitudes.

Elle revient de la cuisine, guillerette :

A mon travail, on sait déjà que je suis allée dans une banque du sperme, et ça fait jaser. Tu te rends compte, il y en a même qui disent que je suis lesbienne! Mais ca m’est égal...

Tu as bien raison.

Ecoute, je n’irai pas travailler demain matin. Tu as envie de faire quelque chose en particulier?

J’aimerais aller à une fête foraine.

Le lendemain est le soixante-neuvième jour du pacte. Pendant que Claire se prépare, je regarde un dessin anime à la télévision, un verre de lait à la main. Titi se laisse poursuivre par Gros Minet. Il sait que son existence dépend du vilain matou. Elle serait bien monotone, sinon. Et moi je ne serais jamais sorti des rails de ma vie si je n’avais accepté le compte à rebours de Lucien Ferre.

Une heure plus tard, à la foire, je me laisse emporter par l’élan de mon corps d’enfant. Je cours d’un stand à l’autre, des courses de chevaux à la chaise chatouilleuse, du train fantôme aux autos tamponneuses...

Du haut de la grande roue, je me lève, sors le spray de ma poche et le jette dans le vide, le plus loin possible. Puis je fais un signe a Claire, qui, en bas, me renvoie mon sourire.
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