Le cinéma est un très long processus d’invention qui commence sa course le28 dec. 1895 avec la première projection cinématographique publique et payante par les





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Le cinéma, activité initialement foraine, se transforme progressivement en activité culturelle.
Les lieux de consommation.

Le premier élément socio culturel à prendre en compte est le lieu de consommation. Le premier public visé par le cinéma est un public populaire. Le « théâtre des pauvres » amène ainsi une distinction économique et culturelle et est très peu fréquenté par les intellectuels. Il s’agissait souvent de foires ou, tout du mois, d’espaces mobiles.
En 1896 environ 10 forains exploitent le cinéma. En 1899, ils sont environ 50, pour finir quelques centaines en 1907. Ainsi, même quand le cinéma possèdera ses propres salles, les forains continueront à tourner.

Le cinéma est aussi exploité dans les patronages (sociétés qui fournissent un enseignement moral aux enfants et adolescents) et y proposait des films comiques ou éducatifs.
A l’époque dans tous les lieux de projection, hygiène, sécurité et confort sont très rudimentaires et très rebutoires pour le public.

Mais à partir de 1906, il y a une crise d’exploitation du cinéma due à la perte d’attrait pour le cinéma forain et au mauvais état des bobines : le public commence à se désintéresser.

Il fallut alors parvenir à mobiliser un nouveau public, de nouvelles tranches sociales de spectateur et, pour cela, améliorer l’accueil et faire des films plus soignés. On décide alors de construire un certain nombre de salles fixes. En 1906, Paris ne compte que 2 salles ; en 1907, la ville en comptera 15, parmi lesquelles la première salle luxueuse : « Omnia Pathé ».
Les grands producteurs réalisent alors qu’il leur est important de contrôler l’avenir des bobines distribuées et ainsi, le contact avec le public.

En 1908, Gaumont ouvre « chronophone Gaumont » dans lequel il exploite le cinéma sonore.
Naissance des distributeurs.
1908-1909 : les salles de « consommation de films » fleurissent mais le marché n’est pas suffisant. De plus en plus de films sont des importations et le nombre de succursales à l’étranger grandit, de même que le nombre de petits producteurs. Au final, il y a trop de films sur le marché.

Le film commence alors à être envisagé comme une marchandise culturelle. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui on dispose très peu des films de cette époque qui, une fois désuets, étaient détruits.
Pour mettre un terme à cette crise, plusieurs décisions industrielles sont prises, notamment par Edmond Benoit Levy qui amène pour la première fois l’idée de droit d’auteur au cinéma et, ainsi, la notion de propriété intellectuelle. On se dit alors que le film doit rester propriété du producteur et non plus de l’acquéreur. Cette idée évoluera chez Pathé qui, en 1907, prend une décision pour solutionner le problème : « les films ne seront plus vendus au mètre, mais seront loués via des sociétés concessionnaires : les distributeurs, qui sont des intermédiaires entre producteurs et exploitants ».
Les distributeurs gèrent les droits des films qui ne sont alors plus propriété du client. A l’époque la location durait 4 mois, au bout desquels il fallait restituer la copie. Ce système permettait au passage de retirer du circuit les bobines en mauvais état, freinant ainsi le dégoût grandissant du public face aux projections de qualité parfois déplorable.

Le système des distributeurs est adopté collectivement en 1909 par l’ensemble des producteurs.

Mais la révolution est aussi intellectuelle : le film devient un support de création intellectuelle, se rapprochant progressivement du statut des œuvres littéraires.

Un nouveau métier a ainsi vu le jour : « loueur » (aujourd’hui : distributeur).

1912-1913 : crise des distributeurs à cause d’une trop forte concurrence. Le plus important d’entre eux est Louis Aubert.

Plusieurs stratégies économiques se mettent alors en place. Aubert avait compris qu’il devait passer des accords « d’exclusivité ».
En réaction à la concurrence féroce, en cette période de bouleversement, des groupements de métiers du cinéma se créent. En 1912 naît la « Chambre Syndicale Française de la Cinématographie ». Ce mouvement est alors le premier représentant français à l’étranger pour toutes les questions de cinématographie.

En 1919 est signé le règlement des loueurs pour uniformiser la gestion de la location des copies. C’est un contrat type qui définit les prix de location et les responsabilités des locataires en cas de dégradation des bobines.
Compostion des « Spectacles cinématographiques »
Le public de l’époque du cinéma muet est assez peu difficile quand à la qualité des spectacles proposés, qui sont généralement des suites de films courts collé entre eux. Le minutage à l’époque se faisait au mètre, puisque c’est c’était le bras du projectionniste qui activait la bobine et définissait donc la vitesse de projection.
Le plus souvent ces spectacles étaient composés de :

▪ Vues (paysages, sites touristiques,…)

▪ Enregistrements de spectacles (cirque, café théâtre, danse,…)

▪ Actualités reconstituées

▪ Scènes bibliques

▪ Scènes comiques
Petit à petit, ces bandes de 2 à 3 minutes s’allongent jusqu’à former vers 1909 des spectacles contenant : une actualité + une scène historique + un drame + une comédie. Les longs métrages n’existaient pas encore mais les spectacles pouvaient durer plusieurs heures.

1910 : la durée des films se prolonge, ce qui représente une difficulté technique pour les salles seulement équipées d’un seul projecteur. Pour éviter les interruptions lors de l’arrivée des longs métrages, les exploitants sont alors obligés d’investir dans un 2ème appareil.
La couleur
Dès 1896, les producteurs emploient des gens pour coloriser les négatifs : les ateliers de colorisations regroupent parfois jusqu’à 200 ouvrières.

En 1908 est inventée la machine à découper les patrons à coloriser mais malgré cela, la colorisation reste un travail long, fastidieux et cher. De nombreux systèmes visant à enregistrer la couleur sont expérimentés : parmi eux ; le système anglais Kinémacolor (1908) équipera jusqu’à 20 salles outre manche pour projeter des films en bichromie.
Gaumont va aussi travailler la couleur et parviendra au début des années 1910 à présenter des films en trichrome. Avril 1913 : naissance de la Gaumoncolor, salle dédiée au film trichrome, dit « couleur naturelle ». Ce système équipera ensuite les salles Gaumont les plus prestigieuses.
C’est la première Guerre Mondiale qui mettra un frein aux recherches en matière de couleur, le coloris « artisanal » s’imposant durant le conflit pour des raisons économique.

Visionnage d’Ali Baba et les 40 voleurs.

Les grands cournats du cinéma muet.
Courant 1 : Le film d’art
Public visé : bourgeoisie.

Ce courant montre une volonté de coller aux sources initiales des sujets littéraires. Au lieu d’amener des vrais acteurs du théâtre, on annonce une véritable refonte.

Edmond Benoit Levy tourne « L’enfant Prodigue ».
La « Société du film d’art » voit le jour en 1908, présidée par Paul Laffite. Pour cette société est créé un studio dans les beaux quartiers de Neuilly. Les premiers scénarios sont alors empruntés à l’histoire, la mythologie ou les évangiles.

Le premier film est « L’assassinat du Duc de Guise » (11mn ; Real : André Calmette ; musique : Camille St-Sens) accompagné lors des projections par un orchestre symphonique. Le lancement du film est un véritable triomphe, même s’il ne présente que peu d’innovations (décors très soignés et très riches). Cette œuvre témoigne d’une véritable volonté de légitimation intellectuelle et culturelle.
Devant le succès de ce film, Pathé réagit et crée une branche spécifique au film d’art : la SCAGL (Société Cinématographique des Auteurs et Gens de Lettre). C’est ainsi qu’un certain nombre de comédiens de théâtre feront leur premiers pas au cinéma. Cette société produira jusqu’à 1 film par semaine, mais c’est alors d’avantage un filon commercial qu’un genre cinématographique.
Le seul échec de ce mouvement est que le public visé n’a pas augmenté sa fréquentation des salles obscures, puisqu’il manquait toujours au cinéma la parole.

Le film d’art sera donc produit en grande partie pour le public populaire car avant 1915, les classes bourgeoises continueront d’afficher un certain mépris pour le cinéma.

- 1914 : Tous les travailleurs des studios français sont appelés au Front et les studios sont réquisitionnés.

- 1915 : Reprise de l’activité mais sous la forme du film de propagande.

La France perd alors son statut de leader au profit des Etats-Unis.

- Fin 1914-Début 1915 : La France ne peut plus rivaliser face à l’inondation du marché par les américains.

- 1917 : Premier mouvement des artistes vers les USA (Zeca par exemple) pour qui Hollywood représente une véritable terre d’accueil. Pour Hollywood c’est une occasion rêvée de fusionner des genres et de faire installer la suprématie hollywoodienne sur le ciné mondial.
Courant 2 : Le Film Comique
Basé sur le gag, le film comique est en fait une succession de gags visuels qui s’articulent autour d’une idée scénaristique de course-poursuite.
Visionnage de « la course au singe ».retour02_04


Les écoles comiques – Françaises & Américaines –
Les écoles Françaises

1906-1911 : 25 séries, 1912-1914 : 33 séries
Louis Feuillade (Maison GAUMONT) oriente le comique français dans 2 directions : comique absurde & comique psychologique

Personnages connus : "Bébé", héro de série comique, il faisait sur scène tout ce qui était interdit à la maison (1910-1912 : 76 séries "Bébé"). Puis brouille entre GAUMONT et les parents de Bébé. La série s'arrête et sera remplacée par "Bout de Zan", personnage différent, enfant un peu philosophe. Ses vêtements sont en loque et on note quelques ressemblances avec "le Kid" de Charlie Chaplin. Une soixantaine d'épisodes seront tournés.
André DIDE (Originaire du cirque, acrobate)

Il crée le personnage de BOIREAU, état d'esprit très lié à celui du clown.

Visionnage : "Les incohérences de Boireau" (1912), personnage loufoque, absurde.
Max LINDER (1883-1925), devient le + grand personnage comique de son époque et influencera Charlie Chaplin. Issu du théâtre, il travaillera pour la maison Pathé.

→ "Les débuts d'un patineur" (1907-Pathé frères)

Il va créer un personnage Dandy (coureur de jupon & bon vivant). Max LINDER était un homme de petite taille. Il va donner l'image à l'écran du parfais dandy français.

Son comique empruntait peu au burlesque (cirque), mais beaucoup plus au théâtre de boulevard. Le personnage créé à l'écran est Max, bon fils de famille, qui a pour occupation de courtiser les femmes.
Linder n'a pas de capacité d'acrobate et se servira d'avantage de ses mimiques, des expressions du visage, ce qui nécessitera l'utilisation massive du gros plan. Apport important à la mise en scène : intrigue claire, simple, limpide.

C’est un personnage qui va acquérir une universalité (renommée dans le monde entier, tournée internationale, il va demander des salaires de + en + élevés à Pathé, prise de conscience de la valeur commerciale d'un acteur (Starsystem, 1910))
1911 : Max LINDER met en scène les films qu'il interprète. Il tourne énormément, environ 1 série/semaine. Il a également tourné 2 films à HOLLYWOOD, dont :
→ "Les 3 mousquetaires" (1922), 1er long métrage comique. L'acteur finit mal sa vie, il a la santé fragile, devient dépressif et se suicide avec sa femme.

Visionnage : "Max & la doctoresse"
Ecole comique Américaine
Mack SENETT (Irlandais immigré aux Etats-Unis)

D'abord acteur, puis assistant. Ecris également des scénarios (1909), met en scène (1910), et crée son studio de production 1912, Keystone Studio). Par la suite il deviendra plus superviseur. Il va dicter une nouvelle forme de comédie.

→ "Keystone comedy" (1912)

Il a également la capacité de découvrir les nouveaux talents.

Le style comique de Mack SENETT consiste en des successions de gags et des jeux de vitesse. Les gags se succèdent de façon rapide. Invente des trucages très perfectionnés.
Multiplicité des personnages et des figurants. Ces personnages sont extrêmement typés, caricatural (costaud stupide,...). La méthode utilisée pour diriger les personnages est empruntée à la Comedia dell' Arte. Beaucoup d'improvisation. Les films sont tournés en plein air. Décors familiers de l'Amérique du début du siècle. Il jouera de l'absurdité des situations dans un univers connus de tous.
Ambivalence du style. Le style est extrêmement fluide, le montage précis. Sens de la progression scénaristique, la tension monte jusqu'au Climax.

Il a su introduire une sorte de folie, de grande liberté sur les tournages des séries. Les trucages avaient pour but d'accentuer cette folie, cette liberté. Ces films jouent aussi beaucoup de la parodie.

→ "Les Keystones cops", policiers tournés en ridicule.

Les baigneuses utilisées à des fins parodique & comique. Chacun de ses films se terminera par une course poursuite. C'est l'une des caractéristiques de son genre.

Personnages :

Roscoe ARBUCKLE (Fatty, gros)

Mabel NORMAND (La jolie fille)

Mack SWAIN (Le méchant de service)

Ford STERLING (Empêcheur de tourner en rond)

Les bons jouent toujours les bons, les méchants jouent toujours les rôles des méchants

Visionnage : "The butcher boy", (1917) → Fatty ARBUCKLE. Film dans l'esprit de ceux de Mack SENETT.

Charlie CHAPLIN → découvert par Mack SENETT
Fait ses débuts au théâtre en Angleterre, puis découvert aux Etats-Unis lors d'une tournée.

1914 → "Pour gagner sa vie", personnage qui ressemble à Max LINDER. L'association se fait avec ce personnage surtout en France. Puis Chaplin va porter des chaussures trop grandes, et un pantalon trop large. Il adopte cette défroque qu'on lui connaît aujourd'hui.

→"Caught in a cabaret" (1915), avec Mabel NORMAND

Au sein de Mack SENETT, Chaplin va acquérir tous ses enseignements cinématographiques. Il fera partis de la KEYSTONE STUDIO jusqu'en 1916, puis signera avec le studio MUTUAL, pour des questions financières. Chaplin signe un contrat pour 12 courts métrages de 20 mn (Le chef de rayon, le machiniste, le pompier).
Le montage des films est encore primitif mais c'est autour du jeu de son personnage qu'il se démarquera des autres. Puis il deviendra de + en + pointilleux. Lenteur du travail, tournage en plusieurs prises de la même scène pour atteindre la perfection.
Héritage de Mack SENETT par rapport aux gags (tartes à la crème,...), puis le style se construit autour d'une satyre sociale dominante. Il fera une longue expérimentation de ses gags, et deviendra très célèbre.

Ces films vont être les 1ers à intéresser les intellectuels qui dénigraient jusque là le cinéma.
1912→ 12 films pour la MUTUAL

1917 → FIRST NATIONAL (disposant d'un important réseau de salles à travers les Etats-Unis).

1918 à 1920 → Réalisation de 4 films. Chaplin atteint le sommet de son art alors que ces réalisations ne sont que des courts métrages.

1923 → Long métrage "L'opinion Publique"
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