La Bataille de l’île de Rié 1622





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Le Champ de bataille des Mathes

En foulant les landes sablonneuses de l’île de Rié, en 1828, la duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X, savait que cet endroit portait la mémoire de deux épopées intimement liées à la famille des Bourbons.

Dans cette ancienne île du Bas-Poitou, six années avant le Grand siège de La Rochelle, Louis XIII avait infligé, aux armées protestantes de l’Ouest, une lourde défaite. Deux siècles plus tard, pendant l’épisode des Cent-jours, le général vendéen Louis de La Rochejaquelein était tombé au combat, sur ces mêmes champs de bataille, sans être parvenu à rétablir Louis XVIII sur le trône.

Témoin des affrontements de 1622 et 1815, le pont des Mathes constituait un verrou à la pointe nord de l’île de Rié. Enjambant la rivière la « Besse », il permettait la liaison avec le Perrier d’où partaient toutes les communications avec les paroisses du marais et le continent. Le pont en bois débouchait sur une digue étroite dont la faible largeur interdisait un front de plus de deux hommes. D’un côté ou de l’autre, une poignée de soldats pouvait ainsi, après avoir enlevé les planches de l’ouvrage, défendre efficacement le passage et résister à une armée entière.

Outre le pont des Mathes, deux autres passages permettaient, depuis des temps anciens, d’avoir accès à l’île : en aval de la Besse, le pont d’Orouët assurait la communication avec Saint Jean-de-Monts, tandis qu’à l’est, le pont de Rié (Notre Dame-de-Riez) reliait l’île au continent. Ces trois points de verrouillage assuraient le contrôle d’un territoire insulaire considéré, en période de guerre, comme une forteresse naturelle.

Parmi les hauts-lieux de la Vendée militaire dessinés par Thomas Drake au XIXe siècle, le champ des Mathes témoigne de la quatrième guerre de Vendée. Sa représentation romantique, destinée à l’ouvrage d’exception « l’Album vendéen, publié en 1856, accentue le caractère insulaire du site. Le cénotaphe de Louis de La Rochejaquelein, adossé à une futaie de cèdres et de peupliers, dominé les eaux languissantes de la Besse, aujourd’hui disparue. Pour l’illustrateur Thomas Drake, l’île de Rié trouva, en ce lieu, toute l’âme d’un havre d’histoire.

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Lithographie d’une gravure intitulée « le champ des Mathes » tirée de « l’Album vendéen » de Thomas Drake, Albert Lemarchand, Angers 1856.

La Bataille de l’île de Rié 1622

L’ancienne Isle de Rié garde le souvenir d’une bataille qui fut considérée, six années avant le Grand siège de La Rochelle, comme l’épilogue des guerres de religion. Entre les paroisses de Rié (Notre Dame-de-Riez), de Saint Hilaire-de-Rié et le port de Croix de Vie, Louis XIII alors âgé de 21 ans, inflige au chef de guerre protestant Benjamin de Soubise, le 16 avril 1622, une lourde défaite. Le pont des Mathes fut l’un des principaux théâtres de cette bataille où le roi acquis sa gloire militaire.

dsc02810.jpg Portrait de Louis XIII, Peter Paul Rubens 1622

dsc02813.jpg Portrait de Benjamin de Rohan de Soubise

1598. L’édit de Nantes signé en 1598 rétablit un calme relatif dans un pays ravagé par trente-six années de guerre de religion. Après l’assassinat du Roi Henri IV et la régence de Marie de Médicis, les premières années de règne de Louis XIII sont marquées par la reprise d’affrontements entre catholiques et protestants. Trois expéditions militaires entre 1620 et 1622 seront nécessaires au roi de France pour réduire à l’obéissance le parti huguenot.

20 mars 1622. Quatre mois après le siège désastreux de Montauban, Louis XIII repartait en campagne. Au choix d’une expédition dans le Sud-Ouest, la province du Poitou fut préférée en raison des graves exactions commises en Bas-Poitou par les troupes de Benjamin de Rohan de Soubise venues de La Rochelle.

Avec son armée, celui que l’on nomme « roi des églises » assiège Les Sables d’Olonne défendus par ses habitants. Après un mois de résistance, les Sablais lui ouvrent les portes de la cité à la condition qu’aucune violence ne soit infligée aux personnes et aux biens. En dépit de cette promesse et de l’importante rançon exigée, Soubise autorise à ses troupes deux heures de pillage. Les jours suivants, la cathédrale de Luçon et la demeure de l’évêque sont, à leur tour, mises à sac.

Malgré la résistance locale qui s’organise autour de François de La Rochefoucauld, gouverneur du Poitou, le chef protestant continue à guerroyer et convoite un second port pour faciliter la communication avec l’Angleterre ; Saint Gilles. Informés des derniers évènements, les habitants édifient, à la hâte, des retranchements autour de la bourgade et finissent par repousser les huguenots. Dans leur retraite, les protestants se heurtent aux maigres troupes rassemblées par La Rochefoucauld.

10 avril 1622. Traqué par la milice provinciale près des Sables d’Olonne et par Louis XIII arrivé à Nantes, Soubise choisit de se réfugier à l’île de Rié, forteresse naturelle située dans les marais au nord du Bas-Poitou, à cette époque incomplètement asséchés et constitués d’un ensemble de petites îles. Benjamin de Soubise dispose de 6.000 hommes, 800 chevaux et 5 canons. A Rié, principal accès de l’île, deux jours suffisent aux huguenots pour bousculer les défenses mises en place par les habitants. Aussitôt, l’armée protestante investit l’île, détruit tous les ponts et se prépare au combat. Au conseil de guerre présidé par Louis XIII, l’affrontement avec Soubise est décidé en dépit de la dangereuse configuration du champ de bataille. Pour couper toute retraite vers La Rochelle aux protestants, une partie des troupes de La Rochefoucauld est dirigée vers Saint Gilles, tandis que plus au nord, 2.000 hommes sous les ordres de Louis de Marillac investissent les îles du Perrier et de Monts afin d’empêcher les huguenots de s’enfuir par les marais.

Au pont des Mathes, les attaques sont des plus vives. En quelques heures, sous la pression des protestants, les habitants de l’île du Perrier doivent reculer et se retrancher à la hauteur de maisons basses et d’un moulin proche de leur village. Finalement, une trêve de deux heures est négociée. La population du Perrier s’engage à reconstruire le pont détruit pendant l’attaque, et promet de rassembler une quantité de vivres pour l’armée de Soubise si le roi n’intervient pas pour la soutenir. A l’expiration du cessez-le-feu, l’officier huguenot Le Verger-Malaguet sort des lignes protestantes, et sous la menace de mettre le bourg à « feu et à sang », exige qu’on satisfasse sa requête. Louis de Marillac se présente alors à l’adversaire et décline son identité. En révélant ses effectifs armés stationnés dans le bourg du Perrier, il exclut toute idée de capitulation. Face à cette démonstration de force, Le Verger—Malaguet se retire mais promet de revenir à la tête de 6.000 hommes et d’investir la petite île du marais pour y prendre quartier. Le Perrier sera défendu.

15 avril 1622. Les 10.000 hommes et les 700 chevaux de l’armée royale sont disposés en bataille face aux vieux remparts de la paroisse de Rié occupée par les huguenots. Pour franchir la rivière qui isole les deux positions, de grandes quantités de fagots y sont jetées. De huit heures du matin jusqu’à minuit, l’armée protestante repousse trois assauts grâce au feu incessant de son artillerie. Le soir venu, un gué, situé près de l’océan, est conseillé au roi pour passer dans l’île. Tous ses régiments se mettent alors en route vers Saint Jean-de-Mons où une rivière, aujourd’hui disparue, la « Besse » qui sépare l’île de Mons de l’île de Rié, présente à son embouchure une voie guéable. Une digue étroite de quatre lieux traversant le marais permet au roi d’atteindre Saint Jean-de-Monts dans la soirée. Au soleil couchant, l’armée royale se rassemble sur la rive droite de la Besse. Sur l’autre berge, du côté de l’île de Rié, l’ennemi semble absent. Les conditions d’obscurité et de marée s’annoncent favorables pour le franchissement de la rivière. Le risque encouru par cette opération rend pourtant les officiers nerveux. Quelques heures après la traversée à basse-mer, la remontée des eaux empêcherait infailliblement tout mouvement de repli. Mais toute la détermination du jeune roi fougueux se lit dans cette entreprise. Pour encourager les hommes à s’engager dans l’eau, les officiers d’infanterie sont invités à mettre pied à terre. A minuit, les troupes royales franchissent le bras de mer à marée basse en l’espace d’une demi-heure. Non sans crainte d’être repérés, de grands feux sont allumés sur le sable pour que les hommes, mouillés jusqu’à la ceinture, puissent se sécher.

Ile de Rié-15 avril 1622. Situation des armées royalistes et protestantes.

dsc02814.jpg 15 avril 1622. Situation au matin

dsc02816.jpg 15 avril au soir

16 avril 1622.

dsc02821.jpg 16 avril

dsc02823.jpg Plan de bataille de Rié, extraite des «  Triomphes de Louis le Juste » Jean Valdor 1649

Au point du jour, tous les combattants sont fins prêts pour la grande offensive. En ordre serré, un large front d’escadrons et de bataillons s’élance en direction de Rié. Une relation du temps évoque l’exploit de la cavalerie la plus belle et la plus leste du monde.

Un groupe d’éclaireurs parvenus à Saint Hilaire de Rié tombe sur une troupe importante de huguenots battant en retraite en direction du sud. Dans un désordre total, l’armée protestante cherche manifestement à gagner le petit port de Croix-de-Vie où toute une flotte de navires rochelais est venue l’attendre pour une opération d’embarquement. La Rochefoucauld, qui a finalement réussi à enfoncer les lignes de défense des protestants à Rié, se lance avec les maraîchins dans la chasse aux fuyards.

A Saint Hilaire de Rié, l’affrontement est terrible. Les huguenots en fuite sont chargés sur leur flanc droit par les premiers escadrons provenant des dunes. Une contre-offensive menée par un officier protestant La Motte Saint-Surin s’avère être un désastre. Les chroniqueurs rapportent que de Rié à Croix-de-Vie, tous les chemins étaient jonchés de morts, les paysans assommaient partout. Le prince de Condé, arrivé le premier sur les hauteurs du port, est saisi par un spectacle de désolation. Dans un grand désordre, des centaines de protestants traqués tentent d’embarquer sur des navires à demi échoués sur le sable, tandis que sur les quais, acculés en bout d’île, des milliers d’hommes s’entassent. D’heure en heure, l’encerclement se confirme. Effrayés par les circonstances, les huguenots n’ont d’autre issue que d’implorer le pardon. Partout dans la foule, des voix s’élèvent pour crier « Miséricorde ». Condé, qui souhaite un dénouement pacifique à cette expédition, envoie immédiatement plusieurs officiers chargés de négocier avec les protestants leur soumission. Malheureusement, une poignée d’hommes embarqués s’oppose à la reddition. Refusant l’ordre de descendre les voiles et de couper les cordages, les insoumis lèvent l’ancre et se mettent à tirer en direction des émissaires. Les mousquetaires du roi ripostent sur-le-champ. Brutalement, la situation se transforme alors en chaos. Une foule de 12 à 15.000 maraîchins qui s’est jointe aux troupes de La Rochefoucauld déferle à Croix-de-Vie. Avec une extrême violence, les paysans se livrent à un massacre systématique de tous les huguenots totalement désarmés et impuissants. Cette frénésie impossible à maîtriser est la réaction tardive de la population locale au pillage de l’île de Rié par les troupes de Soubise le 13 avril.

Après cette effroyable tuerie, le port de Croix-de-Vie va offrir un tableau terrifiant. «  2.500 corps inanimés étaient étendus çà et là, tandis que la marée montante, pour ajouter à l’horreur de la scène, rejetait 120 cadavres sur la grève ». 1.500 protestants arrachés à la fureur des maraîchins et des troupes royales, furent fait prisonniers et envoyés aux galères. Benjamin de Soubise ne figurait, en revanche, ni dans la liste des victimes, ni parmi les 1.500 gentilshommes épargnés du massacre. On devait apprendre plus tard que le chef protestant avait fait preuve d’une lâcheté incroyable. Pour éviter d’avoir à affronter le roi lui-même, Soubise s’était enfui secrètement à La Rochelle en abandonnant son armée à son triste sort. Près de 4.000 protestants perdirent la vie à l’île de Rié. La victoire du 16 avril 1622 sur l’armée huguenote que l’on appellera désormais la bataille de l’île de Rié restera l’un des moments forts du règne de Louis XIII.

Le franchissement de la Besse :

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Au lendemain des combats de l’île de Rié, historiographes et polygraphes s’appliqueront à mettre en scène le roi dans le feu de la bataille. Le franchissement de la Besse transformé par les panégyristes en mythe servira l’hommage rendu aux Bourbons jusqu’à la Seconde Restauration.

«  Le flux vous est contraire, en ce qu’il semble retourner trop lentement, et néanmoins votre Majesté impatiente du combat, et de la victoire, passe la première dans la terre ennemie, quoique le péril ne soit petit, par la hauteur du fleuve, que le flux de la mer avait enflé. Les gens de pied vous suivent crainte de l’impétuosité du fleuve, non plus que la mer qui ne s’abaissait encore : et ainsi passe l’armée sans péril : ni plus ni moins que Dieu très-puissant fait passer son peuple au travers de la mer Rouge d’un pied sec, ayant arrêté les flots de l’un et de l’autre côté, tout ainsi que deux murailles de marbre ». Abel De Sainte-Marthe, second panégyrique au Roy, 1623.

« Ce fut contre toute apparence humaine, d’aller attaquer une armée, laquelle même on ne pouvait approcher, étant défendue par l’assiette favorable du lieu, et qu’il y eut un bras de mer à passer de la largeur de cinq à six cents pas : ce néanmoins comme Alexandre au passage de la rivière du Granique, ayant une année ennemie en tête, étant dissuadé par la plupart de ses capitaines de différer ce passage, entra le premier dans la rivière ». Antoine du Laurens, Panégyrique de Louis XIII, Roy de France et de Navarre, 1623.

« On conçoit la grandeur de ce péril (le franchissement de la Besse) qui n’emportait rien que moins que la nécessité de vaincre ou de périr ». Louis de Saint-Simon, Parallèle des trois premiers Rois Bourbons, 1746.

« Cette victoire fut glorieuse au Roi, mais lui fut bien périlleuse, car il passa la mer à gué pour aller à eux, et s’y porta avec tant de courage et si peu de considération de ceux qui étaient auprès de lui, qu’après la victoire, obtenue par la fuite des ennemis, il n’y eut personne qui ne reconnût que dans l’avantage de la situation du lieu, dont les canaux et retranchements naturels faisaient pour eux, qu’étant beaucoup plus forts d’hommes et de canons, si Dieu ne les eût aveuglés en punition de leurs crimes, le moindre succès qu’ils pouvaient avoir du combat était de défaire absolument ceux qui étaient auprès du Roi, et prendre sa personne prisonnière ; attendu que, outre que les Rois semblables à celui-ci ne fuient jamais, le flux de la mer étant revenu où il avait passé, il lui était impossible de le faire ». Cardinal de Richelieu, Mémoires du cardinal de Richelieu.

La médaille du franchissement de la Besse.

dsc02828 (2).jpgdsc02828 (3).jpgdsc02828.jpg

dsc02829 (2).jpg Plan de l’Isle de Périer et de Rié avec la représentation du Roy. Nicolas de Mathonière.1622

dsc02832.jpg Vitrail intitulé « L’Isle de Rie » d’après la gravure de Nicolas de Mathonière, Linard Gontier 1622-1624. Musée des Beaux-arts de Troyes.

200 ans après, le 2ème combat des Mathes

Le combat des Mathes et la mort de Louis de La Rochejaquelein. 1815 :

Le 4 juin 1815 tombait à cet endroit Louis de La Rochejaquelein. Mort en héros pour les royalistes, tué au combat pour les bonapartistes, le généralissime vendéen avait nourri l’espoir de soulever de nouveau la Vendée et de rétablir la monarchie.

Printemps 1815 : Le retour triomphal de Napoléon au printemps 1815 ouvre la période dite des Cents-Jours. Face à la ferveur de la Nation pour l’empereur, Louis XVIII n’a d’autre choix que de s’exiler. Dans l’escorte royale emmenée par le duc de Berry se distingue alors un officier vendéen, Louis de La Rochejaquelein, frère de Monsieur « Henri », élu généralissime des armées catholiques et royales en 1793.

De la ville flamande de Gand où Louis XVIII a choisi de se réfugier, Monsieur Louis s’est embarqué pour l’Angleterre. Lettre du souverain en main, il doit demander, au régent-Prince de Galles, des armes et des subsides. Son débarquement sur les côtes de Saint Hilaire-de-Rié, à la mi-mai, annonce la reprise des guerres de Vendée. Dans la province, des nobles ont déjà réagi au retour des bonapartistes et se proposent, d’organiser le soulèvement. Partout, des armées se forment ; celles d’Anjou du comte d’Autichamp, du Centre de Sapinaud de la Rairie, du Bas-Poitou et du pays de Retz de Suzannet et du Haut-Poitou d’Auguste de La Rochejaquelein. A Nantes, l’arrivée du général Travot, le vainqueur du chevalier Charette, présage l’imminence des combats.

16 mai 1815 : Les 4.000 hommes du comte de Suzannet couvrent le débarquement de Louis de La Rochejaquelein sur la côte de Saint Hilaire-de-Rié. Les longues plages de sable blanc situées entre Sion et les Becs furent le principal site de descente des Anglais durant les guerres de Vendée. Du 11 au 25 août 1795, les débarquements d’émigrés et d’armement étaient venus renforcer l’armée du général Charette. Plus de 12.000 Vendéens dont 800 cavaliers avaient alors protégé cette vaste opération que la garnison républicaine de Saint Gilles avait tenté d’interdire. Ces combats dans les dunes avaient fait plus une trentaine de victimes et autant de blessés chez les bleus, et une soixantaine de tués et plus de cent-vingt blessés chez les blancs.

L’Angleterre a fourni cette fois-ci aux royalistes 2.000 fusils, et près d’un million de cartouches. Pour répondre à la menace d’une nouvelle insurrection, Napoléon décide l’envoi vers la Vendée de trois pacificateurs issus de la chouannerie et de 6.000 soldats.

Dans le bocage, les premières échauffourées semblent avantager les Vendéens, mais les rivalités qui animent le haut commandement royaliste prévalent sur le désir d’union. Nombreuses sont les voix à s’élever contre la nomination de Louis de La Rochejaquelein au titre de général en chef de l’armée vendéenne. Ses rivaux lui reprochent son inexpérience au combat tandis que ses partisans voient en lui sa formidable ambition.

20 mai 1815 : Pour le moment, Louis doit s’assurer d’un autre débarquement anglais. Autour d’Aizenay, ses troupes établissent plusieurs campements. Dans la nuit du 20 mai, ses hommes sont attaqués par les unités du général Travot. Refusant de combattre dans l’obscurité, Suzannet et Sapinaud quittent précipitamment le champ de bataille. Chez les officiers royalistes, la rupture est désormais consommée. Dans les combats, plusieurs dizaines de Vendéens sont tués dont le beau-frère de Louis de La Rochejaquelein, Guerry de Beauregard. Ludovic de Charette, neveu de l’illustre vendéen, succombera le lendemain à ses blessures.

31 mai 1815 : La situation se fait désormais pressante. Quatorze navires anglais, croisant au large de Croix-de-Vie, n’attendent qu’un signal pour décharger la seconde cargaison d’armes. De l’océan naît, encore une fois, l’espoir d’une victoire royaliste, mais les tensions au sein de l’état-major découragent La Rochejaquelein. Suivi par un millier d’hommes, le généralissime vendéen arrive au Perrier le 31 mai. En même temps, son frère Auguste investit le port de Saint Gilles.

Généalogie de La Rochejaquelein :

  1. Henri Louis Auguste du Vergier de La Rochejaquelein (1749-1802) épouse en 1769 Constance Lucie Bonne de Caumont d’Ade (1749-1798)

  1. Henri du Vergier de La Rochejaquelein (1770-1794) sans postérité

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  1. Louis du Vergier de La Rochejaquelein (1777-1815) épouse en 1802 Marie Louise Victoire de Donnissan (1772-1857), son premier mariage 1791 avec Louis de Salgues de Lescure (1766-1793). Louis aura 8 enfants ;

  • Laurence 1803-1881

  • Louise 1804-1832

  • Henri 1805-1867

  • Victoire 1807-1829

  • Louis 1809-1833

  • Anne 1810-1889

  • Julia 1813-1871

  • Thérèse 1814-1883

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Louis du Vergier de La Rochejaquelein et Louis de Salgues de Lescure

  1. Auguste du Vergier de La Rochejaquelein (1784-1868) épouse 1819 Félicie de Durfort-Civrac (1772-1857)

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  1. Plus 4 sœurs.

2 juin 1815: Près de 2.000 fusils, autant de sabres, des pistolets, des munitions ainsi que 5 pièces d’artillerie sont débarqués. Les opérations de déchargement se déroulent sans encombre, mais La Rochejaquelein ne trouve pas d’appui auprès des autres généraux vendéens.

Les nouvelles de la côte parviennent aux troupes impériales. Travot dépêche, de Bourbon-Vendée (La Roche-sur-Yon) vers le littoral, deux colonnes d’infanterie. L’une, aux ordres du général Grosbon, doit s’acheminer vers Saint Gilles, l’autre, sous le commandement du général Estève, est mandatée pour occuper Saint Hilaire de Rié et Saint Jean de Monts. En fin de journée, les hommes de Grosbon arrivent au port et prennent position sur les quais de Saint Gilles et dans les dunes de la Garenne. Un jour durant, des tirs sont échangés d’une berge à l’autre de la Vie. La Rochejaquelein s’essaye au tir d’obusier dont on vient de débarquer un exemplaire.

3 juin 1815 : Une balle vendéenne atteint mortellement le général Grosbon posté en observateur dans le clocher de l’église de Saint Gilles. Malgré la confusion perceptible dans les rangs bonapartistes, le général vendéen suspend le débarquement et regagne Saint Jean-de-Monts.

En l’espace d’une journée, les évènements se sont précipités. Travot est arrivé à Notre Dame de Rié et près de 1.200 de ses hommes, sous les ordres du général Estève et du lieutenant Lupin, progressent en direction du Perrier. La confrontation semble inévitable au nord de l’ancienne île de Rié. Le pont des Mathes est choisi par les Vendéens pour sa position stratégique. La Rochejaquelein scinde ses troupes en trois corps. Lui-même se réserve la défense du pont et l’aide gauche de la bataille, tandis qu’il attribue le flanc droit à son frère Auguste. Le major-général Canuel, ancien officier républicain récemment reconverti à la monarchie, se garde, quant à lui, la ligne du centre. Embusqués dans les fossés à l’abri des roseaux, les royalistes attendent impatiemment les renforts maraîchins.

4 juin 1815 : La colonne d’Estève apparait alors que les secours ne sont pas encore arrivés. La Rochejaquelein et Canuel engagent le combat. La violence du choc fait rapidement reculer les bonapartistes jusqu’à la ferme des Mathes. En dépit de l’arrivée d’Auguste sur leur flanc gauche, les troupes d’Estève chargent trois fois à la baïonnette et reprennent la main. En apercevant au loin une armée de maraîchins, le général bonapartiste se décide à lancer une dernière charge avant de se replier, mais un incident va précipiter les évènements. Dans les rangs royalistes, un capitaine de paroisse a été abattu. Les Vendéens, paniqués, abandonnent leur position et fuient en direction du pont des Mathes.

Devant le désastre annoncé, Louis de La Rochejaquelein élève son chapeau sur la pointe de son sabre puis s’élance sur la ligne de front pour juguler la dérobade. Les maraîchins arrivent alors par le marais de Soullans et engagent toute leur force dans la bataille. Sur ces entrefaites, le généralissime vendéen monte sur un tertre pour évaluer la nouvelle situation. A cet instant, le lieutenant Lupin des gendarmes de Paris reconnait l’officier royaliste et ordonne un tir ciblé sur son adversaire. Plusieurs balles atteignent le chef vendéen en pleine poitrine. Foudroyé, Louis s’effondre dans les bras du fidèle François Crochet.

dsc02911.jpg Le combat des Mathes. Position des armées le 4 juin 1815.

En progressant sur le champ de bataille, les bonapartistes sont les premiers à dépouiller le corps de l’officier. Dans ses habits bourgeois, ils trouvent la plaque de son ceinturon, sa dragonne mais aussi la lettre datée du 2 juin, où Canuel lui apprenait, dans une amère déconvenue, la désertion de tous ses compagnons d’armes.

Dans le plus grand désarroi, la plupart des Vendéens ont fui en ignorant la mort de leur général. Seuls les maraîchins, arrivés en nombre, continuent à combattre et à gagner du terrain. Devant la frénésie des assauts royalistes, les troupes d’Estève finissent par reculer, épée dans les reins, jusqu’à Saint Hilaire de Rié.

Le champ de bataille s’est vidé de ses soldats quand les habitants arrivent en découvrant l’horreur. Tous les blessés, sans distinction de partis, sont pris en charge par la population. Louis, comme les dizaines d’autres victimes gisantes sur le sable, sont sommairement enterrés sur place.

5 juin 1815 :

dsc02914.jpg Drapeau dit d’Henri de La Rochejaquelein qu’arborait l’armée de Louis de La Rochejaquelein aux Mathes le 4 juin 1815.

Le frère de Louis de La Rochejaquelein, Auguste, blessé dans la bataille et Canuel reviennent aux Mathes où un paysan leur a indiqué l’emplacement d’un cadavre d’officier.

La dépouille du général vendéen est exhumée et transportée à l’église de Saint Hilaire de Rié où la population, au milieu des larmes et des lamentations, assiste à une émouvante cérémonie funèbre. Son corps est ensuite inhumé au cimetière du Perrier et restera jusqu’au 8 février 1816, jour où la veuve La Rochejaquelein, Marie-Louise Victoire de Donnissan, le fera rapatrier au caveau familial de Saint Aubin-de-Baubigné.

22 juin 1815 : Battu à Waterloo deux semaines après la mort de Louis de La Rochejaquelein, Napoléon abdiquera le 22 juin 1815. Dans l’Ouest, le traité de paix signé le 26 juin à la Tessoualle, près de Cholet, mettra fin à la 4ème guerre de Vendée.

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