Témoins de l'Histoire. "Colonies et décolonisation" : Les colonies théâtre de la 2 e guerre mondiale. Les indépendances: Guinée, Maroc





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Introduction: Le phénomène colonial à travers les âges.

Les colonies théâtre de la 2 e guerre mondiale. La décolonisation



Les colonies (et l'esclavage) ont existé un peu partout dans le monde depuis les origines de l'histoire des hommes, l'esclavage n'a été aboli qu'au 1ge siècle, une décolonisation ultra rapide et quasi universelle a été réalisée en 25 ans à la fin de la seconde guerre mondiale (dans certains cas de façon pacifique, dans d'autres cas de façon sanglante). Seuls deux pays (la Russie et Israël) avaient encore des colonies au-delà des années 70.

Le passé lointain

Les Grecs avaient installé des colonies un peu partout sur le pourtour de la Méditerranée et de la Mer Noire, notamment en Asie Mineure, en Cyrénaïque, en Sicile, à Marseille. La Gaule avant de devenir la France a été une colonie romaine, et l'historien René Grousset a cru pouvoir se féliciter que la Gaule, grâce à la défaite de Vercingétorix eût été colonisée par les Romains : Que serions nous devenus dit il si nous avions été vainqueurs ? Le nom porté par la ville de Cologne indique qu'elle est une ancienne colonie. La Tunisie a été l'objet de nombreuses colonisations suc­cessives (phénicienne, romaine, byzantine, arabe, ottomane, et française), les Etats-Unis sont héri­tiers des 13 colonies britanniques qui ont arraché leur indépendance avec l'aide de la France, qui ont ensuite colonisé les territoires indiens, racheté la Louisiane à Napoléon et conquis par la force d'an­ciennes colonies espagnoles, ils n'ont aboli l'esclavage qu'à la fin de la guerre de Sécession en 1865, la société américaine de colonisation créée en 1816 a installé en Afrique des esclaves noirs améri­cains qui ont colonisé un territoire devenu en 1847 le Libéria avec comme capitale Monrovia.
Le passé récent: trois éléments essentiels
* La relance de la colonisation française après la guerre de 1970. Elle a été le fait d'hommes de gauche (Léon Gambetta et Jules Ferry). Elle a fait l'objet de jugements contrastés: critiquée à droite par des hommes comme Raymond Cartier qui estimaient que l'idéal assimilationniste était une utopie et surtout que son coût était exorbitant, elle était recommandée par une gauche cultivant ses grands ancêtres les philosophes du 18e siècle et les révolutionnaires de 1789 et de 1793, et qui voyait en elle une mission civilisatrice, sans oublier pour autant la défense d'intérêts nationaux. Jean Jaurès déclarait en 1903 : la France a au Maroc des intérêts de premier ordre, je suis convaincu que ces intérêts lui donnent une sorte de droit. Léon Blum déclarait en 1925 : nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture. Dans un roman de Paul Adam, le soldat antimilitariste Mérot estime pourtant que la France de la Révolution et de la Liberté a le devoir de délivrer les Bambaras, les Ouolofs et les Tou­couleurs de la tyrannie des Ahmadou ou des Samory. Mais, Marius Moutet, Ministre des Colonies en 1936 croit pouvoir écrire : la politique coloniale socialiste a d'autant plus de chances d'être cons­tructive et durablement féconde qu'elle se préoccupera moins de communiquer de façon directe l'idéo­logie socialiste aux indigènes.

* La place considérable des empires coloniaux dans la seconde guerre mondiale. Ils ont été le théâtre d'événements importants : on se bornera à évoquer les attaques de Graziani et Rommel contre l'Egypte et les contre-offensives de Wavell et Montgomery sur l'Abyssinie et la Libye (alors italiennes), Bardia, Tobrouk, El Alamein, la tentative allemande d'envahir l'Irak avec l'appui de Vichy (Rachid Ali, accords Darlan Vogel), la bataille de Bir-Hakeim (42), les raids de la colonne Leclerc ve­nue du Tchad sur Koufra (41) et Mourzouk (43). De juin 1940 jusqu'à la libération de Paris en août 1944, la capitale de la France Libre a été successivement Londres, puis Brazzaville, puis Alger

* Le grand mouvement de décolonisation. Il est enclenchéimmédtatement après cette "seconde guerre mondiale", toute la planète est concernée: Inde et Pakistan (avec Jinnah, Nehru et Gandhi) dès août 47, suivent la Jordanie et l'Indonésie (49), le Vietnam (54), la Tunisie et le Maroc (56), la Guinée (58), le Nigeria et le Ghana (59), toutes les colonies françaises d'Afrique et Madagascar (60), l'Algérie (62). Les Comores (74) Mais Mayotte refuse d'être décolonisée!!! Raymond Aron écrit en 1957 : la reconnaissance de la nationalité algérienne est rendue indispensable par les faits démogra­phiques et économiques tout autant que par les revendications de la guerre déchaÎnée. Le général de Gaulle dira en 1961 : l'Algérie coûte plus cher qu'elle ne nous rapporte ... c'est un fait, la décolonisa­tion est notre intérêt et par conséquent notre politique

Deux questions controversées: la préparation de la décolonisation, les lois mémorielles
1) La préparation de la décolonisation sous la 4 e République: elle a été souvent contes­tée, elle est pourtant bien réelle, elle a été conduite par différents acteurs, sans aucune planification préalable, et de façon pragmatique. Je voudrais apporter quelques éléments de preuve à ce que j'avance et que j'estime avoir très largement vécu
* Le discours du général de Gaulle à Constantine (12/12/43) ouvrait la voie à une évolution de la politique française en Algérie à l'égard des populations autochtones qui ne demandaient pas encore l'indépendance. Il n'y a pas eu d'autre lendemain que le massacre de Sétif (mai 1945)

* La Conférence de Brazzaville (20101/44), accompagnée d'un discours du général de Gaulle resté célèbre, sonne le glas à terme de l'administration directe des colonies françaises d'Afrique

* La Constitution de la 4e République (27/10/46), dont Léopold Sédar Senghor est un des rédac­teurs prévoit déjà des assemblées élues délibérantes dans les colonies d'Afrique et à Madagascar

* Le Budget Fides, un fonds d'investissement et de modernisation des territoires coloniaux créé le 30/10/46: deux plans de développement seront mis en œuvre (1949, et 1953), la Caisse Centrale de la France d'Outremer sera le principal instrument de cette politique, qui permettra plus tard l'indé­pendance de ces territoires préalablement dotés d'une infrastructure convenable. Cela représente un gigantesque effort d'équipement dans l'ensemble de l'Empire: près de 600 milliards de francs de 1946 à 1960 : agriculture, énergie, infrastructures, équipements sociaux (enseignement santé, habitat, sociétés immobilières).

* La Loi Cadre du02/01/56, dite loi Deferre (déjà préparée par son prédécesseur), prévoyait l'élargis­sement des pouvoirs des assemblées, et la création des conseils de gouvernement.
J'ai vécu cette préparation politique technique et économique en Guinée. J'ai tenté de la dé­crire dans le domaine qui était le mien (les Travaux Publics) dans un ouvrage collectif que j'ai coor­donné et dont mon ami Guy Georgy a bien voulu écrire le premier chapitre: Les travaux publics français en Afrique subsaharienne et à Madagascar 1945-1985 L'Harmattan 1991, et notamment le chapitre 3 sur les ports rédigé par mon ami Paul Bourrières (avec mon concours et celui de Pierre Andrau). On peut citer aussi l'ouvrage de Pierre Legoux et André Marelle Les mines et la recherche minière en AOF Histoire et Témoignages (l'Harmattan 1991 textes réunis par Jean Servant), et notamment le chapitre 12 (souvenirs de bauxite et de Guinée) par JY Eichenberger, le chapitre 15 (la Cie minière de Conakry) par Pierre Legoux et le chapitre 18 (souvenir sur Miferma) par Jean Audibert
2) la question des lois mémorielles : cette question fait l'objet de polémiques dans les mé­dias depuis le vote, à une quasi unanimité (droite et gauche) de la loi du 23 février 2005, dont l'article 4, sur le rôle positif de la présence française outremer, a finalement été déclassé le 31 janvier 2006 par le Conseil Constitutionnel. Il n'appartiendrait pas à l'État de se substituer aux historiens en écrivant lui-même l'histoire, mais il aurait le droit de prendre position sur la place à donner à de gran­des questions comme la colonisation ou l'esclavage. A cette occasion, d'autres lois ont été évo­quées : la loi du 13 juillet 1990 dite loi Gayssot, qui fait de la négation d'un crime contre l'humanité un délit, la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien, la loi du 10 mai 2001dite loi Taubira sur la traite négrière et l'esclavage dont les articles 1 et 2 sont aujourd'hui contestés. La controverse est illustrée par un débat récent entre une guyanaise Christiane Taubira, et une des­cendante d'esclaves réunionnais, Françoise Chandernagor. La première défend la loi qui porte son nom, la seconde soutient qu'il n'appartient pas à l'État de rédiger des lois pour "dire la vérité histo­rique" sous peine de sanctions judiciaires : danger de figer les choses alors que la connaissance his­torique est en perpétuelle évolution, danger, par des vérités partielles, de ne pas voir la réalité dans sa globalité. Françoise Chandernagor pose alors deux questions: "Pourquoi pas une loi sur la dékoulaki­sation sous Staline (qui fut aussi un crime contre l'humanité)? Mais est ce au Parlement Français de se repentir des crimes des Russes des Turcs ou des Portugais". Dans le cadre de cette controverse, je crois utile de citer aussi Max Gallo qui dans son pamphlet "Fier d'être français" tout en reconnais­sant certaines erreurs coloniales exprime surtout l'idée que ceux qui ont l'audace de s'autoproclamer "procureurs" n'ont pas à exiger d'une France à juste titre fière de son passé une repentance qui n'est pas demandée aux autres (grecs, romains, arabes, portugais, espagnols, anglais, américains)

Les témoignages que j'apporte aujourd'hui n'ont pas d'autre ambition que d'apporter une modeste contribution à des questions qui resteront encore longtemps controversées.

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