Scénario d’avenir pour l’Eglise en France





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Mgr. D. Y. : Il consiste surtout à animer les communautés et à en former les laïcs. En effet, 90 % de nos célébrations dominicales – qui ne sont pas des messes ! – sont animées par des laïcs. Beaucoup habitent dans des zones rurales très éloignées. Toutes les semaines dans les grandes villes, toutes les trois, quatre ou cinq mois dans les zones rurales, ils se rendent dans les communautés locales pour célébrer la messe. Tout comme moi, ils passent leur temps en voiture pour se rendre d’un district à l’autre. Pour ma part, faire le tour de mon diocèse implique 2 000 km de trajet, dont 1 000 sur des routes qui ne sont pas goudronnées.
Comment les communautés locales sont-elles constituées ?

Mgr. D. Y. : Qu’elles soient formées de fidèles venant de deux quartiers d’une ville ou d’un hameau, elles représentent une quinzaine de familles. Elles se réunissent au moins tous les dimanches à l’église ou à la chapelle, lors d’une célébration animée par des laïcs « ministres de la parole ». Certaines d’entre elles disposent du Saint Sacrement, à condition que les groupes se réunissent au moins trois fois dans la semaine. Une quinzaine de laïcs forment le conseil communautaire, qui détient une vraie autorité.

L’une de mes préoccupations consiste précisément à former ces laïcs. Avec nos distances, il est très difficile d’organiser des formations diocésaines. Par conséquent, nous avons mis en place une formation itinérante et un groupe Facebook où les laïcs peuvent trouver des ressources nécessaires à leur formation ou à la préparation des homélies.
Que peut apprendre l’Église de France de celle du Brésil ?

Mgr. D. Y. : Elle peut sans doute découvrir la richesse des communautés ecclésiales brésiliennes. Il s’agit de vraies communautés, avec des relations, une vie commune, le partage de la Parole et, parfois, la célébration de l’Eucharistie. Deuxièmement, je voudrais insister sur l’importance de la dimension sociale de l’Église brésilienne. Chaque année, pour le Carême, les catholiques lancent une « campagne de fraternité », reprise par toute la société civile. Au niveau local, la présence de pastorales sociales en faveur de la jeunesse, de l’enfance ou des mineurs est essentielle. Nous avons récemment développé une pastorale pour la drogue ou pour les adolescentes enceintes : à nous d’aller au-devant des nouvelles blessures de la société et d’y répondre.
« À nous d’aller au-devant des nouvelles blessures de la société et d’y répondre. »

7. Mon EGLISE dans 10 ANS

« Je n’imagine pas un prêtre seul pour soixante clochers »
Recueilli par Fanny Cheyrou
Jean-Paul Granger, 30 ans, en formation au séminaire Saint-Joseph de Bordeaux, membre de la communauté de l’Emmanuel
http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2014/06/07/007/article2_1.jpg

« Le changement peut être inquiétant, mais nous ne vivrons, de toute façon, plus jamais l’époque où il y avait deux curés pour un clocher. Dans l’Église de demain, je pense que les prêtres se regrouperont dans des pôles centraux, des communautés. Ils uniront leurs forces vives, avec des charismes différents. En fonction des aptitudes de chacun, certains s’occuperont des aumôneries étudiantes, d’autres de groupes de prière. Cela demandera une grande solidarité entre les prêtres, mais aussi entre les laïcs et les prêtres. Dans les campagnes, certains clochers seront choisis comme clochers principaux, parce qu’ils sont dynamiques et bien placés. Je n’imagine pas un prêtre seul pour soixante clochers. Nous sommes prêtres mais nous sommes aussi des hommes. C’est important de pouvoir prier ensemble, manger et vivre ensemble. Comme dans une famille. C’est ce qui nous préservera. »
Faire des projections précises concernant le statut et le rôle des laïcs en mission ecclésiale est un exercice bien difficile pour les diocèses. Ils devraient toutefois être plus nombreux à prendre leur place de baptisés.
8. FORMER DES LAICS capables de répondre aux défis de demain
http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2014/06/07/008/article28_1.jpg

Réunion d’une équipe de conduite pastorale,

à Saint-Antoine du Bocage,

Villers-Bocage dans la Somme.

Que sait-on du profil, du statut et des responsabilités des laïcs qui œuvreront au service de l’Église dans dix ans ? La question relève de la science-fiction pour bien des diocèses, dont l’horizon prévisionnel se borne souvent aux deux ou trois ans à venir… Sans doute seront-ils plus nombreux à tous les échelons, de la catéchèse au conseil épiscopal, mais peut-être pas partout.

« On parle de pénurie de prêtres, il y a aussi pénurie de laïcs dans certains diocèses ruraux », rappelle un prêtre du Sud-Est. Ils devraient également rester âgés, même si, là encore, des évolutions se profilent.

« Le jeune retraité, disponible deux ou quatre demi-journées par semaine, est une espèce en voie de disparition », reconnaît Guillaume Douet, responsable du bénévolat au Secours Catholique. « Mais contrairement à ce que l’on entend souvent, ce n’est pas qu’il n’en a plus envie : ce sont les évolutions de la société, et de la famille surtout, qui le sollicitent ailleurs. » À l’inverse, une nouvelle ressource pourrait se développer, celle des actifs prêts à un « break » dans leur carrière – et à un sacrifice financier – pour une mission courte.

On peut enfin pronostiquer sans trop de risques que les femmes resteront majoritaires parmi ces laïcs engagés au service de leur Église, compte tenu de la prévalence du bénévolat et de salaires très bas, recettes du denier obligent. Et que cette présence massive restera « un encouragement pour l’institution à mieux reconnaître et déployer leur engagement », glisse Mildrède Barcat, chargée de l’accompagnement des laïcs en mission ecclésiale (LEME) dans le diocèse de Lyon.
« Se projeter dans l’avenir simplement en partant du nombre de bras risquerait de nous faire manquer de souffle. »
Mais pour le reste, le tableau est bien flou. Alors que les grandes entreprises s’essaient depuis de nombreuses années déjà à la gestion prévisionnelle de leurs effectifs, rien de tel dans l’Église. Seuls les diocèses qui – dans le Nord par exemple – ont fait le choix d’embauches de longue durée sont confrontés à de tels exercices. Mais ailleurs, les raisons abondent pour s’y refuser, à commencer par la prévalence d’une conception spirituelle de l’Église : « La mission ne peut se laisser enfermer dans la prévision », rappellent ceux qui la conduisent.

« Se projeter dans l’avenir simplement en partant du nombre de bras risquerait de nous faire manquer de souffle », appuie Mgr Jean-Luc Bouilleret, engagé dans le projet « Cap 2030 » avec son diocèse de Besançon. Avec d’autres, cet évêque partage aussi le souci que les structures de l’Église n’absorbent pas toutes les énergies… « On ne remplacera pas les prêtres par des laïcs, d’abord parce que la première mission de ces derniers est d’être ferments au cœur du monde », rappelle-t-il.

Mais d’autres raisons moins avouables expliquent également cette difficulté à « faire des pronostics », reconnaît un théologien, pour qui « l’extinction du catholicisme rural, annoncée déjà par le cardinal Jean-Marie Lustiger, reste une chose que l’on ne dit pas ». Au fond, la période actuelle, marquée à la fois par la diminution de la pratique religieuse, du nombre de prêtres mais aussi par les efforts en direction de la catéchèse et de la « nouvelle évangélisation », rend le tableau délicat à esquisser… « Quels laïcs dans dix ans ? C’est forcément une question que l’on se pose, mais le contexte est tellement mouvant », souligne Anne Rullier, modératrice de la Mission Saint-Clair dans le diocèse de Nantes.
« J’essaie déjà de voir comment les missions confiées évoluent, pour ensuite imaginer quelles compétences il faudra appeler pour y répondre », complète Christine Naline, déléguée diocésaine aux laïcs en mission ecclésiale (LEME) à Nanterre. Qu’il s’agisse du découpage territorial ou de la nature des tâches pastorales, les évolutions ont été extrêmement rapides ces dernières années : le catéchuménat, par exemple, tout juste évoqué par le rapport Dagens il y a vingt ans, est devenu un secteur pastoral à part entière.

Qui plus est, chaque diocèse tient à garder la maîtrise de ses « orientations pastorales » face à ces grandes mutations. « Chacun recherche les moyens de sa mission, et lorsque les choses sont suffisamment mûres, alors on peut harmoniser », résume Mgr Jean-Luc Bouilleret. Après un travail sur les LEME, mené par son prédécesseur, Mgr Hervé Giraud, la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (Cemolem) qu’il préside a prévu d’engager la « réflexion sur la figure émergente du coordinateur paroissial ».

Cette solution de « co-responsabilité » entre prêtres et laïcs est expérimentée depuis plusieurs années, sous des dénominations variables. À Nancy, l’an dernier, un décret de Mgr Jean-Louis Papin, évêque de Nancy, l’a même érigée en « office » canonique… « Redéfinir l’office du curé et créer des offices stables à l’échelle de la paroisse, pour le responsable de la pastorale des funérailles par exemple, est le meilleur moyen de penser la participation des laïcs non pas dans un contexte de pénurie, mais de manière plus objective, sans nier le rôle spécifique du prêtre », approuve un canoniste. La piste est toutefois observée avec prudence dans nombre d’autres diocèses. « Parfois, par crainte de démobiliser les prêtres et de décourager les vocations », observe-t-il encore.
La « collaboration » entre prêtres et laïcs, « est une vraie richesse quand elle est bien vécue ».
Le rôle et le statut des laïcs n’en continueront pas moins à évoluer par tâtonnements successifs, mus par une certitude commune : celle que, déjà aujourd’hui et a fortiori dans dix ans, « on ne pourra plus tout tenir ». Il faudra donc « mieux définir les priorités  », prévoit Mildrède Barcat à Lyon. Mais aussi encore et toujours développer la « collaboration » entre prêtres et laïcs, « qui est une vraie richesse quand elle est bien vécue », et pour cela « continuer à faire évoluer les mentalités des deux côtés ». En attendant, « la meilleure anticipation reste la formation, plaide le P. Laurent Villemin, professeur d’ecclésiologie et de théologie des ministères à l’Institut catholique de Paris.

Formation théologique mais aussi ecclésiale, par la participation à des conseils, des synodes, etc. » La « miniécole de théologie », « Bâtir sur le roc », du diocèse de Nanterre (Lire La Croix du 2 mai) est l’exemple type de ces programmes courts qui se mettent en place pour offrir aux diocèses « un vivier » de laïcs à appeler. Mais elle soulève au passage une autre question de fond : celle de la formation à la théologie de laïcs capables de former demain ces formateurs diocésains. « C’est aujourd’hui, alors que nous en avons encore les moyens, que nous devons préparer les docteurs en théologie qui seront en poste dans les universités catholiques dans dix ans », prévient le P. Bertrand Pinçon, doyen de la faculté de théologie de Lyon.
Anne-Bénédicte Hoffner
9. L’INTIATIVE

Un béguinage pour « bien vieillir »

Claire Leseg-Retain
Depuis janvier 2014, 14 retraités chrétiens en habitat groupé participatif vivent un triple objectif de « solidarité, fraternité et spiritualité ».
Quimper, Chambéry, Mende, Créteil, Lourdes, Mulhouse, Ars… Sur le site de l’entreprise « Vivre en béguinage », la liste des béguinages en projet ou en cours de construction ne cesse de s’allonger. Fondée en 2012 par Thierry Predignac, ancien directeur de l’entreprise Magnificat spécialisée dans la collecte de fonds en milieux religieux, « Vivre en béguinage » propose d’aider des chrétiens regroupés pour « vivre et vieillir ensemble dans un projet spirituel et fraternel » (lire La Croix du 9 juin 2012). Un premier béguinage a été inauguré en janvier dans un ancien couvent capucin de Perpignan, avec 14 logements indépendants pour des « hommes et femmes célibataires, veufs ou divorcés de 65 à 83 ans ». Ceux-ci ont signé la charte élaborée par le noyau fondateur qui expose les engagements « d’entraide matérielle, d’attention fraternelle et de temps de prière », selon Annie Schreiber et Yvette Mautino, cofondatrice du béguinage de Perpignan où plusieurs visiteurs sont passés, curieux de voir ce qui s’y vit.

« Cette renaissance des béguinages en France suscite un grand intérêt, ce qui prouve le besoin des seniors de donner du sens à leur vieillissement », estime Thierry Predignac qui souhaite permettre ainsi à des congrégations religieuses n’ayant plus les moyens d’entretenir leurs bâtiments de pouvoir leur conserver une vocation chrétienne. Cependant, « vivre en béguinage » ne doit pas apparaître comme une recette du « bien-vieillir », sous peine de faire bien des déçus. De même, ces habitats groupés pour retraités ne doivent pas être trop vite confondus avec les béguinages médiévaux. Car, insiste Rita Fenendael, spécialiste des béguines flamandes à Louvain-la-Neuve (Belgique), « l’esprit des béguinages primitifs était de se laisser saisir par Dieu ».


10. ENTRETIEN

P. Guillaume Teissier, curé de la paroisse Saint-Paul du Rhône, dans le diocèse de Valence, vicaire épiscopal pour l’annonce et la proposition de la foi et prêtre accompagnateur du service de la catéchèse
Libérer des énergies pour retrouver de la créativité dans l’annonce de la foi
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner
Le P. Guillaume Teissier a défini six « critères » à prendre en compte pour bien « ajuster » les méthodes de l’Église en matière de transmission de la foi.
Quelles sont les grandes questions que la société va poser demain à la transmission de la foi telle que la pratique l’Église ?

P. Guillaume Teissier : Le cœur de la transmission ne changera pas : il s’agira toujours d’organiser la confrontation entre le Christ, sa Parole, son Eucharistie et la vie des gens, que ce croisement fasse sens pour eux. Selon moi, nous avons plusieurs critères à mieux prendre en compte pour ajuster nos propositions, à commencer par ces précarités psychologiques et sociales que nous rencontrons déjà chez les personnes qui entament un chemin de foi. Nous devons apprendre à accompagner la personne tout entière, à construire avec elle un sujet, une identité… Les modifications de la famille nécessitent également de poursuivre nos efforts pour une catéchèse intergénérationnelle, impliquant les parents, mais aussi les grands-parents, etc. Enfin, nous devons trouver de nouvelles pédagogies adaptées aux plus jeunes, les digital natives, ceux qui sont nés avec la culture numérique. L’Église a toujours évangélisé des cultures : il nous faut donc trouver un langage, des méthodes pour aider ces jeunes à se construire une identité chrétienne.
Vous parlez beaucoup d’identité, pourquoi ?

P. G. T. : Cette question est centrale dans l’environnement œcuménique et interreligieux qui est le nôtre. Les jeunes, les adultes que je vois, rencontrent tous des gens d’autres traditions, à l’école, dans leur métier, dans leur quartier… Le rapport à la vérité est forcément en travail dans une société pluraliste. Nous devons donc fournir des « marqueurs » aux catholiques, des rites d’appartenance, leur donner une identité repérable, mais aussi leur apprendre à penser cette identité en rapport avec celle des autres. Notre époque, par ailleurs, est très sensible à la conviction et a tendance à faire de la foi un sentiment. Nous devons équilibrer l’approche entre cœur et raison, nous souvenir que le christianisme n’est pas seulement une conviction mais qu’il est fondé sur un événement historique, sur la présence de l’Esprit dans l’histoire. Enfin, il me semble que nous n’avons pas pris assez au sérieux l’évangélisation par les dévotions populaires qui affleurent dans les pèlerinages, les visites d’églises ou les bénédictions de maisons…
Comment et où doit être mené ce travail de réflexion ?
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