Scénario d’avenir pour l’Eglise en France





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P. G. T. : C’est un travail de théologie pratique, à partir des observations du terrain, comme cela se fait par exemple à l’Institut supérieur de pastorale catéchétique à la Catho de Paris, et qui doit nous permettre de prendre des initiatives au plus près de ce terrain. Il y a également un vrai enjeu pour l’Église à trouver une organisation qui libère les énergies, qui nous permette de retrouver cette créativité, cette capacité à innover. Et alors que le paysage paroissial est en pleine recomposition et que s’efface ce qui faisait la visibilité de l’Église – le curé, des messes dans chaque village –, cette organisation doit aussi offrir d’autres manières d’être visibles… Enfin, il ne faut pas oublier que nos actes, dans l’Église, crédibilisent notre discours. L’écho rencontré par le pape François le montre bien. « Voyez comme ils s’aiment », disent les Actes des Apôtres…

11. CONTREPOINT

Réussir à mélanger les générations
Loup Besmond de Senneville
Les paroisses sont de plus en plus nombreuses à organiser des rassemblements mêlant jeunes et personnes plus âgées afin d’éviter une trop grande segmentation des communautés.
Pour la paroisse Notre-Dame au pays d’Alençon, c’était une première. Pourtant dans cette paroisse normande, la « marche intergénérationnelle », qui s’est déroulée cette année à Pâques, s’est imposée comme une évidence. « Tous les ans, nous organisons une marche pour les confirmands, donc plutôt réservée aux collégiens, explique le P. Stéphane Cailliaux, vicaire à Alençon.

Cette fois, nous avons voulu l’ouvrir plus largement pour rappeler qu’il est possible d’être chrétien à tous les âges de la vie. »

Le prêtre a été marqué par le silence observé par les plus jeunes lorsqu’un paroissien quadragénaire a fait le récit de sa conversion. « Tout l’enjeu est de montrer aux jeunes que leurs aînés n’ont pas peur de parler de leur foi, et aux plus âgés qu’il y a encore des jeunes dans l’Église. L’enrichissement est réciproque, la démarche est revitalisante pour tout le monde. » Quelques heures après la marche, un homme de 75 ans et une adolescente de 15 ans ont été baptisés au cours de la veillée pascale.

Comme dans cette communauté ornaise, les pèlerinages, catéchèses, retraites et autres sessions mélangeant des fidèles de tous les âges sont de plus en plus nombreux dans les diocèses français. Une manière de lutter contre la tentation d’une Église « segmentée » entre jeunes et personnes âgées. « Il y a quelques années, j’avais été frappée par l’attitude de paroissiens qui évitaient de se rendre dans leur église lorsque y était célébrée une messe des familles », se souvient Marie-Noëlle Ormont, membre du service de la catéchèse de Beauvais.
« Il faut décloisonner au maximum, et mélanger à la fois les générations et les milieux sociaux. »
En 2010, le diocèse de l’Oise a invité les communautés à organiser des rassemblements mêlant les générations, au cours de l’Avent ou du Carême.

« Il faut décloisonner au maximum, et mélanger à la fois les générations et les milieux sociaux, poursuit-elle. Autrefois, les catholiques étaient sans doute trop nombreux pour se réunir tous ensemble, mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Tout cela relève de la transmission de la foi. »


12. Mon EGLISE dans 10 ANS

« Les laïcs de ma génération auront une place plus grande »
Recueilli par Fanny Cheyrou
Coline Colson, 23 ans, Paris, étudiante en lettres modernes


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« L’Église de ma génération sera formée. Les fidèles seront engagés de manière plus convaincue et moins traditionnelle. Ils seront peut-être moins nombreux, mais je ne suis pas du tout inquiète. Finalement, le nombre importe peu. Il vaut mieux un convaincu que mille tièdes. Les communautés religieuses qui s’éteignent sont déjà compensées par de nouvelles communautés, très vivaces. Les laïcs auront une place plus grande et le nombre de diacres va grandir. Cette nouvelle donne réduira la fracture entre le clergé et les familles.

Je ne pense pas que le pape François soit un révolutionnaire. Il ne fait que dire d’une autre manière ce que l’Église dit depuis longtemps. Il y a une rupture dans sa manière de communiquer, mais le message est le même. »

Mon EGLISE dans 10 ANS

« La précarisation de la société ne fragilisera pas l’Eglise »
Recueilli par Fanny Cheyrou
Jean-Guilhem Xerri, 46 ans, est praticien hospitalier en région parisienne et engagé dans le milieu associatif auprès des gens de la rue.
http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2014/06/07/011/article2_1.jpg

« J’ai la conviction que l’Église de demain sera belle. Je ne suis pas aussi optimiste pour la société qui, elle, sera plus décomposée, plus fragmentée et violente. Les chrétiens devront se responsabiliser davantage. La précarisation exponentielle de la société ne fragilisera pas l’Église si les chrétiens la considèrent comme un appel. À eux de comprendre que les fragilités sociales et matérielles ne sont pas les seules. Il existe surtout une précarité affective, existentielle, et les chrétiens détiennent la faculté de trouver du sens au milieu de cette crise de l’intériorité.

Dans les dix années à venir, les chrétiens devront s’engager sur les sujets de société avec raison et non de façon dogmatique. En voulant supprimer les fragilités, comme il en est question avec l’euthanasie et certaines questions de bioéthique, on risque de supprimer les personnes vulnérables et faibles. Elles qui nous disent tant sur la nature humaine. Deux mots devront porter les chrétiens dans dix ans : la gratuité et l’intériorité. »
Mon EGLISE dans 10 ANS

« Donner davantage accès à l’enseignement des religions »
Recueilli par Fanny Cheyrou
Florence Lucas, 52 ans, documentaliste scientifique dans un institut de recherche et de développement de Toulouse

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« Les rares fois où j’entends parler de l’Église dans le cadre de mon travail, c’est de façon caricaturale ou ignorante. Il y a un problème d’éducation religieuse. Les jeunes chercheurs ont beau être pointus sur les questions de sciences dures, ils manquent vraiment de culture religieuse. Pour plus de tolérance, les croyants et non-croyants de demain devraient avoir accès à l’enseignement des religions. Le fait d’évoluer dans un milieu scientifique ne m’empêche pas de grandir dans ma propre foi. Je suis catholique, mariée à un protestant : notre fille est allée aux cours de catéchisme du village. Quand elle a grandi, on l’a envoyée faire des camps de vacances protestants. Je me sens aujourd’hui plus chrétienne que catholique. L’Église dans dix ans, je la vois plus œcuménique. »

13. ENTRETIEN Amaury Dewavrin,

Econome du diocèse de Lyon, membre du conseil de surveillance du groupe Bayard
« Nous devrons faire des choix »

Recueilli par Claire Leseg-Retain
Selon Amaury Dewavrin, économe du diocèse de Lyon, deux questions se posent à tous les diocèses pour l’avenir : comment conquérir des donateurs plus jeunes ? Et comment s’organiser pour avoir moins de besoins financiers ?
Dans dix ans, qui seront les donateurs de l’Église ?

Amaury Dewavrin : Difficile à dire ! En gros, on observe que les diocèses urbains ont du mal à maintenir leur réseau de donateurs et que les diocèses ruraux le voient s’effriter. Certes, l’Église catholique a profité de l’augmentation de l’espérance de vie – dix ans en quarante années – d’une génération qui lui était proche. Mais cette dernière va s’amenuiser entre 2020 et 2035. La question financière qui se pose aujourd’hui à tous les diocèses est donc double : comment conquérir des donateurs plus jeunes ou développer d’autres ressources ? Comment s’organiser pour diminuer nos charges ?
Comment répondez-vous à la première ?

A. D.: À Lyon, nous travaillons avec la pastorale des jeunes pour intégrer deux périodes annuelles de communication concernant le denier de l’Église afin d’expliquer aux 18-35 ans que l’Église de demain aura besoin de leur soutien. Pour la tranche des 30-50 ans, une enquête est en cours, menée par la Conférence des évêques de France (CEF), pour analyser et améliorer nos stratégies de communication. Quant aux 60-80 ans, ils sont très présents dans nos fichiers… et nous téléphonons ce mois-ci à 10 000 d’entre eux pour leur suggérer de passer au prélèvement automatique. Depuis quelques années, la plupart des diocèses de France vont ainsi à la « pêche » aux nouveaux donateurs. D’ailleurs, la principale menace n’est pas tant dans la raréfaction des donateurs que dans la réglementation fiscale.
C’est-à-dire ?

A. D. : Actuellement le taux de réduction fiscale (66 %) est assez favorable aux dons mais rien ne dit que ce taux se maintiendra. De même, la collecte que l’Église fait sur l’impôt sur la fortune (ISF), et qui marche plutôt bien, ne pourra sans doute pas durer si la France allège un jour cette contribution.
Et comment répondez-vous à la question de la diminution des charges ?

A. D.: Par des actions de rationalisation. Le diocèse de Lyon, qui gère 1 300 biens immobiliers, dont 600 églises (500 municipales), va devoir faire des choix pour organiser des pôles paroissiaux, moins nombreux, plus puissants. Ceci suppose de réfléchir, avec les communes concernées, au devenir des églises communales peu ou pas utilisées, et de veiller à accompagner – et non à subir – les divers projets sociaux, pédagogiques, culturels ou autres qui ne devraient pas manquer pour ces églises. Ceci supposera aussi d’aménager de nouveaux bâtiments fonctionnels et conviviaux, car, paradoxalement, nos vieilles églises manquent souvent de vastes salles accueillantes et chaleureuses.
Les diocèses auront-ils les moyens d’augmenter le nombre de leurs laïcs salariés ?

A. D. : Non, s’ils veulent contenir leurs dépenses. Ainsi, à Lyon, nous salarions actuellement 166 laïcs et nous veillons à faire diminuer ce chiffre de 2-3 par an, à l’occasion de départs en retraite ou volontaires. Pour autant, de plus en plus de postes de curie paroissiale et diocésaine sont confiés à des laïcs, en appui aux prêtres.

14. CONTREPOINT

S’adresser à toutes les familles
Bénévent Tosseri (à Lyon)
Quelques propositions à l’intention des familles monoparentales commencent à émerger, comme à Lyon, alors qu’un foyer sur cinq est concerné.
Le « poids de la tradition » pèse encore sur les épaules de Cécile (1). Maman d’un petit garçon de 2 ans, cette enseignante de 41 ans est encore sensible aux « anciennes représentations au sujet des mères élevant seules leur enfant ». Peut-être parce que « si l’Église n’envoie plus de message négatif, je ne perçois pas plus de message positif à notre endroit », dit-elle. Cela change. Depuis quelques mois, cette Lyonnaise a intégré deux groupes de parole. « Des propositions récentes », relève-t-elle.
« Une reconnaissance positive de notre place dans l’église. »
L’une est portée par les Associations Familiales Catholiques (AFC). L’autre par la Maison des familles, projet diocésain dont Thierry Veyron la Croix est responsable.

« Si beaucoup de parents sont en difficulté avec leurs enfants, c’est encore plus vrai des mamans seules, vivant un vis-à-vis permanent avec eux », rapporte ce médiateur familial et conseiller conjugal. La Maison des familles forgeant ses initiatives en fonction des besoins exprimés par ses utilisateurs, elle a mis en place des « rencontres mamans solos ». « En la matière, poursuit-il, l’Église réalise le même travail que certains centres sociaux. À la différence près que des chrétiens vont se demander comment les accueillir et les aimer telles qu’elles sont, dans leurs fragilités. Cela change tout. »

« Les mamans viennent échanger des informations pratiques très concrètes et partager un témoignage plus personnel », rapporte Céline Clément, qui anime depuis le mois de décembre une séance mensuelle.

Chrétiennes ou non, une petite dizaine de mamans se retrouvent autour d’un café, accompagnées pour certaines de leurs enfants, occupés dans la salle de jeu. Cécile apprécie ces échanges, elle qui n’aurait trouvé son compte « ni dans les propositions pour couples ni dans celles destinées aux célibataires. Nous avons le sentiment d’être dans un entre-deux. » « Même si ça n’est peut-être pas l’objectif », la proposition « mamans solos » résonne pour elle comme « une reconnaissance positive de notre place dans l’Église ».

15. UN LABORATOIRE de la MONDIALISATION, Val-de-Reuil
Avec plus de 60 % de paroissiens d’origine africaine, l’église de Val-de-Reuil (Eure) fait depuis trente ans l’expérience d’un multiculturalisme auquel les paroisses de France seront de plus en plus confrontées
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Trois jours après la première communion de sa fille, Sandra Poulain vibre encore d’émotion en l’attendant à la sortie du caté. « La messe animée par les Africains était magnifique : vivante, très rythmée ! », s’enthousiasme cette nourrice agréée, mariée depuis septembre et enceinte du troisième.

En s’installant à Val-de-Reuil (Eure), ville nouvelle érigée en pleine campagne dans les années 1970 pour désengorger Paris et Rouen, cette Normande de 32 ans, à qui les cours de caté, enfant, n’avaient laissé qu’un souvenir morne, a découvert un nouveau visage d’Église : coloré, fervent, chaleureux. « Mon mari, non croyant, a tellement apprécié la célébration qu’il a envie de revenir, lui qui s’ennuyait à mourir quand il allait à la messe de son village, près de Dieppe, s’étonne-t-elle. Ma mère aussi s’est tout de suite sentie accueillie, tout le monde lui a fait la bise ! »

Avec une bonne vingtaine de nationalités et 60 % de paroissiens originaires d’Afrique, l’église de Val-de-Reuil expérimente concrètement, depuis une trentaine d’années, le multiculturalisme auquel les paroisses de France seront de plus en plus confrontées dans dix ans. Une église laboratoire de la mondialisation ? Ces mots n’ont rien, ici, d’un slogan. Elle se vit dans les moindres détails du quotidien de la paroisse. Si la vitalité des nouveaux arrivants réveille les chrétiens « de souche », elle ne va pas sans d’inévitables frottements. La liturgie, en particulier, cristallise les différences culturelles. Le groupe de Congolais et d’Ivoiriens qui a animé les premières communions, précisément, aimerait bien prendre plus souvent le micro.

« Dans nos liturgies, au pays, tu sais que Dieu est là. Ici, tu Le cherches », soupire Émilie, choriste congolaise. À leur demande, une heure d’adoration du Saint Sacrement a été instituée chaque mois. Trop peu, déplore Yvane Yao, juriste ivoirienne : « Ce qui nous manque, c’est la louange. Nous aimerions ramener les gens à l’église par la joie. » Beaucoup de jeunes Africains sont d’ailleurs allés frapper à la porte du temple évangélique voisin.

« Nous arrivons avec une façon différente de prier, qui passe par le corps, la danse et le chant, explique Julien N’Kanguy, agent de sécurité congolais et maître de chœur. Mais certains Blancs se sentent mal à l’aise, car, pour eux, le recueillement implique de rester immobile. » Pour preuve, quelques jours plus tôt, une paroissienne « de souche », croisant une Congolaise, l’a prévenue : « Si tu viens animer la messe chez nous, ne prends pas ton tam-tam ! ».
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