Littérature et arts plastiques





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La représentation de la fraternité et de la dignité


L’homme n’est pas une bête sauvage ni une machine à tuer malgré l’horreur de la guerre.

Joyeux noël (film) de Christian Carion (2005)

Le film Joyeux Noel de Christian Carion réalisé en 2005, raconte la fraternisation des camps français, allemand et écossais lors de Noël 1914 sur le front, en première ligne.

« Ce film est dédié à la mémoire des soldats Allemands, Britanniques et Français qui ont fraternisé le soir de Noel 1914 en de multiples endroits du front. »

A la fin de cette fraternisation, le lieutenant allemand propose aux autres lieutenants de venir se mettre à l’abri dans sa tranchée car leur artillerie va bombarder les camps français et britannique. Puis c’est au tour de l’artillerie écossaise de riposter, les trois camps se réfugient donc dans la tranchée écossaise.

Ce passage nous permet de découvrir la relation fraternelle, qui a existé à certains endroits du front lors de Noël 1914, entre les victimes des différentes tranchées.

Alors que la trêve avait été achevée, l’officier allemand vient prévenir ses propres ennemis (au risque de se faire tuer par ceux-ci) que l’artillerie allemande va les bombarder.

Nous pouvons ressentir l’émotion et la consternation des soldats français devant cette proposition et le soulagement ressenti après que leur lieutenant ait finalement accepté cette proposition.

Au moment où l’artillerie se déchaine, on peut voir le soutien qui unit chacun des soldats malgré leurs différences et surtout malgré leurs nationalités.

http://3.bp.blogspot.com/-wul48qbqpuk/uin4lyhrtci/aaaaaaaabls/8lexhpu_fj8/s1600/joyeuxnoel.jpg

Photographie du film « Joyeux Noël » de Christian Carion, (http://odysseelitteraire.blogspot.fr/2013/08/joyeux-noel.html)

Si c’est un homme de Primo Levi

Si c’est un homme est le récit de la détention de Primo Levi en camp de concentration à Auschwitz. Durant la Seconde Guerre mondiale, Primo Levi, vingt-quatre ans, juif, lutte aux côtés des maquisards antifascistes en Italie. Capturé en 1943, il se retrouve à Auschwitz où il restera plus d’un an avant d’être libéré par l’armée russe en janvier 1945. Dans ce livre il relate tout dans les moindres détails avec une réalité des plus crues. Dans ce récit, l’auteur n’exprime aucune haine, aucune colère, mais au contraire une réflexion morale sur la douleur, sublimée en une vision de la vie. Né à Turin en Italie en 1919, Primo Levi s’est donné la mort en 1987. Il a publié une quinzaine d’ouvrages dont plusieurs ont été primé.

Ce chapitre narre les événements survenus à partir du 11 janvier 1945. Primo Levi est à l'infirmerie dans la baraque réservée aux contagieux car il a la scarlatine. C'est là qu'il rencontre Charles et Arthur, prisonniers politiques lorrains. Les russes approchent et le camp doit être évacué, seuls les malades trop faibles ne feront pas partie du convoi. Le récit raconte alors ces dix derniers jours entre le 18 et le 27 janvier, jour où l’armée rouge pénètre dans le camp. Les prisonniers se retrouvent alors livrés à eux-mêmes et les prisonniers s’entraident : les plus forts apportent de la nourriture aux plus faibles.

« Lorsque la fenêtre défoncée fut réparée et que le poêle commença à réchauffer l’atmosphère, il se produisit en nous tous comme une sensation de détente, et c’est alors que Towarowski (un franco-Polonais des vingt-trois ans qui avait le typhus) fit cette proposition aux autres malades : pourquoi ne pas offrir chacun une tranche de pain aux trois travailleurs ? Ce fut aussitôt chose faite.

La veille encore, pareil événement eût été inconcevable. La loi du Lager disait : « Mange ton pain, et si tu peux celui de ton voisin » ; elle ignorait la gratitude. C’était bien le signe que le Lager était mort.

Ce fut là le premier geste humain échangé entre nous. Et c’est avec ce geste, me semble-t-il, que naquit en nous le lent processus par lequel, nous qui n’étions pas morts, nous avons cessé d’être des Häftlinge pour apprendre à redevenir des hommes. »

Si c’est un homme de Primo Levi (Constance et Mathilde)

« Je doit l’avouer : au bout d’une semaine de captivité le sens de la propreté m’a complètement abandonné. Me voilà traînant les pieds en direction des robinets, lorsque je tombe sur l’ami Steilauf, torse nu, occupé à frotter son cou et ses épaules de quinquagénaire sans grand résultat (il n’a pas de savon) mais avec une extrême énergie. Steinlauf m’aperçoit, me dit bonjour et de but en blanc me demande sévèrement pourquoi je ne me lave pas. Et pourquoi devrai-je me laver ? Est-ce que par hasard je me trouverai mieux ? Est-ce que je plairais davantage à quelqu’un ? Est-ce-que je vivrais un jour, une heure de plus ? Mais pas du tout, je vivrai moins longtemps parce que se laver représente un effort, une dépense inutile de chaleur et d’énergie. Est-ce-que par hasard Steinlauf aurait oublié qu’au bout d’une demi-heure passée à décharger des sacs de charbon, il n’y aura plus aucune différence entre lui et moi ? Plus j’y pense et plus je me dis que se laver la figure dans des conditions pareilles est une activité absurde, sinon frivole : une habitude machinale ou, pis encore, la lugubre répétition d’un rite révolu. Nous mourrons tous, nous allons mourir bientôt : s’il me reste dix minutes entre le lever et le travail, j’ai mieux à faire, je veux rentrer en moi-même, faire le point, ou regarder le ciel et me dire que je le vois peut-être pour la dernière fois ; ou même, simplement, me laisser vivre, m’accorder le luxe d’un minuscule moment de loisir.

Mais Steinlauf me rabroue. Sa toilette terminée, le voilà maintenant en train de s’essuyer avec la veste de toile qu’il tenait jusque-là roulée en boule entre ses genoux et qu’il enfilera ensuite, et sans interrompre l’opération il entreprend de me donner une leçon en règle.

Je ne me souviens plus aujourd’hui, et je le regrette, des mots clairs et directs de Steinlauf, l’ex-sergent de l’armée austro-hongroise, croix de fer de la guerre de 14-18. Je le regrette, parce qu’il me faudra traduire son italien rudimentaire et son discours si clair de brave soldat dans mon langage d’homme incrédule. Mais le sens de ses paroles, je l’ai retenu pour toujours : c’est justement, disait-il, parce que le Lager est une monstrueuse machine à fabriquer des bêtes ; puisque même ici il est possible de survivre, nous devons vouloir survivre, pour raconter, pour témoigner ; et pour vivre, il est important de sauver au moins l’ossature, la charpente, la forme de civilisation. Nous sommes des esclaves, certes, privés de tous droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement. Aussi est-ce pour nous un devoir envers nous-mêmes que de nous laver le visage sans savon, avec de l’eau sale, et de nous essuyer avec notre veste. Un devoir, de cirer nos souliers, non certes parce que c’est écrit dans le règlement, mais par dignité et par propreté. Un devoir enfin de nous tenir droits et de ne pas traîner nos sabots, non pas pour rendre hommage à la discipline prussienne, mais pour rester vivants, pour ne pas commencer à mourir. »

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