Il élargissait donc à tous les citoyens le principe des décorations nationales que la Constitution de l’an VIII avait à l’origine réservées, aux guerriers ayant rendu des services





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Remise Légion d’Honneur

Monique Barbe

28 juin 2003

Limoux

Il me revient aujourd’hui le privilège de remettre les insignes de la Légion d’Honneur à une amie, Monique Barbe. Mais avant de prononcer l’éloge qu’il me revient de faire de vous, je voudrais, Madame et chère Monique, faire un peu d’Histoire, revenir en arrière, car il importe toujours de savoir d’où nous venons pour savoir où nous allons.
Le 14 floréal de l’An II ( 4 mai 1802), Bonaparte, l’inventeur du Code civil qui faisait des femmes des incapables majeures au même titre que les enfants et les fous, déclarait au Conseil d’Etat, à propos de la loi portant création et organisation de la Légion d’Honneur :
« Si l’on distinguait les hommes en militaires ou en civils, on établirait deux Ordres tandis qu’il n’y a qu’une Nation. Si l’on ne décernait des honneurs qu’aux militaires, cette préférence serait encore pire car, alors, la Nation ne serait plus rien ».
Il élargissait donc à tous les citoyens le principe des décorations nationales que la Constitution de l’an VIII avait à l’origine réservées, « aux guerriers ayant rendu des services éclatants en combattant pour la République ».
Oui, à tous les citoyens, mais pas aux citoyennes !

La révolution aurait pu changer la donne
Pourtant, la Révolution aurait pu changer la donne dans le contexte du Droit naissant de la République.
Tout aurait pu être réglé en 1789.
Car tout était dit sur l’égalité dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, dont la première phrase résonne comme le refrain d’un l’hymne national :
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ! ».
Oui, mais voilà, les hommes, mais pas les femmes. Tout était dit !
Du droit naissant qui fondait la République, elles étaient exclues de la Nation. Elles n’étaient pas des citoyennes, mais des épouses et des mères.
Les hommes ont ainsi rédigé des lois et produit un droit pour tous et pour toutes. Ils faisaient de la femme, c'est-à-dire de toutes les femmes, vouées au mariage, des mineures civiles. Et ils continueront de légiférer au non du peuple, entre eux, jusqu’en 1945, quand, pour la première fois, les Françaises ont pu voter et être élues.


Etrange paradoxe
Etrange paradoxe de l’après guerre ! Après un grand bon médiatisé et prometteur – en 1946, avec 5,6 % de femmes à la Chambre des députés, la France « retardataire » devançait la Grande Bretagne et les Pays scandinaves où les femmes jouissaient de leurs droits civiques depuis longtemps- de 1946 à 1997, les femmes ont subi une période de stagnation, voire de régression.
Ce paradoxe réapparaît aujourd’hui, un demi siècle plus tard, quand on examine le positionnement de notre pays par rapport aux autres démocraties en matière de représentation des femmes à l’Assemblée nationale.
Et ce n’est pas tout, puisque que le paradoxe perdure !
La première femme
Cinquante ans après sa création, par une évolution significative dans l’histoire de l’Ordre, les femmes sont admises dans les rangs de Chevalier.
La première fut, sous la Deuxième République, Marie- Angélique Duchemin, Veuve Brulon le 15 août 1851, décorée par Louis Napoléon Bonaparte ; la Veuve Brulon, Sous-lieutenant aux Invalides, combattantE des Armées de la République « en raison de ses mérites militaires sous la Révolution » comme la désigne la littérature de l’Ordre.

Née en 1772, Sous-lieutenant en 1802, elle avait servie dans les Armées de Bonaparte !
Quant aux première légionnaires, une centaine avant la première Guerre mondiale, la Grande Chancellerie souligne qu’on les trouve dans les domaines de la Religion (les bonnes sœurs), de l’Education (les institutrices), des Hôpitaux (les infirmières), et tout ce qui concerne la Charité (c'est-à-dire, les dames d’œuvre, les mères de famille, et … les artistes).
Revenir à cet étrange paradoxe
Et pour revenir à cet étrange paradoxe encore aujourd’hui, l’esprit du Droit, la modification de la Constitution pour la parité, votée en son temps par la quasi unanimité de nos députés et sénateurs, ne suffit pas : le nombre de femmes citées à l’Ordre de la Légion d’Honneur diminue régulièrement. De 25 % en janvier 2002, (régulièrement 50 % entre 1997 et 2002 dans le contingent du Premier ministre Lionel Jospin), nous sommes passés à 18 % en avril 2003 !
La parité en berne
La parité est donc en berne ! Pourtant, les femmes sont des électrices et elles réclament que leurs mérites soient reconnus !
Je dis cela, non pas pour expliquer votre nomination, Madame, – nous sommes des militantes et des citoyennes, nous avons le droit de cité, et nous n’avons pas à nous justifier !- mais pour souligner l’immense mérite qui vous a permis de figurer dans la dernière promotion de Pâques 2003.
La Maison Barbe
Monique, la foule immense qui se presse dans cette salle, le nombre et la qualité des personnalités présentes, - ne pouvant les citer toutes, je me limiterai à Marcel Rainaud, Chevalier de la Légion d’Honneur, Président du Conseil général de l’Aude, - témoignent de l’immense estime dont tu jouis au sein de notre Assemblée des femmes, dans la Région, le Département et la Ville de Limoux dont je vais arrêter un instant l’histoire sur Casimir Lacroux, cet illustre cousin Maire et Conseiller général de Limoux dont le fils, jeune plombier-ferbantier, socialiste, Résistant, Mort pour la France, Maurice Lacroux, donnera ainsi le nom à ta rue.

Entre 1848 et 1958, la Maison Barbe, rue Maurice Lacroux, un atelier, d’abord de serrurerie, puis d’électricité et de serrurerie – à l’apparition de la fée « électricité », les serruriers sont devenus électricien, suite logique de la conversion de ceux qui à l’origine plaçaient les sonnettes mécaniques-, la Maison Barbe a marqué l’histoire du commerce et de l’artisanat local : elle avait pignon sur rue au numéro 6. Au lendemain de leurs noces, Yvonne et Noël Barbe, dans la lignée des grand-parents fondateurs s’y sont installés ; Monique est née un matin de printemps, un pied déjà dans la boutique !
La chute de la Maison Barbe
Mineure, elle sera, sous la pression de son tuteur, contrainte, la mort dans l’âme, de fermer la prestigieuse Maison Barbe, à la disparition du dernier de ses parents en 1958.
La Maison Barbe deviendra les Etablissements Malet. En 1963, elle y débutera sa carrière professionnelle comme secrétaire. La fermeture du magasin en 1984 se soldera par un premier licenciement économique.
Monique Barbe sera alors embauchée au Cabinet d’Assurance Cazals qui procèdera aussi, 4 ans et demi plus tard à son deuxième licenciement pour cause économique, en raison, semble-t-il du marasme récurent de la Haute Vallée de l’Aude.
Une dure période de chômage s’en suivra, puis la contraindra à se recycler avec succès à 52 ans pour embrasser la profession d’animatrice auprès des personnes âgées, qu’avec l’appui de Pierre Bardiès, Maire, Conseiller général de Saint-Martin, elle exercera sans discontinuer jusqu’en novembre dernier où elle a fait valoir ses droits à la retraite.
La politique
De la chute de la Maison Barbe à cette longue période d’instabilité, je crois que c’est la peur de la solitude qui a poussé Monique à associer à ses activités professionnelles, activités sociales, civiques et citoyennes au service des autres.
C’est le cousin Maurice Lacroux, Maire et Conseiller général qui a éveillé Monique à la politique. On croisait chez les Lacroux quelques grandes figures de l’Aude : Les Courrière (Antoine), les Guille, les Milhau, les Vals… Je salue leur mémoire avec émotion, respect et fierté.
Noël, le papa avait sa carte à la SFIO, mais à Limoux, comme d’ailleurs ailleurs dans cette région, avant Epinay (je fais allusion, pour les non initiés, à la refondation du Parti socialiste au Congrès d’Epinay par François Mitterrand en 1971), on ne rigolait pas avec les femmes dans les sections, et si les choses ont beaucoup évolué depuis, cela n’a pas toujours changé partout en profondeur depuis !
Le rêve de Monique se réalise en 1973. Elle entre au Parti socialiste, sous la houlette du maire, Robert Badoc qui voit en son charisme, son ouverture aux autres, un formidable atout auprès des femmes en difficulté de Limoux. Ne recevait-elle pas, en l’absence de Centre d’information pour les femmes, les administrées que Robert Badoc n’hésitait pas à lui envoyer … directement, aux Etablissement Malet ?
Une carrière de Conseillère municipale s’ouvre à elle. Elle y pense depuis qu’elle a quinze ans, dans la fréquentation des Lacroux, des Courrière, des Guille, des Milhau, des Vals… !
Las ! Malgré Robert Badoc, on ne rigole toujours pas à la Section de Limoux !

Aux élections municipales de 1977, les premières qui ont réellement ouvert la carrière aux femmes, le secrétaire de section s’y oppose ! Elle ne sera pas sur la liste.
Le début d’une conscience féministe ?
Est-ce le début d’une conscience féministe ?
En tous cas, c’est le moment où elle prendra, sous l’égide de Jean-Baptiste Castilla (dit Baptiste), Premier secrétaire fédéral de l’Aude, et de feu Robert Capdeville, Président du Conseil général, des responsabilités au niveau du Département.
C’est là, je crois, qu’elle se prendra d’une amitié quasi maternelle pour un jeune socialiste, Jean-Claude Pérez.
Secrétaire fédérale aux Droits des femmes de 1979 à 1981, elle siège en permanence depuis cette première nomination à la Commission nationale Femmes du PS, et membre sans discontinuer des instances dirigeantes départementales et régionales, elle occupera successivement des responsabilités à la Communication, à l’Organisation. Elle est aujourd’hui, Secrétaire fédérale adjointe chargée des questions « Femmes ».
La vie publique
Son attachement à sa ville de Limoux, terrain de prédilection de son dévouement, l’a conduite à la vie associative : secrétaire du Syndicat d’Initiative, secrétaire du Comité des fêtes, membre du Comité de Carnaval et animatrice d’une « bande » « Los Joubes », du Club Occitan, du Cinéclub, des Sentiers pédestre, elle ne manquerait pour rien au monde chaque année le Tour féminin de l’Aude ! Pas plus d’ailleurs qu’un Congrès du Parti socialiste !
Membre fondatrice et administratrice du Centre d’information des droits de la femme de l’Aude (CIDF) que nous avons créé ensemble en 1983, membre fondatrice et Secrétaire générale adjointe de l’Assemblée des femmes du Languedoc et du Roussillon elle ne dit jamais non à la tâche : co-auteure du Rapport sur la situation de la parité dans les 1545 Conseils municipaux de la région, elle a passé des centaines de coup de fil aux maires de la Région pour savoir si les Claude, Camille ou Dominique étaient des conseillères municipales ou des conseillers municipaux.

L’accession au rêve
Enfin, depuis mars 2001, Monique a accédé à son rêve. Cette fois le Secrétaire de section n’a pas dit non, mieux il a poussé : elle est Conseillère municipale de Limoux.
Il faut dire pour être honnête, qu’entre temps, la parité était passée par là ! Jean-Paul Dupré aussi !
La conclusion
Madame, je crois que placée à ce poste plus rien de ce qui se passe à Limoux, votre chère ville, ne vous est étranger. En tous cas, vous vous y employez au mieux !
Exemple de courage et de dévouement, vous consacrez désormais, avec patience, compréhension et affection, toute votre activité à accompagner la vie des Limouxines et des Limouxins.


La reconnaissance de votre action d’une vie, qui vous échoit aujourd’hui, pour méritée qu’elle soit, doit devenir un encouragement.
Votre exemple, je le souhaite, mieux connu, pourrait susciter d’autres vocations.

C’est en tout cas ce que j’espère, et que de toutes mes forces, j’appelle de mes vœux !
Geneviève Tapié, Présidente de l’Assemblée des femmes

Chevalier de la Légion d’Honneur
Limoux – 28 juin 2003





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