«La laïcité en France, une valeur toujours en question…»





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« La laïcité en France, une valeur toujours en question…»

Introduction : une 1ère personne lit…
Pour présenter ce dossier sur la laïcité, il nous semble intéressant d’expliquer notre démarche et notre choix.

Dans un premier temps, un travail sur l’identité culturelle avait été évoqué par 3 membres du groupe mais après plusieurs discussions, la réflexion s’est recentrée sur la laïcité et le groupe a pu ainsi se constituer.

Pour aborder ce dossier, il a fallu harmoniser nos propres représentations sur la laïcité. Lors des échanges effectués avec le groupe, composé de Corinne, Bernadette, Malika, Michel et Wilfried, nous nous sommes rendus compte que nous étions tous de confessions différentes. Ceci nous a amené donc à nous questionner sur le terme de la laïcité.
La laïcité est un sujet d’actualité et il nous paraît important de clarifier, un thème qui suscite fantasme et amalgame.

La laïcité en France est très forte car elle est porteuse de valeurs telle que la liberté de conscience, l’égalité entre les citoyens et la fraternité qui forment le socle du vivre ensemble à la française.

La laïcité de la République Française figure en bonne position dans le texte constitutionnel en vigueur : la Constitution de 1958. En effet, la laïcité est affirmée dès le premier article :

« La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée».

Si la République Française ne reconnaît et ne salarie aucun culte, comme le précise la loi du 9 décembre 1905, chaque français à droit à une appartenance religieuse ou à une non appartenance religieuse.

C’est d’abord à l’école, considérée comme le lieu privilégié de l’éducation du citoyen, que la laïcité se vit : l’enseignant instruit indistinctement tous les enfants qui résident sur le territoire français, sans regarder leurs origines, la couleur de leur peau, leurs opinions ou leurs croyances. L’instruction publique est le fondement du modèle républicain d’intégration.

Afin d’aborder ce sujet, il nous semble important de reprendre l’origine, la définition et l’étymologie du terme laïcité, pour ensuite s’intéresser à son évolution historique en France, ainsi que les lois qui la légifèrent.

Puis nous nous sommes intéressés à l’expression de la laïcité à l’école, lieu où elle a fait débat, pour enfin en venir aux enjeux de la laïcité en France aujourd’hui.


  1. Définition et étymologie de la laïcité : une 2ème personne lit


Le mot « laïc » est issu du latin « laicus », de même sens, lui-même issu du grec « laikos », qui signifie : «  qui appartient au peuple » par opposition aux organisations religieuses.

Ce mot fut repris par la langue religieuse pour différencier les Lévites, voués au service du temple, du reste du peuple Juif.

Le terme " laïc" fut ainsi également utilisé au sein de la religion catholique pour désigner toute personne qui n’est ni clerc, ni religieux.

Dans l'Église primitive, I'adjectif « laikos » désignait le membre ordinaire de la communauté chrétienne par opposition au « klêrikos » investi d'une charge (évêque, prêtre, diacre).

Dans l'Église catholique, le terme « laïcat » désigne l'ensemble des fidèles non ordonnés, par opposition au clergé. C'est donc paradoxalement par un terme chrétien que nous nommons ce qui relève de la sphère profane et échappe au monde religieux.

Il est convenu de distinguer par I’ orthographe - laïc et laïque - le sens premier et le sens dérivé. La laïcité de l'État signifie son caractère étranger aux confessions religieuses et sa mission de garantir la liberté de conscience et l'égalité entre les religions, ainsi qu'entre celles-ci et les courants de pensée areligieux.

Intraduisible dans la plupart des langues, le concept de laïcité renvoie, au sens large, à une perte d'emprise de la religion sur la société.
La laïcité française signifie le refus de l'assujettissement du politique au religieux, ou réciproquement, sans qu'il y ait forcément étanchéité totale de l'un et de l'autre.

Elle implique la reconnaissance du pluralisme religieux et de la neutralité de l'Etat vis à vis des Eglises.



  1. Histoire de la laïcité française

  1. approche épistémologique :


Pour comprendre ce qui est actuellement à l’œuvre, une lecture est possible en s’intéressant à l’histoire au travers des différentes périodes épistémologiques.

Reprenons ce que Michel Foucault à appelé : rupture épistémologique et que Joseph Rouzel met en lumière au début de son ouvrage « le transfert dans la relation éducative ».
Quatre ruptures sont énoncées :

La première : pendant la Grèce ancienne, les philosophes érigent une pensée « balayant » les idées émises par la mythologie et la religion. Cette pensée fait appel à la raison en se basant sur ce qui les entoure (phénomènes naturels, constructions d’opérations hypothético-déductives, vérification par la logique etc.) Il ne s’agit plus de croire sans comprendre. C’est l’époque des penseurs comme Héraclite, Parménide, Aristote, Socrate, Platon…
La seconde rupture, prend naissance en même temps que le point zéro de notre histoire moderne. C’est le début de la pensée chrétienne. Le pilier central est le monothéisme. Dieu est au centre de l’univers, toutes les pensées sont réglées sur cet impératif.
La troisième rupture épistémologique se situe aux alentours de 1492, Christophe Colomb découvre le nouveau monde. Naît un discours scientifique alimenté par des personnalités comme : Galilée Rabelais, Giordano etc.…

Tous décentrent l’ordre établi, il existe d’autres vérités que celle lié à l’idée d’un monde égocentré.

L’univers est vaste. La chimie, l’astronomie, le raisonnement sont autant d’arguments qui permettent à l’homme de se « responsabiliser » vis-à-vis de son environnement et de s’émanciper du « regard » divin.

Pourtant l’homme persiste dans sa volonté de maîtrise absolue de son environnement. Tout se recentre non plus autour de l’idéologie de Dieu mais sur l’explication scientifique. Il veut tout comprendre, tout maîtriser. On parle d’épistémologie de la science causaliste.
C’est alors (fin du XIXème) qu’apparaît la quatrième rupture. C’est Freud qui va bouleverser l’ordre établi. En effet ses théories font découvrir ce qu’il nomme l’inconscient. Elles bouleversent l’idée de centre et de cause unique. On est alors pris par des mouvements qui échappent à l’idée que l’homme serait dans la maîtrise absolue de lui-même. Cette idée ne définit plus le monde et l’univers comme centrés, soit du coté de la religion soit du coté de la science, mais induit la multiplicité des points de vues. Cette idée n’a probablement pas fini de questionner l’homme.
b. L’origine historique:

Le mot « Laïcité » en France est un mot sensible, détonnant, lourd de nombreux conflits dans l'histoire des XIX° et XX° siècles.

Le terme apparaît en france en 1871, mais la notion plonge ses racines dans la philosophie des Lumières et la Révolution française de 1789. Celle-ci, en s'attaquant au binôme constitué par l'alliance entre l'Etat monarchique et l'Eglise, amène une désacralisation du politique.

La laïcité française est en partie liée avec sa République.

L’histoire de la laïcité en France peut être divisée en deux moments. Il y a « deux seuils de laïcisation » :

La Révolution Française met fin à une monarchie de droit divin, et à l’ordre considéré comme voulu par Dieu : c’est à partir de cette date que la France ne se perçoit plus comme « la fille aînée de l’Eglise ».

Cela passe en premier lieu par la mise en place d'une symbolique républicaine :

Marianne remplace Marie, La Marseillaise devient l'hymne national, le 14 juillet s'impose comme la fête nationale en concurrence avec les fêtes religieuses.

La Constitution Civile du Clergé du 12 juillet 1790 (nationalisation des biens de l’Eglise) introduit une première rupture. Le Concordat de 1801 se charge d’apporter un premier règlement de ce conflit avec par exemple la création du mariage civil et de l’état civil. C’est le « premier seuil de laïcisation » qui se caractérise par une mise sous tutelle de l’Eglise par le pouvoir d’Etat.

Trois autres éléments fondamentaux de ce premier seuil sont à relever :

1 - tout d’abord, la fragmentation institutionnelle où la religion est concurrencée par d’autres institutions (médecine, école) qui s’émancipent de son influence,

2 - ensuite la reconnaissance de la légitimité sociale de la religion, qui reste une institution de socialisation et assure un service public reconnu et enfin le pluralisme des cultes reconnus.

3 - Pour terminer on arrive à une égalité formelle de cultes, séparés de l’Etat. Deux dates sont à retenir, outre la loi sur les associations du 1er juillet 1901 : il s’agit d’abord de l’année 1882, année de la loi Jules Ferry sur l’instruction publique obligatoire pour les garçons et les filles de 6 à 13 ans. Il s’agit ensuite de l’année 1905, année de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui abolit le Concordat de 1801 et qui met fin au système des « cultes reconnus ».

La loi de 1905 dispose ainsi que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes » (mais) « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». On a là le « second seuil de laïcisation » qui se caractérise, comme le premier seuil, par trois éléments :

1 - Tout d’abord, il y a une dissociation institutionnelle : la religion peut fonctionner en interne comme institution, mais socialement, elle prend une forme analogue à l’association.

2 - Par ailleurs, il faut noter l’absence de légitimité sociale institutionnelle de la religion : les préceptes moraux de la religion ne sont ni imposés ni combattus par la puissance publique.

3 - Et enfin, la liberté de conscience et de culte fait partie des libertés publiques sans distinction entre les cultes reconnus et d’autres non reconnus.

Dans un climat de combat idéologique autant que social, l'Eglise catholique française a eu grand mal à en accepter à la fois le principe et les modalités qui furent imposées dans un contexte anti-clérical, voire anti-religieux. La guerre scolaire est dans toutes les mémoires, même si elle n'est qu'un aspect particulier de la « laïcité ».

La laïcisation de la France s'est donc opérée dans un climat extrêmement conflictuel.
Un siècle après l'adoption de cette loi fondatrice, la société française s'est profondément transformée. Le paysage religieux est par ailleurs marqué par l'émergence de confessions que la loi de 1905 ne pouvait connaître (islam, bouddhisme...).

Il est intéressant de noter que depuis la loi constitutionnelle n°95-880 du 4 août 1995, la laïcité ne relève plus de l’article 2 de la Constitution, mais de l’article premier, ce qui est loin d’être sans conséquences.

En effet, c’est alors toute l’architecture de la Constitution et de sa lecture qui s’en trouve modifiée.

Selon G. Koubi, « l’article premier n’est pas situé dans un titre particulier, il précède le titre premier –De la Souveraineté-. Il supervise la lecture du texte constitutionnel. En conséquence, toutes les institutions de la République doivent répondre aux caractères d’un Etat laïque, à commencer par le Président de la République, puisqu’il assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. »

Ainsi, « la redistribution des articles du texte constitutionnel conduit à une accentuation de l’objectif inhérent à la notion de laïcité ; elle permet de nouer les qualités de la République à l’affirmation du principe d’égalité des citoyens devant la loi, à l’interdiction des discriminations fondées sur la religion et au respect de toutes les croyances ».
La laïcité est un attribut du Droit, et de la République, elle en est même un support central : il existe une symbiose entre la République et la laïcité, elle sert de socle à la République, et la République épouse les traits de la laïcité. Cette dernière exclut par conséquent toute religion d’Etat, et la mention du respect par la République de toutes les croyances explicite le sens donné à cette laïcité : il s’agit de la neutralité de l’Etat, et non pas d’un laïcisme de combat.


c. Les fondements de la laïcité:

Pour la France, historiquement, le pays des droits de l’homme, la laïcité est apparue au fil de son évolution comme un cadre protecteur des droits de l’homme, comme le souligne Jean Baubérot dans son article « la laïcité à l’épreuve des droits de l’homme »...

Ainsi, Ferdinand Buisson (19ème siècle) dans son Dictionnaire de pédagogie rappelle que la laïcité doit concourir à « l’égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes, la constitution de l’état civil et du mariage civil, et en général l’exercice de tous les droits civils désormais assuré en dehors de toute condition religieuse ».

Cependant, vue de l’extérieur, la laïcité « à la française » peut sembler synonyme d’intolérance religieuse, ce qui est inconciliable avec le respect des droits de l’homme. La laïcité « à la française » cache pour certains un refus français du pluralisme religieux.

Des épisodes de notre histoire ont pu contribuer à donner à notre laïcité sa sulfureuse réputation d’intolérance.

Un de ces épisodes est lié aux lois de 1901 et de 1904, faites en partie pour réglementer les congrégations. La loi de 1901 sur les associations prévoit que la création de toute nouvelle congrégation nécessite une loi avec débat parlementaire et que l'ouverture d'un nouvel établissement d'une congrégation reconnue nécessite un décret du gouvernement. La loi de 1904 prive tout citoyen français membre d'une congrégation de la possibilité d'enseigner et elle fait donc des religieux des citoyens privés d'une partie de leurs droits. Trente mille congréganistes quittent alors la France.

La laïcité française, héritière de la Révolution de 1789, apparaît comme l’adversaire de la religion catholique, opposition qui se retrouve dans ce que l’on qualifie de « combat des deux Frances » durant le 19ème siècle. De cette opposition naît l’impression que la laïcité est une alternative à la religion catholique et l’on en revient à la « religion civile », née dans le livre IV du chapitre 8 du Contrat social de Jean Jacques Rousseau. Combattant la religion catholique, la laïcité trouve alors à s’exprimer essentiellement dans le système éducatif, puisqu’elle permet de lutter contre le financement public des écoles privées.

Sa constitutionnalisation en 1946, par le premier article du texte fondamental de l’éphémère IVème République «  La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » n’entraîne pas une plus large utilisation de cette laïcité que celle qui existait jusque là, à savoir une utilisation au sein du système scolaire.

Sa seconde constitutionnalisation en 1958 toujours dans l’article premier qui reprend exactement la formulation du texte de 1946 n’entraîne pas non plus une autre utilisation de la laïcité.

La question de la laïcité a été réactivée en France en 1989 par la présence croissante de la population musulmane, qui a déplacé le terrain de la laïcité. D’une laïcité combattant la religion catholique, presque hissée au statut de religion, on est passé à une laïcité protectrice d’un espace public qui se veut laïque. La laïcité apparaît alors comme limitative de la religion. La question de l’école catholique semble réglée ou marginalisée par ce que l’on nomme « l’affaire du foulard ».

En octobre 1989, l’expulsion à Creil d’une collégienne, en raison du port en classe du foulard islamique, a suscité un vif débat. Le Conseil d’ État a rendu alors deux avis les 27 novembre 1989 et 2 novembre 1992 et privilégié une solution au cas par cas. Il considérait que le principe de laïcité supposait le respect du principe de neutralité par les enseignements et les enseignants, comme de la liberté de conscience des élèves.

Cependant, il ne fallait pas que le port d’un symbole porte atteinte au pluralisme, à la liberté d’autrui, à l’exercice de l’enseignement et à l’assiduité : seul l’insigne trop ostentatoire ou revendicatif, qui aurait pu nuire à l’apprentissage de l’élève ou troubler l’ordre public, n’était pas autorisé. Les chefs d’établissement devaient ainsi, en permanence, négocier des solutions avec enseignants, élèves et familles. Ces affaires ne représentaient cependant qu’un tout petit nombre et étaient le plus souvent réglées grâce à un dialogue positif avec les familles. Néanmoins, les pouvoirs publics ont légiféré en mars 2004. Une loi interdit désormais les signes religieux à l’école. Cette disposition a, dans certains pays européens et une partie du monde musulman, suscité des réactions parfois empreintes d’incompréhension.

  1. Les Lois

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