Paroles de Dante à Virgile qu'il prend comme Guide dans sa descente aux enfers





télécharger 293.05 Kb.
titreParoles de Dante à Virgile qu'il prend comme Guide dans sa descente aux enfers
page1/7
date de publication29.10.2016
taille293.05 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7


Momoh van Brugge
"Tu duca, tu signore e tu maestro "

Paroles de Dante à Virgile qu'il prend comme Guide dans sa descente aux enfers.
Retour à Bruges, Mars 1477. Mort du Commerçant Hugo van den Boogart. Maladies de sa veuve Berthe et de son frère Johann. Anne de Thuin, épouse de Momoh, se retire dans un couvent, 1477. Une Flandre autrichienne, 1478 – 1482. Un vieil homme solitaire, 1482 – 1483.
La blessure sentait mauvais. Sous un bosquet Benjamin construisit un abri, entassa des branches humides et frotta son briquet. Djamila réunit tout son maigre courage pour nettoyer cette plaie béante et déjà infestée de vermines. Parfois Guillaume s’éveillait, incapable de reconnaître son entourage. Il respirait à peine.

  • On va le ramener à Mulhouse, ici personne ne le soignera.

  • Tu crois qu’il tiendra ?

  • Si on arrive jusque là bas, Rodolphe nous trouvera un chirurgien.

  • T’as vu son ventre, tu crois qu’un carabin saura lui réduire sa tripaille ?

  • Allons y !

Un lit de paille atténuait les secousses de la route. L’agonisant ne souffrait plus. Djamila lui rafraîchissait le visage et les lèvres. En chemin un officier les força à charger des éclopés. A mi-parcours Guillaume fut pris d’une brusque convulsion, les muscles se raidirent, le soldat ouvrit les yeux. Momoh lui écarta la mâchoire et se pencha pour saisir la moindre haleine.

- Il est mort !

Guillaume quittait ce monde sans reprendre conscience, ne sachant qui l’a « sauvé ». De très loin le malheureux crut qu’on parlait de lui, il lui semblait entendre la voix de son père. Où était-il, où l’emmenait ces gens ? Il percevait une forme, une ombre, un contour. Quelqu’un posait un voile sur son visage. Et puis ce cheval qui trotte ? Fomalhaut !

- Eh ! Il pue ton macchabée, bascule le dans le ravin, tu vas pas nous faire voyager avec cette pourriture ?

Momoh ignora les quérimonies des estropiés, couvrit le corps d’une peau de chagrin et fouetta ses mules.

- Que vais-je en faire s'interrogea-t-il, c’est vrai qu’il se décompose. Lui offrir une sépulture à Mulhouse ? Que pensera sa pauvre mère ?
Von Erlach partagea la peine de son ami d’autrefois. Il découvrit la dépouille et examina hâtivement la plaie.

  • Personne n’aurait pu raccommoder son boyau. Tu n’y pouvais plus rien.

Ensemble Rodolphe et Momoh avaient écumé les bordels et les auberges de Dijon. Ils avaient évoqué leur famille, les enfants, la difficulté d’être père. Momoh lui avait montré les miniatures peintes par son oncle Johann, celle d’Anne, celle de Mariette et de Guillaume alors enfant.

  • Nous étions jeunes ! Tu sais, ton petit, le mieux c’est de le brûler, tu ramèneras son reste à la pauvre mère.

  • Elle ne voudra jamais croire que je lui rapporte les vraies cendres !

  • Ouaie, les génitrices sont pareilles. Alors tu lui tranches la pogne, tu la mets dans un bocal où tu frelates ensuite un bon vinaigre, la main, elle saura qu’elle appartient à son mineur.

C’était là le bon sens d’un officier ayant survécu à moult batailles et campagnes guerrières.

  • J’ai à l’hospice une dizaine de blessés qui ne passeront pas la nuit, j’ferai pareil, clac… une dextre pour chaque maman ! Impossible de t’expliquer mais garder cette putain de bocal près de la cheminée les rassure et les curés n’y trouvent rien à redire sauf que ça fera problème le jour de la Résurrection!

Il fallait se résoudre à cette extrémité ! Le Bernois leur indiqua une forge. Là ils pourraient accomplir leur triste besogne. L’atelier paraissait abandonné. On glissa le corps sur une planche. Momoh fouilla l’atelier et découvrit une hache en mauvais état. Benjamin pleurait et ravalait ses larmes.

- Ben, tiens-lui le bras, je vais couper à hauteur du poignet, si je sectionne plus haut elle n'entrera pas dans mon bocal.

- Benjaminus, je veux que tu m'appelles Benjaminus !

- Benjaminus, Ben, c'est pareil, tu ne feras jamais de moi un Juif et toi tu resteras un Hébraïque jusqu’au jugement dernier, vois comment s’entretuent les Chrétiens, allez, tiens bon.

- Abraham, Moïse…

- Abraham, Moïse ? Morbleu, Moïse a fait plus de guerre que cet imbécile ! Il a zigouillé trois mille de tes frères à peine redescendu de sa montagne, rien que parce qu’ils avaient bricolé un veau d’or. Et Abraham n’a pas hésité, il allait sacrifier son fils au Mont Moriah.

- C’n’est pas vrai.

- Si c’est vrai c’est un Juif qui me l’a dit. Même Sara en témoigne, elle a assisté à la scène grâce à un artifice de Satan.

Le malemort identifia cette voix puissante, un bref souvenir de ces foudres paternelles traversa son esprit. Il ouvrit encore une fois les yeux. Pourquoi cet homme lui vouait-il tant de haine ? Guillaume chercha le doux regard de sa maman. Pourquoi l'empêchait-il d'approcher. Il aurait espéré son réconfort, avec elle le pire s’arrangeait, on l’habillait en premier, on le servait avant l’heure du repas, elle oubliait ses vilaines frasques.
Momoh saisit la cognée. Le cadavre de Guillaume s'était raidi, en le bougeant on entendait craquer ses articulations.

- J'ne peux pas, c'est contraire aux Livres, je ne peux pas te laisser commettre ce crime.

- Crime ? Il est mort, il pue. Veux-tu que je ramène cette charogne à sa mère avec des vers qui lui bouffent le dedans ? Elle saura identifier la main malgré sa maigreur. Ensuite je brûle le reste et je rentre chez moi. Rodolphe sait de quoi il parle ! Je suis fatigué, tiens lui le bras.

- J'aurais du rester à Venise !

- Retournes-y coglione, ne vois-tu pas vu comment ils traitent tes frères ?

- Le Conseil des Juifs trouvera un arrangement, le Doge mettra de l'eau dans son vin, la Sérénissime est la plus pragmatique des républiques...

- Putain de merde, t'es vraiment un Juif con et obtus ! Allez, tiens-lui le bras.

- Qu'est-ce qu’il nous est arrivé de bon depuis notre départ, hein, Momoh, dis moi ?

- Arrêtez vous deux, trancha froidement Djamila.

Guillaume sentit la vague présence d’une femme mais ce n’était pas le parfum de sa mère. D’un cinglant effort Momoh amputa la main de Guillaume à hauteur du poignet. Il s'en saisit bientôt et la laissa glisser dans un de ces vases qu'il avait achetés à Murano. Il déversa le verjus n’ayant pas trouvé de vinaigre. La main flotta.

  • Brûlons le corps.

« Abraham chargea sur son fils Isaac le bois du sacrifice. Lui-même portait des braises pour le feu et un couteau… » (Genèse 22, 6).

Ils arrangèrent les fagots là où l’on fondait l’acier et déposèrent la mince dépouille du soldat sur son cercueil de branchages.

- Et si les flammes attirent l'attention ?

- Nous sommes en plein dans une ferronnerie, personne ne nous surprendra et puis ils craignent trop les fantômes et les âmes vaincues.

L'odeur devenait insoutenable, une fumée caustique s’échappait du brasier, ils s'en écartèrent pour mieux respirer. Ainsi retourna en poussière Guillaume van den Boogart, fils d'Anne de Thuin et de Momoh van den Boogart. Au matin ils talonnèrent les dernières braises et récoltèrent les cendres ne sachant trop ce qui était du charbon de bois ou les restes authentiques de Guillaume. L'urne remplie ils la scellèrent avec ce qu'ils avaient sous la main.

- Mettons-nous en route Benjaminus, reste cent lieues à abattre. L’étape, nous la ferons à Aubange, des personnes de confiance sauront nous héberger et nous conforter.

- Quel prochain malheur pouvons-nous encore "espérer" ?

- On est vivant, c’est bien assez pour remercier le ciel. Lui, personne ne le forçait à choisir les armes.

"Sit tibi terra levis"
Noël approchait. Chacun avait le sentiment que ce serait le dernier qui réunirait la famille. Enfin, la famille qui vivait en cette confortable demeure de la rue Groenerei. Durant la bonne saison les résidents se tenaient coté jardin, le long du canal Peerden,  jouissant d’une agréable fraîcheur. Le lierre couvrait les façades. En face, la closerie du béguinage leur garantissait calme et sérénité. L’été, les petits-enfants Boogart se retrouvaient avec Daniel et Mariette. Chaque année les filles d’Hugo se débarrassaient ainsi de leurs engeances, pour deux ou trois mois. Les gamins grandissaient tumultueusement, les adultes vieillissaient d’inquiétude. L’oncle Johann jouait au professeur, il enseignait par habitude l'écriture et la lecture à cette jeunesse dissipée. Avec le temps il perdait la mémoire. Certes le peintre travaillait toujours à son atelier mais il n'acceptait plus qu'une commande par an. Ce qui le passionnait, c'était la grammaire. Cette discipline servait de base à sa doctrine humaniste, par ses aspects historiques (l'origine des mots et des règles), ou géographiques (l'apport de vocables germains, scandinaves, celtes et arabes), naturalistes (par les familles de mots) et enfin moraux par le fondement civique et religieux des substantifs. Profondément croyant, l’apostolique insistait premièrement sur le message des Evangiles et négligeait volontairement l'Ancien Testament. Virgile, Cicéron, Horace, Platon, il les tolérait encore. Nul ne savait pourquoi il s’était fâché avec Epicure. Ce pédagogue en pleine sénilité se faisait à l'idée d'une parlure qui évolue pour autant que syntaxe et sémantique prennent le pas sur les aspects descriptifs et normatifs. Conscient que cette bouillante marmaille ne lui prêtait qu'une oreille flottante, il savait oublier son sérieux et se lancer dans une lecture commentée de Sénèque.

Autrefois, là, en soirée, durant les froids hivers, seuls se réunissaient les habitants ordinaires des deux maisons Boogart. La nuit tombée Johann abandonnait son atelier et franchissait le seuil d’à coté, accompagné des apprentis et de sa fidèle Hazeline. Berthe, Hugo se tenaient sur un large divan. Autour, assis sur des coussins, s’installaient Anne, Momoh, leurs enfants Guillaume et Mariette, Claire, Daniel et son aveugle de mère qu’on avait gardée. Johann avait droit à un fauteuil rembourré qui ménageait ses hémorroïdes. Les servantes s'asseyaient, elles, sur les carreaux de la grosse cheminée qui séparait la pièce haute de la cuisine. De novembre à fin mars le feu ne mourait jamais.

Maintenant, le chien Renzo se traînait misérablement pour s'affaler aux pieds de son maître. La bête avait donné l’essentiel de son amour. Douze ans d’une féale servilité.

Lors d’un précédent voyage à Bale, Momoh avait ramené un certain Hans Platter. Le garçon semblait doué pour la médecine. Sa famille ayant décidé de l’envoyer au séminaire, il avait préféré s’enfuir. En attendant une hypothétique admission à l'Université de Louvain, le « goliard » profitait de l'hospitalité des Boogart. L’absence du marchand lui permettait de prolonger un accommodant séjour. Hans ne s’ennuyait jamais, Johann lui avait exceptionnellement ouvert sa bibliothèque, l’étudiant y passait le meilleur de son temps. Les servantes murmuraient parfois qu’il dormait souvent dans le lit de Claire.

Les jours passaient, tristes, personne n’osait plus espérer un proche retour de Momoh ou la réapparition miraculeuse de Guillaume le Conquérant.

Au soir de la Nativité, Hugo aimait prendre soin du foyer. Sur les braises ardentes, il plaçait une grosse bûche qu'il appelait « cachefioc ». La coutume veut que le dernier né de la famille consacre cette bûche le soir de Noël en attendant le médianoche. Mariette avait répété presque « vingt » fois sa leçon en compagnie de grand’maman Berthe, bien qu’aujourd’hui la jeune femme se trouve trop grande pour ces gamineries. Elle le fait quand même pour son grand’papa. Au moment qu’Hugo décide, dans sa main droite Mariette prend un verre de vin, dans la gauche des miettes de pain de seigle et une pincée de sel marin. Son « frère » Daniel allume un cierge. Faute aux absents, il a bénéficié d’une sorte de promotion au sein de sa famille d’accueil. Inquiet pour l’avenir, Hugo choisit de régulariser la situation de cet orphelin de père, souhaitant ainsi protéger la survie de l’entreprise familiale. L’adoption mettait aussi le jeune homme à l’abri d’une contrainte militaire. Le bourgmestre venait de signer les documents et l’Abbé de Sainte-Ursule corrigea le registre des baptêmes. L’Aveugle avait accepté avec gratitude et soulagement que son fils devienne un « Boogart ». En cas de malheur le vieux marchand aurait un successeur qui prendrait la relève. Le relief ne pourrait être contesté. En cela il ne lésait ni son petit-fils Guillaume ni sa petite-fille Mariette. Le premier hériterait du domaine de Saint-Trond et la deuxième avait sa dot au chaud depuis longtemps. Daniel, lui, souhaitait simplement qu’on protège son aveugle de mère.

Mariette acheva sa docile récitation qu'elle savait par cœur, il suffisait de modifier une ou deux sentences pour renouveler cette antique dévotion:

"Où Grand'père Hugo, Oncle Johann

Vont et viennent

Que Dieu leur accorde leur bien,

Que les femmes enfantent

Que les chèvres chevrettent

Que les brebis agnellent

Que les vaches vellent

Que nos mules poulinent

Que les chattes chatonnent

Que les rates ratonnent

Et que ma tante Claire trouve un doux compagnon

Que notre grand frère Guillaume rentre sain et sauf

Que notre papa Hjeronimus revienne avant l’Epiphanie,

Que Daniel reste toujours parmi nous,

Que notre aubain Hans de Bâle devienne un grand savant,

Que nos amies servantes et l’Aveugle soient fidèles,

Que notre colon de Saint-Trond fasse bonne saison

l’an venant

Que le chien Renzo tienne l’hiver.

Que les vieilles bourriques reçoivent longtemps encore

leur picotin après nous avoir si bien servis,

Que les canards nous reviennent à la Reverdie

Et pas du tout de Mal

Mais rien que du Bien !"
Son fatras terminé, Mariette jeta trois pincées de sel sur la bûche :

- Au nom du Père, du Fils et de l'Esprit. Que Dieu protège Moeder Berthe et notre maman Anne.

Elle fit de même avec les miettes. L'assemblée reprit avec elle :

- Au nom du Père, du Fils et de l'Esprit.

Radegonde servit alors des fruits secs, des amandes et des noix présentées dans des paniers d'osier que les uns et les autres se passaient. Ni viande ni légumes mais un peu de vin chaud à la cannelle. A l’écart, sur une petite table, on a gardé trois assiettes et trois verres de vin, signe d'hospitalité et d’espoir envers un voyageur égaré dans la nuit, envers les deux absents. Johann raconta une fois encore la légende de Renart. Chacun la connaissait pourtant. Il sortit ensuite un vieux bestiaire et lut l’histoire du Chat botté. Le lendemain de Noël, la cuisinière préparait traditionnellement une daube :

  • six livres de sanglier

  • six livres de poivre noir

  • une pinte d’eau de vie de vin

Première levée, la patronne des fourneaux refoulait brutalement les intrus et le chien que ce fumet de venaison excitait. Elle sortait son plus large chaudron, y faisait blondir un émincé d’oignons-échalottes dans un fond d’huile d’olive, jetait deux livres de lard demi-gras et une poignée d’oignons des Vertus. Elle versait ensuite son eau-de-vie ou ce qu’il en restait, l’appareil mijotait toute la matinée à feu doux. A la fin de la troisième heure elle hachait deux poignées de cèpes qui finissaient dans la cuisson. Par ailleurs cette maîtresse cuisinière préparait une purée de marrons. Une domestique dressait la table d’une nappe qu’Hugo avait autrefois ramenée du Pays des Souabes. On décorait le plat avec des oranges percées de clous de girofle. En entrée, Berthe voulait qu’on serve un pâté de lièvre en croûte. Pour le dessert chacun se régalait de pains d’épice.
  1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Paroles de Dante à Virgile qu\Note : Le terme "multimédia" est utilisé comme nom ou comme adjectif...

Paroles de Dante à Virgile qu\On prend souvent le moyen âge pour une époque obscure, lointaine,...

Paroles de Dante à Virgile qu\Thomas Pradeau : Audrey Paroles et musique : Thomas Pradeau © My Major Company
«l’enfant» d’un âne et d’une jument. En français, on retrouve les expressions : «bête comme un âne», «têtu comme une mule»

Paroles de Dante à Virgile qu\Bibliographie Les ouvrages sont classés par thèmes, et à l’intérieur,...
«Clandestino» de Manu Tchao, «Mélangeons-nous» de Princess Erika, «Dents d’ivoire et peau d’ébène» de Gilbert Lafaille. Des chansons...

Paroles de Dante à Virgile qu\Il faut pouvoir citer quelques groupes sculptés correspondant à la...

Paroles de Dante à Virgile qu\Bibliographie Thèse
«Observer et comprendre les évolutions démographiques» in Chenu A. et Lesnard L. (dir.), La France dans les comparaisons internationales-Guide...

Paroles de Dante à Virgile qu\A propos A2 Liens proposés dans le Guide pédagogique
«sites touristiques français» ou «photos France» dans un moteur de recherche type «Google»

Paroles de Dante à Virgile qu\Un curieux nom qui résonne comme une chaleureuse invitation au voyage,...
«Vanupié» avec Productions Spéciales et prend la route pour un beau moment de tournée où IL découvre un public conquis par les rythmes...

Paroles de Dante à Virgile qu\A propos A2 Liens proposés dans le Guide pédagogique
«l’informatique» dans le moteur de recherche du site Deezer, site de musique à la demande, gratuit et légal

Paroles de Dante à Virgile qu\Synopsis : Namir
«le Baron». Aya croise ce dernier un matin d’avril et sa vie entame peu à peu une descente en enfer






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com