Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie)





télécharger 356.16 Kb.
titreAtelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie)
page4/8
date de publication29.10.2016
taille356.16 Kb.
typeAtelier
h.20-bal.com > loi > Atelier
1   2   3   4   5   6   7   8
à se refléter en miroir [je me permets de souligner et mettre en relief cette attestation du maintien, jusque dans Le Capital, de la conception de la pensée comme « reflet [Spiegelung] »60 ou « expression réfléchissante [abspiegelnder Ausdruck] »]61 idées sur le plan des idées [sich nun ideell widerspiegeln], qu’il pourrait du coup sembler qu’on ait là affaire à une construction a priori.62
29) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », ontologie 1)

[…] Le soleil est l’objet de la plante, un objet qui lui est indispensable, qui garantit [bestätigend] sa vie, comme la plante est objet du soleil en tant qu’extériorisation [Äußerung] des forces du soleil qui éveillent la vie, des forces objectives constitutives de l’être [von der gegenständlichen Wesenskräfte] du soleil.

Un être [Wesen] qui n’a pas sa nature [Natur] en dehors de lui, n’est pas un être naturel [kein natürliches Wesen], il ne prend [n’a] pas part [nimmt nicht Teil] à l’être de la nature [am Wesen der Natur]. Un être qui n’a aucun objet [Gegenstand] en dehors de lui n’est pas un être objectif. Un être qui n’est pas lui-même objet pour un troisième être [pour un tiers, si l’on veut : für ein drittes Wesen63], n’a aucun être pour objet sien [hat kein Wesen zu seinem Gegenstand], c.-à-d. qu’il ne se comporte [verhält sich] pas objectivement, son Être n’est rien d’objectif [sein Sein ist kein gegenständliches64].

||XXVII| Un être non objectif [ein ungegenständliches Wesen65] est un monstrueux non-être [ein Unwesen66].

Posez un être qui n’est pas lui-même objet et n’a pas plus un objet. Un tel être serait déjà [erstens67] l’être unique, il n’existerait pas d’être en dehors de lui, il existerait solitaire et tout seul [einsam und allein]. Car aussitôt qu’il y a [es gibt] des objets en dehors de moi, aussitôt que je ne suis pas tout seul, je suis quelque chose d’autre [ein andres], une autre réalité effective [Wirklichkeit68] que lui, c.-à-d. son objet. Un être qui n’est pas objet d’un autre être suppose donc qu’aucun être objectif n’existe. Aussitôt que j’ai un objet, cet objet m’a pour objet. Mais un être non-objectif est un être sans réalité effective [unwirklich], dépourvu de sensibilité [unsinnlich], c.-à-d. un être seulement imaginé [eingebildet], un être de l’abstraction. Être sensible, c.-à-d. être effectivement réel, c’est être objet du sens [des Sinns (i. e. de la faculté sensible, de sentir etc.)], être objet sensible, donc avoir des objets sensibles en dehors de soi, avoir des objets [à portée] de sa sensiblilité [Sinnlichkeit]. Être sensible, c’est être leidend.69
30) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 1)

Denken und Sein sind […] zwar unterschieden, aber zugleich in Einheit miteinander.

Pensée et être sont […] à vrai dire différents, mais tout aussi bien en [une] unité l’un avec l’autre.70
31) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 2)

La conscience [das Bewußtsein] ne peut jamais être quelque chose d’autre que l’être conscient [das bewußte Sein], et l’être [das Sein] des hommes, c’est le processus effectivement réel de leur vie [ihr wirklicher Lebensprozess].

Où Marx résume le développement suivant :

La production des idées, ou représentations, de la conscience, est d’abord immédiatement imbriquée dans l’activité matérielle et le commerce matériel [materieller Verkehr] des hommes, elle est le langage de la vie réelle. L’activité de représenter [das Vorstellen], la pensée [Denken], le commerce spirituel [geistiger Verkehr] des hommes, apparaissent […] comme découlant directement de leur comportement matériel [als direkter Ausfluß ihres materiellen Verhalten]. Et il en est de même pour la production spirituelle [geistige Produktion] qui s’expose dans le langage de la politique, des lois, de la morale, de la religion, de la métaphysique etc., d’un peuple. Ce sont les hommes qui sont les producteurs de leurs représentations, idées etc., mais les hommes effectivement réels, opérants [wirkende], tels qu’ils sont conditionnés [bedingt]71 par un développement déterminé de leurs forces productives et du commerce, jusque dans ses formes les plus élevées, qui correspond à celles-ci.72
32) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 3)

L’homme est de l’ordre du soi [selbstisch]. Son œil, son oreille etc. est de l’ordre du soi ; chacune des forces constitutives de son être a en elle la propriété d’être de l’ordre du soi [die Eigenschaft der Selbstigkeit]. Mais c’est pourquoi il est alors tout à fait faux de dire : la conscience de soi a œil, oreille, force constitutive de l’être. C’est bien plutôt la conscience de soi qui est une qualité de la nature humaine, de l’œil humain etc., et non pas la nature humaine qui est une qualité de la conscience de soi.73
33) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 4)

[Chez Hegel] l’aliénation de la conscience de soi n’est pas considérée comme l’expression, l’expression se reflétant [sich abspiegelnder Ausdruck] dans le savoir et la pensée, de l’aliénation effectivement réelle de l’être humain [des menschlichen Wesens].74
34) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 5)

L’élément75 de la pensée [das Denken] elle-même, le langage [die Sprache], est de nature sensible.76

Où Marx prend évidemment le contre-pied de la thèse hégélienne selon laquelle la pensée serait « l’élément » du réel que serait une « idée » initialement suprasensible77.
35) MARX (esquisse préalable de sa « position philosophique fondamentale », épistémologie 6)

[…] l’homme a aussi “de la conscience”. Mais […] il ne l’a pas d’emblée, comme une conscience “pure”. L’ “esprit” a d’emblée sur lui la malédiction d’être “entaché” par la matière, laquelle survient là sous la forme de couches d’air en mouvement, de sons, bref, du langage. Le langage est donc aussi ancien que la conscience – le langage est la conscience effectivement réelle pratique, qui existe aussi pour d’autres hommes, et qui n’existe qu’alors seulement pour moi-même aussi ; et le langage ne survient [entsteht], comme la conscience, que du besoin, de l’indigence qui fait la nécessité du commerce [erst aus dem Bedürfnis, der Notdurft des Verkehrs] avec d’autres hommes [Biffé dans le manuscrit : « Mon rapport [Verhältnis] avec ce qui m’entoure [Umgebung (mon « environnement », dit-on aujourd’hui, mais Merleau-Ponty en parlait encore en termes d’« entourage »)] est ma conscience]. Là où il existe un rapport, là il existe pour moi [je souligne], la bête [das Tier] ne se « rapporte [comporte] » envers rien et [ne se comporte] en somme pas du tout [„verhält” sich zu Nichts und überhaupt nicht]. Pour la bête, son rapport [Verhältnis] aux autres n’existe pas en tant que rapport [als Verhältnis]. La conscience est donc d’emblée déjà un produit social et le reste somme toute aussi longtemps que les hommes existent.78
36) FEURBACH

La réponse la plus simple et la plus générale, la plus populaire aussi, à [la] question [quelle est cette différence essentielle entre l’homme et l’animal ?] est : la conscience [das Bewußtsein] — mais conscience au sens strict ; car conscience au sens du sentiment de soi [Selbstgefühl], de la faculté de discerner par les sens, de percevoir et même de juger les choses extérieures d’après certains indices sensibles, une telle conscience ne peut être refusée aux animaux. Conscience au sens le plus strict il n’y a que là où un être a son genre [Gattung], son essentialité [Wesenheit] pour objet. L’animal est bien objet pour lui en tant qu’individu — aussi a-t-il le sentiment de soi —, mais pas en tant que genre — aussi lui manque-t-il la conscience, dont le nom dérive de science [Wissen]. Là où il y a conscience, là il y a aptitude à la science [Wissenschaft]. La science est la conscience des genres. Dans la vie, nous avons affaire à des individus, dans la science à des genres. Or, seul un être qui a son propre genre, son essentialité, pour objet, peut prendre pour objet d’autres choses ou d’autres êtres tels qu’en leur nature essentielle.79
37) MARX et la philosophie 2

Le comportement empirique, matériel, de l’homme ne peut […] pas ne serait-ce qu’être compris [verstanden] avec l’outillage théorique hérité de Hegel. Feuerbach ayant mis en évidence que le monde religieux était l’illusion du monde terrestre qui chez lui-même [?] [même chez lui ?] n’intervenait [lui-même ?] [, s’il intervenait] encore [,] plus que comme une phrase [die Illusion der bei ihm selbst nur noch als Phrase vorkommenden irdischen Welt], s’ensuivit naturellement [ergab sich von selbst], y compris pour la théorie allemande, la question à laquelle il n’avait pas répondu : comment s’est-il fait que des hommes se sont “mis” ces illusions “dans la tête” [diese Illusionen „in den Kopf setzten”] ? Cette question a, même pour les théoriciens allemands, ouvert le chemin vers une vision du monde [Anschauung der Welt] matérialiste [certes] non sans présuppositions, mais [parce qu’] observant empiriquement les présuppositions effectivement réelles, matérielles, comme telles, alors seulement effectivement critique [den Weg zur materialistischen, nicht voraussetzungslosen, sondern die wirklichen materiellen Voraussetzungen als solche beobachtenden80 und darum erst wirklich kritischen Anschauung der Welt]. Cette voie était déjà indiquée dans les Annales franco-allemandes, dans l’Introduction à la critique de la philosophie du droit de Hegel et À propos de la question juive. Parce qu’à l’époque, cela s’est encore fait dans une phraséologie philosophique, les expressions philosophiques, comme « être humain [menschliches Wesen] », « genre [Gattung] » etc., faisant là traditionnellement leur travail de sape, ont donné aux théoriciens allemands l’occasion qu’ils souhaitaient de mécomprendre l’évolution effectivement réelle et de croire qu’il ne s’agissait là derechef que d’un nouveau retournement de leur jaquette théorique usée – tout de même que le Dottore Graziano de la philosophie allemande, le Docteur Arnold Ruge81 82, lui aussi, croyait qu’il pouvait continuer à taper autour de lui avec ses membres empotés [maladroits, gauche, emprunté etc.] et porter son masque pédantement burlesque. Il faut « laisser la philosophie de côté » (Wig[and83,] p. 187, cf. Hess, Les Derniers philosophes, p. 884), il faut [man muß] en sortir en sautant hors d’elle [aus ihr herausspringen] et se vouer, comme un homme ordinaire, à l’étude de la réalité effective, pour laquelle il existe, même sur le plan littéraire, un matériel énorme naturellement inconnu des philosophes ; de sorte que si l’on se retrouve de nouveau face à des gens comme Krummacher85 ou “Stirner86, on découvre alors qu’on les a depuis longtemps “derrière” et sous soi. La philosophie est à l’étude du monde effectivement réel ce que l’onanisme est à l’amour sexuel.87

– … en clair : de la masturbation (intellectuelle !) improductive quant à ne serait-ce que l’étude (en quel sens au juste ?), et donc, à fortiori, la connaissance, voire la science, du monde effectivement réel !88 ; et à ce propos, voir, entre autres, les deux passages ci-après, le premier de Hegel et le second de Feuerbach.
38) À propos de 37), HEGEL : “le jeu de l’amour de Dieu avec lui-même”

[Das Wahre (« nicht als Substanz, sondern ebensosehr als Subjekt »)] ist das Werden seiner selbst, der Kreis, der sein Ende als seinen Zweck voraussetzt und zum Anfange hat und nur durch die Ausführung und sein Ende wirklich ist.

Das Leben Gottes und das göttliche Erkennen mag also wohl als ein Spielen der Liebe mit sich selbst ausgesprochen werden.

[Le vrai (« non comme substance, mais tout autant comme sujet », selon l’incipit dudit paragraphe)] est le devenir de lui-même, le cercle qui présuppose sa fin comme son but et l’a pour commencement, et qui n’est effectivement réel que moyennant son parcours complet et sa fin.

La vie de Dieu et la connaissance en Dieu peut donc parfaitement être exprimé comme un jeu [au sens de l’activité de jouer] de l’amour avec lui-même.89
39) À propos de 37)(bis), FEUERBACH : de « la doctrine spéculative de Hegel, qui fait de la conscience humaine de Dieu la conscience de soi de Dieu »

La personnalité de Dieu est […] le moyen par lequel l’homme fait des déterminations et représentations de sa propre essence [Wesen], des déterminations et des représentations d’un autre être [eines andern Wesen], d’un être extérieur [ausser] à lui. La personnalité de Dieu n’est elle-même rien d’autre que la personnalité externalisée, réduite à un objet [entäußerte90, vergegenständlichte Persönlichkeit], de l’homme.

C’est sur ce processus [Prozess] de l’externalisation de soi [Selbstentäußerung] que repose aussi la doctrine spéculative de Hegel, qui fait de la conscience humaine de Dieu la conscience de soi de Dieu. Dieu, c’est par nous qu’il est pensé, su [gedacht, gewußt]. Qu’il en vienne à son être-pensé [Dieses sein Gedachtwerden], cela devient, suivant la spéculation [ist der Spekulation zufolge], le se-penser [Sich Denken ([…] le « se-penser-soi-même [Sich-selbst-Denken] »)] de Dieu ; elle [la spéculation] unit ces deux côtés que la religion sépare l’un à part de l’autre [auseinandertrennt]. En quoi la spéculation est de loin plus profonde que la religion, car l’être-pensé [das Gedachtsein] de Dieu n’est pas comme celui d’un objet extérieur. Dieu est un être intérieur, spirituel, la pensée, la conscience, un acte intérieur, spirituel, donc l’être-pensé de Dieu le « oui » à ce que Dieu est, l’essence de Dieu confirmée comme [étant en] acte [die Bejahung dessen, was Gott ist, das Wesen Gottes als Akt betätigt].91
40) MARX et la philosophie 3 : à propos de la théorie… « allemande » versus celle des communistes

Le communisme est purement inconcevable pour notre saint [Max qua Stirner], cela parce que les communistes ne font valoir ni l’égoïsme contre le sacrifice de soi [Aufopferung], ni le sacrifice de soi contre l’égoïsme, et que sur le plan théorique, ils ne saisissent pas cette contradiction sous cette forme-là, aussi sentimentale qu’exaltée, idéologique [und theoretisch92 diesen Gegensatz weder in jener gemütlichen noch in jener überschwenglichen, ideologischen Form fassen] ; ils documentent [nachweisen] bien plutôt les lieux matériels d’où elle [cette contradiction] est née [seine materielle Geburtsstätte] et avec lesquels elle est en train de disparaître [verschwindet (au présent de l’indicatif !)] de par elle-même. Les communistes ne prêchent somme toute aucune morale, [alors que c’est] ce que Stirner fait au-delà de toute mesure [im ausgedehntesten Masse]. Ils n’imposent pas aux hommes l’exigence morale : Aimez-vous les uns les autres, ne soyez pas égoïstes pp. [= sur des pages et des pages?] ; ils savent au contraire très bien que dans certaines situations, l’égoïsme tout comme le sacrifice de soi est une forme nécesssaire de l’établissement [Durchsetzung93] des individus. Les communistes ne veulent donc en aucune façon, comme le croit saint Max et comme son fidèle Dottore Graziano (Arnold Ruge) ne cesse de le répéter après lui (raison pour laquelle Saint Max, Wigand, p. 192, le qualifie de « tête extraordinairement retorse et politique »), abolir « l’homme privé » en faveur de l’homme « général », celui qui se sacrifice – représentation imaginaire dont les deux auraient déjà pu aller chercher l’explication nécessaire dans les Annales franco-allemandes. Les communistes théoriciens, les seuls à avoir le temps de s’occuper de l’histoire, se distinguent précisément par ceci qu’eux seuls ont découvert que l’« intérêt général » a été créé par des individus qui tout au long de l’histoire ont été déterminés comme « hommes privés ». Ils savent que cette opposition n’est qu’apparente, parce que l’un des côtés, le prétendu « général » [das sogenannte Allgemeine], est en permanence généré [erzeugt] par l’autre, l’intérêt privé, et n’est en aucune façon, contre lui, une puissance indépendante [selbständig] avec une histoire indépendante ; que c’est donc toujours pratiquement que cette contradiction est anéantie et générée [daß also dieser Gegensatz fortwährend praktisch vernichtet und erzeugt wird]. Il ne s’agit donc pas d’une « unité négative » à la Hegel, de deux côtés d’une contradiction, mais de l’anéantissement matériellement conditionné d’un mode d’existence des individus qui jusqu’à présent aura été matériellement conditionné, et avec lequel c’est du coup cette contradiction-là qui disparaît avec son unité [um die materiell bedingte Vernichtung einer bisherigen94 materiell bedingten Daseinsweise der Individuen, mit welcher95 zugleich jener Gegensatz samt seiner Einheit verschwindet].96
41) MARX et la philosophie 4 : pensée – langage – philosophie

Pour les philosophes, l’une des tâches les plus difficiles est de redescendre des hauts du monde de la pensée [Gedanke] dans le monde effectivement réel. La réalité effective immédiate de la pensée est le langage. De même que les philosophes ont rendu la pensée autonome, de même il leur a fallu faire du langage son propre empire autonome. Voilà le secret du langage philosophique, où les pensées ont en tant que mots un contenu qui leur est propre. Le problème de la redescente hors du monde des pensées dans les monde effectivement réel se transforme en problème de la redescente hors du langage dans la vie.

[…] tout le problème du passage de la pensée à la réalité effective, et donc du langage à la vie, n’existe que dans l’illusion philosophique, c.-à-d. qu’elle n’est justifiée que pour la conscience philosophique, à laquelle il est impossible être au clair sur la constitution et l’origine de sa séparation d’avec la vie.97
42) MARX et la philosophie 5 : le projet de L’Idéologie allemande selon la Contribution à la critique de l’économie politique de 1859

Friedrich Engels, avec qui, depuis la parution de sa géniale esquisse en vue d’une critique de l’économie politique, j’entretenais par écrit un échange d’idées permanent, était, par un autre chemin [que moi] (voir son Lage der arbeitenden Klasse in England98), parvenu avec moi [mit mir]99 au même résultat [que moi]. Et quand au printemps 1845, il s’est lui aussi établi à Bruxelles, nous décidâmes de travailler à dégager en commun ce qui oppose notre point de vue à celui, idéologique, de la philosophie allemande ; en fait, de régler son compte à notre conscience philosophique d’antan [in der Tat, mit unserm ehemaligen philosophischen Gewissen100 abzurechnen]. Le propos a été développé sous la forme d’une critique de la philosophie post-hégélienne.
43) MARX et la philosophie 6 : la philosophie comme idéologie (selon L’Idéologie allemande)

La conscience, naturellement, n’est d’abord qu’une conscience portant sur l’environnement sensible le plus proche [die nächste sinnliche Umgebung], et conscience de la co-dépendance [Zusammenhang] bornée avec d’autres personnes et d’autres choses en dehors de l’individu qui devient conscient de soi ; elle est en même temps conscience de la nature qui, au commencement, vient faire face aux hommes comme une puissance complètement étrangère, toute-puissante et inattaquable, envers laquelle les hommes se comportent de façon purement bestiale, par laquelle ils s’en laissent imposer comme le bétail ; et donc une conscience purement bestiale de la nature (religion de la nature).

[Mais (au vu de ce qui précède comme de ce qui suit)] ce que l’on voit là est tout aussitôt que cette religion de la nature, ou ce comportement caractérisé envers la nature [dies bestimmte Verhalten zur Natur]101, est conditionné[/e] par la forme sociale [Gesellschaftsform], et inversement. Là comme partout, l’identité de la nature et de l’homme [die Identität von Natur und Mensch]102 ressort aussi de la façon suivante : le comportement borné des hommes envers la nature conditionne leur comportement borné les uns envers les autres, et leur comportement borné les uns envers les autres conditionne leur comportement borné envers la nature, précisément parce que la nature n’est encore qu’à peine modifiée par l’histoire, et de l’autre côté, la conscience de la nécessité d’entrer en relation [in Verbindung zu treten, autrement dit “se lier (étroitement)”, “s’allier”103] avec les individus des alentours, le commencement de la conscience portant sur le fait [Bewußtsein darüber, daß…] qu’il [l’homme], vit en société. Ce commencement est aussi bestial que la vie sociale à ce degré-là, c’est une simple conscience grégaire, et l’homme ne se distingue du mouton que par ceci que sa conscience représente pour lui la place de l’instinct [sein Bewußtsein ihm die Stelle des Instinkts vertritt], ou que son instinct est un instinct conscient. Cette conscience moutionnière ou lignagère connaît son développement ultérieur et son édification par le truchement de la productivité accrue [gesteigerte Produktivität], de la multiplication [Vermehrung] des besoins et de la multiplication de la population qui est à la base des deux. Avec cela se développe la division du travail qui, à l’origine, n’était rien que la division du travail dans l’acte sexuel, puis la division du travail qui se fait de soi, ou “naturellement”, selon ce que permettent les dispositions naturelles (force physique par ex.), les besoins, les hasards etc. etc. . La division du travail ne devient division effectivement réelle dès l’instant [Augenblick104] où survient une division entre travail matériel et travail spirituel [Remarque de Marx en marge : « Première forme des idéologues, des prêtres, coïncide]. À partir de cet instant,
1   2   3   4   5   6   7   8

similaire:

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconLa Semaine de la Solidarité Internationale Du 11 novembre au 2 décembre 2011 au Puy-en-Velay
«Réflexions et enseignement» : Des professeurs de philosophie proposeront aux lycéens de réfléchir au thème : «La solidarité sous...

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconNote sur l’architecture des formations préparant aux métiers de l’enseignement...
«Philosophie et philosophie du langage» r- cohabilitée avec Lyon 3 et l’ens de lyon

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconAtelier animé par Mme Bernadette konik

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconPhilosophie

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconInterview de jean cocteau par andré parinaud (1951)
«Ma philosophie : arracher le monde à l’apparence quel qu’en soit le péril et dut la vie en périr» ?

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconCours philosophique sera L’art
«l’art» (dans le fascicule «Philosophie de la culture» rédigé par Yves Baudrin, pages 34 à 58)

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) icon1952 Histoire de la philosophie

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconManuel Philosophie Politique

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) icon2012, p. 41-54 Philosophie de l'art (P. Muckensturm)

Atelier de philosophie animé par alexandre schild saison 1 (2015-2016) «la fin de la philosophie» (1 Ère partie) iconJean Nayrolles. L’enfance de l’art vue par Alexandre Dumas et quelques...
...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com