Le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme. L'homme peut bien l'oublier mais IL le garde toujours en lui. Car tel qu'il est lui-même à chaque époque





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Au seuil de l'invisible, pages 214 et 215 :

« On a opposé à l'idée de réincarnation l'oubli total de nos existences passées, mais ceci peut n'être qu'une éclipse temporaire. Il est possible que le souvenir de nos vies antérieures nous revienne peu à peu au cours de nos progrès spirituels, à mesure que nous arrivons à une vie plus large, à une conscience plus étendue. »

Et il ajoute une citation de M. Massey, affirmative et explicative au sujet de la réincarnation sur la terre : « La raison de la réincarnation a sa source dans l'attirance qu'exerce notre monde. Ce qui nous a amené ici-bas une fois, nous ramènera sans doute encore tant que le mobile qui nous y pousse n'aura pas changé. La régénération, c'est-à-dire le renouvellement de notre nature, nous exempte seule de la réincarnation. »

Dans ses études sur les aspects multiples de la personnalité humaine, Sir Barrett disait aussi (p. 110) :

« Les cas d'invasion psychique rendent compréhensibles les réincarnations charnelles. »

De son côté, Sir Oliver Lodge, recteur de l'Université de Birmingham, écrit dans son Evolution biologique et spirituelle de l'homme, page 157 :

« On peut admettre, dans certains cas, la possibilité des incarnations, non seulement d'une succession d'individus ordinaires, mais aussi de véritables grands hommes. »

Il croit à la réincarnation fragmentaire qui lui semble applicable au cas du Christ.

Déjà Stainton Moses, alias Oxon, professeur à l'Université d'Oxford, qui fut un des instigateurs les plus estimés de l'idée spiritualiste dans son pays, écrivait dans ses Enseignements spiritualistes, page 51, les lignes suivantes, obtenues par sa propre médiumnité :

« L'enfant (l'être humain) ne peut acquérir l'amour et la science que par l'éducation acquise par une nouvelle vie terrestre. Une telle expérience est nécessaire et de nombreux esprits choisissent un retour à la terre afin de gagner ce qui leur manque. »

Frédéric Myers, dans son magistral ouvrage : Human Personality, chapitre X, exprime la même opinion, et dit, page 329 :

« La doctrine de la réincarnation ne renferme rien qui soit contraire à la meilleure raison et aux instincts les plus élevés de l'homme. »

Il revient encore (p. 407) sur l'évolution graduelle (des âmes) à nombreuses étapes, « à laquelle il est impossible d'assigner une limite ».

Quant à l'Amérique du Nord, nous pourrions citer nombre d'ouvrages édités en ce pays, qui démontrent que l'idée réincarnationiste y fait aussi son chemin, et que les messages d'Esprits affirmant les renaissances terrestres y sont de plus en plus fréquents, ainsi qu'on peut le voir dans la plupart des revues spiritualistes de langue anglaise. Le même mouvement d'opinion ressort de l'accueil fait à la traduction de mon livre : le Problème de l'Etre et de la Destinée par Mrs Vilcox sous le titre Life and Destiny, édité à la fois à Londres et à New-York46.

Il est évident que cette grande vérité a été longtemps effacée par le lent et sourd travail des siècles, car chaque fois que nous l'affirmons nous nous heurtons à des objections qui dénotent un oubli complet.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que cette doctrine est toujours vivante en Orient. A l'heure présente, des Indes au Japon, huit cents millions d'Asiatiques connaissent et acceptent la loi des renaissances. Brahmanistes, Bouddhistes, Shintoïstes partagent cette même croyance, ce qui leur assure une certaine supériorité de vues. Le Coran, dans plusieurs surates, affirme aussi la réincarnation possible sur terre de maint adepte du Prophète.

Et sans chercher si loin, chez nous-mêmes et de nos jours, longue serait la liste des hommes illustres qui ont partagé cette croyance, depuis Victor Hugo, Ch. Bonnet, Pierre Leroux, Jean Reynaud, jusqu'à Mazzini et Flammarion. La plupart n'ont pas eu besoin de preuves expérimentales. L'usage de leur raison, affranchie des routines d'école et des sophismes, le tableau de la vie se déroulant autour d'eux, leur ont suffi pour en discerner les lois. Ils ont été séduits par la beauté et la grandeur de cette évolution qui fait de l'être l'artisan de ses propres destinées. L'âme, pensaient-ils, édifie elle-même son avenir au moyen des vies renaissantes, elle développe ses facultés, sa conscience par le travail, par l'épreuve, par la douleur, ciseau divin qui lui prête ses plus belles formes. Elle s'épure, s'élève, se pénètre des splendeurs de l'univers, s'initie à ses lois et participe, dans la mesure de sa puissance grandissante, à l'ordre et à l'harmonie universelle.

Pour ces précurseurs, comme pour nous, spirites, cette révélation, soit intuitive, soit venue d'en-haut, a dissipé comme un brouillard les hypothèses fantaisistes et les négations stériles. La vie et la mort ont changé d'aspect ; celle-ci n'est plus que la transition nécessaire entre les deux formes alternantes de notre existence, visible et invisible. La vie est la conquête des richesses impérissables de l'âme, des forces radiantes et des qualités morales qui assureront sa situation dans l'Au-delà, et lui prépareront des réincarnations meilleures sur la terre et les autres mondes. Par là, le sombre pessimisme s'évanouit pour faire place à la confiance, à la joie de vivre dans la tâche bien remplie, la satisfaction du devoir accompli avec les perspectives d'un avenir sans bornes et l'ascension graduée et radieuse de cercles en cercles, de sphères en sphères vers le foyer divin.

Or, ce que tant de religions ont enseigné et enseignent encore, ce que tant de penseurs anciens et modernes ont discerné au moyen de la réflexion profonde, le spiritisme vient le démontrer expérimentalement. Non seulement il a pour lui le témoignage universel du monde des Esprits, qui s'élève de tous les points du globe et sur lequel nous reviendrons plus loin, mais il a déjà réuni tout un faisceau de faits probants dont nous allons citer quelques-uns. Remarquons d'abord que chez un être suffisamment évolué, lorsque l'état normal conscient et l'état subconscient sont en équilibre, c'est-à-dire parvenus à une stabilité parfaite, quand ledit être se dégage des ambiances matérielles, il peut se souvenir de ses antériorités et percevoir en intuitions profondes, suscitées par des esprits désincarnés, la forme de ses vies passées.

De là les réminiscences de certains hommes célèbres, la reconnaissance des lieux où ils ont vécu. Par exemple, ce fut le cas de Lamartine dans son voyage en Orient, de Mery pour l'Inde et la Floride, et tant d'autres phénomènes analogues qu'on pourrait rappeler.

Mentionnons les témoignages publiés par certaines revues anglaises relatifs à des enfants indous qui, pendant la période de croissance, au cours de laquelle l'incorporation de l'âme n'étant pas complète, conservent l'usage de leur mémoire subconsciente et le souvenir de leurs antériorités47. Des cas analogues ne sont pas rares en Occident, mais on n'y prête que peu d'attention, considérant souvent à tort les récits des enfants comme imaginaires.

On m'a parfois demandé de faire connaître mes raisons de croire à mes vies antérieures et les preuves personnelles que j'en possède. Pour cela, il me suffit de descendre en moi-même, et, aux heures de calme et de silence, d'interroger les couches profondes de ma mémoire pour y retrouver certaines traces de mon passé. Si je me livre à une analyse sévère, rigoureuse, de mon caractère, de mes goûts, de mes facultés, je reconstitue l'enchaînement des causes et des effets au moyen desquels s'est édifiée ma personnalité, mon moi conscient à travers les âges.

Le détail des événements m'a été communiqué par mes guides, ma clairvoyance n'allant pas jusque là. C'est précisément ce sévère examen intérieur qui sert de vérification et de contrôle, car j'y retrouve la confirmation et la preuve de l'exactitude des révélations faites et qui comportent des noms, des dates, des identités, recueillis dans mes recherches bibliographiques.

Dans cet ordre d'études, ce que l'on ne peut obtenir à l'état de veille, on peut le provoquer par l'extériorisation complète du moi dans l'état hypnotique, c'est ce que j'ai souvent pu réaliser avec mon excellent médium Mme Forjet. Sous l'influence magnétique du guide, elle reconstituait ses personnalités antérieures avec des attitudes, un langage, tout un ensemble de détails qu'il lui aurait été impossible d'imaginer. Il faut remarquer cependant que les résultats obtenus, par leur nature intime, ne peuvent guère intéresser et convaincre que les expérimentateurs.

Mais rares sont les hommes de notre temps qui se livrent à ces examens. Leur vie est tout extérieure, et ils ignorent les ressources cachées de l'âme. Il y a là toute une psychologie mystérieuse qu'il faut explorer avec une extrême prudence, et qui réserve aux chercheurs avisés de grandes surprises.

Les expériences poursuivies par le colonel de Rochas, administrateur de l'Ecole Polytechnique, et relatées dans son livre : les Vies successives, ont été contestées ; cependant on aurait tort de les rejeter en bloc, car, si dans certains cas la supercherie fut évidente, d'autres présentaient un réel aspect de sincérité. Tel paraît être le cas de Joséphine, jeune femme de Voiron (Isère) qui, endormie par le Colonel, se retrouvait dans sa personnalité antérieure de Claude Bourdon, habitant jadis un village du département de l'Ain, où le sujet n'était jamais allé. On y retrouva l'acte de naissance dans le registre de la paroisse. Ce fait était agrémenté d'une foule de détails curieux constituant dans leur ensemble de bons éléments d'authenticité.

On peut joindre à ce cas celui de Mayo, jeune fille d'Aix-en-Provence qui, en se muant dans ses personnalités d'autrefois, revivait des scènes tragiques de ses existences. Par exemple, l'état de grossesse et l'asphyxie par immersion furent constatés par le docteur Bertrand, maire d'Aix, convaincu que ces états ne pouvaient être simulés par une personne de 18 ans. Faut-il voir là, comme certains le pensent, la révélation d'une loi physiologique peu connue, une corrélation du physique et du mental qui ouvre la voie à des investigations d'un ordre nouveau, à des découvertes biologiques d'une haute importance ? Quoi qu'il en soit, ces faits viennent confirmer nos assertions au sujet du pouvoir de la pensée sur les fluides et sur la matière concrète elle-même.

Un phénomène plus complexe encore par la variété des formes qu'il revêt, c'est la réincarnation, dans la même famille, de la petite Alexandrine, fille du docteur Samona de Palerme, revenue une seconde fois après une mort prématurée. On retrouve en elle toutes les particularités morales et physiques très caractéristiques de sa courte vie précédente. Alexandrine raconte plusieurs souvenirs de cette existence, par exemple une excursion à Montréal, où elle a rencontré des prêtres grecs habillés de rouge, ce qui est peu commun en Sicile.

Cette deuxième naissance annoncée à l'avance par des manifestations d'esprits, quoique considérée par les parents comme impossible pour des causes pathologiques, se réalisa à jour fixe. Ces faits s'appuient sur toute une série d'attestations de témoins et d'amis relatant toutes les phases de ce phénomène.

Aujourd'hui, Alexandrine a 13 ans, écrit G. Delanne dans son dernier ouvrage48 et on peut suivre en elle tout le développement des prémices indiquées par les Esprits.

Nous ne pouvons énumérer ici tous les cas de réincarnation annoncés à l'avance, tous les phénomènes de réminiscence des vies antérieures chez les enfants et les adultes, et ceux se rattachant à la régression hypnotique des souvenirs.

Mais indépendamment des faits d'ordre expérimental, autour de nous, que d'anomalies ne s'expliquent que par la notion des antériorités ; sur bien des visages nous pourrions en lire la démonstration. Ces femmes de formes lourdes, aux gestes masculins, ces hommes aux manières efféminées, comme nous en connaissons tous, ne sont-ils pas des esprits qui ont changé de sexe en se réincarnant ? Au sein du peuple, en dépit de la loi d'hérédité, toutes ces intelligences, ces talents, voire ce génie, qui surgissent parmi des familles, plutôt matérielles et grossières, ne sont-ils pas la manifestation de travaux et d'aptitudes antérieurs ? Le même problème s'attache à ces natures délicates et affinées, issues d'êtres frustes et involués.

Par contre, chez tels anarchistes, fauteurs de grèves, avides de bouleversement et de désordre, ne reconnaît-on pas d'anciens bourgeois égoïstes, condamnés à renaître parmi ceux qu'ils exploitaient jadis et à qui un vague instinct rend leur situation nouvelle insupportable ? Et combien d'autres contrastes, de bizarreries inexplicables en apparence, s'éclairent par la loi des renaissances. On peut retrouver César dans Napoléon, Virgile dans Lamartine, Vercingétorix en Desaix. Certains Esprits ajoutent même : Pompée dans Mussolini. Il est des individualités qui reparaissent à la suite des siècles de telle façon qu'on peut les reconnaître par l'originalité de caractères qui se dessinent avec la netteté d'une effigie, comme le profil d'une médaille antique.

Mais n'insistons pas, car ces comparaisons pourraient être la source de nombreux abus. Etant donnée cette hypertrophie du moi, qui est une maladie si répandue, trop de gens seraient tentés de voir en eux la réincarnation de quelque célébrité d'autrefois.

A chaque renaissance, le voile de la chair retombe sur la mémoire subconsciente, l'amas des souvenirs replonge au plus profond de l'être. Il n'y a d'exception que pour certains cas d'enfants et de personnages évolués qui peuvent extérioriser leurs facultés psychiques, comme nous l'avons vu précédemment. Mais pour la généralité des humains, l'oubli des vies antérieures est une règle, et c'est peut-être un bienfait de la nature, car, dans les mondes inférieurs et arriérés comme celui que nous habitons, le panorama des vies primaires est loin d'être réconfortant pour l'âme, trop mêlé d'angoisses, d'impressions douloureuses et humiliantes, de regrets superflus dont l'intensité paralyserait souvent notre action, affaiblirait notre initiative alors que nous sommes revenus ici-bas pour réparer et pour évoluer. Le détail des événements devient inutile et ce qui importe c'est de connaître la grande loi qui relie toutes nos existences et les rend solidaires les unes des autres.

Cette conception palingénésique nous paraît offrir le remède indispensable à l'état d'esprit de beaucoup de nos contemporains. En effet, un vent de pessimisme souffle à certains moments sur notre pays. On va jusqu'à douter de l'avenir de la France, de la possibilité de son relèvement, semant ainsi le découragement dans les âmes. Ce pessimisme est le fruit morbide du scepticisme matérialiste qui ronge, depuis un siècle, la société contemporaine. Notre littérature en porte en partie la responsabilité. On écrit beaucoup à notre époque, mais, parmi les auteurs, la plupart ne sentent pas que c'est un redoutable honneur de parler aux foules ignorantes et impressionnables. Ces écrivains ne semblent rien connaître de ce vaste monde invisible qui nous enveloppe et nous domine, rien de ces immenses réserves de forces et d'âmes qui, par la réincarnation, viennent sans cesse alimenter, entretenir et renouveler les courants de la vie humaine. C'est pourquoi cette étude de la Réincarnation s'impose, car sans elle, on ne peut résoudre aucun des problèmes qui touchent à l'existence et à l'évolution des êtres et des sociétés.

Suivant les éléments que la réincarnation nous apporte, le niveau moral s'abaisse ou s'élève. Quand elle amène sur notre globe les contingents des mondes inférieurs, le trouble s'accentue et l'humanité semble reculer. Mais, par elle aussi, aux heures de détresse, des individualités puissantes peuvent surgir pour diriger dans des voies plus sûres les pas hésitants de la caravane en marche.

C'est là ce qui se produit en ce moment dans notre pays. Des esprits évolués et d'autres d'un ordre élevé viennent y prendre place, au moyen des renaissances, dans un but de régénération. Ce mouvement va se poursuivre, disent nos Instructeurs invisibles, et, dans une vingtaine d'années, on pourra assister à une oeuvre de relèvement des peuples Occidentaux et particulièrement de la France.

Rien n'est donc désespéré. Les sombres pronostics, les jugements pessimistes, les craintes, les alarmes proviennent d'une conception insuffisante de l'existence à laquelle une science routinière impose les bornes restreintes de notre courte durée et de notre petit globe, tandis qu'en réalité, la vie possède des ressources infinies, puisqu'elle se déroule au sein des espaces d'où elle inspire, stimule et féconde la vie terrestre.

Si notre littérature, notre philosophie, notre politique, continuaient à s'inspirer des règles d'une science étroite et vieillie, si une compréhension générale de la vie évolutive et de ses lois ne venait pénétrer, imprégner, transformer l'âme humaine, il y aurait moins d'espoir de voir changer la situation morale et sociale de notre pays. C'est surtout la notion d'une vie unique qui a tout altéré, tout obscurci, et rendu incompréhensibles l'évolution de l'être et la justice de Dieu. Si la vie terrestre était aussi restreinte, nos études, nos progrès seraient perdus, et pour l'individu et pour l'humanité, tandis que, par la réincarnation, tout se perpétue, tout se renouvelle. Nous travaillons pour tous, et en travaillant pour tous nous travaillons pour nous-mêmes. Ainsi, rien ne se perd, les individus et les générations sont solidaires entre eux, solidaires à travers les siècles.

*

* *

Par l'exposé qui précède, on peut voir que tous les grands courants de la pensée antique philosophique et religieuse, touchant les hautes destinées de l'âme, après des vicissitudes séculaires se réveillent, se synthétisent et fusionnent dans le spiritualisme moderne sous la forme de la loi d'évolution par les vies renaissantes.

Toutes les grandes religions de l'Orient, y compris le christianisme ésotérique, la philosophie platonicienne et les principes de l'école d'Alexandrie se retrouvent en lui pour y rejoindre la tradition sacrée de l'Occident, celle de nos pères, les Celtes. Une grande oeuvre s'accomplit par-dessus nos têtes dont nous ne pouvons mesurer l'importance, mais dont les effets vont se répercuter à travers les siècles. Cette oeuvre de synthèse, qui représente la foi élevée, la foi supérieure de l'humanité en marche, ne pouvait se réaliser au sein des religions actuelles, mais seulement en dehors d'elles et par la science.

Le Catholicisme a perdu de vue sa mission salvatrice et régénératrice. Par des interprétations spécieuses, il a dénaturé la pure doctrine du Christ, surtout en ce qui touche l'avenir de l'homme et la justice de Dieu. Et cependant, c'est parmi ses adeptes que se répand plus facilement la notion de la pluralité des existences. Car on l'a vu, le purgatoire, bien mal défini par l'Eglise, pourrait très bien se concilier avec le rachat des fautes du passé au moyen des vies d'épreuves. Le protestantisme, de son côté, en supprimant la notion du purgatoire, avait fermé toute issue au principe des vies renaissantes.

N'était-ce pas une chose douloureuse, effrayante même à certains égards, que cette constatation : après tant de siècles de civilisation, l'incertitude pesant encore sur le problème de la destinée humaine ? La lumière qui a brillé dès les premiers temps de notre histoire, s'était évanouie. Il semblait que l'homme, en s'éloignant de la nature et de ses origines, allait s'enfoncer dans la nuit. C'est seulement aujourd'hui, grâce aux travaux de quelques penseurs ardents, que les premières lueurs d'une aube nouvelle viennent effleurer l'âme celtique endormie.

Pour tous ceux qui considéraient la variété et l'inégalité des conditions humaines, soit au point de vue des différences de races, de culture, de civilisation, soit en ce qui concerne la durée des existences, l'énigme de la vie restait indéchiffrable ; mais voici que, par la succession des existences de l'âme, tout s'enchaîne et s'harmonise dans une rigoureuse logique.

Le terrible problème de la douleur trouve là aussi sa solution, et l'on s'explique mieux que certains êtres connaissent la souffrance dès le berceau et la subissent jusqu'à la tombe.

Toutes ces vies obscures, tourmentées, douloureuses, sont autant de creusets où l'âme se dégage de ses impuretés, où le fiel se consume, où les passions du mal, par une divine alchimie, se transmuent peu à peu en passions du bien.

Sans doute, le progrès n'est pas toujours sensible, et l'âme souvent se révolte devant la souffrance, mais quand le temps d'épreuve est passé, on constate qu'il n'a pas été stérile et que l'âme en a bénéficié.

Il en est de même du problème du mal qui dans son ensemble n'est qu'un des aspects de la même question. Ce problème qui a suscité tant de discussions stériles était facilement résolu par les Druides : Dieu donne à l'homme une part de liberté proportionnelle à son degré d'évolution, et la liberté humaine a enfanté le mal. La première Triade énonce parmi les trois unités primitives « le point de liberté où s'équilibrent toutes les oppositions ».

Dieu n'aurait pu supprimer le mal sans supprimer la liberté, ce qui aurait entièrement faussé la loi d'évolution, et avec elle le principe vital, la raison même de l'univers. Le libre arbitre seul assure le libre jeu de l'initiative, de la volonté d'où découlent les mérites nécessaires pour acquérir les biens spirituels, but suprême de l'évolution. L'être par ses efforts doit conquérir à la suite des temps la sagesse, la science, le génie, et par eux le bonheur, la félicité, c'est-à-dire tout ce qui fait la grandeur, la beauté de la vie, car on n'apprécie vraiment, on ne goûte que ce que l'on acquiert par soi-même.

Si le mal semble dominer sur la terre, c'est que celle-ci constitue un degré intérieur de l'échelle des mondes, et que la plupart de ses habitants sont des esprits jeunes, encore ignorants, enclins aux passions. Mais à mesure qu'on s'élève sur la grande échelle cosmique, le mal s'atténue peu à peu, puis s'évanouit, et le bien se réalise en vertu même de la loi générale d'évolution.

Cette loi, nous allons en exposer les règles et le but au moyen des
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