Le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme. L'homme peut bien l'oublier mais IL le garde toujours en lui. Car tel qu'il est lui-même à chaque époque





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Triades sous leur forme concise en ce qui est relatif à Abred le cercle des transmigrations, et Gwynfyd le cercle des vies célestes. Les Triades 1 à 14 étaient reproduites au chapitre V, celles qui suivent, de 15 à 45, en sont le complément. Les Triades manquantes figurent aux points essentiels de cette oeuvre, où elles trouvent leur application.

Abred : 15. Trois sortes de nécessités dans Abred : le moindre de toute vie, et de là le commencement. La substance de chaque chose, et de là la croissance, laquelle ne peut s'opérer dans un état autre. La formation de chaque chose de la mort, et de là la débilité de la vie.

16. Trois choses qu'on ne peut exécuter que par la justice de Dieu : Tout souffrir en Abred, car sans cela on ne peut acquérir une science complète d'aucune chose. Obtenir une part en l'amour de Dieu. Aboutir par le pouvoir de Dieu à l'accomplissement de ce qui est le plus juste et miséricordieux.

17. Trois causes principales de la nécessité d'Abred : Recueillir la substance de toute chose. Recueillir la connaissance de toute chose. Recueillir la force morale pour triompher de toute adversité et du principe de destruction et pour se dépouiller du mal. Et sans elles, dans la traversée de chaque état de vie, il n'y a ni vivant ni forme qui puisse parvenir à la plénitude.

20. Trois nécessités d'Abred : Le dérèglement, car il n'en peut être autrement. L'affranchissement par la mort devant le mal et la corruption. L'accroissement de la vie et du bien par le dépouillement du mal en s'affranchissant de la mort. Et cela par l'amour de Dieu concernant toute chose.

21. Trois moyens de Dieu dans Abred pour triompher du mal et du principe de destruction en s'évadant devant eux en Gwynfyd : La nécessité, l'oubli, la mort.

22. Trois premières choses simultanément créées : L'homme, la liberté, la lumière.

23. Trois nécessités de l'homme : souffrir, se renouveler (progresser), choisir. Et par le pouvoir que donne la dernière, on ne peut connaître les deux autres avant leur échéance.

24. Trois alternatives de l'homme : Abred et Gwynfyd, nécessité et liberté, mal et bien, toutes choses étant en équilibre et l'homme ayant le pouvoir de s'attacher à l'un ou l'autre, suivant sa volonté.

26. Par trois choses l'on tombe en Abred, nécessairement, bien que par ailleurs l'on soit attaché à ce qui est bon : Par l'orgueil, le long d'Annoufn. Par la fausseté, le long de Gabien. Par la cruauté, le long de Kenmil, et l'on retourne de nouveau à l'humanité comme auparavant.

27. Trois causes justificatives de l'état d'humanité : Acquérir d'abord la science, l'amour et la force morale avant que la mort ne survienne. Et l'on ne peut le faire que par la liberté et le choix, donc pas avant l'état d'humanité. Ces trois choses sont nommées les trois victoires.

28. Trois victoires sur le mal et sur l'esprit mauvais : science, amour, pouvoir, car la vérité, la volonté et la puissance accomplissent par l'union de leur force tout ce qu'elles désirent, elles commencent dans l'état d'humanité et durent ensuite toujours.

29. Trois privilèges de l'état d'humanité : l'équilibre du mal et du bien, et de là la comparaison. La liberté du choix, et de là le jugement et la préférence. Le commencement de puissance qui dérive du jugement et du choix, et ils sont nécessaires avant d'accomplir quoi que ce soit.

Gwynfyd : 30. Trois différences nécessaires entre l'homme, toute autre créature et Dieu : La limite de l'homme alors qu'on n'en saurait trouver à Dieu. Le commencement de l'homme alors qu'on n'en saurait trouver à Dieu. Les renouvellements (progrès) nécessaires de l'homme dans le cercle de Gwynfyd, du fait qu'il ne peut supporter l'éternité de Ceugant alors que Dieu supporte tout état avec félicité.

31. Trois formes suprêmes de l'état de Gwynfyd : Sans mal, sans besoin, sans fin.

32. Trois restitutions du cercle de Gwynfyd : Le génie primitif. L'amour primitif. La mémoire primitive, car sans cela il n'y a point de félicité.

33. Trois différences entre tout vivant et les autres vivants : Le génie. La mémoire. La connaissance, c'est-à-dire que tous trois sont pleins en chacun et ne peuvent lui être commun avec un autre vivant, chacun à sa mesure, et il ne peut y avoir deux plénitudes de nulle chose.

34. Trois dons de Dieu à tout vivant : La plénitude de sa race. La conscience de son humanité. Le dégagement de son génie primitif par rapport à tout autre, et par là chacun diffère des autres.

35. Par la compréhension de trois choses l'on diminue le mal et la mort et l'on triomphe : Celle de leur nature. Celle de leur cause. Celle de leur action. Et on les trouve au Gwynfyd.

36. Trois fondements de la science : le renouvellement de la traversée de chaque état de vie. Le souvenir de chaque transmigration et de ses incidents. Le pouvoir de traverser chaque état de vie pour expérience et jugement, et cela se trouve au cercle de Gwynfyd.

37. Trois distinctions de tout vivant dans le cercle de Gwynfyd : L'inclination (ou vocation). La possession (ou privilège), et le génie, et deux vivants ne peuvent être primitivement semblables en rien, car chacun est comble en ce qui le distingue et rien n'est comble sans qu'il n'eût sa mesure entière.

38. Trois choses impossibles, sauf à Dieu : Supporter l'éternité de Ceugant. Participer à toute condition sans se renouveler. Améliorer et renouveler toute chose sans le faire avec perte (à ses dépens).

39. Trois choses qui ne disparaîtront jamais à cause de la nécessité de leur puissance : La forme de l'être. La substance de l'être. La valeur de l'être, car par l'affranchissement du mal elles seront éternellement soit vivantes, soit inanimées, dans les divers états du beau et du bien dans le cercle de Gwynfyd.

40. Trois biens suprêmes résultant des renouvellements de la condition humaine dans le Gwynfyd : L'instruction. La beauté. Le repos par son inaptitude à supporter Ceugant et son éternité.

41. Trois choses en croissance : Le feu ou la lumière. L'intelligence (ou la conscience) ou la vérité. L'âme ou la vie. Elles triomphent de tout et de là la fin d'Abred.

42. Trois choses en décroissance : L'obscurité. Le mensonge. La mort.

43. Trois choses se renforcent de jour en jour, car la plus grande somme d'efforts va sans cesse vers elles : L'amour. La science. La Toute-justice.

44. Trois choses s'affaiblissent chaque jour, car la plus grande somme d'efforts va contre elles : La haine. La déloyauté. L'ignorance !

45. Les trois plénitudes du bonheur de Gwynfyd : Participer de toute qualité avec une perfection principale. Posséder toute espèce de génie avec un génie prééminent. Embrasser tous les êtres dans un même amour avec un amour en première ligne, savoir l'amour de Dieu, et c'est en cela que consiste la plénitude du ciel et de Gwynfyd.

(Traduction du gaëlique de Llevelyn Sion.)

On le voit, par leur forme concise et leur sens profond, ces Triades constituent une oeuvre originale et puissante qui ne peut être considérée comme l'invention de penseurs isolés, mais plutôt comme l'expression synthétique du génie d'une race entière. Elles se rattachent à des vérités d'ordre éternel, et peut-être fallait-il l'incubation des siècles pour en faire comprendre toute la portée. Elles surgissent de l'ombre à une heure historique où l'idéal s'affaiblit pour rendre à notre pays sa foi en lui-même, la confiance en sa destinée, et devenir ainsi l'instrument d'une civilisation plus haute, plus noble, plus digne.

*

* *

La loi des réincarnations, ce retour des âmes sur la terre, suscite des objections auxquelles il est nécessaire de répondre, des craintes qu'il importe de dissiper. Parmi ceux qui interrogent, les uns redoutent de ne plus retrouver dans l'au-delà les êtres qu'ils ont aimés ici-bas. On se demande si, en vertu de cette loi, nous serons séparés des membres actuels de nos familles et obligés de poursuivre isolément notre lente et pénible évolution. D'autres sont effrayés à la perspective de reprendre la tâche terrestre, après une vie laborieuse semée d'épreuves et de maux. Hâtons-nous de les rassurer !

La réincarnation est rapide, le séjour de l'esprit dans l'espace de courte durée, seulement dans les cas d'enfants morts en bas âge. Leur tentative pour reparaître sur la scène terrestre ayant échoué - presque toujours pour des causes physiologiques dues à la mère - cette tentative sera renouvelée dès que les conditions favorables se présenteront dans le même milieu. Au cas contraire, l'esprit se réincarnera à proximité de ce milieu, c'est-à-dire chez des parents ou amis, de façon à rester en rapports avec ceux qu'il avait choisis en vertu d'une attirance résultant de liens antérieurs, de forces affectives constituant une certaine affinité fluidique.

Les Esprits forment des familles nombreuses dont les membres se suivent à travers leurs multiples réincarnations. Tandis que les uns poursuivent sur le plan matériel leur éducation, leur évolution, les autres restent dans l'espace pour les protéger dans la mesure de leurs moyens, les soutenir, les inspirer, les attendre, afin de les recevoir à l'issue de la vie terrestre. Plus tard, ceux-ci renaîtront à la vie humaine et, à leur tour, de protecteurs redeviendront protégés. La durée du séjour dans l'espace est très variable, et, suivant le degré d'évolution, peut embrasser plusieurs siècles ou durer seulement quelques dizaines d'années pour les Esprits ambitieux de progresser.

Il y a toujours corrélation entre la vie terrestre et celle de l'espace. La famille visible est toujours liée à la famille invisible, même à son insu. Les affections, les sentiments provenant de liens établis au cours des existences successives, se transmettent d'un plan à l'autre avec d'autant plus d'intensité que l'état vibratoire des êtres qui composent ces familles est plus subtil. L'union parfaite qui règne dans certaines familles s'explique par de nombreuses vies communes. Leurs membres ont été rapprochés par une attraction spirituelle, une adaptation de pensée identique, des goûts et des aspirations de même ordre et cela à des degrés divers.

Il est facile de reconnaître dans une famille celui qui s'y incarne par exception et pour la première fois, soit pour s'y perfectionner intellectuellement et moralement au contact d'êtres plus avancés, soit, au contraire, pour servir d'exemple, de modèle, d'entraîneur à des esprits arriérés, et, en même temps, pour les aider à supporter les épreuves que la destinée leur réserve, ce qui devient une mission, une tâche méritoire. Dans certains cas, le contraste est si frappant entre les caractères, la manière de penser et d'agir, si frappant que des personnes non initiées en viennent à proférer ce jugement : Celui-là n'est pas de la famille, on pourrait croire qu'il a été changé en nourrice !

Dès la vie de l'espace, des engagements sont pris entre certains Esprits de se réincarner dans les mêmes milieux pour y poursuivre une évolution commune. D'autres âmes évoluées acceptent le rôle pénible de descendre dans les foyers matériels pour y dissiper, par leurs radiations, les éléments grossiers qui dominent dans ces milieux, et cet acte d'abnégation sera pour elles un nouveau mobile d'avancement.

On nous interroge sur les différences de races et leurs rapports avec l'évolution. Les Esprits disent, à ce sujet, que chaque région du globe attire de l'espace, des fluides en harmonie avec les effluves qui se dégagent du sol. Il en résulte que les Esprits qui renaissent dans ces régions auront des goûts, des aspirations différents. Par exemple, les noirs recevront des fluides propres à développer leur vitalité physique, car leur esprit primitif a besoin de se sentir dans une enveloppe solide.

Chez les Orientaux, les Japonais par exemple, l'évolution terrestre est plus achevée, les corps sont petits, la sensibilité plus développée, la perception de l'au-delà plus nette. Le mysticisme est né. Le périsprit du Japonais, d'une grande subtilité, vibrera plus puissamment que celui du Sénégalais.

Chez les Occidentaux, en général, l'évolution n'a pas toujours été uniforme. Elle a varié suivant les pays. Les montagnards et les marins, sous des formes plus rudes, ont gardé un certain fond d'idéalisme ou un esprit religieux. Ce sont là deux types humains dont les aspirations se portent plus directement vers le monde supérieur, parce qu'ils communient avec la nature.

Il ne faut pas s'étonner si un Esprit, dans sa courte évolution, éprouve parfois le besoin de changer de milieu pour acquérir les qualités ou les connaissances qui lui manquent encore. Mais, ces mêmes êtres, revenus dans l'espace, y retrouvent aussitôt les éléments spirituels dont ils s'étaient éloignés pour un temps et dont ils avaient gardé le souvenir. Déjà, dans le sommeil, l'être incarné se rapproche de ses amis de l'espace et revit quelques instants leur vie passée, mais, au réveil, cette impression s'efface, car elle serait de nature à le troubler et à diminuer son libre arbitre.

Si l'on s'écarte, pour un temps, de sa famille terrestre, on n'abandonne jamais sa famille spirituelle, et, lorsque la famille humaine a évolué et qu'elle est parvenue à un plan fluidique supérieur, l'action inverse se produira, et, c'est elle à son tour, qui attirera dans l'espace l'esprit moins avancé. La loi d'évolution de l'être à travers ses vies renaissantes est admirable, mais l'intelligence humaine n'en peut entrevoir qu'un pâle reflet.

Les enseignements contenus dans ces pages ne sont pas une oeuvre d'imagination. Ils émanent de messages d'esprits obtenus par tous les procédés médiumniques et recueillis en tous pays. Jusqu'ici, nous n'avions sur les conditions de la vie dans l'au-delà que des hypothèses humaines, soit philosophiques, soit religieuses. Aujourd'hui, ceux qui vivent cette vie nous la décrivent eux-mêmes et nous entretiennent des lois de la réincarnation. En effet, que sont les quelques exceptions signalées dans les milieux anglo-saxons, et dont le nombre se restreint chaque jour en présence de la masse énorme de documents, de témoignages concordants recueillis depuis l'Amérique du Sud jusqu'aux Indes et au Japon ?

Ce n'est plus, comme dans le passé, un penseur isolé ou même un groupe de penseurs, qui vient montrer à l'humanité la route qu'il croit vraie ; c'est le monde invisible tout entier qui s'ébranle et fait effort pour arracher la pensée humaine à ses routines, à ses erreurs, et lui révèle, comme au temps des druides, la loi divine d'évolution. Ce sont nos propres parents et amis décédés qui nous exposent leur situation, bonne ou mauvaise, et la conséquence de leurs actes au cours d'entretiens riches en preuves d'identités.

Je possède sept gros volumes de communications reçues dans le groupe que j'ai longtemps dirigé et qui répondent à toutes les questions que l'inquiétude humaine pose à la sagesse des invisibles. Les Esprits guides nous instruisaient au moyen de médiums divers qui ne se connaissaient pas toujours entre eux, et surtout par des dames peu lettrées, bourrées de préjugés catholiques et peu portées vers la doctrine des réincarnations. Or, tous ceux qui, depuis, ont consulté ces archives, ont été frappés par la beauté du style, ainsi que par la profondeur des idées émises.

Peut-être ces messages seront-ils publiés un jour. Alors, on verra que, dans mes oeuvres, je ne me suis pas inspiré seulement de mes propres vues, mais surtout de celles de l'au-delà. On reconnaîtra, sous la variété des formes, une grande unité de principes et une parfaite analogie avec les enseignements obtenus des Esprits guides en tous milieux, et dont Allan Kardec s'est inspiré pour tracer les grandes lignes de sa doctrine.

Depuis la guerre, nos Instructeurs ont continué à se manifester par différents médiums. A travers ces organismes divers, la personnalité de chacun d'eux s'est affirmée par son caractère propre, par une originalité tranchée, en un mot, de façon à écarter toute possibilité de simulation. On peut suivre d'année en année, dans la Revue spirite, la quintessence des enseignements qui nous furent donnés sur des sujets toujours substantiels et élevés.

Puis, aux approches du Congrès de 1925, ce fut le grand Initiateur lui-même qui vint nous assurer de son concours et nous éclairer de ses conseils. Aujourd'hui encore c'est lui, c'est Allan Kardec qui nous incite à publier cette étude sur la Réincarnation.

*

* *

Jusqu'ici nous n'avons pas beaucoup insisté sur le principal argument que l'on évoque contre la doctrine des préexistences, c'est-à-dire l'oubli des vies antérieures. Cet argument a été réfuté en détail dans presque tous nos ouvrages49. Cet oubli, nous l'avons vu, n'est pas aussi général qu'on le prétend et si la plupart des hommes se livraient à une étude attentive de leur propre psychologie, ils y trouveraient facilement des traces de leurs vies passées.

Ainsi que le démontre M. Bergson dans son beau livre l'Evolution créatrice, cet argument n'est pas concluant. Dès la vie actuelle, et surtout dans l'état somnambulique, opposé à l'état normal, il se produit des éclipses de mémoire qui rendent compréhensible l'effacement des souvenirs lointains. Tous les spirites savent que cet oubli de notre passé n'est que temporaire et accidentel.

Pour peu que l'esprit soit évolué, le souvenir intégral se reconstituera dans l'au-delà et même au cours de cette existence, pendant le sommeil. A l'état de dégagement il pourra ressaisir l'enchaînement des causes et des effets qui forme la trame de sa destinée. C'est seulement dans la période de lutte matérielle que le souvenir s'efface, précisément pour nous laisser la plénitude de notre libre arbitre, indispensable pour surmonter les difficultés, les épreuves terrestres et en recueillir tous les fruits.

En somme, l'oubli des vies passées doit être considéré comme un bienfait pour la majorité des âmes humaines au point peu élevé de leur évolution. Le souvenir serait souvent pour elle inséparable de révélations humiliantes et de regrets cuisants comme des brûlures. Au lieu de s'hypnotiser sur un mauvais passé, c'est vers l'avenir qu'il convient de fixer le but de nos efforts et l'élan de nos facultés.

Le proverbe ne dit-il pas qu'en mettant la main à la charrue on ne doit pas regarder en arrière ? En effet, pour tracer bien droit son sillon, c'est-à-dire pour affronter et poursuivre le combat de la vie avec quelque avantage, il ne faut pas être obsédé par le cortège des mauvais souvenirs.

C'est plus tard seulement, dans la vie de l'espace, et surtout sur les plans supérieurs de l'évolution, que l'âme humaine, affranchie du joug de la chair, délivrée du lourd capuchon de matière qui restreint ses perceptions, peut embrasser sans défaillance, sans vertige, le vaste panorama de ses existences planétaires. Alors elle a acquis la maturité nécessaire pour discerner, par sa raison et son savoir, le lien qui les relie toutes, les résultats recueillis, en dégager les enseignements qu'ils comportent. C'est ce que dit la Triade 19 :

Il y a trois premières nécessités avant de parvenir à la plénitude de la science : Traverser Abred, traverser Gwynfyd, se souvenir de toute chose jusque dans Annoufn.

Tel est le jugement particulier, l'inventaire moral de l'âme évoluée qui, à l'issue de ses existences, passe en revue la longue suite de ses étapes à travers les mondes. Dans sa sensibilité accrue, dans son expérience, sa sagesse, sa raison agrandies, elle juge de haut toutes choses. Et dans ses souvenirs, suivant leur nature, elle retrouve des causes de joie, ou de souffrance. Sa conscience affinée scrute les moindres replis de sa mémoire profonde. Devenue l'arbitre infaillible, elle prononce sans appel, approuve ou condamne, et parfois, à titre de réparation, sous l'inspiration divine, elle décide et s'impose les renaissances sur les mondes de la matière et de la douleur, c'est ce qu'atteste la Triade 18 : Trois calamités primitives d'Abred : la nécessité, l'oubli, la mort.

*

* *

En terminant ce chapitre nous insisterons encore sur l'importance du mouvement spiritualiste actuel qui n'est en réalité qu'un réveil des traditions de notre race celtique. Pour rendre sa vie pleine, entière, féconde, tout homme doit en comprendre le sens profond et en discerner le but, car, soit par la réflexion, soit par une sorte d'instinct, c'est l'idée qu'il s'en fait qui domine toute son existence, inspire ses actes, les oriente vers des objectifs bas ou élevés.

Il en résulte que cette notion essentielle devrait prendre place dans toute éducation humaine, mais ni l'école, ni l'Eglise, ne nous donnent sur ce sujet capital des indications nettes et précises. De là, en grande partie, le trouble moral et la confusion d'idées qui règnent dans notre société.

Si nous connaissions tous la règle souveraine des êtres et des choses, la loi et la conséquence des actes, leur répercussion sur la destinée, si nous savions que l'on récolte toujours ce que l'on a semé, les réformes sociales seraient plus faciles et la face du monde serait vite changée. Mais la plupart des hommes absorbés par des tâches, par des préoccupations matérielles, privés des loisirs nécessaires pour cultiver leur intelligence et leur coeur, parcourent la vie comme à travers un brouillard. La mort n'est à leurs yeux qu'un épouvantail, dont ils écartent avec effroi la pensée importune. Aussi quand viennent les jours d'épreuves, si le vent souffle en tempête, ils se trouvent vite désemparés.

C'est ce qui se produit à notre époque. Pour arracher l'homme aux lourdes influences matérielles qui l'oppriment il fallait de graves événements, des crises douloureuses, qui en lui montrant le caractère précaire, instable de la vie terrestre, devaient abattre son orgueil et l'obliger à porter plus loin ses regards, à fixer plus haut ses buts. Ce serait tout profit pour l'humanité, si les temps d'épreuves que traverse actuellement notre civilisation devaient l'éclairer sur ses tares et ses vices et lui apprendre à les guérir.

N'est-ce pas une coïncidence frappante, qu'au moment même où les croyances religieuses pâlissent de plus en plus, où le matérialisme étale sous nos yeux ses effets destructeurs, une révélation d'en haut se répande sur le globe par des milliers de voix, offrant une doctrine, un enseignement rationnel et consolateur à tous les chercheurs de bonne foi ?

Le spiritisme est le plus grand et solennel mouvement de la pensée qui se soit produit depuis l'apparition du Christianisme. Non seulement, par l'ensemble de ses phénomènes, il nous apporte la preuve de la survivance, mais, au point de vue philosophique, ses conséquences sont non moins vastes. Avec lui, l'horizon s'éclaire, le but de la vie se précise, la conception de l'univers et de ses lois s'élargit, le sombre pessimisme s'évanouit pour faire place à la confiance, à la foi en des destinées meilleures.

Le spiritisme peut donc révolutionner tous les domaines de la pensée et de la connaissance. Au lieu des compartiments étroits où ils se trouvaient confinés, il leur ouvre de larges issues vers l'inconnu, vers l'inexploré. Par l'étude de l'être dans son moi profond, dans ce monde interne où s'accumulent tant d'impressions et de souvenirs, le spiritisme crée une psychologie nouvelle autrement large et variée que la psychologie classique.

Jusqu'ici, nous ne connaissions que la partie la plus grossière, la plus superficielle de notre être. Le spiritisme nous le montre comme un réservoir de forces cachées, de facultés en germe que chacun de nous est appelé à mettre en valeur, à développer à travers les temps. Par les méthodes hypnotiques ou magnétiques il deviendra possible de remonter jusqu'aux origines de l'être en reconstituant l'enchaînement des existences et des souvenirs, la série des causes et des effets qui sont comme la trame de notre propre histoire. Nous apprendrons que l'être crée lui-même sa personnalité, sa conscience au cours d'une évolution qui le porte de vie en vie vers des états meilleurs. Et par là s'affirme notre liberté qui grandit avec notre élévation et fixe les causes déterminantes de notre destinée, heureuse ou malheureuse, suivant nos mérites. Dès lors, plus de ces débats stériles auxquels nous assistons depuis longtemps, et qui proviennent de l'insuffisance de nos vues et du champ trop restreint de nos observations dans cette vie fugitive et sur ce monde chétif, parcelle infinie du Grand Tout.

En un mot, l'être nous apparaît sous des aspects plus nobles et plus beaux portant en lui tout le secret de sa grandeur future et de sa puissance radiante. Avec la culture de cette science, un jour viendra où tout homme pourra lire clairement en lui-même la règle souveraine de sa vie et de son avenir. Et de là découleront de vastes conséquences sociales. La notion des devoirs et des responsabilités se précisera. A la place des doutes, des incertitudes et du pessimisme actuels, l'espérance se dégagera de la connaissance de notre nature impérissable et de nos destinées sans fin.

On peut donc dire que l'oeuvre du spiritisme est double : sur le plan terrestre elle tend à réunir et à fondre dans une synthèse grandiose toutes les formes, jusqu'ici disparates et souvent contradictoires, de la pensée et de la science. Sur un plan plus large il unit le visible à l'invisible, ces deux formes de la vie, qui, en réalité, se pénètrent et se complètent depuis le principe des choses. Dans ce but il démontre que notre monde et l'Au-delà ne sont pas séparés, mais sont l'un dans l'autre, constituant ainsi un tout harmonique.
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