Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions





télécharger 225.99 Kb.
titreDu châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions
page1/12
date de publication05.03.2017
taille225.99 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

DU CHÂTELET À L’HÔTEL DE VILLE 
EN PASSANT PAR BEAUBOURG. 
DE RÉVOLTES EN RÉVOLUTIONS



Nous partirons de la place du Châtelet


Elle tient son nom d’un ouvrage défensif construit sous Louis VI le gros vers 1130 : le Grand châtelet ; bastide qui protégeait une des principales entrées de Paris et le Grand pont — qui deviendra le Pont aux Changeurs puis notre Pont au Change — reliant la rive droite à l’île de la Cité. Cette construction perdit sous Philippe Auguste, avec l’élargissement de la ville, son rôle militaire. Elle devint le siège de la prévôté de Paris, servant en même temps de prison, de lieu de torture et de morgue.

On y enferma des hôtes célèbres : comme François VillonClément Marot ou le fameux Cartouche qui parvint à s’en évader. Des partisans des Armagnacs y furent massacrés le 12 juin 1418 par ceux des Bourguignons de Jean Sans Peur, menés par le bourreau Capeluche. On y venait aussi reconnaître — les "morguer" — les cadavres des noyés repêchés dans la Seine ou ramassés la nuit dans les rues. Le 2 septembre 1792, 160 des 200 prisonniers qui s’y trouvaient furent massacrés, comme dans plusieurs geôles parisiennes.

C’était, au moyen âge, un des trois seuls lieux à Paris éclairés la nuit par une lanterne en bois garnie de vessies de porc.

Le Châtelet sera détruit en 1808 pour aménager la place actuelle et y ériger un des nombreux monuments à la gloire de l’impérialisme napoléonien : la fontaine du Palmier. On peut voir un plan de l’ancien édifice sur la façade de l’actuelle chambre des notaires qui se trouve sur son emplacement.

L’histoire et les pérégrinations de la municipalité de Paris font l’objet de nombreuses controverses. On confond souvent la "Maison de la marchandise", où se tenait l’assemblée administrative des bourgeois parisiens, et le "Parlouer aux bourgeois" qui était une instance à caractère juridique. Or, ces deux institutions furent longtemps séparées, politiquement et géographiquement. Lorsqu’on parle de la "municipalité" de Paris, il faut donc bien les distinguer, ce qui n’est pas toujours fait par les historiens et embrouille sérieusement les pistes.

Il semble que la première municipalité, qui se confondait alors avec la confrérie des nautes, puis avec la hanse des marchands de l’eau, se soit tenue sur l’île de la Cité, aux abords de ce qui était le port antique de Lutèce puis de Paris, le port Saint Landry, à l’actuel débouché du pont d’Arcole, entre le quai aux Fleurs et le quai de la Corse. Certains situent son siège à l’emplacement de l’Hôtel des Ursins. Elle se serait ensuite déplacée de l’autre côté de l’île, au marché Neuf, près du Petit pont, dans un bâtiment qui a subsisté jusqu’au milieu du 18ème siècle sous le nom d’Hôtel de Ville du roi Pépin.

C’est dans la "vallée de misère", à hauteur du 20 quai de la Mégisserie, qu’aurait déménagé quelques siècles plus tard la "Maison de la marchandise". Et c’est seulement vers le début du 14ème siècle qu’elle se serait installée rue St Leufroy, entre l’église du même nom et le Grand Châtelet, au déboucher du Pont au Change, précisément à l’endroit où nous nous trouvons. Elle était dominée par la guilde des marchands de l’eau, corporation prépondérante qui contrôlait le trafic fluvial sur le cours de la Seine entre Mantes et Corbeil. La ville en a d’ailleurs tiré son blason et sa devise : "Fluctuat nec mergitur".

En 1258, Louis IX avait mis la ville sous sa propre autorité et nommé un prévôt royal : Étienne Boileau. Ce dernier instaura en 1261 le Livre des métiers, réglementant le statut des corporations. Les bourgeois de la cité élurent de leur côté, en 1263, un prévôt des marchands, Evrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins. Ce double pouvoir fut au cours des siècles l’origine de nombreuses querelles…

En 1357, Étienne Marcel installe la municipalité dans la Maison aux piliers, sur la place de Grève. Nous en reparlerons plus loin puisque ce sera l’aboutissement de notre promenade.

Le Parlouer aux bourgeois, quant à lui, suivit un autre parcours. Il siégeait, de longue date semble-t-il, dans un bâtiment situé à l’emplacement de l’actuel numéro 20 de la rue Soufflot, sur l’entrée de notre rue Victor Cousin, à cheval sur l’enceinte de Philippe Auguste. Le bâtiment sera récupéré par les Jacobins qui en feront le réfectoire de leur couvent. Car le Parloir vient s’installer vers 1357 là où nous nous trouvons, dans l’ancienne Maison de la marchandise de la rue St Leufroy libérée par la municipalité ; ce qui entretient sans doute la confusion entre les deux institutions. De fait, il sera réuni à la municipalité un siècle plus tard dans la nouvelle Maison commune de la place de Grève.

L’actuelle place faisait alors partie de ce que l’on appelait l’Apport Paris, c’est-à-dire le principal port de la capitale. On y débarquait en particulier les animaux destinés à la Grande boucherie. Celle-ci était située juste derrière le Grand Châtelet. Elle fut démantelée le 13 mai 1416 après la révolte des Cabochiens (du surnom de Simon le Coustelier, dit Caboche, un des meneurs de la corporation et de l’émeute).

C’est dans la rue Jean St Denis — disparue comme tout le quartier —, dans la pension de Mme Pinon à l’image St Joseph, que Gilles du Hamel d’Hatréaumont, dit Latréaumont, descendit le 13 juin 1674 pour préparer un coup d’État contre Louis XIV, avec la complicité du hollandais Affinius Van den Enden et du Chevalier de Rohan. Ils projetaient d’instaurer, aidés militairement par les Pays Bas, une république, d’abord en Normandie puis dans toute la France. Le projet était pas mal avancé quand il fut découvert par hasard. Tous les protagonistes en furent exécutés. Le manuscrit du projet de République rédigé par Van den Enden fut caché non loin de là, chez le père de Guillaume du Chesne, protagoniste du complot.

Le 5 juin 1832, lors de l’insurrection déclenchée à l’occasion des obsèques du général Lamarque, le poste de police de la place du Châtelet fut investi par les insurgés.

Une autre insurrection, organisée par la Société des Saisons dirigée par Barbès, BlanquiMartin Bernard et Laponneraye, s’y déroula le 12 mai 1839. Ce fut un échec qui aboutit à la condamnation de ses meneurs.

1 : Théâtre du Châtelet 
Un meeting d’Émile Ollivier qui s’y tient le 12 mai 1869 est troublé par des milliers de manifestants ; signe annonciateur du rejet croissant de la dictature de Napoléon III malgré les manœuvres démagogiques de sa fin de règne. 
Les francs-maçons favorables à la Commune s’y réunissent le 24 avril 1871, puis le 26, après la tentative de médiation manquée, le 22, avec Versailles. Le boucher Adolphe Thiers, qui veut la peau des Insurgés parisiens, a refusé tout compromis. Les délibérations débouchent sur un appel majoritaire à soutenir la Commune. 
Pendant la Semaine sanglante, une cour prévôtale va s’y tenir dès le 23 mai, dirigée par le sanguinaire colonel Vabre. Elle prononce des milliers de condamnations sommaires à la peine de mort. Les condamnés sont emmenés à la caserne Lobau, derrière l’Hôtel de Ville, où ils sont immédiatement exécutés par groupes de dix à vingt.

Le théâtre du Châtelet connaîtra heureusement des événements plus conformes à sa vocation : 
L’ouverture de la Saison russe, en 1909, sous l’égide de Diaghilev et de Gabriel Astruc, verra la première apparition à Paris de Nijinski le 18 mai. 
La première de Parade, ballet de Léonide Massine, sur un poème de Jean Cocteau, une musique d’Erik Satie, des décors de Pablo Picasso. Le programme est réalisé par Guillaume Apollinaire qui invente à cette occasion un néologisme qui aura de l’avenir : le "sur-réalisme"… Nous sommes le 18 mai 1917 ; visiblement le moral de l’"arrière" tient bon !…

C’est dans la brasserie Zimmer, mitoyenne du théâtre, qu’André Virel, un ami de Jacques Prévert, est arrêté pour participation à un réseau de fabrication de faux papiers en 1943. À la suite de quoi notre poète va participer au déménagement d’une cache de documents. Ce sera son seul fait de Résistance.

2 : Théâtre Lyrique, puis Théâtre des Nations, puis Théâtre Sarah Bernardt, puis Théâtre de la Ville
Une assemblée des électeurs du 4ème arrondissement s’y tient le 20 mai 1871. Y participent, en tant que membres de la Commune, Amouroux, seul représentant de la majorité du Conseil de la Commune, Arnould, Clémence, Gérardin, Lefrançais ; ces derniers représentant la minorité… Les 22 démissionnaires sont sommés par les 2000 électeurs présents de reprendre leur poste. Ils n’auront pas le temps de le faire ; nous sommes à la veille de l’entrée des versaillais dans Paris. 
Maxime Lisbonne monte "Le sommeil de Danton" de Clovis Hugues, dans ce qui est alors le Théâtre de la Nation, en 1888. 
Les Surréaliste perturbent la première de "Roméo et Juliette" des Ballets russes de Diaghilev le 18 mars 1926. Participent à ce charivari Breton, Crevel, DesnosDuhamelTanguyPrévertSimone Breton… 
(Charles Dullin y monte "Les mouches", de Jean Paul Sartre, le 3 juin 1943.Albert Camus assiste à la représentation ; c’est sa première rencontre avec l’auteur de l’Être et le Néant.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

similaire:

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconBibliographie Bibliothèque administrative de la ville de Paris. Hôtel de ville
«Droit Civil ds ses rapports avec l’Admin. Public». On le qualifie de cours de da

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconGéopolitis – Révolutions : comment ça marche ?
«Retrouvez tous les dossiers» puis taper le mot «révolutions» dans la zone de recherche. Sélectionner l’émission «Révolutions : comment...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconParcours : hommage poétique à la ville de Paris et à ses habitants
«Hier, j'ai eu une peur bleue : en passant par le parking, je me suis fait agresser soudainement par un type étrange qui m'a poussée,...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions icon5 décembre : sortie des 6ec exposition contée et mimée «Sur la route...
«Sur la route des Contes» à l'hôtel de ville de la Celle Saint Cloud, avec Mme Rolin, Mme Mailley et Lucile

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconNotre voyage au Maroc du 1er Juin au 15 Juin 2011
«El Marrakech» : hôtel «usine» de Marmara, mais très bien situé au centre ville !

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconHistoire Economique 1° année lmd 2012 – 2013 Edith Maillot Syndhia...
«mécanoclaste» est prolongée en France par les multiples révoltes des canuts (ouvriers tisserands de la soie) à Lyon, violemment...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconBlois, la forme d’une ville
«Blois, la forme d’une ville», fait écho à la citation d’un poème de Charles Baudelaire1, repris par Julien Gracq2 et titre d’une...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconBlois, la forme d’une ville
«Blois, la forme d’une ville», fait écho à la citation d’un poème de Charles Baudelaire1, repris par Julien Gracq2 et titre d’une...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions iconJournées Européennes du Patrimoine
«De l’évolution de la photographie à celle des photographes : itinéraire illustré en France continentale et en Corse, en passant...

Du châtelet à L’HÔtel de ville en passant par beaubourg. De révoltes en révolutions icon= répertoire très varié de liens, depuis les sites pédagogiques jusqu'au...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com