Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010





titreSauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010
page4/31
date de publication06.03.2017
taille1.2 Mb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   31

Continental - Les "Contis" battent le pavé pour sauver leurs emplois


Un millier de salariés de l'usine Continental de Clairoix ont manifesté mercredi 25 mars à Paris contre la fermeture de leur site avant d'être reçus à l'Elysée.

Manifestation de salariés de Continental à Paris (25 mars 2009)




 
Quand le 11 mars 2009, les 1120 salarié-e-s de l’usine de pneumatiques Continental à Clairoix dans l’Oise apprennent subitement la fermeture de leur entreprise pour fin 2009, c’est le ciel qui leur tombe sur la tête : rien ne le laissait prévoir. Certes, avec la crise économique déclenchée à l’été 2008, les ventes d’automobiles et en conséquence les commandes de pneumatiques avaient fortement chuté : de 8 millions de pneus haute performance (ceux qui dégagent le plus de valeur ajoutée), la production journalière de l’usine Continental était descendue à 7 puis 5 millions. Mais l’entreprise restait bénéficiaire (17 millions de bénéfices après impôt), elle venait de procéder à l’embauche en CDI de 70 intérimaires et d’en embaucher d’autres avec le passage aux 40H imposé en début 2008, et elle venait de faire 44 millions d’investissements dans de nouvelles machines – certaines étaient encore sous bâche. Certes, Continental avait fermé deux ans auparavant une usine à Charlotte (USA) qui avait vu sa production chuter de 8 à 5 millions de pneus. Les salariés s’attendaient sans doute à une vague de départs en pré-retraites ou à quelques licenciements, mais pas à la fermeture du site.

Comme le dit Sébastien, qui travaillait aux programmes : « le jour de l’annonce de la fermeture, je formais des gars sur de nouvelles machines… ! »

Dès le lendemain, le 12 mars, les salariés constituent un Comité de lutte ouvert à tous, syndiqués ou non syndiqués, cadres ou ouvriers, où chacun avait son mot à dire : c’est le principe de la démocratie et de l’autonomie par rapport aux syndicats, ce sont les salariés qui décident de l’organisation de la lutte : « La hargne était là, les gens ne sont pas retourné bosser ».

Sylvie, une des rares femmes de l’entreprise (elles sont une petite centaine), qui travaillait le week-end et était donc assez isolée des autres salariés, entre tout de suite dans le comité de lutte et s’y intègre facilement, bien que la seule femme. Sébastien, depuis douze ans dans l’usine, a tourné en rond chez lui le premier jour et est entré au comité de lutte dès le second jour et ne l’a jamais quitté. Dès le départ, dit Eric, les gens voulaient résister.

En effet, comme le dit Eric, « la crise a bon dos : ils s’en sont servis pour fermer le site, mais la fermeture était prévue bien avant. L’ancien directeur du site de Clairoix venait de partir ouvrir une usine en Roumanie, avec 300 millions d’investissements prévus. C’est une délocalisation pure et dure ! Or, ici, on fabriquait jusqu’à 600 types de pneus, on était passés de 60 références par jour à 120. »

Les Contis ont alors multiplié les actions :

  • « Lors de la manifestation nationale du 19 mars, on nous a mis en tête de cortège.

  • On a fait deux ou trois manifestations à l’arrache sur Compiègne

  • On est allés à dix cars à l’Elysée demander une entrevue avec le président de la République. On a été reçus. Mais ils voulaient quatre personnes, deux de Conti, et deux délégués désignés par les syndicats ; c’est alors que les syndicats, que l’on n’avait pas encore vus, ont voulu prendre deux places dans la délégation. On a refusé. On ne les a jamais revus. 

  • On est allés au MEDEF une première fois, puis une deuxième fois, avec les Caterpillar de Grenoble

  • Le 22 avril, on est allés à Hanovre et on a manifesté avec les salariés allemands frappés par trois fermetures d’usines en même temps, ils nous ont très bien accueillis. Là, c’était impressionnant comme manifestation.

  • Le 4 juillet, ici, à Margny-les-Compiègne, on a fait une journée de fête et d’appel à soutien de la part de la population, où celle-ci a exprimé sa solidarité. C’est à partir de là qu’on a commencé à voir des politiques, Olivier Besancenot est venu, Nathalie Herteaux de Lutte Ouvrière.

  • Le 30 juillet, on est allés à Châtellerault manifester à plus de 2000 à l’appel des New Fabris. Mais c’était leur dernier jour, ils étaient licenciés. On est restés toute la nuit avec eux sur le site bloqué, ils baissaient les bras, ils étaient usés par huit mois de lutte. Ils ont fait voter les gens, sur 366 salariés, 260 sont venus voter, et seuls 40 ont dit non au PSE. Ils ont arrêté la mort dans l’âme. Je me souviendrai toujours de leur regard.

  • On est allés voir les Goodyear à Amiens, et on a manifesté avec eux. Ils sont venus avec nous ensuite à Paris le 17 septembre.

  • Ensuite, on est allés à la Bourse de Paris avec des dizaines d’entreprises en lutte, le 17 septembre, à l’appel des Goodyear et non de la CGT.

  • Samedi, on va à Lille pour voir les sans-papiers qui nous ont mis dans leur motion.

  • On a tout de suite introduit un recours devant le tribunal de Sarreguemines. On était confiants, le dossier était béton. Le gouvernement avait dit : « Ne vous inquiétez pas, la justice va jouer son rôle. » Sarkozy, Lagarde et Châtel disaient alors « On va mettre ces patrons voyous devant leurs responsabilités ! » Même le procureur avait déclaré être en faveur des salariés. C’st là qu’il y a eu l’affaire de la sous-préfecture.


Le 21 avril, on s’est invités à la sous-préfecture de Compiègne, car cela faisait des mois que l’on réclamait du gouvernement l’organisation d’une réunion tripartite, entre lui, les salariés et les patrons, et que l’Etat fasse le juge entre les deux. On n’avait aucune nouvelle, or, le plan social était lancé. Donc on est allés à la sous-préfecture pour voir la sous-préfète et lui demander de faire pression. On était accompagnés de France 2, qui faisait un reportage pour « Compléments d’enquête », de TF1, et de FR3, qui venait tout le temps aux AG. C’est là que nos copains qui étaient allés au jugement de Sarreguemines nous ont appelés pour nous annoncer que le tribunal nous avait déboutés.

Là, la fureur nous a pris, et on a renversé quelques bureaux. On a parlé de saccage. Les dégradations n’étaient pas aussi importantes que ça. Sept camarades, tous du comité de lutte, sont passés en procès et six sont condamnés à de lourdes amendes, sans qu’il n’y ait aucune preuve formelle de leur implication. Ils ont été désignés par le directeur de l’usine au vu des photos prises par TF1, qui devaient être floutées, et qui curieusement ne l’ont pas été, et ont été transmises à la police. Comme ajoutent Eric et Sébastien : « Mais à la base, on est des ouvriers, on n’est pas des casseurs. On nous a poussés à bout. A la sous-préfecture, tout le monde s’est rendu compte que c’était fini, alors qu’on avait en principe le gouvernement pour nous.

Mais il a fallu cette casse pour que l’on obtienne la tripartite aussitôt.

On a toujours été mobilisés et on est restés très soudés, on n’a jamais fait une manifestation à moins de 800 à 1000 sur 1120. C’est cela qui a fait notre force. Et d’autre part, nous avons eu un soutien de poids, celui du camarade de Lutte Ouvrière, Mr Spirzko, qui a été toujours à nos côtés et nous a conseillés et évité des pièges, car il avait négocié le plan social des Chausson, et c’est pourquoi Xavier Mathieu l’a sollicité. Il a été là tous les jours. Mais il ne cherchait pas à se mettre en avant. Il proposait. C’étaient toujours nous qui décidions. »

  • Avez-vous pensé à reprendre l’entreprise ?

- C’était impossible. On nous a beaucoup reproché de nous être battus pour des indemnités de départ. Mais au départ, on ne s’est pas battus pour une prime, mais pour empêcher que l’usine ferme, car elle était rentable. L’actionnaire précédent avait pris plus de 50 % des actions et s’était endetté dès 2008. Puis il y a eu la délocalisation.

  • Quels sont les acquis de la lutte ?

- « La fierté, la dignité », selon Sylvie, qui ajoute : « je ne regrette pas. Cela m’a aidée aussi à avaler la pilule. »

Pour Sébastien et Eric, « on s’est battus pour que ces licenciements leur coûtent le plus cher possible, pour que cela serve d’exemple.

On a obtenu après notre licenciement en décembre d’être payés à 85 % en congé de conversion pendant 24 mois, avec le droit à trois stages, et la mutuelle, ce qui nous amène à fin 2011. Puis on aura droits à 23 mois d’allocations de chômage, et même à trois ans pour les plus de 50 ans. Et cela, y compris pour le dernier embauché, celui qui avait été embauché une heure avant de l’annonce du PSE. Au total, ça leur coûte 220 millions d’euros… Chez Molex, alors qu’ils se sont battus des mois, leur plan social a été pris en charge par les syndicats, et ils ont obtenu beaucoup moins. Il faut que ce soit pris en mains par les militants, et non par les syndicats. On n’est jamais mieux servis que par soi-même.

Si on a obtenu tout ça, c’est parce que Continental avait promis en janvier 2008, lorsque nous avons été forcés à passer aux 40H, la pérennisation du site jusqu’en 2012. Ce non respect des contrats signés nous a aidés dans la négociation. Et aussi, c’est à cause de l’image de marque de Continental, entreprise allemande. Et enfin, parce qu’ils voyaient qu’on ne lâchait pas, on était même plus nombreux à la fin qu’au début à se mobiliser.

  • Qu’attendiez-vous du gouvernement ?

- On en attendait qu’il respecte ses promesses et ses engagements. Or, une usine de 1120 personnes, un potentiel, un savoir-faire… tout est plié en cinq mois sans que l’Etat intervienne ! C’est pourquoi on était allés voir Sarkozy, car on était la première usine à être repassée de 35 à 40H et la première à fermer après.

  • Qu’attendiez-vous des syndicats, et notamment de la CGT ? Quel a été leur attitude ?

- Après le refus opposé à ce qu’ils prennent la place des salariés lors de l’entrevue à l’Elysée, on ne les a plus jamais revus. Bernard Thibault n’est jamais venu. Il s’est empressé de nous dénoncer après les dégradations à la sous-préfecture, nous traitant de « voyous ». On a cinq syndicats dans l’entreprise, mais le syndicat majoritaire était la CFTC, on n’aurait jamais rien obtenu avec eux. Les syndicats sont déconnectés des luttes. Ils ont peur de la convergence des luttes car ils ne la maîtrisent pas. Quand on a eu le résultat du tribunal de Sarreguemines le 1er septembre, Thibault était à l’Elysée. Il a dit qu’il ne se déplaçait pas dans une usine avec seulement 15 syndiqués CGT. Mais à Goodyear ils ont à 85 % CGT et ils ne l’ont pas vu davantage. Il faut faire une manif le lundi, la continuer le mardi, le mercredi, et ainsi de suite, si l’on veut y arriver, et pas une manif le samedi une fois tous les trois mois. Après le 19 mars, ils ont vendu le mouvement. »

Ce qui frappe est le sentiment de trahison ressenti par les salariés :

- Trahison de l’entreprise, à laquelle ils s’étaient donnés avec ardeur. Ainsi, dit Sylvie, « en 12 heures, on faisait 40 pneus, et même 60 dans l’autre dimension ; il y avait une cadence à faire. On était toujours debout. C’était un métier dur, mais on était payés en conséquence (1500 euros en travail du week-end). Je comptais faire ma vie ici…On est encore un peu dans le contexte de la lutte. Déjà, quand on arrive devant l’entreprise fermée, ça fait quelque chose…

- Trahison du gouvernement, dont ils attendaient l’intervention, selon ses promesses.

- Trahison des syndicats, absents sur la lutte, et incapables de proposer une coordination

des luttes, et une alternative. Pire, lorsque survient l’affaire de la sous-préfecture, c’est la désolidarisation totale. Or, le procès remet en vIgueur en quelque sorte la loi anti-casseurs abolie par Badinter, en laissant accuser des personnes du seul fait de leur présence dans une manifestation. Comme le dit Sébastien, « c’est lus qu’un symbole, cela concerne tout le monde. Je n’ai pas envie que cela fasse jurisprudence et de laisser cela en héritage à mes enfants. »
Ajoutons que même si nous n’avons pu l’interviewer, il faut souligner le rôle clé joué tout au long du conflit par Xavier Mathieu, leader emblématique de la lutte des Contis, âgé de 44 ans, dont 22 ans de délégué CGT chez Continental. Son énergie farouche, sa détermination, son éloquence ont aidé à souder les Contis. Il n’a pas hésité non plus à dénoncer l’inaction de Bernard Thibault, le traitant de « racaille » tout d’abord, puis se ravisant, ce qui lui valut les honneurs de la presse, friande de telles accusations à deux mois du Congrès de la CGT.
Suite à l’expression spontanée de colère de quelque 500 salariés à la sous-préfecture de Compiègne, les Contis se sont vus pour sept d’entre eux assignés en justice et de lourdes peines étaient requises contre eux. Le 5 février 2010, la Cour d’Appel d’Amiens a annulé les peines de prison prononcées en septembre par le tribunal de Compiègne contre six travailleurs. Mais l’Etat entend assigner maintenant ces salariés devant le tribunal civil pour leur faire rembourser les prétendus dégâts – en fait, quelques ordinateurs et papiers bousculés – et le procès a lieu le 7 avril. Pour dénoncer cette criminalisation de la lutte et l’acharnement de l’Etat, les Contis ont à nouveau manifesté leur unité dans l’adversité.
Leçon de la lutte
Les « Contis » ont fait la une de l’actualité en 2009. Leur lutte fut à de nombreux égards exemplaire, car malgré la faiblesse de la CGT, les salariés ont constitué un comité de lutte avec les syndiqués de divers syndicats et des non syndiqués qui a créé une unité exceptionnelle dans le combat mené par les salariés. Très souvent, c’est à plus d’un millier qu’ils ont intervenus. Cette unité a été une des clés du succès.

On ne peut dire – comme certains y compris au sein des confédérations le leur ont reproché – qu’ils ne se sont battus que pour des primes de départ. Au début, ils ont lutté contre la fermeture de leur entreprise car elle était rentable. Ils n’ont pu en proposer la reprise. C’est un cas de délocalisation pure et dure, où les machines sont parties en Roumanie. L’Etat n’est pas intervenu, et la CGT n’a pas apporté de soutien. Aussi les salariés se sont-ils battus pour que leur licenciement coûte le plus cher possible au patron : ils ont obtenu les plus grosses indemnités parmi les entreprises victimes de plans sociaux. Leur détermination dans l’unité s’est maintenue face à la répression et au procès intenté à sept d’entre eux. La leçon qu’ils en tirent est que l’on n’est jamais mieux servis que par soi-même, et qu’il ne sert de rien de déléguer la lutte aux syndicats.

Centre d’Appels du Club Med



Le centre d’appels européen du Club Med emploie 220 salariés avant l’annonce en 2009 du plan social, qui prévoit 90 licenciements. Or, le Club Med a bien résisté à la crise, car il s’est recentré sur une clientèle haut de gamme, avec la suppression des villages les moins chers, et l’élimination de la clientèle populaire. Comme le dit Sébastien, délégué FO au Comité d’entreprise, c’est d’autant plus abusif de justifier le PSE par la crise. Bien avant celle-ci, dès 2007, le Club Med relocalise des appels dans les agences Club Med Voyages pour en rentabiliser la main d’œuvre.

« Nous considérons que le projet de restructuration de 2009 a commencé en réalité en 2007 avec ces détournements d’appels, qui n’ont pas été soumis au comité d’entreprise et auraient dû être justifiés par la conjoncture en 2007. Aussi FO, et la CGT qui nous suit, ont attaqué pour délit d’entrave. Ce fut la première cartouche que nous avons sortie lors des négociations sur le PSE.

Ensuite, on a mobilisé fortement, les salariés ont d’abord fait une grève totale sur quatre jours, puis pour limiter les pertes de salaires, on a fait des grèves la première heure (celle où il y a le plus d’appels de 9H à 10H) et sur la dernière heure. On a mis la pression, on a eu une double page dans Marianne, et des articles dans Le Parisien, L’Humanité. On a demandé un rapport d’expertise sur la justification économique du PSE, qui a conclu que rien ne le justifiait économiquement.

L’attaque au TGI, cela aurait pu être la deuxième cartouche, cela aurait bloqué le PSE plusieurs mois. Mais nous avons posé la question aux salariés : « On est prêts à aller au TGI. Qu’est-ce que vous voulez faire ? »

Hélas, les salariés se sont prononcés contre aller au TGI car ils sont fatigués de lutter, ils sont stressés, ils n’en peuvent plus. Beaucoup ne peuvent plus, psychologiquement, supporter de travailler sans savoir ce qui les attend. On s’est retrouvés très minoritaires face à la direction et aux dix délégués CFDT et CFTC qui ne nous soutenaient pas, pire, qui dénonçaient notre action.

L’annonce du PSE, en effet, a cassé quelque chose : beaucoup de gens sont dégoûtés et veulent se barrer, ils s’étaient donnés à fond, et ils se sont sentis trahis.

Pourtant, notre lutte a payé, même si on aurait pu avoir plus en allant jusqu’au bout. On ne pourra pas contrer complètement le PSE. On a dit, « Restructurer, c’est votre droit, mais personne ne doit rester sur le carreau. Vous garantissez des indemnités conséquentes pour que les gens qui veulent partir puissent être motivés à le faire, mais avec une garantie que tous ceux qui veulent rester soient reclassés dans le groupe. On n’a pas eu cette garantie. Mais on a transformé une vingtaine de contrats précaires de 17H30 en dix contrats de 35 H et trois mi-temps, et avec les reclassements internes, on a réussi à baisser de moitié le nombre de licenciements, il en reste 40. On espère un maximum de départs volontaires si les primes sont conséquentes. A ce sujet, on a réussi à dépasser tout ce qui s’était fait dans le groupe jusque là : on a obtenu 75 % du salire par année d’ancienneté, avec des mois de salire en plus selon l’ancienneté, même si on est loin d’avoir obtenu ce que nous revendiquions au départ. Il reste deux gros écueils : la direction nous a fait un coup de Trafalgar en nous imposant des indemnités transactionnelles – avec lesquelles on ne peut plus saisir les Prud’hommes – alors qu’on voulait des indemnités complémentaires. Cela se fait d’habitude dans le cadre de licenciements individuels, mais très rarement dans le cadre de PSE. Or, ce renoncement, ça se monnaye. C’est la double peine. C’est pourquoi on aurait souhaité faire une grève sur deux jours au moins avant la troisième réunion sur le PSE.

Je tire de cette lutte pas mal de leçons. La toute première, c’est que l’on se rend compte que nous les salariés touchés et leurs représentants, on en est réduits à négocier des primes de valise, alors qu’en tant que responsables syndicaux, on est là pour défendre l’emploi. Le gouvernement avalise des licenciements abusifs. On a reculé sur le droit des licenciements : avant, avec le rapport d’expertise, on pouvait remettre en cause un PSE ou l’annuler. Aujourd’hui, il faut attendre d’être licenciés pour aller aux prud’hommes, et les directions s’arrangent pour qu’on ne puisse pas y aller. La seule action possible set politqiue. Il faut une législation contre les plans de licenciements abusifs. Il faut que les motifs des PSE soient béton. Or, la plupart des PSE sont très peu justifiés économiquement. Et on se retrouve impuissants à négocier des primes de départ.

Deuxième leçon : FO se revendique de la CGT d’avant-guerre. Pour nous, il n’y a pas de vraie négociation sans rapport de forces avec des grèves, des débrayages, une pression médiatique. On est obligés de faire monter la pression. Les avancées qu’on a, il faut les arracher.

La troisième leçon, malheureusement, c’est que l’unité syndicale set fragile, alors qu’elle est vivement souhaitée par les salariés. Il y a hélas des syndicats soit mous, soit vendus.

  • Pourquoi les grandes confédérations syndicales ne proposent-elles aux salariés en lutte boite par boite aucune coordination des luttes ?

- J’ai posé cette question à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, lors d’une assemblée de tous les secrétaires d’UD d’Ile de France. Il m’a répondu : « Oui, mais on ne peut pas forcer les autres confédérations. Le seul moyen de faire reculer le gouvernement serait une grève générale reconductible. » Pour moi aussi, la seule solution serait une grève générale. Pour cela, il faut commencer à s’unir sur le terrain. »
Leçon de la lutte
Le PSE a été préparé en amont par le détournement des appels sur les agences. Il n’y a pas eu d’unité syndicale, et la lutte a épuisé les salariés. FO a du se concentrer sur la négociation de primes de départ alors qu’il voulait défendre l’emploi. Dans de tels cas, une loi contre les plans sociaux paraît indispensable.

Téléperformance

 
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   31

similaire:

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconDéfense Contre les Aéronefs puis Défense Contre-Avion, est née avec...
«Croissance de la dca» lui fait jouer un rôle capital contre les actions aériennes adverses

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 icon3. cif qui peut prétendre au cif les démarches à accomplir Le financement...
«de favoriser l’insertion ou la réinsertion professionnelle, le maintien dans l’emploi, le développement des compétences, l’accès...

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconRecherche des raisons de la crise syndicale française, notamment...
«éditions», propose des documents téléchargeables et/ou des sites associés à cette publication

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconGestion des ressources humaines
«étendues» font coexister plusieurs catégories de salariés, les siens et ceux des fournisseurs et des ses sous-traitants, souvent...

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconPanorama de presse 04/04/2008 cgt sommaire
«collecte géante» de solidarité avec les travailleurs de Dacia, en lutte pour des augmentations de salaires en Roumanie

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconMonsieur le Président d’honneur, Cher Gérard
«salariés de la Mémoire». Notre association est et restera un grand creuset du bénévolat

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconQuestion de synthèse étayée par un travail préparatoire
«carrières de militants» peut-il provoquer une coupure entre les syndicats et les salariés ? (Document 4) (1,5 points)

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconPage : Compte-rendu de la conférence du mardi 22 janvier 2013
«parentalité à 360 °». De plus les salariés de province et d’ile de France ne vivent pas les mêmes soucis de transport ou d’isolation...

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconLettre ouverte des mutuelles de france
«stock-options», ces très hauts revenus que se distribuent, entre eux, les dirigeants des entreprises cotées en bourse, cotisaient...

Sauver notre industrie avec les salariés en lutte Des Contis aux New Fabris, les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 iconLes dossiers du professeur-relais
«les Français parlent aux Français» en mars 1941. Les Français sont invités à dessiner cette lettre partout où cela est possible...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com