De la même auteure, à la Bibliothèque





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avocat, comme ils disent, une guerre atroce, universelle. Le vote est l’exutoire ; fermez-le, tout éclate !

Nohant, 6 novembre.

Me voilà revenue au nid. Je me suis échappée, ne voulant pas encore amener la famille ; je retournerai ce soir à La Châtre, et je reviendrai demain ici. J’en suis partie il y a deux mois par une chaleur écrasante, j’y reviens par un froid très vif. Tout s’est fait brutalement cette année. – Pauvre vieux Nohant désert, silencieux, tu as l’air fâché de notre abandon. Mon chien ne me fait pas le moindre accueil, on dirait qu’il ne me reconnaît pas : que se passe-t-il dans sa tête ? Il a eu froid ces jours-ci, il me boude d’avoir tant tardé à revenir. Il se presse contre mon feu et ne veut pas me suivre au jardin. Est-ce que les chiens eux-mêmes ne caressent plus ceux qui les négligent ? Au fait, s’il est mécontent de moi, comment lui persuaderais-je qu’il ne doit pas l’être ? J’attise le feu, je lui donne un coussin et je vais me promener sans lui. Peut-être me pardonnera-t-il.

Le jardin que j’ai laissé desséché a reverdi et refleuri comme s’il avait le temps de s’amuser avant les gelées. Il a repoussé des roses, des anémones d’automne, des mufliers panachés, des nigelles d’un bleu charmant, des soucis d’un jaune pourpre. Les plantes frileuses sont rangées dans leur chambre d’hiver. La volière est vide, la campagne muette. Y reviendrons-nous pour y rester ? La maison sera-t-elle bientôt un pauvre tas de ruines comme tant d’autres sanctuaires de famille qui croyaient durer autant que la famille ? Mes fleurs seront-elles piétinées par les grands chevaux du Mecklembourg ? Mes vieux arbres seront-ils coupés pour chauffer les jolis pieds prussiens ? Le major Boum ou le caporal Schlag coucheront-ils dans mon lit après avoir jeté au vent mes herbiers et mes paperasses ? Eh bien ! Nohant à qui je viens dire bonjour, silence et recueillement où j’ai passé au moins cinquante ans de ma vie, je te dirai peut-être bientôt adieu pour toujours. En d’autres circonstances, c’eût été un adieu déchirant ; mais si tout succombe avec toi, le pays, les affections, l’avenir, je ne serai point lâche, je ne songerai ni à toi ni à moi en te quittant ! J’aurai tant d’autres choses à pleurer !

Nohant, 7 novembre.

J’y reviens à midi. J’installe Fadet auprès du feu, et je me mets à écrire dans ma chambre sur mes genoux, il fait trop froid dans la bibliothèque. Il boude toujours, Fadet. Il me regarde d’un air triste ; peut-être est-il mécontent de ce que je reviens seule, peut-être s’imagine-t-il que je ne veux pas ramener mes petites-filles, peut-être craint-il d’être abandonné aux Prussiens, si l’on s’en va encore ! Il y a là un mystère ; c’est la première fois qu’il ne me dévore pas de caresses après une absence. Il fait un froid noir, mes mains se roidissent en écrivant. Que de souffrances pour ceux qui couchent dehors ! Les officiers peuvent se préserver un peu ; mais le simple troupier, le mobile à peine vêtu ! ils ont encore des habits de toile, et déjà ils n’ont plus de souliers. Pourquoi cette misère quand nous avons fait et au delà tous les frais de leur équipement ?

En ce moment, on s’occupe à La Châtre de faire des gilets de laine pour les mobilisés. Les femmes quêtent, cousent et donnent. On s’ingénie pour se procurer l’étoffe, on n’en trouve qu’avec des peines infinies, les chemins de fer se refusant, par ordre, au transport des denrées qui ne sont pas directement ordonnancées par le gouvernement, ou ne voulant répondre de rien ; on manque de tout. La confiance dans les administrations militaires est telle qu’on donne ces vêtements aux mobilisés de la main à la main ! Tant d’autres malheureux n’ont jamais reçu, nous dit-on, les secours qui leur étaient destinés !

Pas de nouvelles aujourd’hui, calme plat au milieu de la tempête. On est tout étonné quand un jour se passe sans apporter un malheur nouveau.

Mardi 8.

L’armistice est rejeté, c’est la guerre à mort. Préparons-nous à mourir. – Fadet me fait beaucoup d’amitiés aujourd’hui. Il sait l’heure à laquelle j’arrive, il m’attendait à la porte. – Tu es fou, mon pauvre chien, tout va plus mal que jamais. J’écris quinze lettres, et je retourne à la ville par un froid atroce.

Nohant, mercredi 9.

Je reviens au son de la cloche des morts. On enterre la vieille bonne de mon fils. Hier soir, un de nos domestiques a failli se tuer ; il a la figure toute maculée. Il semble que tout soit comme entraîné à prendre fin en même temps. On n’entend parler que d’accidents effroyables, de maladies foudroyantes. On dirait que la raison de vivre n’existe plus et que tout se brise comme de soi-même. D’aucun point de l’horizon, le salut ne veut apparaître ; quelles ténèbres ! – Paris va donc braver plus que jamais les horreurs du siège, et l’espoir de le délivrer s’éloigne ! Cette fois il a tort, ou il est indignement abusé.

Jeudi 10.

Notre impuissance semble s’accuser de plus en plus. Nous avons pourtant une armée sur la Loire, mais que fait-elle ? est-ce bien une armée ? – Il neige déjà ! la terre est toute blanche, des arbres encore bien feuillus font des taches noires de place en place. La campagne est laide aujourd’hui, sans effet, sans moelleux, sans distances. La terre devient cruelle à l’homme.

Ah ! voici enfin un fait : Orléans est repris par nous ; l’ennemi en fuite, poursuivi jusqu’à Artenay. La garde mobile s’est bien battue, la ville s’est défendue bravement. Pourvu que tout cela soit vrai ! Si nous pouvons lutter, l’honneur commande de lutter encore ; mais je ne crois pas, moi, que nous puissions lutter pour autre chose. Nous sommes trop désorganisés, il y aura un moment où tout manquera à la fois. Ceux qui sont sur le théâtre ne savent donc pas que les dessous sont sapés et ne tiennent à rien ? On se soupçonne, on s’accuse, on se hait en silence. La vie ne circule pas dans les artères. Nous avons encore de la fierté, nous n’avons plus de sang.

12.

La victoire se confirme, et, comme toujours, elle s’exagère. Le général d’Aurelle de Paladines, singulier nom, est au pinacle aujourd’hui. C’est, dit-on, un homme de fer. Pauvre général ! s’il ne fait pas l’impossible, il sera vite déchu. Qu’ils sont malheureux, ces hommes de guerre ! Était-il bien prudent de proclamer la trahison de Bazaine ? Si elle est réelle, ne valait-il pas mieux la cacher ou nous laisser dans le doute ?

Dimanche 13 novembre.

Nous voici tous revenus définitivement au bercail. Définitivement !... c’est un joli mot par le temps qui court. Mes petites sont ivres de joie de retrouver leurs chambres, leurs jouets, leur chien, leur jardin. À cet âge, un jour de joie, c’est toujours ! Leur gaieté nous donne un instant de bonheur, nous n’en avons plus d’autre.

On se demande si l’on pourra supporter quelque temps encore ce désespoir général sans devenir fou, lâche ou méchant. Ceux qui sont fous, lâches ou méchants semblent moins à plaindre. Leur délire, leurs convoitises, leur passion, sont dans un état d’ébullition qui les soutient sur le flot ; écumes en attendant qu’ils soient scories, ils flottent et croient qu’ils nagent !

Tout entier à l’horreur de la réflexion, celui qui aime l’humanité n’a plus le temps de s’aimer lui-même. Il n’a pas de but personnel, il n’a pas de part de butin à chercher dans les ruines, il souffre amèrement, et il s’attend à souffrir plus encore. Pauvre nature humaine, dans quel état d’épuisement ou d’exaspération vas-tu sortir de cette torture ! Démence pour les uns, annihilement pour les autres.... Quand nous aurons repoussé ou payé l’ennemi du dehors, que serons-nous ? où trouverons-nous l’équité calme, le pardon fraternel, le désir commun de reconstruire la société ? Et si nous sommes forcés de procéder à ce travail sous la menace du canon allemand ! Nous ne ferons certes rien de durable, et la république subira de si fortes dépressions qu’elle sera comme une terre ravagée de la veille par les éruptions volcaniques. Comme notre sol matériel, le sol politique et social sera souillé, stérilisé peut-être !

18 novembre.

M. de Girardin conseille d’élire en quatre jours un président par voie de plébiscite. Certes c’est une idée, – M. de Girardin n’en manque jamais, – mais, malgré mon très grand respect pour le suffrage universel, je crois qu’il ne devrait être appelé à résoudre les questions par oui ou par non que sur la proposition des Assemblées élues par lui. Le travail de ces élections est chaque fois pour lui un moyen de connaître et de juger la situation. Ce sera son grand mode d’instruction et de progrès quand la classe éclairée sera vraiment en progrès elle-même ; mais questionner les masses à l’improviste, c’est souvent leur tendre un piège. Le dernier plébiscite l’a surabondamment prouvé. En ce moment de doute et de désespoir, nous aurions un vote de dépit contre la république, car elle porte tout le poids des malheurs de la France ; les votes de dépit ne peuvent être bons. Pourtant, s’il n’y avait pas d’autre moyen d’en finir avec une situation désespérée que l’on ne voudrait pas nous avouer, mieux vaudrait en venir là que de périr.

21 novembre.

Les journaux nous saturent de la question d’Orient. On y voit le point de départ d’une guerre européenne. Eh bien ! l’Europe, qui nous abandonne, sera punie en attendant qu’elle punisse à son tour. C’est dans l’ordre.

25 novembre.

Temps très doux et même chaud. Depuis quelques jours, les circulaires ministérielles nous entretiennent de petits combats où nous aurions constamment l’avantage. La rédaction est toujours la même.

– Les mobiles ont eu de l’entrain !

Singulière expression dans des cas si graves ; on dirait qu’il s’agit de parties de plaisir.

– Nous avons subi des pertes sérieuses, l’ennemi en a fait de plus considérables.

Le plus clair, c’est que, pour empêcher l’ennemi d’envahir toute la France, on le laisse se fortifier autour de Paris, et que nous arriverons trop tard au secours de Paris, si nous arrivons ! On vit au jour le jour sur les incidents de cette guerre de détails, c’est une sorte de calme relatif qu’on se reproche d’avoir, et qu’on ne peut pas goûter.

26 novembre.

Bonne lettre de Paris, c’est une joie en même temps qu’une douleur poignante. Ils demandent si nous allons à leur secours !... On dit qu’une action décisive est imminente. Il y a si longtemps qu’on le dit !

28.

Les insomnies sont dévorantes, on ne les compte plus. Après toutes mes veilles auprès de mes enfants malades au printemps, je pourrai me vanter de n’avoir guère dormi cette année. Tous ces bans qui se succèdent si rapidement me terrifient. On appelle les hommes mariés pour le 10 décembre. Plus on a de bras, plus on en demande ; c’est donc que la situation s’aggrave au lieu de s’améliorer !

29.

Départ de nos mobilisés par un temps triste comme nos âmes. Nous les attendons sur la route. Toute la ville les accompagne. Ils sont très décidés, très patriotes, très fiers. On s’embrasse, on rentre les larmes. Où vont-ils ? que deviendront-ils ? Ils ne le savent pas, ils sont prêts à tout. Il y a un reflux d’espoir et de dévouement. On croit que le salut est encore possible. Je ne sais pourquoi mon espoir est faible et de courte durée. Je n’étais plus habituée à cette sombre disposition. Je la combats de mon mieux, et, comme tout le monde, je saisis avec ardeur la moindre lueur qui se montre ; mais quand elle s’efface, on retombe plus bas.

2 décembre.

Jour radieux au milieu de notre désespoir. Paris a fait, nous dit-on, une sortie magnifique, et l’armée de la Loire va vers Paris avec succès. On rêve déjà Paris débloqué, l’ennemi en déroute. Quel beau rêve ! ne nous éveillons pas. Laissez-nous, discoureurs officiels ! votre éloquence n’est pas à la hauteur des choses. C’est de la glace sur le feu. Il faudrait être si simple, au contraire ! Nos petites-filles nous voient heureux, elles se réjouissent de la prochaine délivrance de Paris, qu’elles n’ont jamais vu, mais qui est pour elles comme une île enchantée que nos amis et nos enfants, partis hier, vont délivrer des ogres et des monstres de même sorte.

4 décembre, dimanche.

La joie n’est pas de longue durée ! On nous dit que nous avons perdu toutes nos positions sur la Loire. On ne publie pas les dépêches, elles sont trop décourageantes. Il paraît qu’on avait exagéré beaucoup le succès, et nous avons encore été dupés ! Pourquoi nous tromper après avoir tant crié contre les trompeurs du régime précédent ? – Il fait atrocement froid. La neige épaisse et collante empêche de marcher. Cela ressemble à une campagne de Russie pour nos soldats.

5 décembre.

On nous cache une défaite sérieuse. On dit que l’armée se replie en bon ordre. Nous ne sommes pas si loin du théâtre des événements que nous ne sachions le contraire. On nous trompe, on nous trompe ! comme si on pouvait tromper longtemps ! Le gouvernement a le vertige.

6 décembre.

Encore plus froid, 20 degrés dans la nuit, et nos soldats couchent dans la neige ! Nos mobilisés sont atrocement logés à Châteauroux dans une usine infecte, ouverte à tous les vents. Les chefs sont à l’abri et disent qu’il faut aguerrir ces enfants gâtés. Chaque nuit, il y en a une vingtaine qui ont les pieds gelés ou qui ne s’éveillent pas. Morts de froid littéralement ! C’est infâme, et c’est comme cela partout ! Avant de les mener à la mort, on leur fait subir les tortures de l’agonie.

7 décembre.

Ce soir, dépêche insensée ! Je le sentais bien que le malheureux général qui a repris Orléans payerait cher sa courte gloire ! Orléans est de nouveau aux Prussiens. Notre camp est abandonné ; nous perdons un matériel immense, nos canons de marine, des munitions considérables ; notre armée est en fuite. Selon le général, le ministre a manqué de savoir et de jugement ; le camp était mal placé, impossible à garder, et les troupes, déclarées hier si vaillantes, ont plié et ne peuvent inspirer aucune confiance ; tout cela est exposé par le ministre lui-même, mais sur un ton d’amour-propre blessé qui nous livre à tous les commentaires ; il termine par cette phrase étrange :

Le public appréciera.

– Le public ! c’est ainsi que ce jeune avocat parle à la France ! Se croit-il sur un théâtre ? Non, il a voulu dire :

La cour appréciera.

– Il se croit à l’audience ! Est-ce là un langage sérieux quand on ne craint pas de tenir entre ses mains le sort de son pays ? Si le général qui n’obéit pas est coupable, pourquoi ne pas insister pour qu’il obéisse ? Si vous êtes certain qu’il se trompe, pourquoi lui envoyer un ordre qui l’autorise à se tromper ? Mais si le camp qu’il faut abandonner d’une manière si désastreuse était dans une situation déplorable, à qui la faute ? Si les armements qu’on y a accumulés avec tant de peine et de dépense tombent entre les mains de l’ennemi, quels conseils a donc pris ce jeune orateur, qui s’est imaginé apparemment, un beau matin, être le général Bonaparte ? On a lieu de craindre qu’il ne soit que Napoléon IV.

Il s’en lave les mains, le public appréciera ! – Il y aura donc un public seul compétent pour juger entre sa science militaire et celle d’un général qu’hier encore il nous donnait comme une trouvaille de son génie ! Ou vous vous êtes cruellement trompé hier, ou vous vous trompez cruellement aujourd’hui. C’est un aveu d’ignorance ou d’étourderie que votre emphase ne vous empêche pas de faire ingénument. Je ne sais ce qu’en pensera le public, mais je sais que les familles en deuil ne vous jugeront pas avec indulgence. Général, vous seriez mis à la retraite par le chef du gouvernement ; chef du gouvernement, vous vous conservez au pouvoir : voilà des inconséquences qui coûtent cher à la France !

Le résultat, c’est que deux cent mille hommes de notre armée sont en fuite, – on appelle cela maintenant se replier, – et que nous faisons une perte immense en matériel de guerre.

On parle d’une nouvelle victoire sous Paris ; nous n’y croyons plus, on ne croit plus à rien, on devient fou. Nous sommes ici dans notre campagne muette, ensevelie sous la neige, comme des passagers pris dans les glaces du pôle. Nous attendons les ours blancs, mais nous n’avons pas un fusil pour les repousser. Bon
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