De la même auteure, à la Bibliothèque





télécharger 445.18 Kb.
titreDe la même auteure, à la Bibliothèque
page12/14
date de publication06.03.2017
taille445.18 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   ...   6   7   8   9   10   11   12   13   14
pourrie. Il faut que l’invasion passe sur nous, que nous soyons écrasés, ruinés, anéantis dans tous nos intérêts, dans toutes nos affections ; nous nous relèverons alors ! le désespoir nous aura retrempés, nous chasserons l’étranger et nous créerons chez nous l’idéal.

C’était le cri de douleur d’hommes très généreux, mais quand cette conviction passe à l’état de doctrine, elle fait frissonner. C’est toujours le projet d’égorger la mère pour la rajeunir. Grâce au ciel, le fanatisme ne sauve rien, et l’alchimie politique ne persuade personne. Non, la France n’est pas méprisable parce que vous la méprisez ; vous devriez croire en elle, y croire fermement, vous qui prétendez diriger ses forces. Vous vous présentez comme médecins, et vous crachez sur le malade avant même de lui avoir tâté le pouls. Tout cela, c’est le vertige de la chute. Il y a bien de quoi égarer les cerveaux les plus solides, mais tâchons de nous défendre et de nous ressaisir. Républicains, n’abandonnons pas aux partisans de l’Empire la défense du principe d’affranchissement proclamé par nous, exploité par eux ; ne maudissons pas l’enfant que nous avons mis au monde, parce qu’il a agi en enfant. Redressez ses erreurs, faites-les lui comprendre, vous qui avez le don de la parole, la science des faits, le sens de la vie pratique. Ce n’est pas aux artistes et aux rêveurs de vous dire comment on influence ses contemporains dans le sens politique. Les rêveurs et les artistes n’ont à vous offrir que l’impressionnabilité de leur nature, certaine délicatesse d’oreille qui se révolte quand vous touchez à faux l’instrument qui parle aux âmes. Nous n’espérons pas renverser des théories qui ne sont pas les nôtres, qui se piquent d’être mieux établies ; mais nous nous croyons en rapport, à travers le temps et l’espace, avec une foule de bonnes volontés qui interrogent leur conscience et qui cherchent sincèrement à se mettre d’accord avec elle. Ces volontés-là défendront la cause du peuple, le suffrage universel ; elles chercheront avec vous le moyen de l’éclairer, de lui faire comprendre que l’intérêt de tous ne se sépare pas de l’intérêt de chacun. N’y a-t-il pas des moyens efficaces et prompts pour arriver à ce but ? Certes vous eussiez dû commencer par donner l’éducation, mais peut-être l’ignorant l’eût-il refusée. Il ne tenait pas à son vote alors, et quand on lui disait qu’il en serait privé s’il ne faisait pas instruire ses enfants, il répondait :

– Peu m’importe.

Aujourd’hui ce n’est plus de même, le dernier paysan est jaloux de son droit et dit :

– Si on nous refuse le vote, nous refuserons l’impôt.

C’est un grand pas de fait. Donnez-lui l’instruction, il est temps. Fondez une véritable république, une liberté sincère, sans arrière-pensée, sans récrimination surtout. Ne mettez aucun genre d’entrave à la pensée, décrétez en quelque sorte l’idéal, dites sans crainte qu’il est au-dessus de tout ; mais entendez-vous bien sur ce mot au-dessus, et ne lui donnez pas un sens arbitraire. La république est au-dessus du suffrage universel uniquement pour l’inspirer ; elle doit être la région pure où s’élabore le progrès, elle doit avoir pour moyens d’application le respect de la liberté et l’amour de l’égalité, elle n’en peut avouer d’autres, elle n’en doit pas admettre d’autres. Si elle cherche dans la conspiration, dans la surprise, dans le coup d’État ou le coup de main, dans la guerre civile en un mot, l’instrument de son triomphe, elle va disparaître pour longtemps encore, et les hommes égarés qui l’auront perdue ne la relèveront jamais.

Il en coûte à l’orgueil des sectaires de se soumettre au contrôle du gros bon sens populaire. Ils ont généralement l’imagination vive, l’espérance obstinée. Ils ont généralement autour d’eux une coterie ou une petite église qu’ils prennent pour l’univers, et qui ne leur permet pas de voir et d’entendre ce qui se passe, ce qui se dit et se pense de l’autre côté de leur mur. La plaie qui ronge les cours, la courtisanerie les porte fatalement à une sorte d’insanité mentale. L’enthousiasme prédomine, et le jugement se trouble. Cette courtisanerie est d’autant plus funeste qu’elle est la plupart du temps désintéressée et sincère. J’ai travaillé toute ma vie à être modeste ; je déclare que je ne voudrais pas vivre quinze jours entourée de quinze personnes persuadées que je ne peux pas me tromper. J’arriverais peut-être à me le persuader à moi-même.

La contradiction est donc nécessaire à la raison humaine, et quand une de nos facultés étouffe les autres, il n’y a qu’un remède pour nous, remettre en équilibre, c’est qu’au nom d’une faculté opposée nous soyons contenus, corrigés au besoin. La grandeur, la beauté, le charme de la France, c’est l’imagination ; c’est par conséquent son plus grand péril, la cause de ses excès, de ses déchirements et de ses chutes. Quand nous avons demandé avec passion le suffrage universel, qui est vraiment un idéal d’égalité, nous avons obéi à l’imagination, nous avons acclamé cet idéal sans rien prévoir des lourdes réalités qui allaient le tourner contre nos doctrines ; ce fut notre nuit du 4 août. Il s’est mis tout d’un coup à représenter l’égoïsme et la peur ; il a proclamé l’empire pour se débarrasser de l’anarchie dont nos dissentiments le menaçaient. Il n’a pas voulu limiter le pouvoir auquel il se livrait ; tout au contraire il l’a exagéré jusqu’à lui donner un blanc-seing pour toutes les erreurs où il pourrait tomber. Cet aveuglement qui vous irrite aujourd’hui, c’est pourtant la preuve d’une docilité que la république sera heureuse de rencontrer quand elle sera dans le vrai.

Avons-nous d’ailleurs le droit de dire que les masses veulent toujours, obstinément et sans exception, le repos à tout prix ? La guerre d’Italie, cette généreuse aventure que nous payons si cher aujourd’hui, ne l’a-t-il pas consentie sans hésitation, n’a-t-il pas donné des flots de sang pour la délivrance de ce peuple qui ne peut nous en récompenser, et qui d’ailleurs ne s’en soucie pas ? Les masses qui, par confiance ou par engouement, font de pareils sacrifices, de si coûteuses imprudences, ne sont donc pas si abruties et si rebelles à l’enthousiasme. Ce reste d’attachement légendaire pour une dynastie dont le chef lui avait donné tant de fausse gloire et fait tant de mal réel n’est-il pas encore une preuve de la bonté et de la générosité du peuple ? Maudire le peuple, c’est vraiment blasphémer. Il vaut mieux que nous.

En ce moment, j’en conviens, il ne représente pas l’héroïsme, il aspire à la paix ; il voit sans illusion les chances d’une guerre où nous paraissons devoir succomber. Il n’est pas en train de comprendre la gloire ; sur quelques points, il trahit même le patriotisme. Il aurait bien des excuses à faire valoir là où l’indiscipline des troupes et les exactions des corps francs lui ont rendu la défense aussi préjudiciable et plus irritante que l’invasion. Entre deux fléaux, le malheureux paysan a dû chercher quelquefois le moindre sans le trouver.

Généralement il blâme l’obstination que nous mettons à sauver l’honneur ; il voudrait que Paris eût déjà capitulé, il voit dans le patriotisme l’obstacle à la paix. Si nous étions aussi foulés, aussi à bout de ressources que lui, le patriotisme nous serait peut-être passablement difficile. Là où l’honneur résiste à des épreuves pareilles à celles du paysan, il est sublime.

Pauvre Jacques Bonhomme ! à cette heure de détresse et d’épuisement, tu es certainement en révolte contre l’enthousiasme, et, si l’on t’appelait à voter aujourd’hui, tu ne voterais ni pour l’empire, qui a entamé la guerre, ni pour la république, qui l’a prolongée. T’accuse et te méprise qui voudra. Je te plains, moi, et en dépit de tes fautes je t’aimerai toujours ! Je n’oublierai jamais mon enfance endormie sur tes épaules, cette enfance qui te fut pour ainsi dire abandonnée et qui te suivit partout, aux champs, à l’étable, à la chaumière. Ils sont tous morts, ces bons vieux qui m’ont portée dans leurs bras, mais je me les rappelle bien, et j’apprécie aujourd’hui jusqu’au moindre détail la chasteté, la douceur, la patience, l’enjouement, la poésie, qui présidèrent à cette éducation rustique au milieu de désastres semblables à ceux que nous subissons aujourd’hui. J’ai trouvé plus tard, dans des circonstances difficiles, de la sécheresse et de l’ingratitude. J’en ai trouvé partout ailleurs et plus choquantes, moins pardonnables ! J’ai pardonné à tous et toujours. Pourquoi donc bouderais-je le paysan parce qu’il ne sent pas et ne pense pas comme moi sur certaines choses ? Il en est d’autres essentielles sur lesquelles on est toujours d’accord avec lui, la probité et la charité, deux vertus qu’autour de moi je n’ai jamais vues s’obscurcir que rarement et très exceptionnellement. Et quand il en serait autrement, quand au fond de nos campagnes, où la corruption n’a guère pénétré, le paysan mériterait tous les reproches qu’une aristocratie intellectuelle trop exigeante lui adresse, ne serait-il pas innocenté par l’état d’enfance où on l’a systématiquement tenu ? Quand on compare le budget de la guerre à celui de l’instruction publique, on n’a vraiment pas le droit de se plaindre du paysan, quoi qu’il fasse.

22 décembre.

Froid, neige et verglas, c’est-à-dire torture ou mort pour ceux qui n’ont pas d’abri, peut-être pour les pauvres de Paris, car on dit que le combustible va manquer. – On déménage Bourges de son matériel. – Petits combats dans la Bourgogne. Garibaldi est là et annonce sa démission. Je m’étonne qu’il ne l’ait pas déjà donnée, car, s’il y a des héros dans ces corps de volontaires, il y a aussi, et malheureusement en grand nombre, d’insignes bandits qui sont la honte et le scandale de cette guerre. – Toujours sans nouvelles de nos armées, tranquillité mortelle !

23, 24 décembre.

Depuis deux jours, bonnes nouvelles de Paris, de l’armée du Nord et de celle de la Loire. On est si malheureux, on voit un si effroyable gaspillage d’hommes et d’argent, qu’on doute de ce qui devrait réjouir. Quelle triste veillée de Noël ! Je fais des robes de poupée et des jouets pour le réveil de mes petites-filles. On n’a plus le moyen de leur faire de brillantes surprises, et l’arbre de Noël des autres années exige une fraîcheur de gaieté que nous n’avons plus. Je taille et je couds toute la nuit pour que le père Noël ne passe pas sur leur sommeil de minuit les mains vides. Nous étions encore si heureux l’année dernière ! Nos meilleurs amis étaient là, on soupait ensemble, on riait, on s’aimait. Si quelqu’un eût pu lire dans un avenir si proche et le prédire, c’eût été comme la foudre tombant sur la table.

25, dimanche.

La neige tombe à flots. Ma nièce et son fils aîné viennent dîner, on tâche de se distraire, puisque les bonnes nouvelles ne sont pas encore démenties ou suivies de malheurs nouveaux ; mais on retombe toujours dans l’effroi du lendemain.

26.

Les communications sont rétablies entre Vierzon et Châteauroux. On saura peut-être enfin ce qui s’est passé par là.

27.

On ne le sait pas. Le froid augmente.

28.

Lettre de Paris du 22. Ils disent qu’ils peuvent manger du cheval pendant quarante-cinq jours encore.

29 décembre.

Il paraît, on assure, on nous annonce sous toutes réserves, – c’est toujours la même chose. Les journaux en disent trop ou pas assez. Ils ne nous rassurent pas, et ce qu’ils donnent à entendre suffit pour mettre l’ennemi au courant de tous nos mouvements. Le combat de Nuits a été sérieux, sans résultats importants, – comme tous les autres !

30.

Les dépêches sont plus affirmatives que jamais. L’ennemi paraît reculer ; je crois qu’il se concentre sur Paris. Il est évident que, sur plusieurs points, malgré nos atroces souffrances, nous nous battons bien. Là où le courage peut quelque chose, nous pouvons beaucoup ; mais en dehors des nouvelles officielles il y a l’histoire intime qui se communique de bouche en bouche, et qui nous révèle des dilapidations épouvantables au préjudice de nos troupes. Il est impossible que nous triomphions, impossible !

Savoir cela, le sentir jusqu’à l’évidence, et apprendre que les Prussiens vont peut-être bombarder Paris ! Ils ont, dit-on, démasqué des batteries sur l’enceinte – avec pertes considérables, dit succinctement la dépêche. Pertes pour qui ?

31 décembre 1870.

Toujours froid glacial. Nous sommes surpris par la visite de notre ami Sigismond avec son fils. Ils n’ont pas plus d’illusions que nous, et nous nous quittons en disant :

– Tout est perdu !

À minuit, j’embrasse mes enfants. Nous sommes encore vivants, encore ensemble. L’exécrable année est finie ; mais, selon toute apparence, nous entrons dans une pire.

Il est pourtant impossible que tant de malheur ne nous laisse pas quelque profit moral. Pour mon compte, je sens que mon esprit a fait un immense voyage. J’ignore encore ce qu’il y aura gagné ; mais je ne crois pas qu’il y ait perdu absolument son temps. Il a été obligé de faire de grands efforts pour se déprendre de certaines ardeurs d’espérance ; il en a eu de plus grands encore à faire pour conserver des croyances dont l’application était un cruel démenti à la vérité. Il n’érigera point en système à son usage ce qu’il a senti se dégager de vrai au milieu de ses angoisses. Il voyagera au jour le jour, comme il a toujours fait. Il regardera toujours avidement, peut-être verra-t-il mieux.

Il m’en a coûté des larmes, je l’avoue, pour reconnaître que, dans cet élan républicain qui nous avait enivrés, il n’y avait pas assez d’éléments d’ordre et de force. Il eût fallu le savoir, consentir à se juger soi-même et demander la paix avec moins de confiance dans la guerre. L’erreur funeste a été de croire que notre courage et notre dévouement suffiraient là où il fallait le sens profond de la vie pratique. Nous ne l’avons pas eu, le gouvernement de Paris n’a pas pu diriger la France ; ses délégués ne l’ont pas su. La France est devenue la proie de spéculations monstrueuses en même temps que l’armée en est la victime. Toute la science politique consistait à distinguer, entre tant de dévouements qui s’offraient, les boucs d’avec les brebis. Ceci dépassait les forces de deux vieillards, – hommes d’honneur à coup sûr, mais débordés et abusés dès les premiers jours, – et celles d’un jeune homme sans expérience de la vie politique et sans sagesse suffisante pour se méfier de lui-même.

Tout serait pardonnable et déjà pardonné, malgré ce qu’il nous en coûte, si la résolution de n’en pas appeler à la France n’avait prévalu. Il s’est produit sourdement et il se produit aujourd’hui ouvertement une résistance à notre consentement qui nous autorise à de suprêmes exigences. Nous voulons qu’on s’avoue incapable ou qu’on nous sauve. Nous continuons nos sacrifices, nous étouffons nos indignations contre une multitude d’infamies autorisées ou tolérées, nous engageons le peuple à attendre, à subir, à espérer encore ; mais tout empire, et le ton du parti qui s’impose devient rogue et menaçant.

C’est le commencement d’une fin misérable dont nous payerons le dommage. La délégation dictatoriale va finir comme a fini celle de l’Empire. La vraie république sauvera-t-elle son principe à travers ce cataclysme ? – Je le sauve dans ma conscience et dans mon âme ; mais je ne puis répondre que de moi.

Le roi Guillaume va sans doute écrire une belle lettre de jour de l’an à sa femme. Rien de mieux ; mais pourquoi les journaux allemands reproduisent-ils avec enthousiasme ce que le roi dit à la reine, ce que la reine dit au roi ? C’est pour l’édification de la chrétienté sans doute, les rois sont si pieux ! Ils remercient Dieu si humblement de tout le sang qu’ils font répandre, de toutes les villes qu’ils brûlent ou bombardent, de tous les pillages commis en leur nom ! Ils vont rétablir en Allemagne le culte des saints. J’imagine que saint Shylock et saint Mandrin seront destinés à fêter la campagne de France et le bombardement de Paris.

Nohant, 1er janvier 1871.

Pas trop battus aujourd’hui ; on se défend bien autour de Paris, Chanzy tient bon et fera, dit-on, sa jonction avec Faidherbe, que je sais être un homme de grand mérite. Bourbaki dispose de forces considérables. On se permet un jour d’espérance ! C’est peut-être le besoin qu’on a de respirer ; mais que peuvent d’héroïques efforts, si
1   ...   6   7   8   9   10   11   12   13   14

similaire:

De la même auteure, à la Bibliothèque iconDu même auteur, à la Bibliothèque

De la même auteure, à la Bibliothèque iconDu même auteur, à la Bibliothèque

De la même auteure, à la Bibliothèque iconDu même auteur, à la Bibliothèque : Les sœurs Vatard Un dilemme Le drageoir aux épices

De la même auteure, à la Bibliothèque iconBibliothèque du baron de wismes, Bibliothèque Jean pageot et divers bibliophiles

De la même auteure, à la Bibliothèque iconQu’est-ce qu’une bibliothèque ?
«livre», et thêkê, «coffre» a donné son appellation à la bibliothèque : du coffre, on est passé par extension au lieu où les livres...

De la même auteure, à la Bibliothèque iconRésumé : L’auteure analyse les transformations de la politique marseillaise...
...

De la même auteure, à la Bibliothèque iconCollection Petite Bibliothèque Blanche
«aux livres plat et sans mérites que leur bon marché seul fait accepter» (dixit Hetzel lorsqu’il présenta cette nouvelle collection...

De la même auteure, à la Bibliothèque iconAu cours de ses deux septennats (1981 -1995), IL engage des «Grands travaux» pour
«Grands travaux» pour laisser une trace dans l’histoire et démocratiser la culture: IL a doté la France du Grand Louvre, du nouvel...

De la même auteure, à la Bibliothèque iconBibliographie p Introduction Indications pour la rédaction de l’introduction...

De la même auteure, à la Bibliothèque iconL’olive et sa préparation par Marie-Laure pullara
«immortel» car même coupé IL pousse à son pied des rejetons, une légende nous dit même qu’un roi perse avec fait brûler l’arbre d’Athéna...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com