De la même auteure, à la Bibliothèque





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Où allons-nous ?

On est las, on est irrité de l’entendre, et on se le dit à soi-même à chaque instant..

Cette anxiété augmente en moi quand je vois des personnes exaltées donner raison d’avance à toute usurpation de pouvoir qui nous conduirait à la victoire sur l’ennemi du dehors et sur celui du dedans. Sur le premier, soit ; ici le succès justifierait tout, puisque le succès serait la preuve du génie d’organisation joint au courage moral et au patriotisme persévérant. Attendons, aidons, espérons ! – Mais l’ennemi du dedans.... D’abord quel est-il aujourd’hui ? Comme on ne s’entend pas là-dessus, il serait bien à propos de le définir.

Les uns me disent :

– L’ennemi de la république, c’est le parti rouge, ce sont les démagogues, les clubistes, les émeutiers.

Cela est très vague. Parmi ces impatients, il doit y avoir, comme dans tout parti, des hommes généreux et braves, des bandits lâches et stupides. C’est au peuple d’épurer les champions de sa cause, de séparer le bon grain de l’ivraie ; s’il ne le fait pas, si les honnêtes gens se laissent dominer par des exploiteurs, qu’on les contienne durant quelques jours, leur égarement ne sera pas de longue durée. Beaucoup d’entre eux ouvriront les yeux à l’évidence, et se déferont eux-mêmes de l’élément impur qui souillerait leur drapeau. Ils reviendront, s’ils ont des plaintes à formuler, aux moyens légaux ou aux manifestations dignes et calmes, qui seules font autorité vis-à-vis de l’opinion. Je me résoudrai difficilement à traiter d’ennemis ceux que la violence des réactions a qualifiés d’insurgés, de communistes, de partageux, selon la peur ou la passion du moment. Que ceux d’aujourd’hui se trompent ou non, s’ils sont sincères et humains, ils sont nos égaux, nos concitoyens, nos frères.

– Ils veulent piller et brûler, dites-vous ?

– Prenez vos fusils et attendez-les ; mais il y a vingt ans qu’on les attend, il ne s’est produit que des émeutes partielles où rien n’a été pillé ni brûlé pour cause politique. S’il y a des bandits qui exercent leur industrie sous le masque socialiste, je ne leur fais pas l’honneur de les traiter d’ennemis. Les malheureux qui au bagne expient des crimes envers l’humanité ne sont qualifiés d’ennemis politiques par aucun parti. Laissons donc aux enfants et aux bonnes femmes la peur des rouges ; on est rouge, on est avancé, et on est paisible quand même. Si en dehors de cela on est assassin, voleur ou fou furieux, qu’on s’attende à se heurter contre des citoyens improvisés gendarmes. Il y en aura plus que de besoin, et, s’il est un parti à qui la peur soit permise, c’est justement ce parti rouge qui vous fait trembler, car dans les réactions vous avez bien vu les innocents payer par milliers pour les coupables en fuite ou pour les provocateurs en sûreté. – Honnêtes gens qui répétez cette banalité : Les rouges nous menacent ! calmez-vous. Ils sont bien plus menacés que vous, et ils constituent en France une infime minorité dont on aura partout raison à un moment donné.

Pourquoi la république, disent les autres, ferait-elle cause commune avec un parti qu’elle appelle aussi l’ennemi ? Ce parti-là, les républicains d’aujourd’hui l’appellent la réaction. Il faut bien se servir encore de ce vocabulaire suranné ; quand donc, hélas ! en serons-nous débarrassés ? Les réactionnaires se composent des légitimistes, des orléanistes, des bonapartistes et des cléricaux, qui sont ou légitimistes, ou orléanistes ou bonapartistes, mais qui tiennent tous plus ou moins pour le principe d’autorité monarchique et religieuse. La prétendue réaction, c’est donc toute une France par le nombre, une majorité flottante entre les trois drapeaux et prête à se rallier autour de celui qui lui offrira plus de sécurité, – ce qui est prévoyant et rassis, commerçant, ouvrier, industriel, fonctionnaire, artiste, paysan. C’est ce qu’on appelle la masse des honnêtes gens, c’est ce qu’il ne faudrait qualifier ni d’honnête ni de malhonnête ; c’est la race calme ou craintive dont à mes yeux le tort et le malheur sont de manquer d’idéal ou de s’y refuser de parti pris, car tout Français est idéaliste malgré lui. Dans le bien et le vrai, comme dans le faux et le mauvais, tout Français poursuit un rêve et aspire à un progrès approprié à sa nature ; tout Français se lasse vite du possible immédiat et cherche vers l’inconnu une route plus sûre que celle qu’il a parcourue ; tout Français veut être bien d’abord, mieux ensuite et toujours mieux.

Mais personne ne se connaît, et les innombrables tempéraments qui se rattachent au maintien de l’ordre à tout prix repoussent en principe les innovations qu’ils cherchent en fait. Pourquoi les traiter d’ennemis quand ils ne sont que des attardés ? Si vous savez fonder une société qui contienne les mauvaises ambitions sans froisser les aspirations légitimes, vous rallierez à vous tout ce qui mérite d’être rallié ; cela était possible au début de la révolution actuelle. Cet appel à tous au nom de la patrie en danger a été noble et sincère. Le grand nombre a marché, ne refusant ni sa bourse, ni son temps, ni sa vie ; mais l’inquiétude nous gagne, les républiques sont soupçonneuses, et depuis la capitulation de Metz nous voyons partout des traîtres. C’est l’inévitable désespérance qui suit les désastres ; nous cherchons l’ennemi chez nous, parmi nous. Il y est sans doute, car la république est fatalement entraînée à trouver des résistances chaque jour plus prononcées, si elle ne sauve pas le pays de l’invasion. Le pourra-t-elle ? Dans tous les cas, accuser et soupçonner est un mauvais moyen. Il faudrait nous en défendre de notre mieux, nous en défendre le plus possible, ne pas nous constituer en parti exclusif, ne pas établir dans chaque groupe une petite église, ne pas faire de catégories de vainqueurs et de vaincus, car la victoire est capricieuse, et nous serons peut-être avant peu les vaincus de nos vaincus.

Est-ce que nous allons recommencer la guerre des personnalités quand nous en avons une autre si terrible à faire ? Je vois avec regret le renouvellement des fonctionnaires et des magistrats prendre des proportions colossales. J’aurais compris certains changements nécessaires dont l’appréciation eût été facile à faire, mais tous ! mais les colonnes du Moniteur remplies de noms nouveaux tous les jours depuis trois mois ! Y avait-il donc tant d’hommes dangereux, incorrigibles, imméritants ? Quoi ! pas un seul n’était capable de servir son pays à l’heure du danger ? Tous étaient résolus à le livrer à l’ennemi ! Je ne suis pas pessimiste au point d’en être persuadée. J’en ai connu de très honnêtes ; en a-t-on mis partout de plus honnêtes à leur place ? Hélas ! non, on me cite des choix scandaleux, que les républicains eux-mêmes réprouvent en se voilant la face. Le gouvernement ne peut pas tout savoir, disent-ils ; c’est possible, mais le gouvernement doit savoir ou s’abstenir.

Allons-nous donner raison à ceux qui disent que la république est le sauve qui peut de tous les nécessiteux intrigants et avides qui se font un droit au pouvoir des déceptions ou des misères qu’un autre pouvoir leur a infligées ? Mon Dieu, mon Dieu ! la république serait donc un parti, rien de plus qu’un parti ! Ce n’est donc pas un idéal, une philosophie, une religion ? Ô sainte doctrine de liberté sociale et d’égalité fraternelle, tu reparais toujours comme un rayon d’amour et de vérité dans la tempête ! Tu es tellement le but de l’homme et la loi de l’avenir que tu es toujours le phare allumé sur le vaisseau en détresse, tu es tellement la nécessité du salut qu’à tes courtes heures de clarté pure tu rallies tous les cœurs dans une commotion d’enthousiasme et d’espérance ; puis tout à coup tu t’éclipses, et le navire sombre : ceux qui le gouvernent sont pris de délire, ceux qui le suivent sont pris de méfiance, et nous périssons tous dans les vertiges de l’illusion ou dans les ténèbres du doute.

Samedi 5 novembre.

Il est très malsain d’être réduit à se passer du vote. On s’habitue rapidement à oublier qu’il est la consécration inévitable de tous nos efforts pour le maintien de la république. Les esprits ardents et irréfléchis semblent se persuader que la campagne n’apportera plus son verdict suprême à toutes nos vaines agitations. Tu es pourtant là debout et silencieux, Jacques Bonhomme ! Rien ne se fera sans toi, tu le sais bien, et ta solennelle tranquillité devrait nous faire réfléchir.

Nous n’avons pas compris, dès le principe, ce qu’il y avait de terrible et de colossal dans le suffrage universel. Pour mon compte, c’est avec regret que je l’ai vu s’établir en 1848 sans la condition obligatoire de l’instruction gratuite. Mon regret persiste, mais il s’est modifié depuis que j’ai vu le vote fonctionner en se modifiant lui-même d’une manière si rapide. J’ai appris à le respecter après l’avoir craint comme un grave échec à la civilisation. On pouvait croire et on croyait qu’une population rurale, ignorante, choisirait exclusivement dans son sein d’incapables représentants de ses intérêts de clocher. Elle fit tout le contraire, elle choisit d’incapables représentants de ses intérêts généraux. Elle a marché dans ce sens, tenant à son erreur, mais entendant quand même on ne peut mieux les questions qui lui étaient posées. Elle a toujours voté pour l’ordre, pour la paix, pour la garantie du travail. On l’a trompée, on lui a donné le contraire de ce qu’elle demandait ; ce qu’elle croyait être un vote de paix a été un vote de guerre. Elle a cru à une savante organisation de ses forces, on ne lui a légué que le désordre et l’impuissance. Nous lui crions maintenant :

– C’est ta faute, Jacques Bonhomme, tu expies ton erreur et ton entêtement.

Si Jacques Bonhomme avait un organe fidèle de ses idées, voici ce qu’il répondrait :

– Je suis le peuple souverain de la première République et en même temps le peuple impérialiste du second Empire. Vous croyez que je suis changé, c’est vous qui l’êtes. Quand vous étiez avec moi, je vous défendais, même dans vos plus grandes fautes, même dans vos plus funestes erreurs, comme j’ai défendu Napoléon III jusqu’au bout. Nous nous sommes brouillés, vous et moi, au lendemain de 48 ; vous vous battiez, vous vous proscriviez les uns les autres. On nous a dit :

» – L’empire c’est la paix.

» Nous avons voté l’empire, c’est nous qui punissons les partis, quels qu’ils soient. Nous punissons brutalement, c’est possible. D’où nous sommes, nous ne voyons pas les nuances, et d’ailleurs nous ne sommes pas assez instruits pour comprendre les principes, nous n’apprécions que le fait. Arrangez-vous pour que le fait parle en votre faveur, nous retournerons à vous.

Le fait ! le paysan ne croit pas à autre chose. Tandis que nous examinons en critiques et en artistes la vie particulière, le caractère, la physionomie des hommes historiques, il n’apprécie et ne juge que le résultat de leur action. Dix années de repos et de prospérité matérielle lui donnent la mesure d’un bon gouvernement. À travers les malheurs de la guerre, il n’apercevra pas les figures héroïques. Je l’ai vu lassé et dégoûté de ses grands généraux en 1813. S’il eût été le maître alors, l’histoire eût changé de face et suivi un autre courant. S’il est revenu à la désastreuse légende napoléonienne, qu’il avait oubliée, c’est qu’à ses yeux la république était devenue un fait désastreux en 48.

Et plus que jamais, hélas ! notre idéal est devenu pour lui un fait accablant ; ce que le paysan souffre à cette heure, nous ne voulons pas en tenir compte, nous ne voulons pas en avoir pitié.

– Paye le désastre, toi qui l’as voté.

Voilà toute la consolation que nous savons lui donner. Mon Dieu ! puisqu’il faut qu’il porte le plus lourd fardeau, n’ayons pas la cruauté de lui reprocher sa ruine et son désespoir. La république n’est pas encore une chose à sa portée ; qui donc la lui aurait enseignée jusqu’ici ? Elle n’a fait que disputer, souffrir, lutter jusqu’à la mort sous ses yeux, et il est le juge sans oreilles qui veut palper des preuves. Il ne se paye pas de gloire, il ne croit pas aux promesses ; il lui faut la liberté individuelle et la sécurité. Il se passe volontiers des secours et des encouragements de la science ; il ne les repousse plus, mais il veut accomplir lui-même et avec lenteur son progrès relatif.

– Laissez-moi mon champ, dit-il, je ne vous demande rien.

Nul n’est plus facile à gouverner, nul n’est plus impossible à persuader. Il veut avoir le droit de se tromper, même de se nuire ; il est têtu, étroit, probe et fier.

Son idéal, s’il en a un, c’est l’individualisme. Il le pousse à l’excès, et longtemps encore il en sera ainsi. Il est un obstacle vivant au progrès rapide, il le subira toujours plus qu’il ne le recevra ; mais ce qui est démontré le saisit. Qu’il voie bien fonctionner, il croit et fonctionne : rien sans cela. Je comprends que ce corps, qui est le nôtre, le corps physiologique de la France, gêne notre âme ardente ; mais, si nous nous crevons le ventre, il ne nous poussera pas pour cela des ailes. Il faut donc en prendre notre parti, il faut aimer et respecter le paysan quand même.

Guenille, si l’on veut, ma guenille m’est chère.

Nous devons à la brutalité de ses appétits la remarquable oblitération qui s’est faite, depuis vingt ans surtout, dans notre sens moral. Nous avons donc grand sujet de nous plaindre des immenses erreurs où l’esprit de bien-être et de conservation nous a fourvoyés. De là, chez ceux qui protestaient en vain contre ce courant troublé, un grand mépris, une sorte de haine douloureuse, une protestation que je vois grandir contre le suffrage universel. Je ne sais si je me trompe, la république nouvelle aimerait à l’ajourner indéfiniment, elle songerait même à le restreindre ; elle reviendrait à l’erreur funeste qui l’a laissée brisée et abandonnée après avoir provoqué le coup d’État ; pouvait-il trouver un meilleur prétexte ? Encore une fois, les républicains d’aujourd’hui n’ont-ils rien appris ? sont-ils donc les mêmes qu’à la veille de décembre ? Espérons qu’ils ne feront pas ce que je crains de voir tenter. Le suffrage universel est un géant sans intelligence encore, mais c’est un géant. Il vous semble un bloc inerte que vous pouvez franchir avec de l’adresse et du courage. Non : c’est un obstacle de chair et de sang ; il porte en lui tous les germes d’avenir qui sont en vous. C’est quelque chose de précieux et d’irritant, de gênant et de sacré, comme est un enfant lourd et paresseux que l’on se voit forcé de porter jusqu’à ce qu’il sache ou veuille marcher. Le tuerez-vous pour vous débarrasser de lui ? Mais sa mort entraînerait la vôtre. Il est immortel comme la création, et on se tue soi-même en s’attaquant à la vie universelle. Puisqu’en le portant avec patience et résignation vous devez arriver à lui apprendre à marcher seul, sachez donc subir le châtiment de votre imprudence, vous qui l’avez voulu contraindre à marcher dès le jour de sa naissance. C’est là où la politique proprement dite a égaré les chefs de parti. On s’est persuadé qu’en affranchissant la volonté humaine sans retard et sans précaution, on avait le peuple pour soi. Ç’a été le contraire. Retirer ce que vous avez donné serait lâche et de mauvaise foi, et puis le moyen ?

– Essaye donc ! dit tout bas Jacques Bonhomme.

C’est que Jacques Bonhomme sait voter à présent, et ce n’est pas nous qui avons eu l’art de le lui apprendre. On l’a enrégimenté par le honteux et coupable engin des candidatures officielles, et puis peu à peu il s’est passé de lisières ; il ne marche peut-être pas du bon côté, mais il marche avec ensemble et comme il l’entend. Il votait d’abord avec son maître, à présent il se soucie fort peu de l’opinion de son maître. Il a la sienne, et fait ce qu’il veut. Ce sera un grand spectacle lorsque, sortant des voies trompeuses et ne se trompant plus sur la couleur des phares, il avancera vers le but qui est le sien comme le nôtre. Aucun peuple libre ne saura voter comme le peuple de France, car déjà il est plus indépendant et plus absolu dans l’exercice de son droit que tout autre.

L’instrument créé par nous pour nous mener au progrès social est donc solide ; sa force est telle que nous ne pourrions plus y porter la main. Nous avons fait trop vite une grande chose ; elle est encore redoutable, parfois nuisible, mais elle existe et sa destinée est tracée, elle doit servir la vérité. Née d’un grand élan de nos âmes, elle est une création impérissable, et le jour où cette lourde machine aura mordu dans le rail, elle sera une locomotive admirable de rectitude, comme elle est déjà admirable de puissance. C’est alors qu’elle jouera dans l’histoire des peuples un rôle splendide, et fermera l’âge des révolutions violentes et des usurpations iniques. Tandis que l’imagination exaltée et la profonde sensibilité de la France, éternelles et incorrigibles, je l’espère, ouvriront toujours de nouveaux horizons à son génie, Jacques Bonhomme, toujours patient, toujours prudent, s’approchant de l’urne avec son sourire de paternité narquoise, lui dira :

– C’est trop tôt, ou c’est trop de projets à la fois ; nous verrons cela aux prochaines élections. Je ne dis pas non ; mais il ne me plaît pas encore. Vous êtes le cheval qui combat, je suis le bœuf qui laboure.

Il pourrait dire aussi et il dira quand il saura parler :

– Vous êtes l’esprit, je suis le corps. Vous êtes le génie, la passion, l’avenir ; je suis de tous les temps, moi ; je suis le bon sens, la patience, la règle. Vouloir nous séparer, détruire l’un de nous au profit de l’autre, c’est nous tuer tous les deux. Où en seriez-vous, hommes de sentiment, représentants de l’idée, si vous parveniez à m’anéantir ? Vous vous arracheriez le pouvoir les uns aux autres ; vos républiques et vos monarchies seraient un enchaînement de guerres civiles où vous nous jetteriez avec vous, et où, sans la liberté du vote, nous serions encore les plus forts. Cette force irrégulière, ce serait la jacquerie. Nous ne voulons plus de ces déchirements ! Grâce à notre droit de citoyens, nous nous sommes entendus d’un bout de la France à l’autre, nous ne voulons plus nous battre les uns contre les autres. Nous voulons être et nous sommes le frein social, le pouvoir qui enchaîne les passions et qui décrète l’apaisement.

Et cela est ainsi déjà lourdement, brutalement peut-être, mais providentiellement. Non, non ! ne touchez pas au vote, ne regrettez pas d’avoir fondé la souveraine égalité. Le peuple, c’est votre incarnation ! Vous vous êtes donné un compagnon qui vous contrarie, qui vous irrite, qui vous blesse : injuste encore, il méconnaît, il renie la république, sa mère ; mais, si sa mère l’égorge, vaudra-t-elle mieux que lui ? À présent d’ailleurs, elle l’essayerait en vain. L’enfant est devenu trop fort. Vous auriez la guerre du simple contre le lettré, du muet contre l’
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