Une série de scénettes pour parler de l’égalité entre les filles et les garçons





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Page 1
UN DVD POUR PARLER EN CLASSE DE L'EGALITE ENTRE LES FILLES ET LES GARCONS
Sommaire

Page 2 et 3 : intention du projet et parti pris

Pages 4 et 5 : Regards croisés sur le sujet

Pages 6 et 7 : A la maison : résumé et pistes pédagogiques

Pages 8 et 9 : Dans le bus : résumé et pistes pédagogiques

Pages 10 et 11 : Dans la rue : résumé et pistes pédagogiques

Pages 12 et 13 : En classe : résumé et pistes pédagogiques

Pages 14 et 15 : Au moment de l’orientation : résumé et pistes pédagogiques

Page 16 : Le foot : un extrait en bonus

Page 17 : Le tournage : coup de chaud à la Machine

Pages 18 et 19 : Qui sont les jeunes du CGJ ?

Pages 20: Définitions importantes

Pages 21 : Evolution de la condition de la femme au fil des siècles

Pages 22 et 23 : Evolution de la condition de la femme au fil des siècles

Pages 24 et 25 : Evolution de la condition de la femme au fil des siècles

Pages 26 et 27 : La Chronologie

Pages 28 et 29 : Ressources : bibliographie, sites internet, textes…

Page 30 et 31 : Remerciements, partenaires, collaborations 

Page 32 : ???????
Page 2
A l’origine du projet…



Janvier 2006, les 59 élus du conseil général des jeunes du Rhône se répartissent au sein de 4 commissions de travail. Toutes ces commissions poursuivent le même objectif : réaliser une action d’intérêt général dont les collégiens du département seront les principaux bénéficiaires. Ainsi commence le travail de la commission « égalité filles–garçons ». Dix-huit mois durant, ces adolescents ont discuté, écrit, conçu, tourné, réalisé, produit un outil pédagogique pour permettre en classe une réflexion sur la place de chacun dans notre société. Y a-t-il des rôles prédéterminés pour les filles et pour les garçons ? Sommes-nous toujours respectueux les uns envers les autres ? Quel est le rôle des adultes dans l’apprentissage de l’égalité entre les filles et les garçons ? Comment expliquer les inégalités qui persistent ? Comment tenter de les supprimer ?
Les 5 films de ce DVD interrogeront les adolescents et permettront, en classe, de débattre de ces questions. Enfin, ce livret pourra accompagner l'usage pédagogique de cet outil.

Une série de scénettes pour parler de l’égalité entre les filles et les garçons

Aujourd'hui, les inégalités continuent d'exister entre les filles et les garçons : au sein de la famille dans un premier temps, mais aussi dans l'espace publique, dans certaines filières d'orientations professionnelles enfin. L'héritage culturel, l'éducation sont à l'origine de ces inégalités. Autant d'éléments qui rendent l'approche de cette question délicate et complexe. Nous avons choisi de placer les adolescents qui regarderont ces films face à des situations concrètes de leur existence. Parfois caricaturales, ces scènes sont conçues comme des fables, une histoire simple avec un décor imaginaire pour laisser plus de place à l'identification et à la réaction. Pour autant, les interprétations possibles sont nombreuses pour chacune d'entre elles, il n'y a pas une morale mais plusieurs pistes de réflexion. Ces dernières sont évoquées grâce à des mots clés et une question à la fin de chaque scène. Des pistes de réflexions qui pourront être complétées par le contenu de ce livret.
Page 3

Illustr

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Regards croisés pour définir les enjeux de l’éducation à l’égalité filles et garçons autour d’une question : « Quel est l’intérêt de la distribution de ce type d'outils dans les établissements scolaires? »
« Bien sûr que ce type d’outils a un intérêt évident. J’avais moi-même, avec les partenaires, travaillé dans ce sens, il y a 6 ans maintenant. Ça donne bien le contexte et ça permet d’amorcer le débat sur les situations respectives des filles et des garçons : les inégalités, le rôle social dévolu à chacun. L’intérêt réside aussi dans le fait que ce sont les élèves qui jouent dans les scènes, ce qui renforce la proximité à la fois des situations et des ados. »
Claude Flaven, chargée de mission à la délégation régionale aux droits des femmes en Rhône-Alpes.


« Pour moi, c'est une évidence de travailler sur la question parce qu’au quotidien, avec ces jeunes-là, on voit bien qu'ils ne fonctionnent pas entre eux dans un système égalitaire. Ils sont dans des représentations et des schémas très traditionnels de soumission et de dépendance. Les filles aussi et même entre elles. »
Malika Bonnot, assistante sociale scolaire au collège Alain à Saint-Fons (69)
« De ma place au sein de l'éducation nationale je suis particulièrement attachée à la scène sur l'orientation. Ce qui important, c'est que nous les adultes, nous fassions attention à nos propres stéréotypes, à ceux que nous pouvons véhiculer. C'est pour cette raison que nous travaillons à longueur d'année avec les conseillers d'orientation sur toutes les actions de déconstruction des stéréotypes de genre en orientation scolaire et professionnelle. »
Marie-Françoise Guignard Petri, Chargée de Mission Egalité des Chances au sein du système éducatif pour l'académie de Lyon.

Et mme Dini ou Chuzeville

Pages 6 et 7
A la maison
Résumé de la scène
Juliette ronchonne seule dans sa chambre. Son frère vient la narguer : il sort ce soir, mais elle n’a pas le droit d’y aller. « C’est normal, j’suis un mec, c’est plus cool pour moi » affirme t’il. Juliette passera sa soirée devant un DVD.
A partir de cette séquence, plusieurs paramètres permettent d’interpréter cette scène.
En classe, il est possible de discuter des questions soulevées par cette scène comme la tradition, l’héritage culturel, l’habitude, l’inquiétude parental, l’autorité des parents, d’un frère ou d’une sœur, la réputation, le sentiment d’insécurité, l’égalité de traitement et le partage des taches.

Pour aller plus loin :

Recherche web et données sur la thématique


L'intention :
« Ce qui est important pour moi, au-delà de l’intention première de mettre en scène la différence traditionnelle de traitement entre les filles et les garçons, c’est la dualité qui s’exprime dans les rapports frère/sœur : on oscille entre la provocation et la complicité, le frère est pris entre sa tentation de narguer sa sœur et celle de compatir. Elle-même fait mine de ne rien vouloir savoir de ses sorties mais ne résiste pas à sa curiosité… ».

Chrystèle Linarès, Service collège et jeunesse du département.
« Je tiens à ce qu’on puisse démonter les arguments liés à l’insécurité des filles par rapport aux garçons. Considérer que les filles sont plus en danger quand elles sortent c’est un faux argument qui continue d’entraver la liberté des filles. Pour moi, aujourd’hui, les filles ne sont pas plus en danger à l’extérieur. Les chiffres sont clairs : l’essentiel des conduites à risques sont le fait des garçons. Je voudrais que les adolescents qui voient ces scènes réfléchissent à ces mauvaises raisons qui font que les choses sont plus « cool » pour les garçons que pour les filles. »

Pauline Reboul, chargée de projet pour Fréquence écoles
Page 8 et 9
Dans le bus

Résumé :

Cinq copains discutent dans un bus. L’un d’entre eux aperçoit une jeune fille assise et l’interpelle méchamment, se moquant de son aspect physique.

Entraîné par la force du groupe, l’ensemble des garçons suit le mouvement. Ils descendent du bus. Tous, sauf un qui semble porter un autre regard sur la jeune fille. Ces deux là pourraient se plaire… Cette dernière retrouve ses copines, riant cette fois-ci aux dépends du garçon. Le rapport de force s’inverse !

A partir de cette séquence, plusieurs paramètres permettent d’interpréter cette scène.
En classe, il est possible de discuter des questions soulevées par cette scène comme la loi du plus fort, celle du groupe, celle des garçons ou des filles, la prédominance de l’apparence, la violence verbale, la confrontation entre les sexes.
Pour aller plus loin :
Pistes de sujets de discussion en classe :

- A partir de l'éventuelle rencontre des deux ados restés seul dans le bus, discuter de la pression du groupe.

- La construction identitaire à l'adolescence (pourquoi les garçons et les filles ont-ils besoin de rester entre eux à l'adolescence filles d'un côté, garçon de l'autre?)


L'intention :
« Ce qui retient particulièrement mon attention dans cette scène, c’est l’utilisation du langage par les adolescents : on est dans l’exagération : « trop moche », « trop galère », « cauchemar »…Cette manière de manier la langue me semble traduire fidèlement le besoin des adolescents d’exagérer la verbalisation de leurs sentiments pour mieux s’en défendre. Une forme de mise à distance qui permet d’apprivoiser ses affects. »

Chrystèle Linarès, Service collège et jeunesse du département.
« Pour moi il s’agit de questionner la très sectaire situation adolescente : les filles d’un côté et les garçons de l’autre. C’est probablement important de se construire à cet age là, en restant en groupe, avec les siens, mais il ne faut pas que ça passe par le rejet de l’autre. On peut se construire sans mépriser l’autre sexe. Et puis, la violence des adolescents se manifeste particulièrement en direction de l’apparence physique. Les humiliations sont nombreuses et ca peut avoir des conséquences désastreuses. »

Pauline Reboul, chargée de projet pour Fréquence écoles
« A noter en ce qui me concerne la difficile situation du seul contre tous, où le groupe est cruel et virulent pour les plus faibles. Pour moi, dans la vie réelle, les filles sont peut être plus victimes de ce type de situation que les garçons, même si l’inverse est possible et tout aussi injuste. »

Dorie Bruyas, chargée de projet pour Fréquence écoles


Page 10 et 11
Dans la rue
Entouré de ses copains, une fille « jean – basket » commente les pages d’un magazine de mode. Une fille « jupette », passe devant eux. Les garçons la branchent, la sifflent. Elle ne leur répond pas. Ils la méprisent. En jean ou en jupe les filles ont le droit au même respect.
A partir de cette séquence, plusieurs paramètres permettent d’interpréter cette scène.
En classe, il est possible de discuter des questions soulevées par cette scène comme la construction et la définition de la féminité, les enjeux de la séduction et les méthodes, la réputation, le stéréotype de la fille facile, le garçon manqué, la place des médias dans ces mécanismes d’association, le respect et l’amitié entre les filles et les garçons.


Pistes de sujets de discussion en classe :



  • Quel est l'impact joué par les médias et les représentations de la femme et de l'homme qu'ils donnent à voir ?

  • Comment mieux distinguer ce qui doit rester de l'ordre de l'imaginaire, du fantasme et ce qui relève de la réalité ?


Pour aller plus loin :


L'intention :
« Pour moi, l’intérêt réside ici dans le rapport entre une version idéalisée et sa confrontation avec la réalité : d’un coup, la « fille des magazines » que l’on regarde avec envie prend corps et se matérialise; mais elle se dérobe en snobant ses admirateurs… du coup, les « vous les filles du collège », un temps dévalorisées face à ce fantasme, retrouvent leur légitimité. »

Chrystèle Linarès, Service collège et jeunesse du département.
« Dans cette scène il s’agit du dilemme féminin : avoir envie de sentir belle et vouloir être respectée. Finalement, pour être sure d’être tranquille mieux vaut être « jean, basket ». C’est très injuste. Ce n’est pas parce qu’on a envie de se sentir belle qu’on est dans l’envie d’être malmenée, ou simplement de se faire draguer. Ce n’est pas une invitation à la consommation d’être jolie. Ces garçons ont une manière sauvage d’interpeller la jeune fille et plus encore ils ne tolèrent pas qu’elle puisse refuser. »

Pauline Reboul, chargée de projet pour Fréquence écoles
« Autre interrogation : devant l’inefficacité de cette méthode, déjà tellement éprouvée, on se demande si ces garçons n’ont pas juste envie d’humilier cette fille qui passe… »

Dorie Bruyas, chargée de projet pour Fréquence écoles

-


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  1. En classe


Ali est un garçon consciencieux, appliqué, presque fragile. A cause de cela, les filles se moque de lui, sans cesse. Parce qu'il ne remplit pas « leurs critères », les filles n'essaieront même pas de le connaître.
A partir de cette séquence, plusieurs paramètres permettent d’interpréter cette scène.
En classe, il est possible de discuter des questions soulevées par cette scène comme le poids des stéréotypes, la réciprocité des situations sexistes, l’humiliation portée par un groupe, la nécessité de coller aux critères esthétiques mais aussi psychologiques, la dévalorisation de l’implication et de la curiosité.

Pistes de sujets de discussion en classe :

- L'homosexualité

- Les garçons entre eux : cette situation aurait elle été différente avec des garçons entre eux ?

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L'intention :
« L’effet du groupe ! Que l’on se sent fort lorsque l’on a trouvé plus faible que soi… Les petites malines et ce pauvre garçon qui ne mérite pas un regard ! »

Chrystèle Linarès, Service collège et jeunesse du département.
« Les filles sont autant capables de sexisme que les garçons dans la mesure où elles attendent de ce jeune homme une attitude jugée plus virile. L’uniformité des critères, des canons de beauté chez les adolescents sautent aux yeux. Ca montre enfin à quel point la curiosité et l’intelligence sont dévalorisés chez les jeunes, quel que soit le sexe. Ce que ça ne montre pas en revanche, c’est que les garçons ne sont pas forcément victimes ni bourreaux. »


Pages 14 et 15
En orientation…
Deux collégiens, une fille et un garçon, rencontrent leur conseillère d’orientation, ouverts à toute proposition d’avenir professionnel. Malheureusement, les adultes ont parfois des représentations étriquées des métiers offerts aux filles et aux garçons. Les adolescents doivent alors casser ces barrières culturelles et faire un choix personnel.
A partir de cette séquence, plusieurs paramètres permettent d’interpréter cette scène.
En classe, il est possible de discuter des questions soulevées par cette scène comme le poids des stéréotypes, de leur reproduction inconsciente, du rôle des adultes dans la diversité des choix donnés aux adolescents en matière d’orientation, de l’égalité professionnelle et de la possibilité de choisir son métier.
Pistes de sujets de discussion en classe :

- S'affirmer face aux adultes, communication, écoute

- Rôle de l'école, mixité, adapté

Pour aller plus loin :
L'intention :
« Ce qui me semble important de remarquer, c’est que malgré leur bouillonnement intérieur et leur volonté de résister à ce qu’on leur impose, filles et garçons ont parfois du mal à exprimer leur volonté. Difficile de vivre cet âge, cet entre-deux qui rend délicate la prise de parole en opposition à celle de l’adulte ! »

Chrystèle Linarès, Service collège et jeunesse du département.
« Il convient comme chaque année désormais d’établir un état des performances et parcours des filles et des garçons. Les indicateurs retenus révèlent des situations que rien ne justifie et qui évoluent peu. Le poids des représentations et des comportements reste lourd. Le principal moyen de changement est l’action éducative. »

Philippe Daubignard

Juin 2006 / Académie de Lyon / Les dossiers du service académique d'information et d'orientation : Performances et parcours filles et garçons en 2005
« Quelle est l’incidence des générations sur la question de l’égalité des filles et des garçons ? Pour avancer, les adultes et les éducateurs doivent faire un travail sur eux même. Le poids des rôles sociaux, des constructions identitaires et de la répétition contribuent à l’inégalité. Dans l’histoire de cette égalité, les étapes fondamentales de la libération des femmes sont liées à l’éducation, au travail et à la reconnaissance sociale. C’est vraiment là que tout se joue. »

Pauline Reboul, chargée de projet pour Fréquence écoles
Pages 16


  1. Bonus : Sur le terrain de foot


Au moment de la conception de cet outil, une sixième scène devait venir compléter les cinq premières. En effet, les membres de la commission avaient à coeur d'aborder la question de l'égalité entre les filles et les garçons dans le domaine du sport. Ecrite puis tournée, cette scène racontait l'histoire de deux jeunes filles souhaitant participer à un match de foot engagé à l'improviste par deux équipes de garçons. « Une jupette dans l'équipe, la honte ». Ainsi, certains sports, restent des domaines réservés aux garçons ou bien aux filles. Effectivement, les petits garçons s'inscrivent au football tandis que les jeunes filles prennent des cours de danse.

Mais au fond, les filles sont tout autant capables de jouer au foot, c'est une question d'apprentissage. Et pourtant lorsque qu'un garçon dépasse les frontières définies par le genre en souhaitant prendre un cours de danse, il est stigmatisé. Et la jeune fille, joueuse de football devient quant à elle « un garçon manqué ».

Voilà ce que cette sixième scène souhaitait exprimer. Malheureusement pour des raisons techniques, nous ne pouvons la montrer dans son intégralité. Nous nous contenterons de soulever cette problématique en vous proposant un court extrait de ce petit film intitulé « Sur le stade ».


Page 17
Le tournage
Coup de chaud à « la Machine ». Dans cet atelier collectif, l’association Fréquence écoles a installé un plateau de tournage : éclairages, fond bleu, caméra, maquillage, accessoires…

Sous le feu des projecteurs, les membres de la commission égalité filles garçons jouent les comédiens. Il y a aussi un chef opérateur, il s’occupe de la lumière et de la caméra ; une réalisatrice qui orientent les comédiens dans l’espace, et une scénariste ; elle a écrit les dialogues et dirige le jeu des acteurs.

L’exercice est difficile car nos apprentis comédiens doivent jouer les scènes sans décor. La technique du fond bleu permet en effet de mélanger des images réelles et des images virtuelles. Ainsi, sans quitter le plateau, les jeunes du CGJ ont pu jouer dans cinq décors différents. Ces derniers seront dessinés puis incrustés plus tard par un monteur truquiste à l’aide de son ordinateur.

En attendant toute l’équipe doit se fier au story board, sur lequel la réalisatrice a dessiné toutes les scènes, plan par plan, décors compris. Il faudra parfois quinze prises pour que toute l’équipe soit satisfaite, mais au bout de trois journées intenses de tournage, toutes les scènes ont été enregistrées.

Page 18 / 19
Qui sont les jeunes du CGJ (avec photos)
Le conseil général des jeunes a été crée en septembre 2000 par le conseil général du rhône. Il réunit 59 jeunes conseillers, élus dans leur collège par l'ensemble de leur camarade de 4ème, pour un mandat de 18 mois. Comme les conseillers adultes, les conseillers jeunes travaillent en commission sur des thèmes qu'ils ont choisis. Ils réalisent des actions qui améliorent concrètement la vie des collégiens.
www.rhone.fr/cgjeune
Photos + prénom
Pages 20 / 21
Les définitions

Stéréotype / nom masculin


idée ou image populaire et caricaturale que l'on se fait d'une personne ou d'un groupe, en se basant sur une simplification abusive de traits de caractère réels ou supposés.


Le concept de « genre »

Le concept de genre désigne ce que l’on attend d’un individu, selon qu’il est une femme ou un homme. Les comportements de genre s’acquièrent et peuvent changer avec le temps. On peut dire que le sexe est déterminé biologiquement et le genre socialement.

« Le genre est en quelque sorte « le sexe social » ou la différence des sexes construite socialement, ensemble dynamique de pratiques et de représentations, avec des activités et des rôles assignés, des attributs psychologiques, un système de croyance »
THEBAUD Françoise. Ecrire l’histoire des femmes. Fontenay-aux-Roses : ENS éditions, 1998

Sexe / nom masculin


Caractère physique permanent de l'individu humain, animal ou végétal, permettant de distinguer, dans chaque espèce, des individus mâles et des individus femelles ; ensemble de ces individus mâles ou femelles.
Sexisme / nom masculin


Attitude discriminatoire fondée sur le sexe.
Machisme / nom masculin / (mexicain machismo)

Idéologie fondée sur l'idée que l'homme domine socialement la femme et que, à ce titre, il a droit à des privilèges de maître ; comportement conforme à cette idéologie.

Féminisme / nom masculin


Mouvement militant pour l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société.


Pages 19 20 ET 21
L'identité féminine à travers l'histoire
Petit résumé pour mieux comprendre l’histoire de l’égalité des sexes

 L’antiquité

La Grèce antique attribue une primauté mythologique à la femme. Pourtant, la figure de la femme est ambiguë : elle est aussi l'image de la corruption et de la chute comme Pandore, la première femme créée par Zeus pour punir le genre humain.
L'État romain accorde peu de droits aux femmes ; reconnaissant au chef de famille le droit de vie et de mort sur son épouse. À la chute de l'empire romain, la condition de la femme évolue avec l'arrivée des coutumes des peuples envahisseurs. L'avènement du christianisme joue finalement en faveur de la femme.
Peu à peu, les contrats écrits disparaissent au profit de mariages devant témoins. L'Église réprime progressivement les abus les plus criants, interdisant le rapt, interdisant au maître de souiller une esclave vierge, au père d'abuser de la fiancée de son fils et de partager la couche de la mère et de la fille. Il s’agit de mettre fin à l'inceste autrefois largement répandu.


  Le Moyen Âge et la Renaissance

Au IXe s. en Europe, la situation juridique de la femme s'améliore.

Les femmes peuvent désormais hériter. Les souverains carolingiens renforcent la règle, imposée par l'Église, de l'indissolubilité du mariage, protégeant ainsi les femmes de la répudiation. Le divorce est autorisé en trois cas : la stérilité, la consanguinité jusqu'au 7e degré ou l’ordination ultérieure d’un des époux.

À partir du XIIe s, les libertés des femmes sont attaquées : le développement des villes et la centralisation de l'État entraîne la prolifération des fonctions administratives (trésoriers, chanceliers, magistrats). Ils s'emparent du pouvoir au détriment des femmes.

Du XII au XVème siècle, plusieurs femmes vont cependant s’illustrer.
Aliénor d'Aquitaine joue un rôle capital en Angleterre et dans sa province d'Aquitaine où elle fonde des institutions religieuses et éducatives.
Christine de Pisan plaide pour une véritable éducation des femmes et se penche, avant Érasme, sur la question des relations internationales dans une perspective pacifiste. Première femme française de lettres à vivre de sa plume, elle dénonce la misogynie des clercs et les discriminations faites envers les femmes.

Mais, en 1498, le traité du Ménagier de Paris entend à nouveau cantonner les femmes à des tâches domestiques.

Malgré ce traité, l’époque de la renaissance voit plusieurs femmes s’illustrer.
Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre est reconnue pour son ouverture d'esprit, sa culture. Elle fait de sa cour un brillant foyer d'humanisme. Thérèse d'Ávila réforme le Carmel, Louise Labé, poétesse, repousse par les armes les assiégeants de Lyon, sa ville natale, Marie de Gournay, fille adoptive de Montaigne, publie un traité sur l'Égalité des hommes et des femmes.



Les femmes actrices du mouvement des idées

Au XVIIe s., la résistance des femmes est encore principalement celle des souveraines.
Le XVIIIe s. est celui des salons. Nombreuses sont les femmes des classes privilégiées à exprimer des idées féministes, à protéger les encyclopédistes et à tenir salon de 1700 à 1800.
D'autres organisent des clubs uniquement féminins.
La révolution Française est aussi celle des femmes. Le 5 octobre 1789 elles marchent de Paris à Versailles. Le roi est rapatrié à Paris. Michelet écrira « Les hommes prennent les Bastilles, les femmes prennent les rois ». En 1790, le droit d'aînesse masculin est supprimé par la loi.
En 1791, Olympe de Gouges publie une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. En Angleterre, Mary Wollstonecraft écrit une Défense des droits de la femme. Sa fille, Marie Shelley sera l'auteur de Frankenstein ou le Prométhée moderne
En 1793, après que les femmes eurent participé à l'effort de guerre en 1792, les députés leurs refusent le droit de participer à la vie politique. Le Code Napoléon qui suivra ne leur sera guère plus favorable. En 1804, en France, le Code Civil déclare la femme incapable juridiquement ; elle est sous l'autorité de son père puis de son mari.



 La montée en force du féminisme

La défense de la femme, au XIXe s, est liée à l'essor des luttes ouvrières.
Dans la seconde moitié du XIXe s, certaines femmes s'illustrent dans les luttes révolutionnaires. Pendant la Commune de Paris, les femmes participent activement à l'innovation sociale et à la lutte contre les troupes de Thiers. Au tournant du siècle, en Allemagne, Clara Zetkin et Rosa Luxemburg luttent pour une révolution socialiste et féministe.
Jules Ferry ouvre l'école primaire aux filles ; Camille Sée crée, en 1889, un enseignement secondaire spécifiquement féminin qui ne conduit pas au baccalauréat, et dans lequel la philosophie est remplacée par les arts ménagers. En 1925, les filles pourront se présenter au baccalauréat et ainsi accéder à l'Université.

Dès 1903,
Emmeline Goulden Pankhurst, suffragette britannique fonde avec ses filles l'Union féminine sociale et politique, pour militer en faveur du vote des femmes ; ses membres ont recours aux méthodes extrémistes : bris de vitres, bombes, incendies, grèves de la faim, suicides.
En 1903, également, les Finlandaises obtiennent le droit de vote.

Après la Première Guerre mondiale, les femmes s’efforcent de maintenir leur place acquise dans la vie économique et sociale de l'« arrière ». Le droit de vote est accordé aux femmes dans vingt et un pays, dont la France en 1944. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses femmes s'illustrent dans la lutte contre le nazisme. Certaines meurent pour faits de Résistance.

L'après-guerre, où les priorités sont à l'effort de reconstruction et à la lutte anticolonialiste, ne permet pas aux mouvements féministes, déjà créés, de se reformer efficacement. Cependant, l'aspiration à l'émancipation féminine suit son chemin. Le livre de Simone de Beauvoir, paru en 1949, le Deuxième Sexe, cristallise les espérances en affirmant que la nature n'est pour rien dans la sujétion des femmes.

 Le féminisme militant
A partir de 1965, un mouvement féministe militant revendique la reconnaissance des droits des femmes à l'égal de ceux des hommes. Elles réclament une dissociation complète entre sexualité et procréation, traquant la domination masculine dans les domaines artistique, littéraire, scientifique, politique…

En 1966, Betty Friedman fonde, aux états unis, la National Organization of Women (NOW) pour défendre les droits des femmes mariées à sortir du carcan familial. L'année suivante, des femmes célibataires créent le Women Liberation Movement, mouvement de libération de la femme.
En France, le mouvement homologue, le M.L.F., fait son apparition en 1968.
En 1970, l’'ouvrage de Kate Millet Sexual Politics dénonce le pouvoir patriarcal à tous les niveaux. Il favorisa le développement des études et recherches féminines universitaires aux Etats-Unis.
Entre 1971 et 1974, une série d’initiatives spectaculaires prouvent la radicalité du combat féministe : le manifeste des 343 femmes affirmant avoir avorté, la journée de dénonciation des crimes contre la femme à la Mutualité, la fondation de la Ligue des droits des femmes présidée par Simone de Beauvoir.


Ces dernières années


Les luttes vont prendre des formes variées et s'orientent vers des recherches universitaires destinées à peser sur les décisions politiques. En France, de nombreuses associations se créent au tournant du XXeme siècle. Les Chiennes de garde en 1999 pour la défense des femmes politiques injuriées et pour dénoncer les publicités sexistes, Mix-Cité pour soutenir une de réflexion féministe, mixte, antisexiste auprès du grand public, des médias et des institutions et enfin les très médiatiques « Ni putes, ni soumises », mouvement né de la marche des femmes en 2003 contre les ghettos et pour l'égalité.

À l'aube du XXIeme siècle, certaines féministes dénoncent une violence envers les femmes insuffisamment combattue et l'utilisation des corps des femmes comme marchandise de prostitution et de pornographie. A la télévision, dans les médias, l'image de la femme est instrumentalisée et devient de plus en plus envahissante. D'après elles, la libération sexuelle n'a conduit qu'à l'exorbitance de la prostitution et de la pornographie.
D’autres femmes réunies derrière Elisabeth Badinter répondront par une critique du féminisme « puritain » victimisant les femmes et culpabilisant les hommes.

Ces dix dernières années, une série de mesures ont contribué à l’égalité entre les hommes et les femmes.
En 2002, la loi sur la parité en politique est appliquée, même si en 2006 elle reste encore mal appliquée.

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