Proses diverses et Poésies





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II -
21 Mars 1982 :

Journée de la Poésie

LA POÉSIE QUI MONTE

Mai 1981 : Les élections nous amènent un ministre de la Culture tout fringant, homme public, homme de foule : Jack LANG.*

24 juin 1981, première fête de la musique : un succès. Le renouveau de la chanson française en route. Puis on cogite au ministère, de la même manière, il faut sortir de l'ombre tous les poètes qui se terrent dans les villes et les villages, tous les recueils qui s'empoussièrent dans les librairies et les bibliothèques.

La poésie, un genre littéraire beaucoup pratiqué et édité (avec dépôt légal ou non, à compte d'auteur, auto-édité ou ayant reçu l'aval d'un éditeur). La poésie, sans doute le genre qu'affectionne particulièrement l'écrivain-amateur (à moins que ce ne soit le récit auto-biographique ou le document d'histoire locale). La poésie, un genre qui se vend mal. Il faut dire qu'elle est souvent inexistante en vitrine ou coincée dans des rayons haut perchés. Plus accessibles, il y aura Rimbaud et Verlaine, édités en poche et consommés par les scolaires. Quand découvrira-t-on les grands de la poésie contemporaine ?

Après avoir sorti les musiciens de leurs caves ou autres sous- sols, ces messieurs-dames des affaires culturelles claironnèrent le jour de gloire de la poésie : le 21 mars 1982, puis les anniversaires des printemps qui suivirent. On clama ou on susurra les illustres et les si peu connus dans les lieux intimes. Cela dura, mais souvent discrètement, voire sinistrement.

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Cela ne fonctionnait point. Vinrent les « Marchés de la Poésie », « Prix de la Poésie » « Maison de la Poésie », « Festival de poésies », « Journées ou Semaine de la Poésie ».

Actuellement, environ une centaine de ces manifestations se déroulent de Mars à Juin, parfois avec la vocation d'animation autour du livre. Que se passe-t-il dans ces manifestations auxquelles le Ministère de la Culture apporte quelquefois son aide ? Assez souvent, s'y retrouvent bien gentiment, les poéteux. Les éditeurs de poésie exposent leurs dernières trouvailles, les diseurs fixent leurs rares spectateurs et des classes défilent avec une question à un poète une question à un éditeur, une question à... « La marguerite s'effeuille ! ». Foire ou animation ?

« Entre les deux mon cœur balance ». Certains ont choisi, et c'est bien là une raison de leur succès. Acheteurs et éditeurs sont satisfaits du Marché de la Poésie à Paris Les uns y vendent, les autres y font des découvertes avec des textes, des poètes qui n'ont d'existence ni chez leur libraire, ni dans la bibliothèque de leur quartier. Le travail que mène le CREARC à Grenoble autour de la poésie étrangère arrive au bout de ses ambitions d'animation et de recherche. Les Journées de la Poésie du Maghreb étaient une étape d'un projet large englobant voyage et recherche, traduction et animation.

Pour que ces manifestations autour du livre ou de la poésie vivent pleinement, il faut que leurs animateurs repèrent le phénomène économique et l'intervention culturelle pour ensuite pouvoir se positionner.

La revue de l'AFL

Les actes de lecture n°26 juin 1989 (Extrait)
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19 juillet 1982

*Jack Lang, plusieurs fois ministre (Culture, Éducation nationale) dans les gouvernements socialistes, il est conseiller de Paris de 1983 à 1989, député du Loir-et-Cher entre 1986 et 2000 puis du Pas-de-Calais de 2002 à 2012. Il devient président de l'Institut du Monde Arabe en 2013. Je garde de lui le souvenir chaleureux, admiratif et reconnaissant de l’emblématique et mythique Ministre de la Culture de François Mitterrand. Je le remercie d’avoir répondu, le 16 Janvier, à ma lettre de vœux, en m’autorisant à reproduire l’une de ses photos.

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La Tour Eiffel au 15 Août 2013


« Tour, grand lys fleuri dans l’espace,

Colosse de force et de grâce. »
Théodore de Banville
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Certes je n’ai pas récidivé dans la participation à des salons du livre et autres Journées de la Poésie ou du Patrimoine écrit. Sans préjugés, toutefois, à la limite sans aucune raison. Aujourd’hui, enfin conscient de mon inéluctable pouvoir d’intuition proche de la métagnomie que je ne soupçonnais pas jusqu’à ces derniers mois, je puis affirmer qu’en début des années 80 je sentais qu’il y avait quelque chose de caché sous la table dans la diffusion stagnante et aléatoire de la poésie. En effet, à l’époque il n’était pas encore question d’internet… En 2006 le voile fut un peu soulevé pour moi par cet inattendu conseil épistolaire que je reçus de Teresinka Pereira : « il y a longtemps que je ne fais plus imprimer de livres ; ouvre un site internet et tu auras des lecteurs ! » Conseil que je ne suivis que deux années plus tard. A l’heure actuelle – fin décembre 2013 – mon site belge 123website.be ouvert fin avril me rapport entre 150 et 550 visites par semaine… Par ailleurs, fondateur du CAMN (Cercle des Architectes du Monde Nouveau) je ne vends plus un seul écrit et même accorde toutes les autorisations de reproduction sur tous les supports quant à tout ce que je diffuse sur le Net et sur Facebook. L’appropriation frauduleuse et le plagiat étant naturellement protégés par quelques occultes vigies. Mais je ne renie pas le livre papier et songerai, l’opportunité venue, à l’impression traditionnelle de mes e-books dans une collection originale. Pour l’heure – et tant que l’informatique n’a pas été saccagée par les nouvelles guerres technologiques modernes – le numérique est l’agent karmique de communication de l’auteur motivé et de longue patente. L’édition numérique est avant tout démocratique et l’artiste en écriture ne descend plus dans la rue mais sur la toile. Désormais les évolutions – voire les révolutions – se font sur le Net. L’édition numérique est humaniste. L’édition numéri-

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que est internationaliste. L’édition numérique est l’antidote au racisme, ipso facto dénoncé et combattu. La diffusion numérique, enfin, porte à l’humilité. Plus besoin, pour l’auteur sincère, de pontifier dans des salons du livre et des séances de dédicace ! Et celui qui écrit pour ne rien dire de crédible, de sensé, d’utile ou de bien manié, apparaît pas net sur le Net. L’on ne citera pas son site.

Alors, pour en revenir, nostalgique et reconnaissant, à la Journée de la Poésie du 21 Mars 1982, je publierai sous ce chapitre certaines pages et d’autres de la même veine engagée exposées à Dole (Jura), ma ville natale, exactement place aux Fleurs. Extraites du Deuxième Ordre de Poésie, paru en 1981, initialement elles étaient de « facture aragonienne », c’est-à-dire sans ponctuation. Jugeant désormais ce mode peu lisible, la version ci-après est ponctuée avec, pour certains mots, le « syllabisme » préconisé, toujours dans les années 80, par René Bonnet de Murlive – d’ailleurs maître du Syllabisme poétique. Un exemple :

« A cha-que fron-ti-ère accordant son permis… » ;

L’écriture syllabique permet de garantir le vers –l’alexandrin – de la prononciation des douze pieds.

Par ailleurs, de même qu’Etienne, dans sa préface au « Roman inachevé » de Louis Aragon, brandit : « Hé oui, imbéciles, la poésie française avant tout c’est le chant. Elle se moque de l’œil, la poésie française. Laissez donc cette vertu, entre plusieurs autres, aux quatrains chinois de langue classique !» ; j’avance un modernisme pragmatique concernant par exemple, la diérèse :
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Ma-ni-ons la di-é-rèse

Ou molestons-la, morbleu !

Ah ! Qu’il en prenne à son aise

Le musicien talentueux !
(Les Arbres hors du Temps, pages 9 à 11).
D’où la salvatrice innovation de Murlive quant à l’écriture syllabique. Mais j’avoue qu’en 2014, l’écriture classique – rigoureuse ou bien aragonienne – ne m’attire plus du tout (exception, toutefois, pour les quatrains drôlatiques exposés en fin de ce sixième e-book). Je pousse d’ailleurs la liberté jusqu’à donner des vers comptant tous le même nombre de piefs, mais sans les rimes. Le lecteur du 3ème millénaire veut du message, de la musique et de l’humour…
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Budapest, gare de Nyugati Piu


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REVOIR BUDAPEST, AUJOURD’HUI

« PERLE DU DANUBE »…

Budapest en 1971 ? A l’opposé de la Budapest actuelle !...Lorsque je la découvris, un soir pluvieux de fin octobre 71, donc, je me trouvais avec un compagnon de voyage italien parlant français. Nous venions de nous faire quasiment jeter du train, en pleine campagne, à près de 50 kilomètres de la frontière routière hongroise en venant de l’Autriche…Pour quel délit ? Un passeport en cours de validité, certes, mais pas de visa pour la Hongrie…J’avais 20 ans et croyais que chaque visa me serait accordé dans les gares des frontières …Quelques jours après, seulement, il me souvint que lors du contrôle des passeports dans le train au niveau de la frontière ferroviaire, les employés avaient souri en nous restituant nos passeports qu’ils avaient bien regardés…Mais, cinquante kilomètres plus loin dans une toute petite gare de rase campagne, deux douaniers n’avaient pas envie de rire et semblaient même satisfaits de nous renvoyer à Budapest afin d’y quérir un visa. Il était 17 h. Débrouillard et pas le moins démonté par notre éjection, pragmatiquement mon Italien de compagnon

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me dit : « on va faire du stop avec un routier ! ». Nous marchions depuis près d’un petit kilomètre dans la cambrousse hongroise grise et délavée très proche du noir de la nuit, lorsqu’un véhicule militaire, jeep assez baroque, nous doubla et s’arrêta. Deux soldats, plutôt de carrière, nous arrêtèrent avec leur pistolet mitrailleur à la hanche… Question – en anglais- pour savoir ce que nous faisions dans cet endroit perdu à une heure si indue, et nouveau contrôle des passeports. Heureusement, quelques minutes plus loin sur notre expectatif chemin, un routier s’arrêta, nous prit et nous conduisit quelque part en plein Budapest…Je pense, maintenant, que mon compagnon d’infortune connaissait Budapest. Nous nous trouvions près de l’une des trois gares de la ville (Déli, Keleti, Nyugati Piu, mais laquelle ?) lorsque nous nous mîmes en quête d’un taxi. Renseignement pris auprès d’un policier de faction, nous nous fîmes catégoriquement, haut et fort, traiter de « capitalistes ! » Seul mot que daigna d’ailleurs nous jeter le pandore local…Toutefois, quelques autres points de suspension plus tard, nous arrivions à l’agence IBUSZ, chargée de loger les voyageurs déboussolés chez l’habitant. Nous obtînmes une chambre pour la nuit, et, mon providentiel compagnon Italien grandeur nature, un rendez-vous pour le lendemain soir avec l’hôtesse qui nous avaient secourus… Si aujourd’hui je ne retournerais pas en Roumanie, par contre, lors d’une fugue hivernale dans la capitale hongroise, je courrais m’y engloutir et m’y fondre et m’y délayer avec, pourquoi pas exception faite à mon régime, un tout petit verre de vin chaud aromatisé d’un clou de girofle sur un quai de la gare Nyugati Piu ?

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LE VIN CHAUD

Budapest en soixante-et-onze…

Partout la lune souffreteuse

Stratifiait la nuit de bronze,

Epandait sa lymphe laiteuse.
Lente agonie de la banlieue.

Le froid cyanosait les trottoirs.

On aurait dit un couvre-feu

Inutile dans un dortoir.
Une boîte de nuit survint

Recueillie sèche comme un temple.

Sa bière avait un goût salin,

Son serveur une apathie ample.
Un piano noir, un homme en deuil

Mouillaient le silence de croches.

L’artiste fleurait le cercueil

Vêtue d’une queue de pie floche.
Férènc Liszt régnait solitaire

Et je songeais le cœur dolent

A ce pays totalitaire.

Je revoyais sur son écran
Ma chambre de l’agence Ibusz,

Cet escalier noir et fétide,

Enfin la porte effacée où,

Squelettique et souffle putride,


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Ma logeuse feindrait la vie

Pour ne pas en brèches tailler

L’immortalité du Parti,

Surtout devant un étranger.
Sa main men-di-ant un Forint *

Diaphane se refermerait

Sur cette aumône clandestine,

Telle un mourant sur son secret :
Le prix d’un verre de vin chaud

Sur les quais de Nyugati Piu **

*enjambement de la rime préconisé par Louis Aragon, qui nous donne ici la prononciation du mot « forint »…
**le forint valait 18 centimes en 1971. En hiver sur les quais de Nyugati Piu de Budapest, l‘on pouvait pour ce prix s’offrir un verre de vin chaud aromatisé.
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Budapest : le Parlement.

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LES MOTS QUI RONGENT

Ma poésie n’est pas profonde. Seules sont profondes les syllabes qui me rongent le cœur et que je ne pourrai jamais transcrire sur le papier. Certains mots prennent d’emblée, sous l’intengibilité du sublime ou bien sous la chape du désespoir , une sorte d’état éthérique. Leur graphisme devient inappréhendable. Ils s’infiltrent en une tumeur maligne – tumor cordis casus inoperabilis – et qui laisse à l’âme un goût de fer, un goût de rouille.

Pas de morphine contre le mal des mots qui rongent.

Je ne prends en considération que les signes noirs laissés sur le papier par le travail de l’imprimeur, les mots conçus à chaud, calligraphiés à froid, les mots pesés sur feuille réglée sans fard. Eux seuls sont efficaces et percutants, viables. Je n’élude pas le fait que nombre d’écrits insipides sont tout aussi volages et inconsistants que les dits non mesurés mais là je touche au problème de la sincérité de l’écrivain. Doit-il fausser le goût du lecteur et appauvrir son niveau culturel par des pages calculées qui n’ont d’autre motivation que celle du succès rapide ? Voyez les régionalistes bêlants et leurs fromages par exemple, responsables du chauvinisme imbécile, voire même pour certains du racisme issus des miasmes d’un idéal à ras de la pomme de terre, d’un triomphalisme facile au pas de leur porte comme celui du coq pontifiant au milieu de son poulailler !

Mais les paroles sont cependant plus coquettes ; les paroles telles qu’on les prodigue dans les assemblées confessionnelles, doctrinales, didactiques ne sont que lucioles au vent, il faut absolument que les plus valables

d’entre elles soient fixées sur le papier. Allez crier sur le marché des slogans à la faut-que-ça-saigne ; vous récolterez indifférence, mépris, ou dans le concret des cas quelques horions. Mais le soir même votre Bonne Nouvelle sera balayée dans la mémoire des badauds, avec les cageots des maraîchers et les salades pourries. Vous, les saints Jean Bouche d’Or, prenez donc la plume – cela s’apprend- puis envoyez votre pensée se faire enregistrer auprès du dépôt légal ; c’est incommensurablement plus efficace que de gagater par- devers vos persiennes, ou d’éructer dans le bistrot du coin votre petite révolution au travers des fumées de vos petites cigarettes, devant votre petit verre, pour affoler stérilement vos petits bourgeois ou chatouiller vos petites minettes à l’anarchisme impubère !

Il y a trois sortes de mots : les mots parlés ou chantés souvent stérile tintamarre, les mots écrits et les mots qui rongent.

Ah ! J’ignore bien ce que sera ma poésie, mais les trois quarts seront comptabilisés à mon passif littéraire en mots qui rongent.

Ma poésie n’est pas profonde. Seules sont profondes les syllabes qui me rongent le cœur et que je ne pourrai jamais transcrire sur le papier.

C’est au fond de tes yeux, toi ma Transylvanienne de dix-neuf ans, que j’ai rencontré, pour la première fois, les mots qui rongent. Edith, ma fleur séchée aux barbelés des frontières, Mi-e dor de tine *, comme au premier jour en hiver soixante-et-onze. Je me rappelle tout de toi, des simples choses aux plus pâles prémonitions : ta façon de me sourire depuis la strada Unirii laquée sous la pluie lorsque tu revenais de la crèmerie avec ce petit bol serré contre ton sein, ta tête un peu penchée à droite quand tu me jouais  « La Lettre à Elise » , ton rimmel mâchuré par mes baisers, tes « je ne sais pas », tes « nous verrons », tes inflexions de doïna quand tu pleurais certains soirs, et ce cri d’amour crucifié : « je ne veux pas renoncer à

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