Proses diverses et Poésies





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Baia Mare (en hongrois Nagybánya, en allemand Frauenbach, en latin « Rivulus Dominarum » : la « Rivière des Dames »), est une ville de 140 937 habitants en 2007[1] située dans le județ de Maramureș, dans la vallée de la rivière Sasar (affluent de la Lăpuș), dans le nord-ouest de la Roumanie.

toi ! », qui zèbre encore ma mémoire dix ans après, avec la fulgurance de la balle qui frappe la tête, avec l’éclair des grands trains nostalgiques hurlant dans la nuit au coin de ta maison de Baia Mare.

Les mots qui rongent étaient en toi qui ne parlait pas beaucoup, mais dont les rares paroles me pénétraient comme le stylet grave le marbre. Novembre soixante-et-onze, depuis je n’ai pas eu pour toi le moindre mot parlé et sans doute n’en aurai-je jamais plus :

« Je sais me taire lorsque le rêve n’est plus

Et j’élève des statues à tout instant

Au silence, sur le chemin montant

Sans aucun but ». **

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Tu as été mes premiers mots qui rongent et tu m’as appris le silence. Tout en moi est démantelé. Je suis un théâtre guignol. Mes lèvres sont vides de paroles et mes yeux se débattent comme l’on mime un désespoir. Je poursuis petitement ma vie comme l’on va jusqu’au bout de ses manies, et je n’ai plus aujourd’hui que ce triste chant d’amour :

CHANT POUR ENDORMIR LUMINITA

Fais-lui dans un coin de frontière,

Seigneur, des lys de barbelés ! ***

Creuse de près de Baia Maré

Dans la neige noire une bière !
Ravive devant ses yeux morts

Les matins bleus transylvaniens !

Souffle dans ses cheveux de lin

Une doïna de remords !
Fais scintiller la fleur de mine

Sur sa joue sur son front blêmi,

Et chatoyer le lac Bodi

De ses couleurs adamantines !
Qu’un glas sonne à la tour Stefan !

Que tapent les cloches de bois !

Qu’un pope prie devant Ta Croix !

Que gémisse un violon tzigane !
Pour linceul prend de sa maman

La jeunesse blonde inutile,

Ses larmes à jamais stériles

Et le désir de ses vingt ans !
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Ses dix années de vaine attente

L’absence qui fane les cœurs,

Son amour brasier de douleurs,

Sa vie sacrifiée suppliante !
Brûle place de la Victoire

Sous les yeux de la militsia

Des passeports et des visas,

Des ordres d’interrogatoire !
Donne, une fois n’est pas coutume,

Une conscience aux dirigeants

Qui, l’âme empesée de slogans,

Fossoient lourds d’aveugle amertume
L’enfant que je n’aurai jamais !


*Sacha Guitry, je crois, faisait déjà dire à l’un de ses personnages, dans une pièce d’il y a quelques dizaines d’années : « Mi-é dor dé tiné » Aux fins de lui faire dire l’ineffable : amour, son désir, son regret, sa nostalgie, sa souffrance et de nouveau sa flamme et son mal et ainsi longuement de suite. Tant il entre de choses dans l’intraduisible « dor » roumain. Qu’on veuile bien pardonner de ne trouver ici que ce pâle : « je rêve à toi ! »
**Extrait du poème « Minuit » de Tudor Arghezi (1880-1967).
***Le titre et les deux premiers vers de ce poème sont inspirés de Tudor Arghezi : « Chant pour endormir Mitzura » :
« Fais-lui dans un coin de terre,

Seigneur, une hutte au soleil ! ».

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Baia Mare : la Tour Stefan

c:\users\ordi\pictures\musée baia-mare.jpg
Musée Ethnographie et Art populaire


LA LIBERTĖ

Comme une brise matinale espiègle aguichant les roseaux

De l’étang, miroir azuré que zèbre l’ébat des sarcelles ;

Un rayon dorant la futaie, l’écorce lisse d’un bouleau,

Elle est soleil, pu-re-té, sève en sa robe de jouvencelle.

Comme une aube est la Liberté.
Comme l’étudiante penchée sur le cours de son avenir,

Qui sans remanier le monde aspire à le sau-ve-gar-der ;

Le maître d’école estimant la jeune tête à dégauchir,

Elle est la muse de la Science et l’espoir de l’Humanité ;

Comme un cerveau, la Liberté.
Comme la donneuse reliée aux veines du bras qui végète

Et qui, modeste, lui transmet les leucocytes salvateurs ;

Alfred Donné l’hématologue isolant un jour les plaquettes,

Elle est trans-fu-si-on de sang pour le captif blanc de rancœur ;

Comme un plasma, la Liberté.
Comme le chaton intrigué qui couve de ses yeux mutins

Les doigts de sa vieille maîtresse ondoyant autour du fuseau,

L’aïeul ému par le passage effronté d’un petit trottin,

Elle confond tous les destins, les étanche d’une même eau ;

Comme le Temps, la Liberté.

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Comme les chemineaux, qu’ils soient bohémiens ou acteurs de farce,

Compagnons, marginaux, parias quêtant l’idyllique ermitage ;

L’appelé qui tourne le dos à la pantomime de Mars,

Elle refuse le licou, caracole au loin des pacages ;

Comme un errant, la Liberté.
Comme jeunesse impétueuse, amour affranchi des coutumes,

Vierge enlaidie par la morale et qui la jette aux quatre vents ;

Fille de joie indifférente à sa réputation posthume,

Sans itinéraire ni plan elle progresse fleur aux dents ;

Comme un désir, la Liberté.
Comme l’infirmière de nuit qui veille son frère cadet

Implorant du fond de ses yeux complices l’éventuel sursis,

Elle ne peut sur tel parent se résoudre à tirer un trait,

Elle fredonne à mon chevet la comptine osée de ma vie ;

Comme une sœur, ma Liberté.
_____________________

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VOYAGE EN PAYS DE DĖTRESSE
Mon cœur ne perçoit pas que les fleurs de l’amour,

Que les jupons de rêve aguichant la tendresse.

Dans mon ciel la beauté ne luit pas tous les jours.

Je foule des chemins empierrés de tristesse

Où mes semblables vont, tête basse et cœur las,

Vers un futur où grêle la déconvenue.

Je n’ai pas de fanal et il fait nuit déjà.
Ah ! Pauvres gens lorsque vous avez disparu :

Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
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De plus en plus souvent mes yeux pen-sent au loin.

Ils pen-sent vif et long et les fibres d’hier

Les ti-en-nent axés sur un mythique point.

Le passé paraît tant voilette de poussière

Qu’il me faut parfois le secours du passeport.

Et je revois des trains qui pour-fen-dent la nuit.

J’ai bien vécu cela, oh ! Non non rien n’est mort,

A chaque fron-ti-ère accordant son permis :
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
« Blumen » était inscrit sur le mur de Berlin,

Ce magasin de fleurs rasé à mi-hauteur,

Fané, vi-o-lé par le rempart du destin

Tout enlaidi de honte accusait le malheur.

Quand j’ai vu écrit comme un regret lapidaire

Pour qu’on ne l’oublie pas et qu’on l’immortalise,

Au beau milieu d’u-ne couron-ne mortuaire,

Ces pauvres mots lavés : « Für immer Annelise »*
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
Pour pouvoir regagner ma chambre à Budapest,

Je posais un forint entre les mains ridées

De ma logeuse exsangue et au souffle funeste.

Fa-mé-li-que tarif pour avoir droit d’entrée.

C’était ma foi le prix d’un ver-re de vin chaud

Sur les quais de la ga-re de Nyugati Piu.
Je sentais ses poumons comme pris dans l’étau

Et lorsque j’ai quitté son regard bleu dissout :
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
Un être vit et puis un autre est là qui veille.

Je suis dans l’ombre, Edith, je t’en prie n’attends plus !

Marie-toi sois heureuse avant que d’être vieille !

En Roumanie sera mon grand amour perdu.
Quand ba-fou-é par notre impitoyable monde

Dans la nuit de Novembre, il y a si longtemps,

Le train m’a arraché à ta tendresse blonde

Et que ce réveil vide a tué mes vingt ans :
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
Quoi que di-sent de moi les saints-Jean-Bouche d’or

Ah ! Non je ne suis pas disciple de Narcisse.

Mon miroir est sans tain, j’écoute quand tout dort.

Dans les larmes souvent ma plume navrée tisse

Les mots appréhendés aux quatre coins des rues.

Je suis votre témoin et votre journaliste.

Lorsque face au malheur votre bouche s’est tue,

Qu’apparemment je suis resté bêtement triste :
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
Je pense à Géraldine en ce matin d’automne,

Violée, tuée, jetée dans les eaux d’un canal

Et son cercueil suivi par cinq mil-le personnes.

Oui, on tue les enfants, ces temps-ci, c’est banal !

Ou alors c’est Francine en son vingtième été

Qui prend la route avec la mort dans sa voiture.

A son en-ter-re-ment je ne suis pas allé.

Peine inavouée se cache et je ne suis pas dur :
Mes yeux n’y étaient pas mais mon cœur a compris.
Puis c’est de leur vivant qu’on s’intéresse aux gens.

Brassens avait raison de dire « au ci-me-tière

Ah morbleu ! Il n’y a per-son-ne là-dedans ».

L’esprit, l’âme, l’aura ne restent pas en bière.

Les disparus sont pro-ches - ça qu’on le comprenne –

De nos petits soucis, nos occupations graves.

Et si pour nous la vie est souvent u-ne chienne,

La sérénité est leur lot car eux ils savent :


Mes yeux l’ont supposé mais mon cœur l’a compris.
Finalement pour nous, les êtres bien en chair,

Ne som-mes-nous pas des produits artificiels ?

Avec notre savoir infus et nos grands airs

Qui condamnons très sûrs l’Au-delà et le Ciel.

Nous croyons pour de bon, posséder la sagesse,

Saisir l’irrationnel, vivre les pieds sur terre.

Notre pas nous entraîne en pays de détresse

Et tous nos fiers concepts, ah ! Voyons comme ils errent :
Mes yeux sont désolés et mon cœur a compris.
Toi la femme vendue par un pieux ma-ri-age

Qu’un pacha qui s’ignore immole dans son lit,

Tu as souvent crié : « assez de ruts en rage,

On peut fai-re l’amour avec les yeux, l’esprit

Avant de rouler dans de porci-nes bordées ! »

Mais il n’a vu en toi qu’une viande à plaisir.

Quand j’ai rencontré ta qua-ran-taine fripée

Et ton visage éteint qui ne sait plus s’ouvrir :
Mes yeux n’ont pas cillé et mon cœur a compris.
Tu as l’â-ge du Christ, bru-ne fleur enivrante.

Com-me croix tu auras la chimiothérapie,

Peut-être pour calvaire u-ne fin lancinante,

Nul ne sait mais déjà ils ont tressé ta nuit

Les bien portants ravis et orgueilleux de l’être.

Ils le fuient ton cancer mais ça les sécurise,

Ils te ferment leur porte et voi-lent leurs fenêtres

Sur leur tumeur maligne : une infecte bêtise.
Mes yeux sont embués et mon cœur a compris.

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J’invi-te parvenus, sectai-re-s et faquins,

Bourgeoi-ses, cœurs suris, minettes dont le lot

N’est que pré-ten-ti-on, malice et fond de teint ;

A rendre une visite au Grand Champ des Sanglots

-Au Champ du Grand Repos et du Dernier Silence-

Pour que l’angoisse enfin nécrose l’artifice,

Les pas-se-men-te-ries de leur vai-ne sci-ence,

L’arrogance de leur humanité factice :
Ah ! Mes yeux l’ont jugée et mon cœur a compris.


*pour toujours Anne-Lise.
_____________________


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COMPTINE POUR MES SŒURS

Avec mes yeux tout songeurs

J’écris sur l’eau de l’étang

Vos noms, pe-ti-tes consoeurs,

De nouveaux j’ai dix-sept ans.
Vous étiez poupées câlines

Au Printemps Soixan-te-huit,

Moi je faisais gri-se mine,

Faux-je-ton toujours en fuite.
Mon Dieu ! Si nous avions pu

Ensemble être adolescents ;

Bien plus tôt nous aurions su

Qu’Orphée est notre parent,
Et que dix années plus tard

Je deviendrais votre frère,

Que nous brûlerions pour l’art

De la poésie entière ;
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Du vers libre à la ballade,

De la nuit vide au miroir,

Des cares-se-s aux ruades,

Du bien-être au désespoir.
Lové dans ma vieil-le barque

Je reçois le mois de Mai.

Mon âme en ressent la marque :

Une envie bleue cristalline ;
Cel-le de vous con-fi-er

Qu’au milieu des fleurs champêtres

Je m’en vais glo-ri-fi-er

Mes pe-ti-tes sœurs en Lettres.t

Etang du Milieu (Samerey) – 1er Mai 1981.


___________


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LA TOILE ĖCRUE

Je suis un peintre de la rue

Et la palet-te de ma vie

Jet-te sur une toile écrue

Des couleurs que le vent délie.
Inquisiteurs des indolents

Au devoir grégaire et stérile,

Je croque au milieu des passants

La veu-lerie, l’instinct puéril.
Débusquer la réalité

N’est pas vertu de quiétiste,

Je n’ai pas à le déplorer

Moi le croisé idéaliste.
Le monde au seuil de ma trentaine

Darde ses ron-ces d’injustice,

Je voudrais souffler une haleine

Qui l’épure et qui l’embellisse.
Avec l’orage à ma fenêtre,

Comment puis-je entonner serein

Une ode à la jouis-san-ce d’être

Ou de gentils alexandrins ?
48


L’humanité est un vitrail

Captant aussi lumiè-res vives,

Mais trop souvent mon cœur défaille

Voilé par tant d’ombres lascives.
A quoi bon remercier le Ciel

Pour ses dons coutumiers fortuits

Lorsque la presse universelle

Com-men-te la guerre à mon huis ?
Une action de grâce est plaisante

Le calme béat tranquillise.

La révolte est plus exigeante

Qui bannit leurre et cou-ardise ;
Qui souffle dans son éteignoir

Sermons, boniments de pierrot.

Enfin choisir il faut savoir

La lutte ou bien l’opium des mots.
Noirs ne sont pas tous les destins,

Des hommes sont heureux, parole !

Mais par devoir tant de faquins

Sourient pour masquer leur vérole ;
Salauds, crient aux nécessiteux

Pour se donner bon-ne conscience :

« Vous n’ê-tes les plus malheureux

Allons, ingrats, de la décence ! »
Ah ! Nul ne peut rien pour personne

Sauf bien sûr donner de l’argent.

Que d’humanistes déraisonnent

A n’octroyer que boniments !
L’homme encor se nourrit de soupe,

Les fioritu-res du langage

Lui propo-sent vide u-ne coupe

Séchant l’esprit, le cœur de rage.
La justi-ce n’est d’aucun monde

-jamais nous ne la croiserons-

Et l’impuissance est à nos frondes

Qui toujours vai-nes siffleront.
Sans répit je tendrai le poing

Aux moutons de Panurge, aux neutres,

Aux Bons apôtres sibyllins,

Aux boute-feu qui se calfeutrent.
Le vent se lè-ve sur ma route.

Mon havresac de mots qui rongent

Te tritu-re, mon cœur qui doute.

Et cependant ivre tu songes.
Le monde est une toile écrue

Et la palet-te de ma vie

Tente de sauver dans la rue

Des couleurs que le vent délie.
___________


50

RĖGIONALITE
Vous dites que je perds mon temps

A dégauchir à perdre haleine

Des vers que jamais votre antenne

Régionaliste ne reprend,

Ni ne loue, cela vous surprend.

Vous dites que je perds mon temps.
Je ne me sens pas inutile

A vouloir briser les frontières

D’une expres-si-on lapidaire

Dont vous faites morgue imbécile.

Et ritournel-le volubile.

Je ne me sens pas inutile.
Infaillible est votre succès

A catéchiser les dévots,

A désaltérer les poivrots.

On n’a jamais vu un goret

Planter là son ragoût punais. *

Infaillible est votre succès.
Ce n’est pas l’amour du terroir

Qui vous englue de chauvinisme

Et vous infu-se le racisme ;

C’est votre impéritie notoire

Qui nécro-se votre écritoire.

Ce n’est pas l’amour du terroir.
51


Vous n’apercevez que votre huis.

Pour vous l’univers n’est que brume.

Amè-re devient votre plume

Lorsque la mu-se d’un esprit

Très, très loin de son canton luit.

Vous n’apercevez que votre huis.
Redoutez le miel des honneurs

Si pour les hom-mes vous chantez

Et non par sot-te vanité !

Portez votre croix de labeur

Sur ter-res de tou-tes couleurs !

Redoutez le miel des honneurs.
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