Panorama de presse 24/08/2009 revue de presse ffr sommaire





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Edition de La Tribune



Lundi 24 Août 2009
Rendez-vous perso
« Le monde a découvert sa solidarité »

Pour faire face aux multiples crises — financières mais aussi écologiques — qui affectent la planète, l'ancien patron de la Société Générale estime nécessaire l'émergence d'un véritable gouvernement du monde. Marc Viénot nous a reçus le 9 juillet dans son petit bureau, à l'étage de la présidence de la tour Alicante, à La Défense.


La crise actuelle est-elle vraiment la plus grave depuis celle des années 1930 ?

On a toujours tendance à croire que les difficultés qu'on traverse sont nouvelles, que sa génération connaît des choses sans précédent, différentes de celles qui ont précédé... Ce sentiment me semble faux. La crise actuelle est banale dans son mécanisme. Elle n'a pas la dimension biblique de fin du monde décrite par ceux qui, dans le monde politique, s'en servent de levier pour accélérer certaines réformes, qu'il s'agisse de réglementer la finance ou de financer les retraites face au défi démographique. Le capitalisme vit par crises successives. La finance est aujourd'hui impliquée dans le déclenchement d'une crise plus grave que celles que l'on a connues jusqu'ici. Ce qui est vraiment nouveau, c'est la rapidité de propagation de cette crise, accélérée par la mondialisation et le levier exercé par le système bancaire, qui a inventé un mécanisme infernal de diffusion du risque via des produits dérivés et titrisés mal maîtrisés. L'autre fait nouveau, c'est que le monde a découvert sa solidarité. La crise est partie de la première économie du monde, les États-Unis, qui sont également le modèle universel de l'économie libérale. La supériorité de l'Occident est mise à mal, ce qui l'oblige à composer désormais avec une économie mondialisée, multipolaire.

Nicolas Sarkozy ne cesse de répéter que le monde ne sera plus comme avant...

C'est une prophétie à caractère très politique. Bien sûr que demain sera différent d'aujour-d'hui de même qu'aujourd'hui est différent d'hier, mais la crise n'y est pour rien. Elle sert de révélateur à une série de phénomènes connus dont le principal est la globalisation qui s'est manifestée de façon foudroyante lors de l'effondrement du système financier américain. Mais, à court terme, le monde de demain a de bonnes chances de ressembler beaucoup à celui d'aujourd'hui. Je ne vois pas quel régime pourrait remplacer le capitalisme comme producteur de richesses. On peut vouloir en tempérer les excès, mais de là à parler d'un nouveau monde... C'est une commodité pour inciter à l'action.

Que pensez-vous de la stratégie de sortie de crise adoptée par la France ?

C'est un moment difficile dans la gestion de ce pays. Il faut poursuivre les réformes à tout prix. Mais faire passer l'allongement de l'âge de la retraite avec un taux de chômage de 10 % sera difficile. Le grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy m'étonne. Pourquoi surpayer notre dette ? Je ne comprends pas à quoi cela va servir. On semble revenir vers une forme de dirigisme ou de planification. Ce qui est sûr, c'est que les investissements choisis devront apporter une rentabilité suffisante pour rembourser l'emprunt et faire participer le privé au financement des projets. L'emprunt réussira. C'est difficile de rater un emprunt national. Mais cela peut coûter cher ! La politique économique menée depuis le début de la crise me semble efficace mais dangereuse : on est sauvé à court terme mais, avec des États surendettés et une nouvelle bulle de liquidités, on risque une sortie de piste inflationniste. La croissance des prochaines années ne suffira pas pour résorber les déficits dus à la crise : il faudra réduire le train de vie de l'État et la dépense publique et probablement augmenter les impôts, en taxant les plus privilégiés avec une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu.

Il y a de multiples crises simultanées : crise des ressources, crise climatique, crise démographique... Le monde peut-il y faire face ?

On a fait un pas en avant dans la connaissance de notre interconnexion. Les hommes sont interdépendants et les réponses ne peuvent plus être que globales. Cette prise de conscience est mondiale et implique à terme la constitution d'un véritable gouvernement du monde. Peut-on aboutir à une réglementation financière homogène au niveau mondial ? Ce serait souhaitable, même si aujourd'hui, on ne peut que regretter qu'il y ait plutôt une concurrence dans la déréglementation. Mais la prise de conscience avance et le rapport La Rosière sur les risques systémiques est un bon exemple de ce qu'il faudrait faire. Reste à l'appliquer, ce qui pose la question du gendarme. Confier des responsabilités importantes au Fonds monétaire international (FMI) est à mon avis une erreur. À part son directeur général, ses équipes ne connaissent rien à la supervision financière, ce n'est pas leur métier. La Banque des règlements internationaux (BRI), qui rassemble les banquiers centraux de la planète, me paraît mieux armée.

Que peut-on améliorer ?



Le catalogue est bien connu. Il faut sécuriser les marchés dérivés, avec des chambres de compensation, avec des dérivés de crédits normalisés s'échangeant sous surveillance et non plus de gré à gré. Il faut obliger les hedge funds à être plus transparents. Je ne crois pas du tout que la crise a été provoquée par les fonds spéculatifs mais certains se sont plus endettés que les banques et c'est dangereux. Réglementer les agences de notation, ce serait mieux. Les paradis fiscaux, moins il y en aura, mieux cela vaudra. Une harmonisation des normes comptables serait souhaitable. Et, même si je ne crois pas que ce soit la rémunération des traders qui a provoqué la crise, ce n'est pas une bonne idée de les payer sur la base de résultats à court terme. De même, on devrait renoncer aux modèles mathématiques et les remplacer par le bon sens. Enfin, il faut veiller à bien définir les responsabilités des autorités internationales pour donner corps au Conseil de stabilité financière.

Les États-Unis et le Royaume-Uni hésitent à passer à l'acte, semblant vouloir revenir au monde d'avant, celui des bonus extravagants et des excès de la finance...

Le risque de voir surgir des passagers clandestins des réformes est réel. La crainte que l'on peut avoir, c'est que la vertu fasse des ravages dans l'Europe de l'euro et que l'on finisse par avoir des décalages de régulation face au monde anglo-saxon. Avec un risque de délocalisation des activités financières à Londres et à New York. C'est presque un sujet qui devrait être porté devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cela devient un rapport de forces politique.

Vous craignez un effondrement du dollar ?

Non, car les Chinois ont trop intérêt avec leurs 2.000 milliards de dollars de réserves monétaires à ce que le billet vert ne s'effondre pas. Mais à quel prix ? Cela affaiblit gravement la diplomatie américaine.

Vos rapports de 1995 et 1999 ont acclimaté en France un nouveau mode de gouvernance des sociétés cotées en Bourse. Comment faire pour éviter les dérives en matière de rémunération des dirigeants ?

Ma position est très simple. Un patron est révocable ad nutum : il doit donc être bien payé mais sans coussin d'atterrissage. Il devrait avoir un salaire fixe élevé et une rémunération variable plafonnée à une fois ce salaire fixe. Cette part variable doit être indexée, en partie, sur des critères qualitatifs, pas seulement quantitatifs. C'est le seul moyen, tout en maintenant des salaires attractifs pour les dirigeants, de sortir d'une situation malsaine où les patrons sont soumis à la loi du court terme des marchés et sortent de leur devoir d'exemplarité, ce qui remet en cause leur autorité. Les stock-options ont accentué la dérive vers la financiarisation car leur critère de performance est exclusivement boursier. Je dis cela en rappelant que depuis les deux rapports Viénot de 1995 et 1999, la marche vers une plus grande transparence des rémunérations a conduit à aligner les patrons français sur la norme internationale, à la hausse !

Faut-il supprimer les dérivés de crédit comme le réclame George Soros ?

En 1987, lors de la privatisation de la Société Générale, j'ai pris deux bonnes décisions : le parrainage de la Fédération française de rugby... et la création d'une direction des marchés. La banque est devenue depuis une spécialiste de ces produits financiers dérivés et cela a contribué à sa légitimité et à sa force. La dérive ne vient pas des dérivés — ce ne sont que des instruments de couverture — mais des mathématiques financières. Il y a sûrement eu trop de sophistications, au risque de rendre trop complexe le suivi de ces produits. Il faut normaliser et standardiser tout cela avec une chambre de compensation, pour éviter les risques de contrepartie, et savoir quels volumes sont traités par quels intervenants. n

Demain : Claude Bébéar, président d'honneur d'Axa.
Propos recueillis par Philippe Mabille




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